Rencontre avec Philippe Besson !

Philippe Besson par Maxime Antonin

Philippe Besson – Photo droits réservés Maxime Antonin

Pour son dix-septième roman,  «Les passants de Lisbonne», Philippe Besson emporte le lecteur vers une terre empreinte de tristesse, de mélancolie : Lisbonne. Le livre refermé, émue par l’histoire de Mathieu et Hélène, j’ai demandé à Philippe Besson s’il accepterait de répondre à quelques questions. Je vous propose de découvrir ses réponses, ci-dessous.

 

 Les passants de Lisbonne – Philippe Besson – Éditions Julliard

Les Chroniques de Mlv : Pourquoi avoir choisi Lisbonne comme décor, pour votre dix-septième roman ?

Philippe Besson : Parce que c’est la ville de la « saudade », cette fameuse mélancolie rattrapée par l’espérance, cette tristesse douce, sentiments qui viennent à l’unisson de ce qu’éprouvent mes deux personnages. Parce que j’avais envie de donner à voir les rues sinueuses qui descendent des collines, les tramways grinçants, les mosaïques, les murs vérolés, les balcons en fer forgé.

Les Chroniques de Mlv : Le lien qui unit Mathieu et Hélène est indéfinissable. Est-ce grâce à celui-ci qu’ils peuvent s’épancher totalement sur leur souffrance ?

Philippe Besson : Il ne s’agit ni d’amour, ni d’amitié. Cela pourrait ressembler à de la fraternité. Je les regarde comme deux rescapés d’un naufrage qui s’accrochent l’un à l’autre pour regagner le rivage. Ce qui est certain, c’est que c’est leur rencontre qui va les extraire de leur chagrin personnel. Elle était recluse, lui se perdait dans des nuits fauves. En posant une parole sur ce qui leur est arrivé, ils se libèrent. Avez-vous remarqué qu’on parle plus facilement à un inconnu ?

Les Chroniques de Mlv : Une journée d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, des lieux, de la musique ?

Philippe Besson : Je n’ai pas vraiment de rituels, je suis incapable de m’imposer une discipline, n’étant guidé que par mon propre désir. Je peux écrire n’importe où. Cela étant, j’ai la chance d’habiter à Los Angeles plusieurs mois par an et il y a un café sur Santa Monica Boulevard, le Joey’s, où j’aime écrire.

Les Chroniques de Mlv : Que représentent Marguerite Duras et Fernando Pessoa pour vous ?

Philippe Besson : Duras, c’est un choc, lorsque je la découvre à 17 ans. C’est une influence, aujourd’hui. Parfois, chez elle, la sonorité précède le sens et cela m’impressionne. Quant à Pessoa, j’ai relu récemment « Le livre de l’intranquillité ». Il en émane une forme de désespoir, comme si tout était perdu d’avance. Et pourtant, sa poésie nous porte.

Je remercie infiniment Philippe Besson pour sa gentillesse, sa disponibilité.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille vivement «Les passants de Lisbonne», afin de découvrir Mathieu et Hélène, deux êtres touchants, perdus, face à la disparition de l’amour de leur vie, dans l’envoûtante Lisbonne.

 

© Les Chroniques de Mlv -19-06-2016

© Un livre après l’autre

 

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