Sophie de Baere – Photo droits réservés Pierre Hugues

Lu il y a quelques semaines grâce à www.netgalley.fr, le troisième roman de Sophie De Baere «Les ailes collées» m’a bouleversée, comme beaucoup de lectrices et lecteurs. Une histoire dont on ne sort pas indemne. À la fin de ma lecture, j’ai contacté Sophie De Baere, afin de lui proposer une interview. Je la remercie infiniment pour sa gentillesse et sa disponibilité, et vous laisse en sa compagnie afin de découvrir ses réponses !

Un Livre après l’autre : Bonjour Sophie, et merci pour avoir accepté mon invitation. Devenir romancière était-il un rêve d’enfant ?

Sophie De Baere : Bonjour Valérie et merci à vous de m’avoir invitée ! Effectivement quand j’étais petite, j’étais un peu (si je peux me permettre de reprendre le magnifique titre de mon ami Grégoire Delacourt) « l’écrivain de la famille ». Ecrire était mon refuge. J’adorais m’inventer des histoires, créer des personnages tous plus incroyables les uns que les autres. J’étais une petite fille de la campagne plutôt solitaire et la lecture comme l’écriture faisaient partie intégrante de mon quotidien. C’était une enfance du temps long, de l’ennui fondateur. Je rêvais de devenir la Comtesse de Ségur, Marcel Pagnol ou encore Pearl Buck dont je dévorais les ouvrages.

La dérobée – Sophie De Baere – Éditions Anne Carrière

Un Livre après l’autre : L’écriture de votre premier roman «La dérobée» est-elle liée à un événement particulier  ?

Sophie De Baere : Oui, elle a correspondu à une période de ma vie familiale très destabilisante et l’écriture, que j’avais complètement abandonnée durant plus de vingt ans, est revenue comme une nécessité presque organique. J’ai eu besoin de revêtir à nouveau les habits de la petite fille qui, dans le même temps, s’oubliait et s’épanouissait dans un monde de papier. Je me souviens encore de cet après-midi hivernal durant lequel j’ai recommencé à écrire pour ne plus m’arrêter. Le manuscrit de La Dérobée fut achevé en trois petits mois.

Un Livre après l’autre : Parmi les thèmes abordés dans «Les ailes collées», il y a la     différence et      le harcèlement scolaire. Comment l’histoire de Paul et Joseph est-elle née ?

Sophie De Baere : Cela faisait des années que je voulais parler de cette cruauté-là. D’abord parce qu’elle m’a touchée personnellement et ensuite parce que c’est un sujet auquel en tant qu’enseignante mais aussi mère et bien sûr citoyenne,  je suis particulièrement sensible. J’ai également été le témoin de violences scolaires liées à l’intolérance, de ces violences qui marquent au fer rouge une adolescente. Devenue adulte, il était évident pour moi qu’il me faudrait utiliser ma plume pour en parler à ma manière.

Sophie De Baere – Les ailes collées – éditions JC Lattès

Un Livre après l’autre : Qu’avez-vous ressenti en découvrant que votre roman était dans la sélection du Prix Françoise Sagan 2022, tout comme dans celle du Prix Maison de la Presse 2022 ?

Sophie De Baere : J’étais très surprise et bien sûr heureuse. Ce ne sont que des premières sélections mais elles témoignent déjà d’une reconnaissance pour mon travail d’auteur. C’est un cadeau précieux, tout comme le sont les nombreux retours de lecteurs qui me parviennent depuis la parution de mon roman.

Un Livre après l’autre : Une journée ou une session d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, un lieu ou de la musique ?

Sophie De Baere : Je suis enseignante à temps plein alors les moments consacrés à l’écriture sont toujours des moments volés. Ils se déroulent le soir après le travail ou bien le week-end ou durant les vacances. En général, je m’enferme dans une chambre, me pose sur le lit avec mon ordinateur, mets mes écouteurs et écoute de la musique classique. Le plus souvent Chopin mais aussi Schubert et Bach. Ensuite, je n’ai plus qu’à lâcher prise et laisser l’imagination faire le reste…

Un Livre après l’autre : Une autrice est également une lectrice. Quels sont vos livres fétiches  ?

Sophie De Baere : Beaucoup de livres m’ont marquée mais si je dois n’en citer que quelques-uns, je dirais spontanément D’acier de Silvia Avallone, Freedom de Jonathan Franzen et On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt. Mes tout derniers coups de cœur livresques ont été Shuggie Bain de Douglas Stuart et Pleine Terre de Corinne Royer.

Un Livre après l’autre : Dernière question, un nouveau projet littéraire est-il déjà en cours ?

Sophie De Baere : Pas pour l’instant. Paul et Joseph sont trop présents, je ne les ai pas encore vraiment quittés. Il me faudra sans doute quelques mois avant de pouvoir faire naître d’autres personnages.

Si vous n’avez pas encore découvert l’histoire de Paul et Joseph, ainsi que la plume de Sophie De Baere, je ne peux que vous inciter à le faire rapidement ! Vous pouvez également suivre son actualité via ses réseaux sociaux, notamment son compte Instagram.

Lundi 21 mars 2022