La maison de Bretagne – Marie Sizun

La maison de Bretagne – Marie Sizun – éditions Arléa

Avec «La maison de Bretagne» Marie Sizun peint le destin d'une famille composée de quatre femmes. Berthe, la grand-mère -veuve très tôt- Anne-Marie, mère de Claire et Armelle, abandonnées toutes les trois par un homme en quête de gloire artistique. Après le choc du départ, le chagrin d'Anne-Marie laisse la place au silence, à la colère qu'elle retourne quelquefois sur ses filles.

Tout commence avec la décision de Claire. Elle souhaite se débarrasser de «La maison de Bretagne», surnommée «La maison des veuves» par les gens du village. Cette maison mise en location depuis le décès de sa mère, cette demeure dont les vacanciers se plaignent de la vétusté. Un lieu à distance de sa vie, comme celle prise par sa sœur, en refusant cet héritage douloureux.

Claire prend la direction de la Bretagne, afin de se débarrasser de cette propriété encombrante. À son arrivée, un cadavre trouvé dans la petite chambre, celle de Berthe, puis d'Anne-Marie  va bousculer sa semaine, sa vie, ses souvenirs...
 
Ce treizième roman de Marie Sizun est l'histoire d'une famille brisée, d'une maison bancale. Aux couleurs de l'abandon, du deuil, et des non-dits, s'ajoutent celles de la Bretagne que l’œil de la peintre Marie Sizun décrit à merveille !

Ce roman a été récompensé par le Prix de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire 2021.


Lundi 23 mai 2022

Café-Librairie Le Temps de Vivre – Le Faouët

Régulièrement, grâce à mon activité au sein des Petits Mots des Libraires, je vais visiter des librairies bretonnes. Fin avril, je suis partie au cœur du pays du Roi Morvan, dans la jolie ville du Faouët, afin de découvrir «Le Temps de Vivre», un café-librairie ouvert depuis octobre 2021.

Les nombreux habitants de ce coin de Bretagne ne s’y trompent pas en lui réservant ainsi qu’à Isabelle Nguyen et son équipe, un accueil chaleureux depuis le jour de l’ouverture ! Situé face aux splendides Halles datées du XVIème siècle, impossible de manquer «Le Temps de Vivre» avec sa terrasse en bois sur laquelle il fait bon savourer sa lecture accompagnée d’un thé.

200 m2 sur deux étages, un fond littéraire de 5000 références pour petits et grands, sans oublier le point restauration, ouvert depuis quelques semaines. « Le Temps de Vivre» est un joyau situé au cœur de la ville du Faouët. Après 25 années à Paris, Isabelle Nguyen, s'(offre) un lieu attachant, source de joies, pour l’ensemble des habitants de ce coin de Bretagne. Le jour de mon passage, c’est la romancière Nathalie de Broc qui était présente avec son dernier ouvrage (L’oublié de dieu).

«Le Temps de Vivre» est situé au 23 rue du Soleil, au Faouët (56320), Isabelle et son équipe vous accueillent du mardi au samedi. Surveillez-bien l’agenda, car de nombreuses animations rythment la vie de ce café-librairie !

Lundi 16 mai 2022

Des matins heureux – Sophie Tal Men

Des matins heureux – Sophie Tal Men – Éditions Albin Michel

Au cœur du quartier de Montparnasse, entre le cimetière, une pâtisserie, un pub, et deux appartements, trois vies vont se croiser. Trois êtres vont apprendre à se connaître, vont se secourir. Trois âmes vont faire rimer amitié, amour et solidarité.

Elise, dix-neuf ans, a été brisée, elle tente de survivre à la terrible épreuve de la rue en se réfugiant dans un noctilien. Lors de ses nuits de solitude, elle croise souvent un photographe.

Secret, culpabilité. Deux mots qui peuvent qualifier Guillaume. Que s'est-il passé dans la vie de ce barman au look barbu et chevelu, pour que celui-ci se réfugie dans le mutisme, lorsque les questions fusent ? 

Enfin, il y a Marie, gynécologue de profession et tornade au grand cœur. La meilleure amie de Gabriel arrive pour six mois à Paris, emménage dans l'appartement de Margaux, situé au-dessus de la pâtisserie de Raphaël, le cousin de celle-ci. Un poste l'attend dans le service du Docteur Ward, afin de perfectionner son savoir sur la reconstruction mammaire.

«Des matins heureux», le nouveau roman de Sophie Tal Men est un roman particulier. Les personnages de la romancière n'évoluent pas dans un univers hospitalier breton, mais au cœur de Paris, dans le quartier le plus breton qu'il soit : Montparnasse. Les êtres se croisent, se rencontrent, s'apprivoisent, s'entraident, comme des amis de longues dates. L'air breton souffle sur le quartier, réchauffe les cœurs, insuffle une dose d'amour et d'amitié afin de renouer avec la Vie, sans oublier de nourrir les estomacs vident avec les fameuses pistaches-cacahuètes du désormais célèbre «Gobe-Mouches»!

En choisissant  de délocaliser son histoire au cœur d'un quartier cher aux personnes qui ont le cœur en Bretagne, Sophie Tal Men livre en ce printemps 2022 un excellent roman ! (oserais-je dire le meilleur ? Oui !) 

Découvrez le vite (si cela n'est pas encore fait)!

  Lundi 9 mai 2022

Les pépins de grenade – Sarah Briand –

Les pépins de grenade – Sarah Briand – Éditions Fayard

Andrew habite aux Etats-Unis, Salomé vit à Paris. Ils se croisent sous le soleil de Carthage. Une rencontre comme une parenthèse enchantée, loin de leurs vies professionnelles agitées. Andrew est un soldat mystérieux, Salomé travaille pour une chaîne de télévision française. Ils se reverront, car chaque instant volé à leur emploi du temps sonne comme une évidence. Bousculée dans son quotidien, Salomé vit au rythme des messages, des silences ainsi que des retrouvailles avec Andrew. Lors d'un séjour aux États-unis, c'est l'histoire familiale de Salomé qui resurgit, à travers un prénom et un nom au cœur du Musée de l'Holocauste à Whashington DC : « André Chave ».

1939 : dans un petit village d'Ardèche, André va être mobilisé pour la seconde guerre mondiale.


Avec «Les pépins de grenade», Sarah Briand tisse plusieurs destins à travers la Grande Histoire. L'histoire d'amour entre Salomé et d'Andrew qui naît dans un monde où les guerres continuent de fracasser des soldats et des peuples. Celui d'André, un homme mobilisé, un soldat brisé, un homme amoureux, un ami dévoué. Dans cette galerie de destins percutés par l'Histoire, comment ne pas évoquer Edmond et Blanche, liés à tout jamais... 

Au fil des pages, la voix d'André, la vie de Salomé, les liens familiaux qui unissent ce soldat de la seconde guerre mondiale et la jeune femme apparaissent. André Chave, c'est l'histoire d'un aïeul, celui dont on ne parlait pas, pour différentes raisons.

Après deux biographies exceptionnelles «Simone éternelle rebelle» et «Romy, une longue nuit de silence», ne manquez pas le premier roman de Sarah Briand ! La plume tendre et délicate de la romancière vous emporte pour un voyage littéraire plein d'émotions, de Carthage à Paris, des États-Unis à l'Ardèche natale de Salomé. 


Extrait :  «Une photo n'a qu'un but, fixer un instant et le faire revivre infiniment». 

Lundi 2 mai 2022

L’âge des amours égoïstes – Jérôme Attal

L’âge des amours égoïstes – Jérôme Attal – Éditions Robert Laffont

Comment ne pas renoncer à ses rêves une fois entré dans la vie d'adulte ? Nico, 26 ans, le personnage de Jérôme Attal tente de répondre à cette question. 

Étudiant l'histoire de l'art à la Sorbonne, il cherche l’équilibre entre ses deux vies. Dans la première, il est le chanteur du groupe « Peggy Sage » fondé avec quelques amis. ils essaient de se produire dans divers endroits, mais cette dernière année estudiantine marque Nico au fer rouge, car les chemins de chacun vont bientôt être différents, et cela pourrait compromettre l'avenir du groupe.

De l’autre, il doit rédiger un mémoire. Il sait que ce mémoire signifie la fin de son cursus, et cherche à gagner du temps auprès de son directeur de mémoire. Son sujet ? Francis Bacon ! D'ailleurs, une exposition estivale lui permettrait...mais Monsieur Fabis n'est pas dupe !

Extrait : 
« Écoutez, Nicolas. Nous allons faire un pacte. On va au bout de ce mémoire ensemble, et ensuite vous me promettez qu’on arrête là, c’est d’accord ? »

Ouvrir « L’âge des amours égoïstes » le nouveau roman de Jérôme Attal, c’est plonger dans un monde à part. Un monde où l’enfance et l’adolescence tiennent une part importante, où l’amour et l’amitié se fêtent à chaque ligne, avant que les arrangements et autres désillusions ne s’abattent. Un monde dans lequel Nico personnage attachant tombe amoureux fou de Laura, une jeune femme croisée lors d’une soirée, au point de ne plus vivre que pour les instants où il peut espérer la (re)voir…

La plume poétique de Jérôme Attal vous emporte pour une virée parisienne dans laquelle vous croiserez une tête de choux ainsi que le couloir d'un hôtel en démolition. Tout au long de cette balade, l'amour, l'amitié, la peinture et la musique forment une bien jolie partition. De celle dans laquelle il fait bon se plonger, lorsque l'obscurité semble gagner du terrain...

 Lundi 14 mars 2022

La décision – Karine Tuil

La décision – Karine Tuil – Éditions Gallimard

Alma Revel est une juge antiterroriste passionnée par son métier. Mariée depuis une vingtaine d'années avec Ezra, sa vie de couple s'est délitée depuis bien longtemps. Écrivain primé par le Prix Goncourt pour son premier roman, la carrière de son mari n'a cessé de décliner aux cours des dernières années. Après l'avoir fortement rejetée, celui-ci trouve  refuge dans sa religion de naissance : le judaïsme.

Si le roman de Karine Tuil s'intitule « La décision », c'est bien deux décisions qu'Alma va devoir prendre :

Tout d'abord, une décision professionnelle : emprisonner ou laisser en liberté un jeune homme soupçonné avec sa femme Sonia, d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie.

En parallèle de ce dossier qu'elle doit traiter dans des circonstances spéciales -nous sommes en mai 2016- s'ajoute une deuxième décision, d'ordre privée celle-ci : Doit-elle quitter son mari ?  Alma a une liaison avec Emmanuel, l'avocat de la défense. Elle sait qu'officialiser aux yeux de toutes et de tous avec son amant, ne pourrait qu'être préjudiciable pour sa carrière. 

Comment fonctionne la branche de l'antiterrorisme ? Quelles résonances le métier de juge antiterroriste ont-elles sur la vie privée ? Comment font-ils pour supporter la violence et les menaces reçues au quotidien ? Comment vivre une vie «normale» lorsque jour et nuit, vous êtes sous protection ? 

Autant de questions dont les réponses se trouvent dans le roman de Karine Tuil. Sans juger, sans pathos, mais en exposant simplement les faits,  la romancière livre un roman percutant, une immersion dès plus pointue dans les arcanes de la justice antiterroriste. Après votre lecture, il est évident que l'histoire d'Alma Revel, de son couple, de ses enfants, d'Ali,  d'Emmanuel et de son ex-femme, mais également de celle de l'homme soupçonné, resteront dans votre mémoire de lecteur ou de lectrice, grâce à la plume de Karine Tuil qui sait montrer la dureté d'un métier, tout comme la fragilité d'une vie.
 
Un roman à ne pas manquer si vous ne l'avez pas encore lu !

Extrait :
«Sur mon bureau, j'ai encadré cette phrase de Marie Curie : 
«Dans la vie rien n'est à craindre, tout est à comprendre». 
Mais parfois, on ne comprend rien.»

Lundi 7 mars 2022

La Grande Évasion – La Gacilly

Cette semaine, pour la chronique du lundi, je mets avec grand plaisir ma casquette de l'équipe des Petits Mots des Libraires !

L'été dernier, à la faveur d'une promenade au cœur de La Gacilly pour le Festival de la Photo, j'ai découvert sur mon chemin la magnifique librairie La Grande Évasion ! Depuis, j'ai eu la chance d'y revenir par deux fois pour participer au Club de Lecture. 

Éditrice pendant douze ans aux éditions Zulma, Amélie Louat a ouvert sa librairie en mai 2021, dans un local situé au milieu d'une petite rue pavée, dont le charme est à l'image de ce village dont le dynamisme et l'attrait ne cessent de croître. 

Poussez la porte de La Grande Évasion, c'est découvrir une offre riche et diversifiée tant pour les petits que pour les grands,  car Amélie Louat sait combien le goût de la lecture doit être donné dès le plus jeune âge. Sur les tables ou dans les bibliothèques, ce lieu lumineux offre des propositions de lectures variées, un espace carterie et papeterie. 

Du côté des animations, c'est également un éventail d'offres plus alléchantes les unes que les autres ! Un Club de Lecture tous les deux mois environ, des ateliers d'écriture, des dédicaces, des ateliers pour les petits, mais également en ce Mois du Livre en Bretagne, un Salon de Poche le  Samedi 26 février 2022, en collaboration avec la Médiathèque de Sixt-sur-Aff !


La Grande Évasion, 21 rue Lafayette, 56200 La Gacilly.

Vous pouvez suivre l'actualité de La Grande Évasion sur Facebook et Instagram.  

Lundi 21 Février 2022

Bain de minuit à Buckingham – S. J. Bennett

Bain de minuit à Buckingham – S. J. Bennett – Les Presses de la Cité

Cette semaine, je vous propose de retrouver sa majesté et son entourage, grâce à la série S. J. Bennett «Sa majesté mène l'enquête» !

Tout comme le précédent «Bal tragique à Windsor», «Bain de minuit à Buckingham» possède tous les ingrédients afin d'emporter les lecteurs et les lectrices dans un voyage frais, dépaysant et addictif au cœur d'un palais où l'ambiance devient délétère.

2016, le référendum du Brexit, la réapparition d'un petit tableau cher à son cœur, l'arrivée de nombreuses lettres anonymes à destination du personnel du Palais, jusqu'à la découverte par Sir Simon d'une employée morte au bord de la piscine. Tout cela donne des inquiétudes à la Reine. Ne pouvant enquêter elle-même, elle active ses réseaux, et demande à sa fidèle secrétaire particulière adjointe, Rozie, de mener son enquête en toute discrétion. Une mission qui va amener la jeune femme (également menacée) par un week-end dans les Cotswolds, afin de rencontrer un ancien du Palais...

«Bain de minuit à Buckingham» est un vrai bonbon littéraire, dans lequel la Reine, une nouvelle fois, troque ses habits colorés pour le costume de Miss Marple. Elizabeth II est un formidable personnage grâce à la plume respectueuse et drôle de la romancière. Un hommage à sa majesté, mais également au Prince Philip, au couple royale dont l'un a été d'un immense soutien envers l'autre, de toute évidence.

«Sa majesté mène l'enquête» est un cozy mystery à ne pas manquer!

Vivement le prochain tome !

Lundi 14 février 2022

Les ailes collées – Sophie de Baere

Les ailes collées – Sophie De Baere – éditions Jean-Claude Lattès

Juillet 2003 : Paul épouse Ana. Jeunes mariés et futurs parents, ils sont tout à leur bonheur. Soudain, au milieu du cercle restreint assistant à la cérémonie, des invités font leur entrée. Une surprise d'Ana pour son mari. Au cœur de ce petit groupe, Joseph apparaît, vingt après avoir disparu de la vie de Paul. Celui-ci chancelle, les souvenirs douloureux assaillent sa mémoire. L'été 1983 revient le hanter...

De la rencontre de Paul et Joseph aux drames qui vont se succéder, Sophie de Baere explore avec brio plusieurs territoires : celui du couple (le couple de Blanche et Charles est saisissant) de la famille avec ses non-dits, de la place de chaque enfant dans une famille (Cécile, la petite sœur va subir par ricochet la violence familiale et scolaire), de l'addiction, de l'école avec le harcèlement scolaire, celui de l'adolescence, de l'impossibilité de parler, des signaux qui n'alertent personne, au cœur de ces années 80, alors que le Sida faisait son apparition.

Avec les destins mêlés de la famille Daumas et de Joseph Kahn, ce sont mille émotions qui jaillissent. Paul prend une machine à remonter le temps, égrainant les moments de douleur, de désespoir, d'humiliation, au cœur de son chaos intérieur,

Comment vous parler du final déchirant dans lequel les mots de Joseph nous laissent les joues et les yeux mouillés, mais dans l'espoir que Paul puisse avancer de nouveau ?...

Vous ne ressortirez pas indemnes de la lecture du troisième roman de Sophie de Baere  «Les ailes collées», car Joseph et Paul sont de ces personnages qui ne nous quittent pas une fois le livre refermé. Ils peuvent être nos fils, nos frères, nos neveux, nos cousins, ceux que nous avons envie de prendre sous nos ailes, de protéger des harceleurs et de cette violence constamment infligée à celui ou celle qui est «différent (e)».

Extraits :

«C’est trop fatiguant de n’avoir ni branches ni racines. Dans l’existence, il faut parfois faire table rase de sa propre histoire pour pouvoir devenir quelqu’un, rejoindre une vie qui attend.»

«Il ne froisserait pas les mots doux du début, il les garderait en vie.»

«Paul est en train de réaliser avec douleur qu’il est faux de dire que le passé, c’est le passé. En réalité, les souvenirs contiennent déjà l’avenir ; ils s’y diluent et, de leurs yeux rouges et mouillés, le colorent. L’avenir n’est pas une page blanche.»

«Tu vois,te regarder en ce moment, c’est un peu comme observer un robinet qui fuit et ne rien faire. Tu sais d’avance qu’il va forcément y a voir un jour où tu devras t’en occuper mais tu fais l’autruche et tu ne répares pas. Alors la question est toujours la même dans ces cas-là : combien de temps avant que les dégâts, Paul ? Combien de temps avant que les dégâts soient irréversibles ? »

«Il fait croire que tout peut toujours recommencer».

Lundi 7 février 2022 –

3020

La Petite Librairie – Hennebont

La Petite Librairie à Hennebont, dans le Morbihan.

Mercredi dernier, je suis allée à la rencontre de Marie Bourcy, la libraire enthousiaste à la tête de La Petite Librairie !

Biologiste spécialisée dans le végétale, la jeune femme est revenue dans la région, avant d’entamer une reconversion professionnelle. Elle y a ouvert La Petite Librairie avant Noël. Nichée sur la place Maréchal Foch, face à la basilique Notre-Dame-de-Paradis, dans un ancien local gardant quelques stigmates de son ancienne vie (les poteaux à l’entrée laissent imaginer les chevaux attachés attendant sagement leurs maîtres), La Petite Librairie est un endroit plein de charme dans lequel il fait bon déambuler, afin d’y trouver sa pépite littéraire. Un fond diversifié est proposé sur les nombreuses bibliothèques savamment disposées. Lorsque vous tiendrez entre vos mains le livre tentateur, nul doute que vous souhaiterez prolonger votre visite en vous installant dans l’arrière boutique, où un salon de thé version cocon anglais vous attend. Tables, chaises, fauteuil, plantes ainsi qu’un (splendide) miroir donnent au lieu un charme ancien et moderne à la fois. De quoi avoir envie de s’installer pour une pause gourmande !

De Bretagne, ou d’ailleurs, venez découvrir La Petite Librairie, un nouvel écrin pour les lecteurs et lectrices de 7 à 77 ans !

Lundi 17 janvier 2022

L’empreinte de l’ange – Nancy Huston

L’histoire : Lorsque le célèbre flûtiste Raphaël Lepage rencontre pour la première fois Saffie, il tombe amoureux fou de de cette magnifique jeune femme aux yeux verts… Saffie, elle, semble vivre dans un autre monde, sans aucune résistance, elle se laisse conquérir. Quelques mois plus tard, lorsqu’elle croise le regard d’Andras, le luthier de celui qui est devenu son mari, sa vie bascule dans la passion amoureuse. Elle ne va plus vivre que pour cet homme, se livrer à lui corps et âme. Leur parcours commun sera fait d’apprentissage, car sa résistance à vivre va jusqu’à ignorer que son amant est juif hongrois ; et qu’il a, comme elle, vécu l’horreur.

Ce livre est enfin sorti de ma PAL -il y était depuis des années- car notre Club de Lecture est désormais à l’heure canadienne ! Comme quoi, tous les livres qui attendent sagement dans les PAL ne doivent pas s’inquiéter… Ce livre est un choc, tant par l’histoire, l’Histoire, et le style employé par l’auteure. L’écriture y est violente, en tout cas, je l’ai ressentie comme telle. Certains passages ont été insoutenables, imaginer l’horreur est une chose, la lire en est une autre. Toutefois, cette violence qui vous prend  « aux tripes », fait que vous ne pouvez pas lacher cette histoire, afin de  savoir si la vie va enfin dessiner à ces trois êtres un destin plus serein. En arrière plan, un fond musical entetant, un flûtiste de talent, certes, mais je n’ai pas eu beaucoup d’empathie pour lui, même si je comprenais sa souffrance devant le mutisme de sa femme. Si le silence de Saffie, lui, est incompréhensible au départ, ce qui peut faire penser qu’elle est froide,  son destin, révélé par l’auteure au fur et à mesure, nous éclaire sur son comportement toujours en retrait, mais jamais « dans » la vie. Quant à Andras, lui, c’est évidemment, celui qui comprend. Enfin, historiquement, l’auteure ne fait pas que survoler ses multiples sujets, non, elle creuse, explique les faits, sans tabous. Le tout donne une histoire poignante et cruelle, qui m’a laissé une sensation de vies gâchées.

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 2012

27 décembre 2021

Calendrier de l’Avent 2021

Depuis le premier décembre, sur mon compte instagram, vous avez pu découvrir mon premier Calendrier de l’Avent Littéraire afin de vous donner des idées de lectures, des idées de cadeaux. Je vous ai proposé vingt quatre romancières marquantes, présentes dans ma bibliothèque. Vingt-quatre histoires à partager, à offrir, à s’offrir.

Lundi 27 décembre 2021

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan – Roland Perez

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan – Roland Perez – Éditions Les Escales

Roland a cinq ans et ne marche toujours pas.

C’est l’histoire d’Esther, chère Esther, j’ai eu une envie folle en refermant ce livre, celle de vous écrire. De vous confier combien votre fantaisie et votre courage m’ont bouleversée. Vous dire qu’à plusieurs reprises, j’aurais aimé vous serrer dans mes bras. Mère surprotectrice et croyante. Esther sait qu’un jour, son fils Roland marchera. C’est l’histoire d’une mère qui apporte de l’aide, de l’amour, de l’espoir, aux femmes de son immeuble.

C’est l’histoire d’un petit garçon vivant au rythme de l’appartement familial. Entouré de l’amour des siens. C’est l’histoire de la rencontre entre ce petit garçon et le Docteur V. C’est l’histoire de dix-huit mois d’immobilisation entre espoir et peur. Dix-huit mois rythmés par la vie scolaire de ses frères et sœurs, mais également par ces moments où toutes et tous viennent faire corps autour de son lit, installé dans la salle à manger.

C’est l’histoire d’une chanteuse soufflant ses chansons à l’oreille d’un petit garçon cloué sur un lit, sans le savoir.

C’est l’histoire d’une époque, celle où les Carpentier réjouissaient petites et grands.

C’est l’histoire d’une amitié, celle de Roland, Sophie et Sylvie.

C’est l’histoire d’une femme, maman de trois enfants, partie trop tôt.

C’est l’histoire de Madame F.

Roland Perez est avocat, animateur de radio et de télévision. «Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan» est son premier roman. Son histoire est bouleversante, et vous ne pourrez que ressentir mille émotions à sa lecture.

À quelques semaines de Noël, je ne peux que vous conseiller de déposer ce roman au pied du sapin, afin de déployer la lumière d’Esther vers toutes celles et tous ceux qui en ont besoin…

Lundi 29 novembre 2021

En retard pour la guerre – Valérie Zenatti

En retard pour la guerre – Valérie Zenatti – Éditions de l’Olivier

J’ai lu ce roman de Valérie Zenatti grâce à un emprunt en médiathèque, en décembre 2011. Je viens de me procurer la version de la collection Bibliothèque de l’Olivier, sortie en mars 2021, afin qu’elle puisse rejoindre ma bibliothèque idéale

.

L’histoire (4ème de couverture) : Israël, janvier 1991. Une attaque de l’Irak à l’arme chimique est redoutée, la guerre du golfe est imminente. Constance Kahn, une jeune Française, a choisi de s’installer à Jérusalem pour écrire son mémoire sur Flavius Josèphe. Elle partage sa vie avec Nathanaël, un peintre révolté et imprévisible, travaille dans une boutique bio, a pour amie Tamar, étudiante comme elle en histoire antique, et sur le point d’accoucher. Dans quinze jours tout ce monde aura peut-être disparu. Lorsque les sirènes retentissent Constance maîtrise de moins en moins le chaos émotionnel qui l’envahit, mêlant les traumatismes du passé aux angoisses du présent.

J’ai découvert l’écriture de Valérie Zenatti il y a quelques mois (cet article a été écrit en décembre 2011) avec Les âmes sœurs. J’avais beaucoup aimé l’histoire, du coup, j’ai souhaité poursuivre ma découverte littéraire de cette auteure avec ce titre. Chacun de nous sait que lorsqu’un événement mondial se produit, notre mémoire sélective nous rappelle ce que nous faisions, ce que nous vivions, à ce moment précis. En lisant la quatrième de couverture, je me suis tout de suite replonger dans cette période avec le fameux ultimatum, et ce nom de code : « Tempête du désert ». Dans la vie de Constance, le personnage principal de cette histoire, c’est aussi une tempête qui se déclenche avec ces jours comptés, ces alertes auxquelles il faut savoir faire face en se réfugiant dans des pièces hermétiques. Constance vit avec Nathanaël, un homme aussi violent sur le plan physique, que verbal, elle tente d’écrire son mémoire, et lorsque elle en a besoin, elle se réfugie chez sa meilleure amie, mais la maternité de celle-ci réveille chez elle  des blessures trop longtemps enfouies. L’histoire nous entraîne dans la vie la plus intime de l’héroïne, qui va se retrouver face à des souvenirs douloureux, avec cette angoisse qui monte de jours en jours, dans ce pays où tant de gens doivent se résoudre à voir leurs vies voler en éclats. Au final, une histoire prenante, entraînante, avec une brochette de personnages secondaires aussi attachants que l’héroïne ; car oui, la vie de Tamar, Herzl, Enrique, ou encore Anastassia, est aussi forte et intéressante à suivre que celle de Constance. Quant à la fin -je ne voudrais pas trop en dire- mais elle est à l’image d’une rencontre, d’une évidence, qui s’impose à la jeune femme. Une fin belle, et délicate, pour oser enfin renaître.

À noter, ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique sous le titre Ultimatum.

Lecture du 28 décembre 2011 malibrairievirtuelle

Lundi 22 novembre 2021

Le Livre du 15 – Denis Drummond

La vie silencieuse de la guerre – Denis Drummond – Cherche Midi

Le Dit du Vivant – Denis Drummond – Cherche Midi

Pour ce troisième numéro du Livre du 15, j’ai envie de rendre hommage à Denis Drummond, ce romancier, dont le décès prématuré m’a peinée, comme beaucoup d’entre vous.

D’origine franco-écossaise, Denis Drummond est né en 1955. Son oeuvre se compose de huit livres, qui vont de la fiction à la poésie. Ce conteur hors pair, sait vous emporter au cœur de son univers, celui de la beauté, de la laideur, de l’art, que cela soit par le prisme d’un photographe de guerre, face au chaos engendré par des conflits interminables, ou par celui d’un gigantesque séisme, source de l’humanité.

La vie silencieuse de la guerre est «un roman dense, qui ne peut que laisser une trace indélébile après sa lecture.». Je peux écrire la même chose à propos du magnifique Le Dit du Vivant paru en janvier 2021. Ces romans vont rester dans ma bibliothèque idéale, tout simplement parce que j’y ai trouvé un univers fascinant, une plume poétique, une construction littéraire atypique, ainsi qu’une littérature qui m’a bousculée.

Je profite de cette chronique pour remercier à nouveau Aurélie, sans qui je n’aurais pas découvert la plume de Denis Drummond.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, vous souhaitez me faire un cadeau ? Lisez Denis Drummond.

Lundi 15 novembre 2021