Rencontre avec Ketty Rouf !

Ketty Rouf – Photo droits réservés Marion Vallée

Le premier roman de Ketty Rouf « On ne touche pas » vient d’être récompensé par le Prix du Premier Roman 2020. Récompense méritée, pour cette histoire envoûtante au cœur de deux univers opposés, ainsi que pour son auteure dont la plume est à suivre, c’est certain ! Ketty Rouf donne désormais des cours d’italien pour adultes, et travaille également comme traductrice et interprète. Je la remercie infiniment pour sa disponibilité et sa gentillesse. En ce lundi matin d’une nouvelle semaine de confinement, servez-vous un thé ou un café, installez-vous confortablement, et découvrez tranquillement l’interview ci-dessous.

Un Livre après l’autre :  Bonjour Ketty, votre parcours professionnel vous prédestinait-il à devenir romancière ?

Ketty Rouf : Plus que mon parcours professionnel, c’est le parcours personnel qui peut expliquer le choix de l’écriture. Je pense à mon goût pour la lecture et à mes études de philosophie. La jeune adolescente que j’ai été, se posait toujours beaucoup de questions « existentielles », j’allais chercher des éléments de réponses dans les romans, j’ai ensuite décidé de faire des études de philosophie parce que je sentais que c’était important pour ma vie. À mes yeux, littérature et philosophie sont complémentaires, l’une pense par images, l’autre par concepts.

 Un Livre après l’autre : Quelle est la genèse de « On ne touche pas » ?

Ketty  Rouf  : L’idée m’est venue grâce à la fréquentation des deux mondes dont il est question dans le roman. Le monde de la nuit, des cabarets et des clubs de striptease et le monde de l’enseignement public. J’ai aussi suivi et donné des cours d’effeuillage, souvent des cours particuliers. Les femmes que j’ai rencontrées se confiaient souvent, parlaient de leur vie intime, dévoilaient certains « secrets ». La pratique de l’effeuillage était mystérieusement accompagnée par une mise à nu intime et cela m’a beaucoup aidée à trouver le personnage de mon roman : une femme qui redécouvre son corps après l’avoir tant détesté, grâce à une expérience – danser nue – qu’on croit dégradante mais qui en réalité lui donne la force de faire face au quotidien avilissant de sa vie d’enseignante à l’Education nationale. Strings pailletés et hauts talons versus Xanax et des insomnies !

Un Livre après l’autre : La musique joue un rôle particulier dans la vie nocturne de Joséphine. A-t-elle accompagné l’écriture de votre roman ?

Ketty Rouf : Pour écrire j’ai besoin de silence. Un silence absolu. Mais pour aller chercher l’émotion qui m’aide à écrire, je peux écouter de la musique, mimer une scène, créer une atmosphère.

Un Livre après l’autre : Vous avez reçu le Prix du Premier Roman 2020 pour « On ne touche pas ». Comment vivez-vous cette reconnaissance ?

Ketty Rouf : Pour le moment, j’ai l’impression que c’est l’histoire de quelqu’un d’autre ! Plus sérieusement, lorsque mon éditrice, Véronique Ovaldé, me l’a annoncé, j’ai failli tomber par terre. C’est une joie immense et un très fort sentiment de reconnaissance. Je pense à ma maison d’édition, Albin Michel, à mon éditrice, à mon attachée de presse, Florence Godfernaux et à mes deux agents, Laure Pécher et Pierre Astier. Je suis bien accompagnée et conseillée, je considère que c’est notre prix. C’est un grand honneur mais aussi une responsabilité dont je m’efforcerai d’être à la hauteur.

Un Livre après l’autre : Si mes renseignements sont exacts, les droits d’adaptation au cinéma sont d’ores et déjà optionnés. Selon vous, quelle(s) actrice(s) pourrai(en)t interpréter Joséphine ?  

Ketty Rouf : Oui, c’est exact : « On ne touche pas » a été optionné par Les Films du Kiosque, la scénariste travaille déjà à l’adaptation. Nous avons pensé à quelques actrices. Bientôt j’en saurai un peu plus. Je vous prie néanmoins de m’excuser, mon côté superstitieux m’oblige à ne pas trop en dévoiler.

Un Livre après l’autre : En tant que lectrice, avez-vous des romans ou des auteur(e)s fétiches ?

Ketty Rouf : J’aime beaucoup les classiques (Balzac, Maupassant, Calvino, Dostoïevski…) et je pense qu’il faut les relire de temps en temps. Un de mes grands auteurs fétiches est l’italien Antonio Tabucchi. J’aime aussi lire du théâtre, j’ai dernièrement découvert Hanokh Levin.

Un Livre après l’autre : Le confinement actuel est-il propice à un nouveau projet littéraire ?

Ketty Rouf : Oui, ce sont les joies du confinement : consacrer du temps à un nouveau projet d’écriture, faire des recherches, lire, prendre des notes, aller vers de nouveaux personnages. La construction d’une fiction est pour moi l’alternative joyeuse à la réalité du drame que nous vivons à présent.  

Si vous n’avez pas lu « On ne touche pas », je vous invite à le faire ! Vous pouvez également poursuivre la rencontre avec Ketty Rouf, via sa page Facebook .

© Un Livre après l’autre

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