Rencontre avec Christian Niemiec et Ludovic Manchette !

Leur premier roman Alabama 1963 est sorti en août dernier aux Éditions du Cherche-Midi. À l’heure où l’Amérique va choisir son prochain président, le duo Bud Larkin et Adela Cobb remporte tous les suffrages ! En cette période de confinement, je vous propose une rencontre avec Christian Niemiec et Ludovic Manchette les auteurs de ce roman captivant, véritable plongée dans l’Amérique des années soixante.

Christian Niemiec et Ludovic Manchette – Photo © Céline Nieszawer

Un Livre après l’autre : Bonjour à tous les deux. Votre parcours professionnel vous prédestinait-il au métier d’écrivain ?

Christian Niemiec : Sans doute, oui. On est traducteurs de dialogues de films de langue anglaise, principalement américains. On gagne donc notre vie grâce à l’écriture de ces dialogues depuis des années et ça nous a semblé assez naturel de sauter le pas et d’écrire une histoire « à nous », pour changer.

Ludovic Manchette : La question, c’est est-ce qu’on a écrit un roman parce qu’on était traducteurs… ou est-ce qu’on est devenus traducteurs parce qu’on voulait écrire ?

Un Livre après l’autre : Quelle est la genèse de Alabama 1963 ?

L. M. : L’idée de base, c’était de montrer que deux personnes que tout semble opposer peuvent tisser des liens d’amitié. Et pour ça, la ségrégation nous offrait un contexte idéal : une femme noire, un homme blanc dans cette Amérique où ils ne pouvaient pas se fréquenter… On avait un terreau propice à une belle histoire.

C. N. : On a choisi l’Alabama parce que c’était un des Etats les plus ségrégationnistes et l’année1963 parce qu’elle a été particulièrement riche en évènements : discours de Kennedy sur les droits civiques, émeutes raciales, attentat contre une église baptiste noire, Marche sur Washington avec le fameux discours « I Have a Dream » de Martin Luther King, assassinat de Kennedy…

Un Livre après l’autre : Vous avez écrit ce roman à quatre mains. Quelle méthode avez-vous choisie ?

L. M. : Une méthode assez inédite, d’après notre éditrice : on a tout pensé et écrit à deux. Chaque mot. Ce qui explique que personne ne détecte de différence de style.

C. N. : Concrètement, on a échangé des idées, des tonnes d’idées, qu’on a mis dans l’ordre pour aboutir à un plan. Et quand on est passé à la phase d’écriture, on savait déjà ce qu’on voulait raconter, chapitre après chapitre. À ce stade, l’un de nous lançait une phrase, l’autre rebondissait, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on trouve la formulation qui nous plaisait à tous les deux.

L. M. : Heureusement, on n’a jamais besoin de batailler pour convaincre l’autre : lorsqu’on tient la bonne phrase, on le sait tous les deux.

Un Livre après l’autre : La couverture de votre roman interpelle, car elle fait référence au fameux pont du film Sur la route de Madison. Est-ce un choix ou une coïncidence ?

C. N. : Une coïncidence. On voulait surtout que, juste en regardant la couverture, les gens sachent que l’histoire se passe aux Etats-Unis. On voulait montrer nos deux héros de dos, sur une route, mais sans le pont, ça pouvait se passer n’importe où…

L. M. : On tenait aussi à ce que la couverture ait un lien avec ce qui se passe dans le livre, ce qui n’est pas toujours le cas. Or vers la fin du livre, nos héros franchissent tous les deux un pont couvert, qui existe bel et bien, près de Birmingham. On aimait la symbolique du pont couvert, avec la lumière de l’autre côté.

Un Livre après l’autre : Avez-vous des romans ou des auteur(e)s fétiches ?

C. N. : Non. Très jeune, j’ai adoré Les enfants du Capitaine Grant de Jules Verne et Guerre et Paix de Léon Tolstoï, mais je ne les ai jamais relus. Aujourd’hui, je lis de tout. De William Faulkner à Daphné du Maurier en passant par Anne Rice ou Marguerite Yourcenar ! Depuis quelque temps, je redécouvre Françoise Sagan, dont j’aime beaucoup l’esprit… et la plume, bien sûr.

L. M. : Pour ma part, j’aime beaucoup John Steinbeck et Mark Twain. Mais je lis plein d’autres choses. Récemment, Munkey Diaries de Jane Birkin et Le fil rompu de Céline Spierer, un premier roman très réussi.

Un Livre après l’autre : Le confinement actuel est-il propice à l’écriture d’un nouveau projet littéraire ?

L. M. : Tout à fait. Même si on l’avait entamée avant la sortie d’Alabama 1963.

C. N. : De toute façon, on écrit (de même qu’on lit) pour s’évader. Alors là, c’est le moment !

Merci à Christian Niemiec et Ludovic Manchette pour leur disponibilité ! Je vous invite à découvrir Alabama 1963, si cela n’est pas encore fait, mais également, si vous le souhaitez,  à poursuivre le dialogue avec les auteurs via Facebook ou Instagram

© Un Livre après l’autre

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