La Petite Librairie – Hennebont

La Petite Librairie à Hennebont, dans le Morbihan.

Mercredi dernier, je suis allée à la rencontre de Marie Bourcy, la libraire enthousiaste à la tête de La Petite Librairie !

Biologiste spécialisée dans le végétale, la jeune femme est revenue dans la région, avant d’entamer une reconversion professionnelle. Elle y a ouvert La Petite Librairie avant Noël. Nichée sur la place Maréchal Foch, face à la basilique Notre-Dame-de-Paradis, dans un ancien local gardant quelques stigmates de son ancienne vie (les poteaux à l’entrée laissent imaginer les chevaux attachés attendant sagement leurs maîtres), La Petite Librairie est un endroit plein de charme dans lequel il fait bon déambuler, afin d’y trouver sa pépite littéraire. Un fond diversifié est proposé sur les nombreuses bibliothèques savamment disposées. Lorsque vous tiendrez entre vos mains le livre tentateur, nul doute que vous souhaiterez prolonger votre visite en vous installant dans l’arrière boutique, où un salon de thé version cocon anglais vous attend. Tables, chaises, fauteuil, plantes ainsi qu’un (splendide) miroir donnent au lieu un charme ancien et moderne à la fois. De quoi avoir envie de s’installer pour une pause gourmande !

De Bretagne, ou d’ailleurs, venez découvrir La Petite Librairie, un nouvel écrin pour les lecteurs et lectrices de 7 à 77 ans !

Lundi 17 janvier 2022

Le mois du livre en Bretagne

Les flyers sont à télécharger sur le site de Livre et Lecture en Bretagne ICI.

Le 12 février prochain, la première édition du Mois du livre en Bretagne, organisée par Livre et Lecture en Bretagne, ouvrira ses portes, jusqu’au 13 mars 2022.

Pendant un mois, toutes les structures dont les manifestations ont été inscrites auprès de Livre et Lecture en Bretagne mettront à l’honneur la richesse littéraire de notre région !

Vous n’avez pas eu le temps de transmettre votre inscription ? Vous avez une idée de dernière minute ? Il est toujours possiblejusqu’au 12 février 2022 d’inscrire votre manifestation en contactant Célia Penfornis, coordinatrice de l’action territoriale et de l’éducation artistique et culturelle chez Livre et Lecture en Bretagne ( celia.penfornis@livrelecturebretagne.fr).

Librairies, médiathèques, bibliothèques, éditeurs, éditrices, organisateurs, organisatrices de manifestations littéraires, ainsi que toutes les structures souhaitant promouvoir la création littéraire bretonne à travers une manifestation littéraire sont les bienvenues !

Quant à moi, je reste à votre écoute amis libraires, responsables de médiathèques, responsables de bibliothèques, éditeurs, éditrices ou tout autre organisme mettant en place cet événement, via mon activité de Modératrice d’événements littéraires pour animer une ou plusieurs actions de ce premier Mois du Livre en Bretagne !

Lundi 10 janvier 2022

Vœux 2022

Été 2021 : après plus de trente ans de secrétariat -dont vingt ans dans la même entreprise,  j’ouvre un nouveau chapitre professionnel : celui de l’indépendance.

Depuis septembre 2021, mes services de Modératrice d’événements littéraires sont à la disposition de toutes les structures qui le souhaitent ! Quel bonheur de partager le goût des livres, de la lecture, et de l’écriture !

À côté de cette passion de toujours pour les livres, j’ai ouvert, comme une évidence, une autre route professionnelle :  «Les Ateliers de Valérie». Ces ateliers sont une aide précieuse, destinée à toutes les personnes touchées de loin ou de près par le burn-out.

2021 a réalisé un de mes rêves : rebondir professionnellement. Je mesure ma chance chaque jour. À travers ces deux activités, ma volonté de transmettre et de partager est exaucée.

En ces temps troublés par un virus, je vous souhaite une année 2022 pleine de projets et de rêves, accompagnée de petits bonheurs de chaque instant, afin de les concrétiser !

Au plaisir de vous retrouver/rencontrer sur l’un de ces chemins.

Valérie Michel

Lundi 3 Janvier 2022

L’empreinte de l’ange – Nancy Huston

L’histoire : Lorsque le célèbre flûtiste Raphaël Lepage rencontre pour la première fois Saffie, il tombe amoureux fou de de cette magnifique jeune femme aux yeux verts… Saffie, elle, semble vivre dans un autre monde, sans aucune résistance, elle se laisse conquérir. Quelques mois plus tard, lorsqu’elle croise le regard d’Andras, le luthier de celui qui est devenu son mari, sa vie bascule dans la passion amoureuse. Elle ne va plus vivre que pour cet homme, se livrer à lui corps et âme. Leur parcours commun sera fait d’apprentissage, car sa résistance à vivre va jusqu’à ignorer que son amant est juif hongrois ; et qu’il a, comme elle, vécu l’horreur.

Ce livre est enfin sorti de ma PAL -il y était depuis des années- car notre Club de Lecture est désormais à l’heure canadienne ! Comme quoi, tous les livres qui attendent sagement dans les PAL ne doivent pas s’inquiéter… Ce livre est un choc, tant par l’histoire, l’Histoire, et le style employé par l’auteure. L’écriture y est violente, en tout cas, je l’ai ressentie comme telle. Certains passages ont été insoutenables, imaginer l’horreur est une chose, la lire en est une autre. Toutefois, cette violence qui vous prend  « aux tripes », fait que vous ne pouvez pas lacher cette histoire, afin de  savoir si la vie va enfin dessiner à ces trois êtres un destin plus serein. En arrière plan, un fond musical entetant, un flûtiste de talent, certes, mais je n’ai pas eu beaucoup d’empathie pour lui, même si je comprenais sa souffrance devant le mutisme de sa femme. Si le silence de Saffie, lui, est incompréhensible au départ, ce qui peut faire penser qu’elle est froide,  son destin, révélé par l’auteure au fur et à mesure, nous éclaire sur son comportement toujours en retrait, mais jamais « dans » la vie. Quant à Andras, lui, c’est évidemment, celui qui comprend. Enfin, historiquement, l’auteure ne fait pas que survoler ses multiples sujets, non, elle creuse, explique les faits, sans tabous. Le tout donne une histoire poignante et cruelle, qui m’a laissé une sensation de vies gâchées.

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 2012

27 décembre 2021

Calendrier de l’Avent 2021

Depuis le premier décembre, sur mon compte instagram, vous avez pu découvrir mon premier Calendrier de l’Avent Littéraire afin de vous donner des idées de lectures, des idées de cadeaux. Je vous ai proposé vingt quatre romancières marquantes, présentes dans ma bibliothèque. Vingt-quatre histoires à partager, à offrir, à s’offrir.

Lundi 27 décembre 2021

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan – Roland Perez

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan – Roland Perez – Éditions Les Escales

Roland a cinq ans et ne marche toujours pas.

C’est l’histoire d’Esther, chère Esther, j’ai eu une envie folle en refermant ce livre, celle de vous écrire. De vous confier combien votre fantaisie et votre courage m’ont bouleversée. Vous dire qu’à plusieurs reprises, j’aurais aimé vous serrer dans mes bras. Mère surprotectrice et croyante. Esther sait qu’un jour, son fils Roland marchera. C’est l’histoire d’une mère qui apporte de l’aide, de l’amour, de l’espoir, aux femmes de son immeuble.

C’est l’histoire d’un petit garçon vivant au rythme de l’appartement familial. Entouré de l’amour des siens. C’est l’histoire de la rencontre entre ce petit garçon et le Docteur V. C’est l’histoire de dix-huit mois d’immobilisation entre espoir et peur. Dix-huit mois rythmés par la vie scolaire de ses frères et sœurs, mais également par ces moments où toutes et tous viennent faire corps autour de son lit, installé dans la salle à manger.

C’est l’histoire d’une chanteuse soufflant ses chansons à l’oreille d’un petit garçon cloué sur un lit, sans le savoir.

C’est l’histoire d’une époque, celle où les Carpentier réjouissaient petites et grands.

C’est l’histoire d’une amitié, celle de Roland, Sophie et Sylvie.

C’est l’histoire d’une femme, maman de trois enfants, partie trop tôt.

C’est l’histoire de Madame F.

Roland Perez est avocat, animateur de radio et de télévision. «Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan» est son premier roman. Son histoire est bouleversante, et vous ne pourrez que ressentir mille émotions à sa lecture.

À quelques semaines de Noël, je ne peux que vous conseiller de déposer ce roman au pied du sapin, afin de déployer la lumière d’Esther vers toutes celles et tous ceux qui en ont besoin…

Lundi 29 novembre 2021

En retard pour la guerre – Valérie Zenatti

En retard pour la guerre – Valérie Zenatti – Éditions de l’Olivier

J’ai lu ce roman de Valérie Zenatti grâce à un emprunt en médiathèque, en décembre 2011. Je viens de me procurer la version de la collection Bibliothèque de l’Olivier, sortie en mars 2021, afin qu’elle puisse rejoindre ma bibliothèque idéale

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L’histoire (4ème de couverture) : Israël, janvier 1991. Une attaque de l’Irak à l’arme chimique est redoutée, la guerre du golfe est imminente. Constance Kahn, une jeune Française, a choisi de s’installer à Jérusalem pour écrire son mémoire sur Flavius Josèphe. Elle partage sa vie avec Nathanaël, un peintre révolté et imprévisible, travaille dans une boutique bio, a pour amie Tamar, étudiante comme elle en histoire antique, et sur le point d’accoucher. Dans quinze jours tout ce monde aura peut-être disparu. Lorsque les sirènes retentissent Constance maîtrise de moins en moins le chaos émotionnel qui l’envahit, mêlant les traumatismes du passé aux angoisses du présent.

J’ai découvert l’écriture de Valérie Zenatti il y a quelques mois (cet article a été écrit en décembre 2011) avec Les âmes sœurs. J’avais beaucoup aimé l’histoire, du coup, j’ai souhaité poursuivre ma découverte littéraire de cette auteure avec ce titre. Chacun de nous sait que lorsqu’un événement mondial se produit, notre mémoire sélective nous rappelle ce que nous faisions, ce que nous vivions, à ce moment précis. En lisant la quatrième de couverture, je me suis tout de suite replonger dans cette période avec le fameux ultimatum, et ce nom de code : « Tempête du désert ». Dans la vie de Constance, le personnage principal de cette histoire, c’est aussi une tempête qui se déclenche avec ces jours comptés, ces alertes auxquelles il faut savoir faire face en se réfugiant dans des pièces hermétiques. Constance vit avec Nathanaël, un homme aussi violent sur le plan physique, que verbal, elle tente d’écrire son mémoire, et lorsque elle en a besoin, elle se réfugie chez sa meilleure amie, mais la maternité de celle-ci réveille chez elle  des blessures trop longtemps enfouies. L’histoire nous entraîne dans la vie la plus intime de l’héroïne, qui va se retrouver face à des souvenirs douloureux, avec cette angoisse qui monte de jours en jours, dans ce pays où tant de gens doivent se résoudre à voir leurs vies voler en éclats. Au final, une histoire prenante, entraînante, avec une brochette de personnages secondaires aussi attachants que l’héroïne ; car oui, la vie de Tamar, Herzl, Enrique, ou encore Anastassia, est aussi forte et intéressante à suivre que celle de Constance. Quant à la fin -je ne voudrais pas trop en dire- mais elle est à l’image d’une rencontre, d’une évidence, qui s’impose à la jeune femme. Une fin belle, et délicate, pour oser enfin renaître.

À noter, ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique sous le titre Ultimatum.

Lecture du 28 décembre 2011 malibrairievirtuelle

Lundi 22 novembre 2021

Le Livre du 15 – Denis Drummond

La vie silencieuse de la guerre – Denis Drummond – Cherche Midi

Le Dit du Vivant – Denis Drummond – Cherche Midi

Pour ce troisième numéro du Livre du 15, j’ai envie de rendre hommage à Denis Drummond, ce romancier, dont le décès prématuré m’a peinée, comme beaucoup d’entre vous.

D’origine franco-écossaise, Denis Drummond est né en 1955. Son oeuvre se compose de huit livres, qui vont de la fiction à la poésie. Ce conteur hors pair, sait vous emporter au cœur de son univers, celui de la beauté, de la laideur, de l’art, que cela soit par le prisme d’un photographe de guerre, face au chaos engendré par des conflits interminables, ou par celui d’un gigantesque séisme, source de l’humanité.

La vie silencieuse de la guerre est «un roman dense, qui ne peut que laisser une trace indélébile après sa lecture.». Je peux écrire la même chose à propos du magnifique Le Dit du Vivant paru en janvier 2021. Ces romans vont rester dans ma bibliothèque idéale, tout simplement parce que j’y ai trouvé un univers fascinant, une plume poétique, une construction littéraire atypique, ainsi qu’une littérature qui m’a bousculée.

Je profite de cette chronique pour remercier à nouveau Aurélie, sans qui je n’aurais pas découvert la plume de Denis Drummond.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, vous souhaitez me faire un cadeau ? Lisez Denis Drummond.

Lundi 15 novembre 2021

Te tenir la main pendant que tout brûle – Johana Gustawsson

Te tenir la main pendant que tout brûle – Johana Gustawsson – Éditions Calmann-Lévy Noir

Lac-Clarence, Québec, 2002. L’inspectrice Maxine Grant est appelée sur une scène de crime. L’ancienne institutrice du village, Pauline Caron, a massacré son mari à coups de couteau.

1899, à Paris, chaperonnée par sa cousine, épiée par sa belle-mère, la jeune Lucienne Lelanger ne se remet pas de la perte de ses deux petites filles, dans un incendie. C’est en intégrant une société secrète adepte du spiritisme et de magie noire, qu’elle espère trouver des réponses, ainsi que la trace des ses enfants.

Lac-Clarence, Québec, 1949. Réprimandée pour sa conduite, la jeune Lina doit rejoindre sa mère sur son lieu de travail, dès sa sortie de l’école. Au cœur de la Mad House, elle va rencontrer une étrange patiente…

J’ai toujours eu un faible pour les récits à plusieurs voix, que celles-ci soient celles d’un personnage ou d’une époque. Quels liens existent-ils entre Maxine, mère dépassée d’une adolescente en pleine crise, la jeune Lina qui est la bouc-émissaire de certaines écolières, dont elle ne sait comment échapper, ainsi que Lucienne, une jeune femme vivant à Paris, qui semble s’ennuyer dans un mariage arrangé, la naissance de deux petites filles n’ayant en aucun cas rapprochés les deux époux. Comment ces trois époques, ces trois destins, peuvent-ils être reliés par un fil commun ? Avec «Te tenir la main pendant que tout brûle», Johana Gustawsson répond avec brio et fluidité à ces questions. Je ne peux rien vous dévoiler, ni vous donner d’indices, mais ne peux que vous conseiller ce roman impossible à reposer, avant d’en connaître les dernières lignes !

La romancière signe une histoire glaçante, celle de trois femmes face à la maternité, le désir, l’adversité, dans des climats familiaux hostiles. «Te tenir la main pendant que tout brûle» est un thriller psychologique avec lequel vous ressentirez mille émotions. Le froid québécois ne sera en aucun cas le seul responsable de vos frissons et autres grelottements…

Lundi 8 novembre 2021

Rencontre avec Tatiana de Rosnay !

Tatiana de Rosnay – Photo Copyright Charlotte Jolly de Rosnay

Fin septembre, dans la chronique du lundi, je vous parlais de «Territoires intimes». Trois fictions sonores qui vous emportent dans un voyage extraordinaire ! En ce lundi matin, je suis ravie de vous proposer une interview de Tatiana de Rosnay, dont la plume et la voix nous transportent aux côtés de Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola ! Une expérience littéraire fantastique qui donne envie de (re)lire les Maîtres de la romancière franco-britannique ! Je remercie infiniment Tatiana de Rosnay pour sa disponibilité, mais également les fées Aurélie et Audrey.

Un Livre après l’autre : Bonjour chère Tatiana ! Merci infiniment pour avoir accepté de répondre à mes questions. Voici la première : lorsque vous rédigiez  «Une petite fille nommée Carrie» à l’âge de onze ans, souhaitiez-vous déjà devenir romancière, ou bien nourrissiez-vous d’autres rêves ?

Tatiana de Rosnay : Merci ! Je souhaitais déjà devenir écrivaine, et fort heureusement, ma famille m’a prise au sérieux et m’a encouragée. J’avais aussi les encouragements de mes professeurs qui avaient remarqué que mes rédactions étaient beaucoup plus longues que celles de mes camarades…

Territoires intimes – Tatiana de Rosnay

Un Livre après l’autre : Comment le projet «Territoires intimes» est-il venu jusqu’à vous ?

Tatiana de Rosnay : J’ai été contactée par Audrey Siourd, la productrice à l’origine de ce projet. Nous avions déjà travaillé ensemble et c’est une personne que j’apprécie vivement.  Elle m’a donné carte blanche pour explorer le processus d’écriture, les secrets de la création littéraire. J’ai eu l’idée d’examiner de façon ludique l’inspiration de mes trois écrivains préférés, du Maurier, Woolf et Zola, mais aussi par le biais de leurs maisons et de leurs vies intimes.  Les lieux sont à l’origine de presque tout mon travail d’écriture, une véritable obsession. Et j’ai trouvé ce titre, Territoires Intimes, qui à mes yeux résume bien le propos de cet exercice à la fois oral et écrit. 

Un Livre après l’autre : Quelles ont été les différentes étapes de travail pour cette fiction sonore ?

Tatiana de Rosnay : J’ai écrit trois narrations autour de chaque auteur, de 30 000 signes environ, ce qui correspond à une demi-heure de texte parlé. J’ai tout relu à voix haute en écrivant, inlassablement, pour tenter de garder mon cap : ne pas barber mon auditeur/lecteur, le surprendre, le charmer et, j’espère, lui donner envie de découvrir ou de redécouvrir ces écrivains magnifiques.

Ensuite, j’ai enregistré mon texte en studio, un exercice que j’aime beaucoup faire, puisque j’ai moi-même lu Les Fleurs de L’Ombre, un de mes derniers romans, pour la version audio (Lizzie). Mais là, c’était différent, car il fallait vraiment jouer avec sa voix. Puis, Audrey a rajouté les habillages sonores, les bruitages, ainsi qu’une musique originale superbe composée par ses soins. Le résultat est bluffant !

Un Livre après l’autre Le travail d’écriture d’une fiction sonore et celui d’un roman possèdent-ils des points communs  ?

Tatiana de Rosnay : Un roman, c’est un travail d’écriture beaucoup plus long, plus complexe, de longue haleine. La fiction sonore me semble être tout de même plus légère, plus rapide. Mais les deux ont pour moi un point commun très important : la relecture et les corrections à voix haute, la seule manière, à mon avis, de réellement prendre possession de son texte.  

Un Livre après l’autre : Menabilly, Monk’s House et Médan n’ont plus de secrets pour vous. Pourriez-vous nous raconter votre première rencontre avec les murs de vos Maîtres ?

Tatiana de Rosnay : Ce sont des moments tellement émouvants pour moi qu’il m’est arrivé de verser une larme en franchissant le seuil de leurs maisons. Mon entourage en a l’habitude et se moque un peu de moi. Pour Daphné du Maurier, à force de mettre mes pas dans les siens en Cornouailles, j’ai vraiment eu l’impression de rentrer dans sa vie, et dans sa tête. Des moments inoubliables.

Chez Virginia Woolf, j’ai eu la possibilité de m’asseoir sur son lit, dans sa chambre, (je n’aurais jamais osé si un journaliste culotté ne m’avait pas invitée à le faire !)

Et quant à Émile Zola, en posant pour la première fois les yeux sur Médan, j’ai été submergée par l’émotion. D’autant plus la date qui est écrite sur la façade de sa maison est celle de mon anniversaire, un 28 septembre. Son dernier jour, puisqu’il est mort dans la nuit, à Paris, après avoir quitté sa maison de campagne adorée.

Un Livre après l’autre : Quels messages Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola peuvent-ils transmettre aux hommes et femmes de plume de notre XXIème siècle ?

Tatiana de Rosnay : Ils m’ont tous les trois donné envie d’écrire et d’en faire ma vie et mon métier. A 11 ans, pour du Maurier, à 13 ans, pour Zola, à 19 ans, pour Woolf. Daphné du Maurier m’a transmis le virus de la mémoire des murs et des secrets de famille, ainsi que les fins ouvertes qui désespèrent ses lecteurs, et les miens, mais qui poussent à la réflexion. Virginia Woolf m’a aidée à bâtir la voix intérieure de mes personnages, leur flux de conscience, si précieux. Émile Zola m’a donné le gout des descriptions et des scènes coup de poing qui marquent le lecteur à jamais.

Mais faire aussi bien que ces trois génies de la littérature, c’est une autre histoire. Oui, je mets la barre très haut !

Un Livre après l’autre : Dernière question : avez-vous le souhait de poursuivre l’aventure «Territoires intimes» ?

Tatiana de Rosnay : Pourquoi pas ! J’ai adoré écrire et enregistrer ce travail. Je suis prête à récidiver avec autour de la vie et des œuvres d’autres auteurs aimés !

Je ne dirai donc que trois mots : vivement la suite !

N’attendez pas, et courez écouter «Territoires intimes» si cela n’est pas encore fait ! Avant de (re)lire Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola , évidemment !

Vous pouvez poursuivre cette rencontre avec Tatiana de Rosnay, en suivant son actualité via son site ICI, ainsi que ses pages Facebook et Instagram .

Lundi 18 octobre 2021

Les Déracinés – Catherine Bardon

Les Déracinés – L’Américaine – Et la vie reprit son cours – Un invincible été –

Catherine Bardon – Éditions Les Escales

Le livre du 15, c’est quoi ? C’est un nouveau rendez-vous que je vous propose, le 15 de chaque mois ! Un rendez-vous autour d’un roman issu de l’actualité ou de ma bibliothèque, avec un petit focus sur l’homme ou la femme de plume qui se cache derrière le texte.

Pour ce second numéro, j’ai choisi de vous parler d’une fresque incontournable dont le coffret collector est sorti hier. «Les Déracinés» de Catherine Bardon. Quatre tomes. 1900 pages environ. Un pan historique méconnu. Une épopée sur près de 80 ans. De 1930, dans une Vienne défigurée par les stigmates de l’antisémitisme, jusqu’en 2013 en République Dominicaine. Trois générations à suivre, trois générations attachantes. Exil, souffrances, peines, joies, mariages, naissances, deuils, combats rythmeront la vie de cette tribu que l’on a envie de serrer dans ses bras, après chaque lecture.

Lorsqu’elle pose les pieds en République Dominicaine, Catherine Bardon a un coup de foudre pour cette terre. Elle offre à sa terre de cœur un premier guide touristique français en 1993, puis un album de photos. Auteure d’une quinzaine de guides touristiques, c’est sa rencontre avec Karl Luis Hess qui scellera son destin de romancière, car ce sont des confidences de cet homme que naîtront «Les déracinés». Celui-ci décède en 2010. L’homme qui a chuchoté son histoire à l’écrivaine ne peut qu’être remercié, tout comme Catherine Bardon qui a su transformer ce legs en quatre bijoux littéraires.

Le premier tome est publié en 2018, le second en 2019, le troisième en 2020 et enfin 2021 pour le dernier opus toujours aux éditions Les Escales.

Un roman graphique est également sorti en aux éditions Philéas.

Les déracinés a été récompensé à de multiples reprises :

  • Prix du 1er roman 2019 de la ville de Mennecy,
  • Premier Prix littéraire du salon du premier roman de Draveil, 2018,
  • Prix des médiathèques de Saint-Germain en Laye 2019
  • Prix des lecteurs des médiathèques de Loudéac en 2019.
  • Catherine Bardon est également lauréate du Prix du premier roman de Chambéry en 2019.

version collector

«Les Déracinés» – Premier tome : Période 1930 – 1961 –  Almah et Wilhelm sont beaux et jeunes, ils se rencontrent au cœur d’une Vienne brillante. Soudé par un amour incomparable, ils choisissent l’exil alors que l’antisémitisme s’installe dans leur Pays. Refoulé par les Etats-Unis, la route de l’exil se poursuit jusqu’en République Dominicaine, là-bas,  le dictateur à la tête de ce pays promet 100 000 visas aux juifs d’Europe. Un espoir pour bâtir sur cette terre «donnée», un avenir, une nouvelle vie…

«L’Américaine» – Deuxième tome : Période 1961 – 1966 : Ruth Rosenheck quitte la République Dominicaine. Elle laisse derrière elle sa mère, dans un pays qui s’embrase. La jeune femme part pour New York, où elle s’installera chez Myriam, la sœur de son père. Une nouvelle vie s’offre à la jeune femme dans cette ville inconnue. Une vie à construire, un métier à apprendre (journaliste), des amours à vivre, des amitiés à nouer, ailleurs, comme ses parents -autrefois- dans d’autres conditions, bien sûr. Un soir, sur le bateau qui l’emporte vers le continent américain, Arturo, un jeune dominicain l’aborde maladroitement. Au rythme des soubresauts du monde, la fille de Almah et Wilhelm se cherche et tisse son destin à New York, puis en Israël où sa marraine réside…

«Et la vie reprit son cours» Troisième tome – Période 1967-1979 – Envoûtant, foisonnant, cet opus met en avant le retour de Ruth Rosenheck. Après ses années américaines, celle-ci revient avec sa fille, Gaya, sur la terre dominicaine. Au cœur des Caraïbes, la fille d’Almah et Wilhelm s’installe définitivement, par choix. Un tourbillon commence, celui de son histoire d’amour avec Domingo -le frère d’Arturo- mais aussi par l’amitié indéfectible entre Ruth et Lizzie, ainsi que la présence toujours tendre, protectrice, d’Almah. Une Almah que ses enfants vont découvrir sous un nouveau jour… C’est à travers les soubresauts du monde, des liens qui se font et se défont, mais aussi avec l’arrivée du tourisme sur leur île que Catherine Bardon tisse le destin de Ruth…

«Un invincible été» – Quatrième tome – Période 1980-2013 – Ruth et Almah se battent au quotidien. Un devoir de mémoire, mais aussi pour la mémoire de leur communauté. Alors que le tourisme se développe de plus en plus sur leur île. Comment parler de ce dernier opus, celui qui clôt une saga impressionnante , rythmée par l’évolution d’une famille ainsi que celle d’un monde dont les cartes sont rebattues régulièrement ?  Arturo et Nathan vivent leur vie américaine, les trois enfants de Ruth tracent leur route, celle d’une vie new-yorkaise pour David, d’une route des mers pour Gaya dont le combat pour l’écologie est viscérale, enfin, Tomàs, lui, sera l’enfant de la terre. Quant au lien entre Gaya et sa mère, il fait écho à celui de Ruth avec Almah -en sens inverse. Un ultime tour de piste de plus de trente ans aux côtés de la famille Rosenheck-Soteras, puis un adieu difficile, une émotion intense en quittant ces hommes et ces femmes devenus au fil des ans, des membres de notre famille.

Un indice à la toute dernière page nous apprend qui a écrit l’histoire…

Proverbe juif : «On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes». Un proverbe qui sied tellement à cette fresque…

J’aurai la joie d’interviewer Catherine Bardon, ce soir, à 19 heures, sur mon compte Instagram.

Vendredi 15 octobre 2021

Mes chats – Evelyne Dress

Mes chats – Evelyne Dress – Éditions Glyphe

Artiste aux multiples casquettes (comédienne, scénariste, productrice, artiste-peintre, romancière) Evelyne Dress remonte le fil du temps afin de parler des chats de sa vie. Une plongée dans le monde des félins, mais aussi dans celui de son enfance, celui d’une histoire familiale dont les blessures se révèlent au fil des pages.

Les amoureux et amoureuses des félins le savent, les rencontres félines sont dues « au hasard », car ces boules de poil vous choisissent pour être leur maître/maîtresse, sans que l’humain n’ait son mot à dire -Oscar est arrivé dans la mienne, bien que je ne souhaitais plus de chat dans ma vie…

De l’inoubliable Minouche, en passant par à son chat actuel dont je vous laisse faire la rencontre ; Evelyne Dress livre avec ce sixième roman «Mes chats», quatre vingt dix pages délicieuses, drôles et bouleversantes.

Ces êtres silencieux, tantôt émouvants et sages, tantôt profonds et rebelles, m’ont aidée à panser mes blessures secrètes. Ils méritaient bien que je leur consacre quelques lignes.

J’étais prête à aller à la SPA chercher un chat de remplacement. Mais les chats, c’est comme les hommes, il faut savoir les choisir, et je m’étais si souvent trompée.

Lundi 11 octobre 2021

Changez de job Changez de vie Et libérez enfin votre talent – Guillaume Cairou

Changez de vie Changez de job Et libérez enfin votre talent – Guillaume Cairou – Éditions du Cherche-Midi

« La chute n’est pas un échec. L’échec est de rester là où on est tombé » – Socrate

Si vous avez lu mon parcours ICI, vous savez qu’en décembre 2019, ma vie a radicalement changé : burn-out professionnel. L’une des conséquences : un changement de vie professionnelle -il faut le dire et le redire, il est très peu probable que vous reveniez sur le lieu de vos souffrances professionnelles après un burn-out. Il est donc judicieux de trouver une activité professionnelle dans laquelle vous puissiez vous épanouir.

Revenons au livre de Guillaume Cairou « Changez de job changez de vie », car celui-ci m’a confirmé combien j’aurais dû être ma priorité bien avant que mon corps ne lâche -dix ans exactement- en m’éloignant volontairement de l’univers professionnel délétère dans lequel j’évoluais.

Si vous entendez déjà la petite musique du changement professionnel au fond de vous, plongez dans ce guide dont les quatre étapes ludiques et colorées feront mouches. Pas à pas l’auteur teste et vérifie si vous aspirez vraiment au changement. Au cœur des douze chapitres de ce livre, vous puiserez les informations nécessaires à un virage professionnel en douceur. Votre nouvelle voie sera bétonnée, car elle aura été préparée grâce à des conseils, des renseignements, des formations ou un accompagnement personnalisé. Lorsque le choix de ce changement vient de soi, tout peut être préparé à un rythme différent.

Si j’avais eu ce livre entre les mains bien avant d’exploser, aurais-je pris toutes les mesures nécessaires à un changement radical ? Je ne le sais pas, la peur de l’échec m’aurait peut-être paralysée… et pourtant, aujourd’hui, grâce à ce mal qui m’a fait voler en éclats, quel bonheur de savourer ma liberté retrouvée, ainsi que mes nouvelles activités dans lesquelles je peux partager et transmettre !

Au final, un guide à offrir ou à s’offrir !

Lundi 4 octobre 2021

Live Instagram 2021

Pour retrouver les Live Instagram de

Elsa Roch pour «La fureur des mal-aimés».

Laure Manel pour «Le craquant de la nougatine».

Sarah Briand pour «Romy, une longue nuit de silence» ainsi que «Pour l’amour de Beyrouth».

Clélia Renucci pour «La fabrique des souvenirs».

Catherine Bardon pour la saga des «Déracinés»

Johanna Gustawsson pour «Te tenir la main pendant que tout brûle»

Cliquez ICI

Jeudi 30 septembre 2021

Territoires intimes – Tatiana de Rosnay

Territoires intimes – Trois fictions sonores de 35 minutes consacrées à Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola, avec la voix de Tatiana de Rosnay

Le 30 septembre, Original Kobo propose trois voyages littéraires dès plus magiques, trois fictions sonores dans lesquelles Tatiana de Rosnay conte Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola. Un voyage passionnant, fascinant, mystérieux à souhait, et touchant. Une visite guidée pleine de surprises, dans laquelle l’auditeur (l’auditrice) rencontre les trois auteurs fétiches de la romancière franco-britannique. Comment se sont inspirés ces trois écrivains ? Quels lieux font échos à leurs œuvres ? Comment ont-ils épousé leur métier de plume ? Comment ont-ils apaisé leurs tourments d’auteurs ? Leurs engagements ont-ils eu une répercussion sur leur métier d’écrivain ?

Des falaises de Fowey chères à Daphné du Maurier, à la «cage à lapins» acheté par Émile Zola grâce à son premier cachet d’auteur, en passant par le cottage de Virginia Woolf et son mari -dont le luxuriant jardin reste le gardien de ses tourments intimes. Vous serez emportés par la voix de Tatiana de Rosnay, par ces lieux où mille bruits et objets racontent des vies d’engagements, de douleurs et de joies. Au coeur d’une demeure fermée au public, un moment privilégié entre l’écrivain, la romancière et vous. Si Tatiana de Rosnay lève le voile sur les secrets de ses auteurs préférés, elle livre également les siens, par petites touches. Au final, cent quinze minutes fascinantes, en compagnie de Tatiana de Rosnay et de ses Maîtres.

Si vous êtes à Paris, réjouissez-vous ! Vous pourrez retrouver Tatiana de Rosnay au Salon Fnac Livre le 30 septembre. Elle lira des extraits choisis de ces voyages extraordinaires !

Lundi 27 septembre 2021