L’armée d’Edward – Christophe Agnus –

L’armée d’Edward – Christophe Agnus – éditions Robert Laffont

Quelque part dans le monde : une immense salle. Des écrans. Le tout supervisé par une équipe ressemblant à des militaires. Ce groupe inconnu prépare une opération de grande envergure, sur l'ensemble de la planète.

Brésil : Un sénateur et businessman disparaît lors de son bain de mer matinal. 

Floride : Mick Faeker, le Président des Etats Unis disparaît. Sur son parcours de Golf préféré, au niveau du trou numéro 1, la terre s'est ouverte en quelques secondes, happant l'homme politique. Affolement général au sein de son équipe. Cette disparition ne doit pas s'ébruter.

Au total 20 personnalités vont subir le même sort, toutes enlevées à travers le monde de manières spectaculaires. Les médias, les politiques, les manipulés, les manipulateurs,  se lancent dans une  course contre la montre, une chasse à l'homme jamais vue... Que se passe-t-il ? Qui est derrière ces actes ? Que veut cette mystérieuse armée d'Edward ? 
C'est lundi ! Que vous soyez en vacances -ou pas- ajoutez ce roman impressionnant et passionnant à votre pile à lire ! Fascinant par sa construction -un air de 24 Heures Chrono- Passionnant par les sujets traités (la politique, l'immobilisme climatique et social, le monde des affaires, les médias, l'avidité du pouvoir, de l'argent... et tant d'autres). La narration s'étale sur vingt et un jour, l'enquête est détaillée, avec au menu une plongée au cœur de notre siècle, via trois angles : la politique, les nouvelles technologies, la protection de l'environnement ;  le tout de façon très cinématographique !

Petit-fils de capitaine au long cours, fils de sous-marinier et breton de surcroît, l'auteur rend un hommage à cet élément fascinant qu'est l'eau, à travers la mer, cette ressource épuisable, l'or de notre 21ème siècle. Enfin, je ne peux finir cette chronique sans mentionner les clins d’œil à Jules Verne tout au long du roman...

Lundi 18 juillet 2022

Changer de ciel pour mieux voir les étoiles – Sandra Martineau

Changer de ciel pour mieux voir les étoiles – Sandra Martineau – XO éditions

«Où que tu ailles, c’est toi que tu retrouves»

Lorsque Chloé Édouard, vingt-neuf ans, romancière à succès arrive dans le village de Maintenant, au cœur de la Sarthe, les habitants lui réservent un accueil dès plus hostile. Parisienne pur jus, la jeune femme vient d’apprendre la mort de sa grand-mère, alors qu’elle pensait celle-ci décédée depuis longtemps. Le séjour de la jeune femme à Maintenant va être très compliqué, car entre l’accueil des villageois qui souhaitent dans leur majorité la voir repartir à Paris, et les non-dits liés à son histoire familiale, la vie de Chloé va subir de nombreuses turbulences !

«Changer de ciel pour mieux voir les étoiles» est mon premier coup de cœur de l’été ! Sandra Martineau signe une très jolie comédie, légère, drôle, tendre et touchante à la fois. Partez à la rencontre d’Elisabeth, Bastien, Madeleine, Jean-Pierre, sans oublier Simon, dont l’histoire se tisse ligne après ligne, rebondissements après rebondissements, pour offrir aux lectrices et lecteurs un voyage littéraire entre rires et larmes.

Au final, un roman à glisser dans votre valise d’été !

Vendredi 15 juillet 2022

Les romancières qui ont la Bretagne dans le sang !

© Photo droits réservés Valérie MICHEL 2022

Vendredi 24 juin, je présenterai pour la première fois mon animation «Les romancières qui ont la Bretagne dans le sang !»,  dans une médiathèque bretonne. Au programme, un voyage avec sept romancières contemporaines ! Sept plumes de conteuses qui emportent leur lectorat le temps d'un roman -ou d'une oeuvre entière- au cœur d'un écrin breton !
Cette animation est particulière,  je l'ai créée cet hiver, alors que je posais les premières pierres de ma nouvelle vie d'indépendante. Une vie professionnelle bien différente de celle connue pendant plus de vingt ans.  Une liberté retrouvée, un nouvel épanouissement grâce à la création, en fonction des nombreuses idées que j'ajoute régulièrement dans mon classeur (rose) à idées et à projets !
Bref, je suis heureuse, même si je ne vais pas vous le cacher, il y a également certains obstacles. Cependant, le bonheur de créer, partager et transmettre est bien supérieur aux obstacles rencontrés ! 
Je profite de cet article pour remercier toutes les personnes rencontrées sur ce chemin, pour l'accueil réservé ainsi que le  vif intérêt porté à mon travail.

Jeudi 16 juin 2022

Rencontre avec Nathalie de Broc !

Nathalie de Broc – Photo droits réservés Muriel Le Chêne

Après avoir été journaliste, Nathalie de Broc est devenue romancière. Une plume incontournable sur la scène littéraire bretonne, depuis 2004.  Avec «L'Oublié de Dieu» ( éditions Le Temps Présent) sorti en mars dernier, l'écrivaine s'éloigne le temps d'un roman des rivages bretons afin de conter sur une nouvelle terre, l'histoire de quatre femmes, à  quatre époques différentes, toutes liées à l'assassinat de Thomas Becket en 1170. Nathalie de Broc a accepté de répondre à un petit questionnaire, je la remercie à nouveau pour sa disponibilité et sa gentillesse, et vous invite à découvrir ses réponses dans la chronique de ce jour !
Un Livre après L'autre : Bonjour Nathalie, et merci d'avoir accepté mon invitation. Votre métier de journaliste vous prédisposait-il à devenir romancière ?

Nathalie de Broc : L’un ne découle pas obligatoirement de l’autre. Mais déjà il y a le fait d’écrire de façon récurrente, de se confronter chaque jour aux mots sur le papier, ou à la radio puisque c’était là où je travaillais. Je voyais bien que j’aurais aimé prolonger « l’histoire » que je racontais. Et ensuite une fois devenue romancière, mon ancien métier m’a beaucoup aidée pour les recherches, le regard particulier sur les gens et les choses, la façon d’écrire sur eux.
Un Livre après L'autre : La petite fille de 5 ans qui rêvait d'écrire est-elle heureuse de son parcours de romancière ?

Nathalie de Broc : Disons que j’ai l’extrême privilège d’être allée au bout de ce rêve, de l’avoir concrétisé. De ne pas m’être trahie, et de pratiquer au quotidien la seule chose ( je ne dis pas métier volontairement ) que j’ai envie de faire.
Un Livre après L'autre : La Bretagne est un personnage à part entière dans l'ensemble de vos romans. Quel est votre lien avec cette terre ?

Nathalie de Broc : Un lien complexe qui a nourri longtemps mon écriture, et continue de le faire. J’ai essayé de l’apprivoiser, de l’apprendre au jour le jour ; je n’en suis pas native donc cela n’a pas rendu l’apprentissage facile ! Je me sens toujours débutante face à cette terre, on en découvre chaque jour un aspect, mais est-ce pour autant qu’on l’a complètement assimilée ?

L’Oublié de Dieu – Nathalie de Broc – Le Temps Éditeur

Un Livre après L'autre «L'Oublié de Dieu», votre 19ème roman, n'est pas ancré en Bretagne. Pourquoi, et surtout quelle en est sa genèse ?

Nathalie de Broc : La genèse : un de mes ancêtres a été impliqué dans le meurtre célèbre de l’archevêque de Canterbury, Thomas Becket au XIIème siècle, commandité ou non par le roi d’Angleterre et duc de Normandie Henri II. Cet ancêtre faisait partie de la branche anglaise de ma famille... donc pour une fois, il me fallait quitter la Bretagne si je voulais être fidèle à l’Histoire. Mais j’ai attendu près de 20 ans avant d’aborder le sujet... et de quitter « mon » coin de terre littéraire.
Un Livre après L'autre :  Pouvez-vous nous présenter Clémence, Louise, Gabrielle et Sixtine de «L'Oublié de Dieu» ?

Nathalie de Broc : Ce sont quatre jeunes femmes à travers les siècles qui se ressemblent étonnamment et ont chacune à un moment clé de leur vie, été en contact de près ou de loin avec un mystérieux manuscrit en rapport direct avec cet assassinat. La première est Clémence, fille de mon ancêtre qui lui aurait remis le manuscrit et la dernière Sixtine, celle qui nous raconte cette recherche au XXIème.
Un Livre après L'autre :  Ressemblent-elles à vos héroïnes passées ?

Nathalie de Broc : Même si ce n’est pas délibéré, elles ont certainement quelques points communs... le naturel reprenant vite le dessus, comme on le sait. Elles ont le courage d’affronter leurs peurs, si petites soient-elles, la ténacité de mener à son terme leur quête, mais j’ai aussi essayé de rendre mon personnage de Sixtine plus déroutant, plus inattendu.
Un Livre après L'autre : Comment se déroule une session d'écriture au quotidien (lieu, horaires) ? 

Nathalie de Broc : Quotidien, quotidien 😉 .... Je ne suis pas du tout une personne de régularité tout ce qui est routine me fait fuir. Donc je ne peux pas dire que j’écris chaque jour à la même heure ni que je m’attelle à mon travail avec ponctualité. Cela ne me ressemblerait pas du tout ! Tout dépend de ce que la vie me présente le matin ou la nuit ! Parfois à peine réveillée (quelle que soit l’heure) je fonce dans mon bureau et écris sans discontinuité pendant des heures parce qu’une idée m’a tirée du lit. Certains jours j’abandonne le manuscrit, ou je prends ma voiture pour rouler n’importe où parce que cela recharge mon imaginaire et me permets de réfléchir hors contexte. Mais en y réfléchissant, je dois quand même m’être mise au travail relativement régulièrement pour avoir écrit un livre par an depuis 2004... !
Un Livre après L'autre :  La musique joue-t-elle un rôle important lors de la rédaction d'un manuscrit ?

Nathalie de Broc : En écrivant l’Oublié de Dieu, j’avais en permanence en tête le requiem de Mozart, parce que cela correspond à l’atmosphère de certaines scènes du roman. Musique que l’on peut d’ailleurs retrouver dans la bande annonce du livre, mais je ne l’écoutais pas concrètement. Pas de radio ou de cd. Rien. Parce que j’ai vraiment besoin de silence pour écrire. Même si j’aime beaucoup aller écrire à une table de bistro au milieu du bruit ambiant... allez comprendre les paradoxes !
Un Livre après L'autre :  En tant que lectrice, avez-vous des romans fétiches ? 

Nathalie de Broc : Une quantité incroyable ! et j’aurais un mal fou à en établir une hiérarchie. Colette y côtoie Elizabeth Gilbert, Balzac fraye avec Lucinda Riley, ou Philippa Gregory. Juliette Benzoni papote avec Alexandre Dumas ou Tolstoï ou Victor Hugo ou Marguerite Duras...et comme je suis du genre admirative-née, les ayant tous en tête,j’ai une certaine tendance à mettre la barre très haut dans mon écriture et à toujours être déçue parce que j’ai pondu... La comparaison est l’œuvre du diable, dixit Sainte Thérèse d’Avila il n’empêche... c’est difficile d’y couper quand on a sous les yeux tous ces chefs d’œuvre. Car évidemment les romans de tous ceux que je viens de citer sont sur une étagère dans mon dos et surveillent ce que je fais. Parfois je les entends...
Un Livre après L'autre :  Un nouveau roman est-il déjà en cours ?

Nathalie de Broc : Oui et j’y retourne de ce pas …

Je remercie une nouvelle fois Nathalie de Broc pour avoir répondu à ce questionnaire, et vous invite à poursuivre cette rencontre en découvrant son site ICI ainsi que  sa riche bibliographie ! 
Si vous êtes en Bretagne ce wee-end, n'hésitez pas à aller à sa rencontre, car elle sera présente sur le Salon Livr'à Vannes.

Mercredi 8 juin 2022

Les Étés de Grande-Maison – Nathalie de Broc

Les Étés de Grande-Maison – Nathalie de Broc – Éditions Presses de la Cité (2019)

«Les Étés de Grande-Maison» est un roman captivant dans lequel Nathalie de Broc tisse le destin d'une petite fille en 9 étés. Ceux qu'elle partage avec sa famille bretonne, ceux durant lesquels elle observe la lente explosion de cette famille qu'elle ne côtoie que deux mois dans l'année, au cœur d'une demeure bourgeoise : «Grande-Maison». 

Le roman commence avec le 11 septembre 2001. Nina ne répond pas à un appel téléphonique...

Flash-back : Nina vit en banlieue parisienne. Sa mère travaillant et vivant à Londres, c'est Mamita qui s'occupe d'elle toute l'année, sauf pendant les deux mois d'été. Deux mois précieux que la petite fille attend avec impatience, car elle y retrouve sa famille maternelle :  les Bremeur-Duval. Au cœur du domaine familial de  «Grande-Maison», Nina retrouve Claude sa cousine, Bon-Papa, Bonne-Maman, oncles et tantes, mais surtout sa flamboyante Tante Sacha, avec laquelle elle entretient un lien indéfectible. Fascinée par cette famille superficielle qui ne se mêle à personne, ne tolère ni écart de conduite, ni écart de langage,  Nina tente de s'adapter, de comprendre...et affronte son propre chemin, fait comme celui des Bremeur-Duval de non-dits, de secrets, de colères et de violences larvées. 

Formidable fresque familiale, Les «Étés de Grande-Maison» est le roman parfait pour échapper au flux actuel d'annonces plus sombres les unes que les autres. Embarquer vers la Bretagne et cette splendide demeure de «Grande-Maison», c'est découvrir au rythme de la grande Histoire les crises de jalousies, les joutes verbales, le goût du «paraître», celui des dîners où les tenues correctes sont exigées, sans oublier le besoin d'émancipation de certains membres des Bremeur-Duval, pour survivre ;  sans oublier de belles histoires d'amour...

Au final, un roman avec un petit côté «Dowtown Abbey breton» que je vous conseille vivement, si vous ne l'avez pas encore lu !

Je vous donne rendez-vous dans quelques jours, pour découvrir une interview de Nathalie de Broc !

 Lundi 6 juin 2022

Le passage de l’été – Claire Léost

Le passage de l’été – Claire Léost – Éditions Jean-Claude Lattès

1994, au cœur de la Bretagne, dans un petit village de sept cent habitants nommé  «Le Bois d'en Haut», l'histoire débute avec deux enterrements. Sous le regard  des habitants du village, deux familles écrasées par le chagrin enterrent une mère pour l'une, un père pour l'autre. Que s'est-il passé ? C'est avec trois prénoms que la romancière répond à cette question. Hélène, Marguerite, Odette. Avec une plume ciselée, la romancière tisse trois chemins de femme, au cœur d'une Bretagne baignée par les mystères et les croyances. 

Quels liens existent-ils entre une jeune fille de seize ans, une professeure et une jeune fille de 1944 ? Comment trois vies peuvent-elles être foudroyées ?

Marguerite, professeure de français venue de Paris s'installe au «Bois d'en Haut» pour un remplacement.  L'avenir d'Hélène, seize ans,  est chamboulé par cette rencontre.  Celle dont le destin semblait tout tracé :  s'unir à Yannick, son ami d'enfance et devenir l'institutrice du village ; l'excentricité et les cours de cette nouvelle enseignante vont aiguiser son appétit d'ailleurs et son désir d'émancipation... 

En s'installant et travaillant au «Bois d'en Haut», Marguerite suscite la curiosité de nombreuses personnes. Son mari écrivain, sa petite fille,  et son niveau de vie attisent jalousies et rivalités...

Enfin, troisième destin, celui d'Odette Bozec, nous sommes en 1944,  la fille du «Docteur des pauvres» se retrouve seule, et part vers Paris, afin de rejoindre une tante...


D'une plume ciselée, Claire Léost offre une histoire bouleversante et addictive. «Le passage de l'été» est le second roman de Claire Léost.  Il a été récompensé par le Prix Bretagne 2021.

Extrait : 
"Lors de leurs promenades en forêt, l'été d'avant, il lui avait confié : élever des enfants, c'est les aimer de toutes ses forces pour qu'un jour ils vous quittent. Un jour tu me quitteras. Tu n'auras pas peur car tu sauras que je t'ai aimée.

Mais Papa, c'est toi qui me quittes, et moi, je fais comment maintenant ?"

Lundi 30 mai 2022

La maison de Bretagne – Marie Sizun

La maison de Bretagne – Marie Sizun – éditions Arléa

Avec «La maison de Bretagne» Marie Sizun peint le destin d'une famille composée de quatre femmes. Berthe, la grand-mère -veuve très tôt- Anne-Marie, mère de Claire et Armelle, abandonnées toutes les trois par un homme en quête de gloire artistique. Après le choc du départ, le chagrin d'Anne-Marie laisse la place au silence, à la colère qu'elle retourne quelquefois sur ses filles.

Tout commence avec la décision de Claire. Elle souhaite se débarrasser de «La maison de Bretagne», surnommée «La maison des veuves» par les gens du village. Cette maison mise en location depuis le décès de sa mère, cette demeure dont les vacanciers se plaignent de la vétusté. Un lieu à distance de sa vie, comme celle prise par sa sœur, en refusant cet héritage douloureux.

Claire prend la direction de la Bretagne, afin de se débarrasser de cette propriété encombrante. À son arrivée, un cadavre trouvé dans la petite chambre, celle de Berthe, puis d'Anne-Marie  va bousculer sa semaine, sa vie, ses souvenirs...
 
Ce treizième roman de Marie Sizun est l'histoire d'une famille brisée, d'une maison bancale. Aux couleurs de l'abandon, du deuil, et des non-dits, s'ajoutent celles de la Bretagne que l’œil de la peintre Marie Sizun décrit à merveille !

Ce roman a été récompensé par le Prix de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire 2021.


Lundi 23 mai 2022

Café-Librairie Le Temps de Vivre – Le Faouët

Régulièrement, grâce à mon activité au sein des Petits Mots des Libraires, je vais visiter des librairies bretonnes. Fin avril, je suis partie au cœur du pays du Roi Morvan, dans la jolie ville du Faouët, afin de découvrir «Le Temps de Vivre», un café-librairie ouvert depuis octobre 2021.

Les nombreux habitants de ce coin de Bretagne ne s’y trompent pas en lui réservant ainsi qu’à Isabelle Nguyen et son équipe, un accueil chaleureux depuis le jour de l’ouverture ! Situé face aux splendides Halles datées du XVIème siècle, impossible de manquer «Le Temps de Vivre» avec sa terrasse en bois sur laquelle il fait bon savourer sa lecture accompagnée d’un thé.

200 m2 sur deux étages, un fond littéraire de 5000 références pour petits et grands, sans oublier le point restauration, ouvert depuis quelques semaines. « Le Temps de Vivre» est un joyau situé au cœur de la ville du Faouët. Après 25 années à Paris, Isabelle Nguyen, s'(offre) un lieu attachant, source de joies, pour l’ensemble des habitants de ce coin de Bretagne. Le jour de mon passage, c’est la romancière Nathalie de Broc qui était présente avec son dernier ouvrage (L’oublié de dieu).

«Le Temps de Vivre» est situé au 23 rue du Soleil, au Faouët (56320), Isabelle et son équipe vous accueillent du mardi au samedi. Surveillez-bien l’agenda, car de nombreuses animations rythment la vie de ce café-librairie !

Lundi 16 mai 2022

Des matins heureux – Sophie Tal Men

Des matins heureux – Sophie Tal Men – Éditions Albin Michel

Au cœur du quartier de Montparnasse, entre le cimetière, une pâtisserie, un pub, et deux appartements, trois vies vont se croiser. Trois êtres vont apprendre à se connaître, vont se secourir. Trois âmes vont faire rimer amitié, amour et solidarité.

Elise, dix-neuf ans, a été brisée, elle tente de survivre à la terrible épreuve de la rue en se réfugiant dans un noctilien. Lors de ses nuits de solitude, elle croise souvent un photographe.

Secret, culpabilité. Deux mots qui peuvent qualifier Guillaume. Que s'est-il passé dans la vie de ce barman au look barbu et chevelu, pour que celui-ci se réfugie dans le mutisme, lorsque les questions fusent ? 

Enfin, il y a Marie, gynécologue de profession et tornade au grand cœur. La meilleure amie de Gabriel arrive pour six mois à Paris, emménage dans l'appartement de Margaux, situé au-dessus de la pâtisserie de Raphaël, le cousin de celle-ci. Un poste l'attend dans le service du Docteur Ward, afin de perfectionner son savoir sur la reconstruction mammaire.

«Des matins heureux», le nouveau roman de Sophie Tal Men est un roman particulier. Les personnages de la romancière n'évoluent pas dans un univers hospitalier breton, mais au cœur de Paris, dans le quartier le plus breton qu'il soit : Montparnasse. Les êtres se croisent, se rencontrent, s'apprivoisent, s'entraident, comme des amis de longues dates. L'air breton souffle sur le quartier, réchauffe les cœurs, insuffle une dose d'amour et d'amitié afin de renouer avec la Vie, sans oublier de nourrir les estomacs vident avec les fameuses pistaches-cacahuètes du désormais célèbre «Gobe-Mouches»!

En choisissant  de délocaliser son histoire au cœur d'un quartier cher aux personnes qui ont le cœur en Bretagne, Sophie Tal Men livre en ce printemps 2022 un excellent roman ! (oserais-je dire le meilleur ? Oui !) 

Découvrez le vite (si cela n'est pas encore fait)!

  Lundi 9 mai 2022

Les pépins de grenade – Sarah Briand –

Les pépins de grenade – Sarah Briand – Éditions Fayard

Andrew habite aux Etats-Unis, Salomé vit à Paris. Ils se croisent sous le soleil de Carthage. Une rencontre comme une parenthèse enchantée, loin de leurs vies professionnelles agitées. Andrew est un soldat mystérieux, Salomé travaille pour une chaîne de télévision française. Ils se reverront, car chaque instant volé à leur emploi du temps sonne comme une évidence. Bousculée dans son quotidien, Salomé vit au rythme des messages, des silences ainsi que des retrouvailles avec Andrew. Lors d'un séjour aux États-unis, c'est l'histoire familiale de Salomé qui resurgit, à travers un prénom et un nom au cœur du Musée de l'Holocauste à Whashington DC : « André Chave ».

1939 : dans un petit village d'Ardèche, André va être mobilisé pour la seconde guerre mondiale.


Avec «Les pépins de grenade», Sarah Briand tisse plusieurs destins à travers la Grande Histoire. L'histoire d'amour entre Salomé et d'Andrew qui naît dans un monde où les guerres continuent de fracasser des soldats et des peuples. Celui d'André, un homme mobilisé, un soldat brisé, un homme amoureux, un ami dévoué. Dans cette galerie de destins percutés par l'Histoire, comment ne pas évoquer Edmond et Blanche, liés à tout jamais... 

Au fil des pages, la voix d'André, la vie de Salomé, les liens familiaux qui unissent ce soldat de la seconde guerre mondiale et la jeune femme apparaissent. André Chave, c'est l'histoire d'un aïeul, celui dont on ne parlait pas, pour différentes raisons.

Après deux biographies exceptionnelles «Simone éternelle rebelle» et «Romy, une longue nuit de silence», ne manquez pas le premier roman de Sarah Briand ! La plume tendre et délicate de la romancière vous emporte pour un voyage littéraire plein d'émotions, de Carthage à Paris, des États-Unis à l'Ardèche natale de Salomé. 


Extrait :  «Une photo n'a qu'un but, fixer un instant et le faire revivre infiniment». 

Lundi 2 mai 2022

Rencontre avec Sophie De Baere !

Sophie de Baere – Photo droits réservés Pierre Hugues

Lu il y a quelques semaines grâce à www.netgalley.fr, le troisième roman de Sophie De Baere «Les ailes collées» m’a bouleversée, comme beaucoup de lectrices et lecteurs. Une histoire dont on ne sort pas indemne. À la fin de ma lecture, j’ai contacté Sophie De Baere, afin de lui proposer une interview. Je la remercie infiniment pour sa gentillesse et sa disponibilité, et vous laisse en sa compagnie afin de découvrir ses réponses !

Un Livre après l’autre : Bonjour Sophie, et merci pour avoir accepté mon invitation. Devenir romancière était-il un rêve d’enfant ?

Sophie De Baere : Bonjour Valérie et merci à vous de m’avoir invitée ! Effectivement quand j’étais petite, j’étais un peu (si je peux me permettre de reprendre le magnifique titre de mon ami Grégoire Delacourt) « l’écrivain de la famille ». Ecrire était mon refuge. J’adorais m’inventer des histoires, créer des personnages tous plus incroyables les uns que les autres. J’étais une petite fille de la campagne plutôt solitaire et la lecture comme l’écriture faisaient partie intégrante de mon quotidien. C’était une enfance du temps long, de l’ennui fondateur. Je rêvais de devenir la Comtesse de Ségur, Marcel Pagnol ou encore Pearl Buck dont je dévorais les ouvrages.

La dérobée – Sophie De Baere – Éditions Anne Carrière

Un Livre après l’autre : L’écriture de votre premier roman «La dérobée» est-elle liée à un événement particulier  ?

Sophie De Baere : Oui, elle a correspondu à une période de ma vie familiale très destabilisante et l’écriture, que j’avais complètement abandonnée durant plus de vingt ans, est revenue comme une nécessité presque organique. J’ai eu besoin de revêtir à nouveau les habits de la petite fille qui, dans le même temps, s’oubliait et s’épanouissait dans un monde de papier. Je me souviens encore de cet après-midi hivernal durant lequel j’ai recommencé à écrire pour ne plus m’arrêter. Le manuscrit de La Dérobée fut achevé en trois petits mois.

Un Livre après l’autre : Parmi les thèmes abordés dans «Les ailes collées», il y a la     différence et      le harcèlement scolaire. Comment l’histoire de Paul et Joseph est-elle née ?

Sophie De Baere : Cela faisait des années que je voulais parler de cette cruauté-là. D’abord parce qu’elle m’a touchée personnellement et ensuite parce que c’est un sujet auquel en tant qu’enseignante mais aussi mère et bien sûr citoyenne,  je suis particulièrement sensible. J’ai également été le témoin de violences scolaires liées à l’intolérance, de ces violences qui marquent au fer rouge une adolescente. Devenue adulte, il était évident pour moi qu’il me faudrait utiliser ma plume pour en parler à ma manière.

Sophie De Baere – Les ailes collées – éditions JC Lattès

Un Livre après l’autre : Qu’avez-vous ressenti en découvrant que votre roman était dans la sélection du Prix Françoise Sagan 2022, tout comme dans celle du Prix Maison de la Presse 2022 ?

Sophie De Baere : J’étais très surprise et bien sûr heureuse. Ce ne sont que des premières sélections mais elles témoignent déjà d’une reconnaissance pour mon travail d’auteur. C’est un cadeau précieux, tout comme le sont les nombreux retours de lecteurs qui me parviennent depuis la parution de mon roman.

Un Livre après l’autre : Une journée ou une session d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, un lieu ou de la musique ?

Sophie De Baere : Je suis enseignante à temps plein alors les moments consacrés à l’écriture sont toujours des moments volés. Ils se déroulent le soir après le travail ou bien le week-end ou durant les vacances. En général, je m’enferme dans une chambre, me pose sur le lit avec mon ordinateur, mets mes écouteurs et écoute de la musique classique. Le plus souvent Chopin mais aussi Schubert et Bach. Ensuite, je n’ai plus qu’à lâcher prise et laisser l’imagination faire le reste…

Un Livre après l’autre : Une autrice est également une lectrice. Quels sont vos livres fétiches  ?

Sophie De Baere : Beaucoup de livres m’ont marquée mais si je dois n’en citer que quelques-uns, je dirais spontanément D’acier de Silvia Avallone, Freedom de Jonathan Franzen et On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt. Mes tout derniers coups de cœur livresques ont été Shuggie Bain de Douglas Stuart et Pleine Terre de Corinne Royer.

Un Livre après l’autre : Dernière question, un nouveau projet littéraire est-il déjà en cours ?

Sophie De Baere : Pas pour l’instant. Paul et Joseph sont trop présents, je ne les ai pas encore vraiment quittés. Il me faudra sans doute quelques mois avant de pouvoir faire naître d’autres personnages.

Si vous n’avez pas encore découvert l’histoire de Paul et Joseph, ainsi que la plume de Sophie De Baere, je ne peux que vous inciter à le faire rapidement ! Vous pouvez également suivre son actualité via ses réseaux sociaux, notamment son compte Instagram.

Lundi 21 mars 2022

L’âge des amours égoïstes – Jérôme Attal

L’âge des amours égoïstes – Jérôme Attal – Éditions Robert Laffont

Comment ne pas renoncer à ses rêves une fois entré dans la vie d'adulte ? Nico, 26 ans, le personnage de Jérôme Attal tente de répondre à cette question. 

Étudiant l'histoire de l'art à la Sorbonne, il cherche l’équilibre entre ses deux vies. Dans la première, il est le chanteur du groupe « Peggy Sage » fondé avec quelques amis. ils essaient de se produire dans divers endroits, mais cette dernière année estudiantine marque Nico au fer rouge, car les chemins de chacun vont bientôt être différents, et cela pourrait compromettre l'avenir du groupe.

De l’autre, il doit rédiger un mémoire. Il sait que ce mémoire signifie la fin de son cursus, et cherche à gagner du temps auprès de son directeur de mémoire. Son sujet ? Francis Bacon ! D'ailleurs, une exposition estivale lui permettrait...mais Monsieur Fabis n'est pas dupe !

Extrait : 
« Écoutez, Nicolas. Nous allons faire un pacte. On va au bout de ce mémoire ensemble, et ensuite vous me promettez qu’on arrête là, c’est d’accord ? »

Ouvrir « L’âge des amours égoïstes » le nouveau roman de Jérôme Attal, c’est plonger dans un monde à part. Un monde où l’enfance et l’adolescence tiennent une part importante, où l’amour et l’amitié se fêtent à chaque ligne, avant que les arrangements et autres désillusions ne s’abattent. Un monde dans lequel Nico personnage attachant tombe amoureux fou de Laura, une jeune femme croisée lors d’une soirée, au point de ne plus vivre que pour les instants où il peut espérer la (re)voir…

La plume poétique de Jérôme Attal vous emporte pour une virée parisienne dans laquelle vous croiserez une tête de choux ainsi que le couloir d'un hôtel en démolition. Tout au long de cette balade, l'amour, l'amitié, la peinture et la musique forment une bien jolie partition. De celle dans laquelle il fait bon se plonger, lorsque l'obscurité semble gagner du terrain...

 Lundi 14 mars 2022

La décision – Karine Tuil

La décision – Karine Tuil – Éditions Gallimard

Alma Revel est une juge antiterroriste passionnée par son métier. Mariée depuis une vingtaine d'années avec Ezra, sa vie de couple s'est délitée depuis bien longtemps. Écrivain primé par le Prix Goncourt pour son premier roman, la carrière de son mari n'a cessé de décliner aux cours des dernières années. Après l'avoir fortement rejetée, celui-ci trouve  refuge dans sa religion de naissance : le judaïsme.

Si le roman de Karine Tuil s'intitule « La décision », c'est bien deux décisions qu'Alma va devoir prendre :

Tout d'abord, une décision professionnelle : emprisonner ou laisser en liberté un jeune homme soupçonné avec sa femme Sonia, d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie.

En parallèle de ce dossier qu'elle doit traiter dans des circonstances spéciales -nous sommes en mai 2016- s'ajoute une deuxième décision, d'ordre privée celle-ci : Doit-elle quitter son mari ?  Alma a une liaison avec Emmanuel, l'avocat de la défense. Elle sait qu'officialiser aux yeux de toutes et de tous avec son amant, ne pourrait qu'être préjudiciable pour sa carrière. 

Comment fonctionne la branche de l'antiterrorisme ? Quelles résonances le métier de juge antiterroriste ont-elles sur la vie privée ? Comment font-ils pour supporter la violence et les menaces reçues au quotidien ? Comment vivre une vie «normale» lorsque jour et nuit, vous êtes sous protection ? 

Autant de questions dont les réponses se trouvent dans le roman de Karine Tuil. Sans juger, sans pathos, mais en exposant simplement les faits,  la romancière livre un roman percutant, une immersion dès plus pointue dans les arcanes de la justice antiterroriste. Après votre lecture, il est évident que l'histoire d'Alma Revel, de son couple, de ses enfants, d'Ali,  d'Emmanuel et de son ex-femme, mais également de celle de l'homme soupçonné, resteront dans votre mémoire de lecteur ou de lectrice, grâce à la plume de Karine Tuil qui sait montrer la dureté d'un métier, tout comme la fragilité d'une vie.
 
Un roman à ne pas manquer si vous ne l'avez pas encore lu !

Extrait :
«Sur mon bureau, j'ai encadré cette phrase de Marie Curie : 
«Dans la vie rien n'est à craindre, tout est à comprendre». 
Mais parfois, on ne comprend rien.»

Lundi 7 mars 2022

Prix des Petits Mots des libraires – 2022

Comme chaque année, Les Petits Mots des Libraires donnent la parole aux libraires, afin qu'ils défendent leurs romans coup de cœur dans les registres ROMAN, POLAR, IMAGINAIRE, BD.

Je suis très heureuse de relayer les informations concernant l'édition 2022 du Prix des Petits Mots des Libraires, dont la marraine sera  Agnès Martin-Lugand ! 

Voici le déroulé de cette nouvelle édition :  

Mars 2022 : Sélection des libraires qui seront membre du jury 

Avril 2022 : Sélections des titres pour chaque catégorie (choix des libraires)

Du 1er mai au 30 mai : Votes des lecteurs

4 juin 2022 : Proclamation des lauréats 2022 

Chaque libraire membre du jury propose 2 coups de cœur dans sa catégorie.(2 livres publiés entre le 30/04/2021 et le 30/04/2022 : grand format, poche, français ou étranger, vous êtes libres)


Comment participer et mettre en avant les titres que vous souhaitez défendre ? 

Ami(e)s libraires, je vous invite à retrouver toutes les informations sur la page consacrée à cet événement Ici.


 Lundi 28 février 2022