Rencontre avec Laurence Peyrin !

Laurence Peyrin @Pascale Lourmand.jpg

Laurence Peyrin – Photo droits réservés ©Pascale Lourmand

 

Son premier roman La drôle de vie de Zelda Zonk a été couronné par le prix Maison de la Presse en 2015. L’an passé, elle revenait avec le fantastique Miss Cyclone   (éditions Calmann-Levy) dont le fil rouge était  l’amitié de deux adolescentes dont les destins se tissaient dans la ville de New York. Cette année, avec L’Aile des Vierges (Calmann-Lévy), elle dresse le portrait de Maggie O’Neill une jeune femme passionnée, éprise de liberté. En ce mercredi matin, jour de sortie de ce quatrième roman, je vous propose de découvrir l’interview à laquelle Laurence Peyrin a gentiment accepté de répondre !

 

Un Livre après l’autre : Bonjour Laurence, merci pour avoir accepté de répondre à mes questions. Première question : l’écriture de votre premier roman «La drôle de vie de Zelda Zonk» est-elle liée à un événement particulier (professionnel ou privé) ?

Laurence Peyrin : Oui. C’est un roman dont j’avais commencé l’écriture lors de mon dernier congé maternité, en 2001. Quand j’ai repris mon travail de journaliste, impossible de continuer. Je suis d’un tempérament entier, ce qui m’empêche de faire les choses sans m’y consacrer pleinement. Et je n’avais pas le temps de réfléchir au sens que je voulais donner à cette histoire.

Il a fallu que j’attende de démissionner, neuf ans plus tard, pour reprendre l’écriture de Zelda, et ne faire que cela, après un voyage à New York qui a débloqué deux petits tiroirs coincés dans ma tête: l’imagination et la confiance en soi.

 LAILEDESVIERGES LPEYRIN

L’Aile des Vierges – Laurence Peyrin – Calmann-Levy – sortie le 28 mars 2018

 

Un Livre après l’autre : «L’Aile des Vierges» est votre quatrième roman. Pouvez-vous nous raconter la genèse de celui-ci ?

Laurence Peyrin :  J’étais dans une librairie new-yorkaise, en septembre 2016, alors que je venais tout juste de terminer l’écriture de «Miss Cyclone», et je suis tombée sur un livre dans le bac d’occasions: «Life below Stairs», d’Alison Maloney, sur la vie des domestiques edwardiens. Je ne sais pas pourquoi la couverture m’a parlé – un manoir, un alignement de femmes de chambre en uniforme. Je l’ai acheté, une petite voix intérieure me disant que j’allais en faire quelque chose, alors que ce n’était pas du tout l’univers de mes précédents romans.

Mais j’aime apprendre en écrivant, me passionner pour une époque, des détails. «L’Aile des Vierges» a été une véritable odyssée, à travers une époque qui évoque «Downton Abbey» et une autre l’explosion de modernité du New York des années 50.

 

Un Livre après l’autre : Quels liens unissent Maggie O’Neill à vos autres héroïnes ( June, Angela, Hanna, Zelda) ?

Laurence Peyrin : Je ne sais pas vraiment ce qu’elles ont en commun, en dehors d’être des femmes… Certainement une conscience aigüe de la vie, je dirais. Ce qui les met dans un état de perpétuel questionnement et leur fait vivre les choses plus fort. Toutes traversent une époque, et en sont peut-être un symbole, tout en éprouvant des sentiments éternels.

 

Un Livre après l’autre : Si mes renseignements sont exacts, vous avez une passion pour le cinéma ;  quelle actrice choisiriez-vous pour interpréter Maggie ?

Laurence Peyrin : Effectivement… Mais c’est une réponse compliquée, car c’est imposer une image particulière aux lecteurs et mettre un frein à leurs propres fantasmes. Mais, avec ma prérogative d’auteur, je peux vous dire que la fièvre de Marion Cotillard dans «Mal de pierres» de Nicole Garcia a, à certains moments, inspiré Maggie. Mais, bizarrement, je n’ai pas une image précise de mon héroïne, elle est si libre qu’elle m’échappe aussi!

En revanche, en ce qui concerne l’acteur pour incarner John, sans négociation possible, c’est Clive Owen! L’élégance britannique et l’incarnation de la masculinité, pour moi. Une muse, qui avait aussi inspiré Michael dans «Zelda Zonk».

Après, vous imaginez qui vous voulez, j’en serai curieuse !

 

Un Livre après l’autre : Une journée d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, des lieux, de la musique ?

Laurence Peyrin : J’écris à la Bibliothèque Municipale de Grenoble, cinq après-midi par semaine, au milieu des étudiants. J’ai besoin de cet anonymat dans une ambiance studieuse… Et d’un silence absolu. Alors, non, pas de musique sur les oreilles dans ces moments-là.

Mais j’en écoute énormément le reste du temps (je marche beaucoup, et j’écris dans ma tête en marchant, étape indispensable!), et chacun de mes romans a pour moi son générique: «With or without you» de U2 pour Zelda et Hanna, «Paradise Circus» de Massive Attack pour Miss Cyclone, et «Wuthering Heights» de Kate Bush pour Maggie.

En tout cas, chaque histoire est née à New York, en marchant, en écrivant sur un cahier.

 

Un Livre après l’autre : Lorsque vous n’écrivez pas, quelle lectrice êtes-vous ? Avez-vous des romans ou des auteurs fétiches ?

Laurence Peyrin : Je lis tous les soirs, ma chambre est une bibliothèque. Mais je lis tout l’inverse de ce que j’écris ! Des polars bien noirs, des récits de faits-divers qui me fascinent, pour sonder l’âme humaine. J’ai appris à lire avec «Les Dossiers extraordinaires» de Pierre Bellemare.

Je pourrais monter un meuble avec tous mes Stephen King, j’ai relu 10 fois «La Firme» de John Grisham ou «Un témoin silencieux» de Richard North Patterson, j’aime Lisa Gardner et Steve Mosby…

Mais je suis aussi capable d’énormes coups de cœur pour des romans qui sortent de ces chemins glauques: «La Cuisinière», de Mary Beth Keane, l’histoire vraie d’une femme porteuse saine de la typhoïde qui transmettait sans le savoir la maladie dans les maisons où elle travaillait, au début du siècle dernier à New York.

Et «Quand tu es parti», de Maggie O’Farrell, une histoire d’amour à pleurer.

Et… De John O’Farrell, «Un mec parfait», le seul roman hilarant que j’ai lu écrit à la première personne du masculin. Vous remarquerez que les prénoms des auteurs sont aussi ceux des héros de «L’Aile des Vierges». Ce qui n’est pas forcément un hasard…

Mais, surtout, j’ai deux romans cultes, qui par leur grand écart ont construit mon écriture: « De sang-froid » de Truman Capote, qui m’a appris la simplicité de la description et l’addiction au récit, et « Crève-cœur » de Nora Ephron pour l’humour introspectif féminin.

Un Livre après l’autre : Dernière question (avant de vous remercier pour le temps consacré à ce questionnaire)  comment est née votre passion pour la mythique ville de New York ?

Laurence Peyrin : Je vais vous répondre très simplement: ça ne s’explique pas. Je n’avais aucune envie d’y aller, la première fois. Les buildings, le bruit, la lumière, pas mon truc.

Et puis je suis arrivée là-bas, et j’y suis née. Allez comprendre…

Vous savez, je ne suis pas une noctambule, Times Square est sans doute l’endroit où je mets le moins les pieds, là-bas.

Mais dans la succession de villages qu’est New York, je marche, je respire, je connais chaque coin de rue. Je vis.

C’est un sentiment d’appartenance qui remonte certainement à ce qu’on ne connaît pas de soi-même, un mystère peut-être ancestral.

Une seule chose est certaine :  sans New York, je ne serais pas romancière.

Je remercie infiniment Laurence Peyrin pour le temps consacré à ce questionnaire, ainsi que pour sa disponibilité, et vous invite à poursuivre cette rencontre en lisant ses précédents romans et en consultant sa page Facebook  !

© Un Livre après l’autre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s