Rencontre avec Marina Dédéyan !

MARIANA DEDEYAN

Marina Dédéyan – Photo © Bruno Klein

 

Sa dernière saga, intitulée « De Tempête et d’Espoir« , parlait du lien qui unissait un frère et une soeur, le lecteur voyageait de Saint-Malo à Pondichéry, en suivant l’intrépide Anne de Montfort !  Cette année,  Marina Dédéyan revient avec un roman intitulé « Tant que se dresseront les pierres »   (Éditions Plon) une histoire dès plus dense, dans laquelle la romancière conte  le destin de trois frères dans un contexte historique douloureux, au sein d’une Bretagne meurtrie. Ce matin, je vous propose de découvrir le parcours et l’actualité de Marina Dédéyan, grâce à une interview.

 

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Tant que se dresseront les pierres – Editions Plon

 

Un Livre après l’autre : Bonjour Marina, ravie de t’accueillir à l’occasion de la sortie (le 16 mai dernier) de ton nouveau roman «Tant que se dresserontpierres », aux éditions Plon. Peux-tu nous raconter ton parcours professionnel, avant l’écriture de ton premier roman «Moi, Constance, princesse d’Antioche» ?

Marina Dédéyan : J’occupais à ce moment des fonctions commerciales et marketing dans l’informatique. J’ai été licenciée du jour au lendemain lors du rachat de mon entreprise. Un mal pour un immense bien, puisque je me suis retrouvée soudain avec beaucoup de temps, face au désir d’écrire qui me taraudait depuis toujours.

 

Un Livre après l’autre : Née à Saint-Malo, dans une famille d’origine arménienne et russe éditrice de littérature française, cela te prédisposait-il à épouser le métier de romancière ?

Marina Dédéyan : J’ai hérité de ma famille l’amour des livres. En revanche, devenir moi-même romancière n’était pas évident dans un milieu où l’on sacralisait les écrivains et la littérature. Il fallait oser franchir le pas, se jucher sur un petit coin du piédestal.

 

Un Livre après l’autre : Quelle est la genèse de «Tant que se dresseront les pierres» ?

Marina Dédéyan : C’est une longue histoire qui vaudrait à elle seule un roman. Pour résumer, la conjonction de mon amour pour la Bretagne et de rencontres fortuites ou peut-être pas tant que ça… Les sujets de romans arrivent un peu comme des rencontres amoureuses, le fruit d’un hasard qui s’avère une évidence.

 

Un Livre après l’autre : Comment s’est déroulé le travail de recherches, puis celui d’écriture, pour ce roman qui se dévore comme un véritable saga ?

Marina Dédéyan :Je ne sais pas si je dois le raconter, car je fonctionne surtout à l’intuition. L’écriture et la recherche se mêlent, et je ne fais pas de plan. Je connais seulement la fin de l’histoire quand j’attaque les premières pages. Et j’écris les chapitres dans le désordre.

 

Un Livre après l’autre  : Ces deux phases ont-elles été plus longues que pour tes romans précédents ?

Marina Dédéyan : À moins d’écrire sur soi-même, sur son environnement immédiat, un roman nécessite toujours de la recherche. J’ai pour ma part une grande exigence dans chacun de mes livres quant à la solidité de ma documentation. La difficulté pour celui-là résidait surtout dans le thème choisi, périlleux, complexe, douloureux pour certains encore aujourd’hui. J’ai beaucoup hésité avant de me lancer vraiment. C’est la partie « mijotage » qui a pris au final le plus de temps.

 

Un Livre après l’autre : Une journée de travail est-elle rythmée par des horaires particuliers, des lieux, de la musique ?

Marina Dédéyan : Quand je suis plongée dans l’écriture d’un roman, mes personnages m’habitent jours et nuits. Mais il y a bien un moment où il faut remplir des pages. Cela se passe toujours dans mon bureau, et dès que je le peux entre mes engagements professionnels et ma vie de famille. Plutôt le soir quand tout le monde est couché !

 

Un Livre après l’autre : Quels liens entretiens-tu avec la Bretagne ?

Marina Dédéyan : Très forts, charnels avant tout. La Bretagne est la terre où ma famille s’est réenracinée, où je suis née et j’ai passé les premières semaines de ma vie, les plus beaux moments de mon enfance puis de mon adolescence. Elle me ressource et me répare, et j’y vais aussi souvent que possible. En fait, j’appartiens à une famille bretonne par imprégnation !

 

Un Livre après l’autre : Lorsque tu es une lectrice, quels registres littéraires, romans ou auteurs ont ta préférence ?

Je suis une dévoreuse éclectique. Souvent, j’ai le sentiment que les livres viennent à moi plus que je ne les choisis, des cadeaux, des trouvailles au hasard d’une bibliothèque…

 

Un Livre après l’autre : Dernière question, avant de te remercier pour le temps consacré à ce questionnaire : En cette période estivale, quels sont tes coups de cœurs littéraires ?

Marina Dédéyan :  J’ai attaqué des lectures en vue de mon prochain roman. Top secret pour le moment. Quant à mes coups de cœurs de l’été, je pars en chasse bientôt ! Je participerai à plusieurs festivals du livre cet été en Bretagne. L’occasion de rencontrer mes lecteurs, bien sûr, mais aussi de découvrir les ouvrages d’autres romanciers. De belles rencontres en perspective !

 

Je remercie infiniment Marina Dédéyan pour sa gentillesse, sa disponibilité, et vous invite à découvrir Tant que se dresseront les pierres, une histoire dans laquelle  trois frères amoureux de leur terre natale si envoûtante,  choisissent de la défendre différemment !

© Un Livre après l’autre

Rencontre avec Laurence Peyrin !

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Laurence Peyrin – Photo droits réservés ©Pascale Lourmand

 

Son premier roman La drôle de vie de Zelda Zonk a été couronné par le prix Maison de la Presse en 2015. L’an passé, elle revenait avec le fantastique Miss Cyclone   (éditions Calmann-Levy) dont le fil rouge était  l’amitié de deux adolescentes dont les destins se tissaient dans la ville de New York. Cette année, avec L’Aile des Vierges (Calmann-Lévy), elle dresse le portrait de Maggie O’Neill une jeune femme passionnée, éprise de liberté. En ce mercredi matin, jour de sortie de ce quatrième roman, je vous propose de découvrir l’interview à laquelle Laurence Peyrin a gentiment accepté de répondre !

 

Un Livre après l’autre : Bonjour Laurence, merci pour avoir accepté de répondre à mes questions. Première question : l’écriture de votre premier roman «La drôle de vie de Zelda Zonk» est-elle liée à un événement particulier (professionnel ou privé) ?

Laurence Peyrin : Oui. C’est un roman dont j’avais commencé l’écriture lors de mon dernier congé maternité, en 2001. Quand j’ai repris mon travail de journaliste, impossible de continuer. Je suis d’un tempérament entier, ce qui m’empêche de faire les choses sans m’y consacrer pleinement. Et je n’avais pas le temps de réfléchir au sens que je voulais donner à cette histoire.

Il a fallu que j’attende de démissionner, neuf ans plus tard, pour reprendre l’écriture de Zelda, et ne faire que cela, après un voyage à New York qui a débloqué deux petits tiroirs coincés dans ma tête: l’imagination et la confiance en soi.

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L’Aile des Vierges – Laurence Peyrin – Calmann-Levy – sortie le 28 mars 2018

 

Un Livre après l’autre : «L’Aile des Vierges» est votre quatrième roman. Pouvez-vous nous raconter la genèse de celui-ci ?

Laurence Peyrin :  J’étais dans une librairie new-yorkaise, en septembre 2016, alors que je venais tout juste de terminer l’écriture de «Miss Cyclone», et je suis tombée sur un livre dans le bac d’occasions: «Life below Stairs», d’Alison Maloney, sur la vie des domestiques edwardiens. Je ne sais pas pourquoi la couverture m’a parlé – un manoir, un alignement de femmes de chambre en uniforme. Je l’ai acheté, une petite voix intérieure me disant que j’allais en faire quelque chose, alors que ce n’était pas du tout l’univers de mes précédents romans.

Mais j’aime apprendre en écrivant, me passionner pour une époque, des détails. «L’Aile des Vierges» a été une véritable odyssée, à travers une époque qui évoque «Downton Abbey» et une autre l’explosion de modernité du New York des années 50.

 

Un Livre après l’autre : Quels liens unissent Maggie O’Neill à vos autres héroïnes ( June, Angela, Hanna, Zelda) ?

Laurence Peyrin : Je ne sais pas vraiment ce qu’elles ont en commun, en dehors d’être des femmes… Certainement une conscience aigüe de la vie, je dirais. Ce qui les met dans un état de perpétuel questionnement et leur fait vivre les choses plus fort. Toutes traversent une époque, et en sont peut-être un symbole, tout en éprouvant des sentiments éternels.

 

Un Livre après l’autre : Si mes renseignements sont exacts, vous avez une passion pour le cinéma ;  quelle actrice choisiriez-vous pour interpréter Maggie ?

Laurence Peyrin : Effectivement… Mais c’est une réponse compliquée, car c’est imposer une image particulière aux lecteurs et mettre un frein à leurs propres fantasmes. Mais, avec ma prérogative d’auteur, je peux vous dire que la fièvre de Marion Cotillard dans «Mal de pierres» de Nicole Garcia a, à certains moments, inspiré Maggie. Mais, bizarrement, je n’ai pas une image précise de mon héroïne, elle est si libre qu’elle m’échappe aussi!

En revanche, en ce qui concerne l’acteur pour incarner John, sans négociation possible, c’est Clive Owen! L’élégance britannique et l’incarnation de la masculinité, pour moi. Une muse, qui avait aussi inspiré Michael dans «Zelda Zonk».

Après, vous imaginez qui vous voulez, j’en serai curieuse !

 

Un Livre après l’autre : Une journée d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, des lieux, de la musique ?

Laurence Peyrin : J’écris à la Bibliothèque Municipale de Grenoble, cinq après-midi par semaine, au milieu des étudiants. J’ai besoin de cet anonymat dans une ambiance studieuse… Et d’un silence absolu. Alors, non, pas de musique sur les oreilles dans ces moments-là.

Mais j’en écoute énormément le reste du temps (je marche beaucoup, et j’écris dans ma tête en marchant, étape indispensable!), et chacun de mes romans a pour moi son générique: «With or without you» de U2 pour Zelda et Hanna, «Paradise Circus» de Massive Attack pour Miss Cyclone, et «Wuthering Heights» de Kate Bush pour Maggie.

En tout cas, chaque histoire est née à New York, en marchant, en écrivant sur un cahier.

 

Un Livre après l’autre : Lorsque vous n’écrivez pas, quelle lectrice êtes-vous ? Avez-vous des romans ou des auteurs fétiches ?

Laurence Peyrin : Je lis tous les soirs, ma chambre est une bibliothèque. Mais je lis tout l’inverse de ce que j’écris ! Des polars bien noirs, des récits de faits-divers qui me fascinent, pour sonder l’âme humaine. J’ai appris à lire avec «Les Dossiers extraordinaires» de Pierre Bellemare.

Je pourrais monter un meuble avec tous mes Stephen King, j’ai relu 10 fois «La Firme» de John Grisham ou «Un témoin silencieux» de Richard North Patterson, j’aime Lisa Gardner et Steve Mosby…

Mais je suis aussi capable d’énormes coups de cœur pour des romans qui sortent de ces chemins glauques: «La Cuisinière», de Mary Beth Keane, l’histoire vraie d’une femme porteuse saine de la typhoïde qui transmettait sans le savoir la maladie dans les maisons où elle travaillait, au début du siècle dernier à New York.

Et «Quand tu es parti», de Maggie O’Farrell, une histoire d’amour à pleurer.

Et… De John O’Farrell, «Un mec parfait», le seul roman hilarant que j’ai lu écrit à la première personne du masculin. Vous remarquerez que les prénoms des auteurs sont aussi ceux des héros de «L’Aile des Vierges». Ce qui n’est pas forcément un hasard…

Mais, surtout, j’ai deux romans cultes, qui par leur grand écart ont construit mon écriture: « De sang-froid » de Truman Capote, qui m’a appris la simplicité de la description et l’addiction au récit, et « Crève-cœur » de Nora Ephron pour l’humour introspectif féminin.

Un Livre après l’autre : Dernière question (avant de vous remercier pour le temps consacré à ce questionnaire)  comment est née votre passion pour la mythique ville de New York ?

Laurence Peyrin : Je vais vous répondre très simplement: ça ne s’explique pas. Je n’avais aucune envie d’y aller, la première fois. Les buildings, le bruit, la lumière, pas mon truc.

Et puis je suis arrivée là-bas, et j’y suis née. Allez comprendre…

Vous savez, je ne suis pas une noctambule, Times Square est sans doute l’endroit où je mets le moins les pieds, là-bas.

Mais dans la succession de villages qu’est New York, je marche, je respire, je connais chaque coin de rue. Je vis.

C’est un sentiment d’appartenance qui remonte certainement à ce qu’on ne connaît pas de soi-même, un mystère peut-être ancestral.

Une seule chose est certaine :  sans New York, je ne serais pas romancière.

Je remercie infiniment Laurence Peyrin pour le temps consacré à ce questionnaire, ainsi que pour sa disponibilité, et vous invite à poursuivre cette rencontre en lisant ses précédents romans et en consultant sa page Facebook  !

© Un Livre après l’autre

Un dimanche avec Jérôme Attal !

Photo Jérôme Attal pour ITW ©Mathieu Zazzo

Jérôme Attal – Photo droits réservés Mathieu Zazzo 

 

Le 2 novembre, vous pourrez découvrir la version enrichie de bonus du roman empreint de nostalgie eighties de Jérôme Attal :  «Aide-moi si tu peux» aux éditions Pocket.Aide moi si tu peux Jérôme Attal.jpg pocket

En attendant, en ce dimanche matin, c’est un rendez-vous avec Kino, le petit héros du magnifique livre-disque «Le goéland qui fait miaou» (éditions Le label dans la forêt) que je vous propose. Jérôme Attal a accepté de répondre à quelques questions quant à ce petit bijou de douceur et d’humour, issu d’un travail commun avec Constance Amiot et Sylvie Serprix, et servi par la voix de Robinson Stevenin. Le-goeland-qui-fait-miaou

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Jérôme, comment l’aventure de «Le goéland qui fait miaou» est-elle née ?

Jérôme Attal : Bonne question. Je ne sais plus. Je suis toujours en avance sur les souvenirs. En tout cas, quand il a été question de se lancer dans une aventure d’un livre pour enfants (j’ai toujours en référence le travail admirable en la matière de Roald Dahl et de Jacques Prévert), j’ai pensé à cette anecdote à laquelle j’ai participé. Un bébé goéland qui tombe dans le jardin de mes voisins en leur absence. Et les parents goélands qui s’inquiètent et piaillent autour. Que faire ? Comment lui venir en aide ? L’histoire est partie de là….

 

Les Chroniques de Mlv Ce livre-disque est le fruit d’un travail commun avec Constance Amiot, Sylvie Serprix, ainsi qu’une équipe de musiciens. Au quotidien, avez-vous travaillé séparément, ou en partageant  vos différentes créations artistiques ?  

Jérôme Attal : Sylvie, l’illustratrice, a travaillé directement sur mon texte alors que nous ne nous étions jamais rencontrés. J’ai adoré les premiers dessins qui me sont parvenus. Leur beauté et leur inventivité. Les rebonds en poésie par rapport au texte. Avec Constance, nous avons l’habitude de faire des chansons ensemble (je lui ai donné plusieurs textes pour son projet adulte). Là encore, elle a travaillé sur les textes. J’ai le souvenir que c’est allé assez vite, et moi qui aime quand ça va vite J et suis grand fan des jolies mélodies, à chaque fois j’étais ravi et embarqué par les maquettes qu’elle m’envoyait. L’idée, c’était de faire aussi un livre disque avec des chansons qui tiennent vraiment la route. C’est elle qui s’est chargée de toute la partie musicale, l’illustration sonore, et elle a fait un boulot de dingue. Elle avait vraiment son idée et s’y est tenue. Elle voulait que ce soit pop et jazzy. J’adore le résultat très charismatique et mesure tout le travail qu’elle a dû faire, le temps qu’elle y a passé.

 

Les Chroniques de Mlv : Pour la narration de l’histoire, comment le choix s’est-il porté sur la voix de Robinson Stevenin ?   

Jérôme Attal : C’est un choix de la regrettée Danièle Molko, éditrice, qui accompagnait la carrière de Constance depuis plusieurs années et dont « Le goéland qui fait miaou » aura été le dernier projet avant qu’elle ne disparaisse. Danièle était très enthousiaste de toute cette aventure. Malheureusement, elle nous a quittés quelques semaines avant la sortie. Robinson s’est montré très volontaire vis-à-vis du projet. Son grain de voix, sa grâce et son éternelle adolescence, donnent des ailes à Kino.

 

Les Chroniques de Mlv : Ce conte va être joué sur scène. Comment ce projet est-il né ?

Jérôme Attal : Pour la scène, c’est grâce à Virginie Riche et Gommette production. Constance qui porte le spectacle avec une comédienne, Lucrèce Sassella, et son bassiste/multi instrumentiste Nicolas Deutsch, est en train de le peaufiner pour un grand tour de France des théâtres et des médiathèques qui souhaiteront le programmer.

Les Chroniques de Mlv : Du côté des romans, une nouvelle version de «Aide-moi si tu peux» sort en novembre prochain, aux Editions Pocket. Une suite à cette première aventure du duo Caglia/Sparks est-elle prévue ?

Jérôme Attal : Oui je suis bien excité par la nouvelle version Pocket de « Aide-moi si tu peux » qui sort le 2 novembre. J’ai rajouté pas mal de petits bonus, aphorismes à ma sauce, considérations définitives ou presque sur l’amour, et références aux années 80. Si le livre est un succès – car aujourd’hui seul un relatif succès permet que l’on puisse travailler davantage, du moins me commander une suite – j’adorerais écrire une nouvelle aventure du capitaine de police Stéphane Caglia. Il est tellement imprévisible et rigolo, je veux dire : il ne fait jamais dans la demi-mesure –  qu’il donne envie de l’accompagner encore. Lui et Prudence Sparks, sa partenaire anglaise. Maline et sexy. À eux deux, une sorte de : » Béret français et bottes de cuir »

 

Les Chroniques de Mlv : Peux-tu nous donner quelques informations sur le roman à paraître pour la rentrée littéraire 2018 ?

Jérôme Attal : Ce sera un grand roman. Avec pas mal de personnages de femmes libres à un moment crucial de notre temps. Il y aura le plus de poésie possible par pages. J’aimerais dire : par phrase.

 

Les Chroniques de Mlv : Je te remercie pour avoir répondu à mes questions. Pour finir,  la question rituelle : as-tu un coup de cœur littéraire, théâtral, cinématographique ou musical à partager avec nous ?

 Jérôme Attal : Ah oui, j’essaie le plus souvent possible d’avoir des coups de cœur. À vrai dire, c’est mon activité préférée, en deuze avec celle qui consiste à mettre mon cœur dans des romans ou des textes qui pourront provoquer des coups de cœur chez d’autres. En ce moment, je découvre les romans graphiques de Fred Bernard : « Les aventures de Jeanne Picquigny », c’est vraiment très beau. Je suis un méga fan du roman graphique « Blankets » de Craig Thompson, et même si Fred Bernard penche plutôt vers Corto Maltese je retrouve un même bonheur à découvrir son œuvre que j’en ai eu à lire Craig Thompson. Sinon j’imagine que vous savez tous que le livre de l’année est : « Le livre que je ne voulais pas écrire » d’Erwan Lahrer. Et j’ajouterais, puisque l’on reste dans la section coups de cœur, que mon cœur bat dès qu’Emma Watson apparaît quelque part.

Poète, auteur, musicien, diariste, Jérôme Attal est un artiste aux différentes facettes. Je le remercie infiniment pour sa disponibilité et sa bienveillance, et vous invite à découvrir la richesse de ses différentes œuvres qu’elles soient musicales ou littéraires ; vous pouvez également poursuivre la rencontre grâce à sa page Facebook ICI 

© Les Chroniques de Mlv – 29-10-2017

© Un livre après l’autre

 

Rencontre avec David Lelait-Helo !

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David Lelait-Helo – Photo droits réservés Jean-Philippe Raibaud

Journaliste (Nous Deux, Grazia) écrivain, parolier, David Lelait-Helo rédige de superbes portraits de femmes devenues des icônes (Eva Peron, Maria Callas, ou encore Barbara -ce dernier sortira le 31 août aux éditions Télémaque), ainsi que des romans plus personnel  comme «Poussière d’homme» ou Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri (éd. Anne Carrière, ainsi que chez Pocket dès le 5 octobre prochain). Dans Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri, David Lelait-Helo retrace avec bienveillance et lucidité le parcours de Milou, alors qu’en fil rouge, la voix d’une grande chanteuse encourage l’adolescent dans sa volonté de réaliser son rêve…

sortie le 5 octobre 2017

Les Chroniques de Mlv : Bonjour David, et merci pour avoir accepté mon invitation. Pouvez-vous nous présenter Milou, le héros de votre dernier ouvrage  «Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri» ?

David Lelait-Helo : Autant vous l’avouer, Milou c’est moi. Inventer un prénom permet de mieux se cacher mais à 90 % cette histoire est la mienne. Milou est un rêveur mais jamais un rêveur passif, il est acteur de sa vie, il court, s’agite sans cesse pour faire que son rêve devienne réalité. Il s’agissait pour moi d’écrire un texte sur nos rêves d’enfance. Qu’avons-nous fait d’eux ? Les avons-nous abandonnés en chemin ou avons-nous répondu à leurs attentes ? Je pense qu’en suivant son rêve, on trouve une part de soi…

 

Les Chroniques de Mlv : Milou a trouvé sa voie grâce à un coup de foudre pour une voix ; quel rôle joue la  musique dans votre vie ?

David Lelait-Helo : La musique ne me quitte pas. La voix surtout. Certaines voix sont pour moi des vibrations dont je ne peux pas me passer. La musique m’accompagne chaque jour, je vis avec mon casque sur les oreilles. Même si je ne l’écoute pas vraiment, elle est là, dans mon décor.

 

Les Chroniques de Mlv : En 1997, paraissaient vos deux premiers ouvrages (l’un sur Eva Perón, l’autre sur Maria Callas). Comment votre choix s’est-il porté sur ces deux femmes aux destins exceptionnels ?

David Lelait-Helo : Eva Perón correspond à mon parcours universitaire, j’étais prof d’espagnol, argentiniste plus spécifiquement, l’Argentine était vraiment mon sujet d’étude et je me suis très vite intéressé à la figure d’Evita. Quand Madonna l’a incarnée à l’écran, j’ai proposé à un éditeur d’écrire une biographie de cette femme que je connaissais si bien. Mon aventure d’auteur a commencé ainsi… Callas, c’était une autre passion, celle de la musique, du chant classique que je pratiquais. Elle m’a porté chance, le livre a été traduit dans le monde entier.

 

Les Chroniques de Mlv : Combien de temps de recherche nécessite une biographie  avant l’écriture propre ?

David Lelait-Helo : Tout dépend… J’absorbe assez vite mes sujets, mais je dirais une année, parfois un peu moins.

 

Les Chroniques de Mlv : De quelles conditions (lieu particulier, horaires précis, musique de circonstance)  avez-vous besoin pour travailler sereinement  ?

David Lelait-Helo :  Je n’ai besoin d’aucune condition particulière… Mais si je travaille chez moi, j’ai besoin que la maison soit rangée. Le désordre me pollue pour écrire. J’ai besoin de faire des pauses, de manger des sucreries, je travaille souvent en chanson, des chansons dans une langue que je ne parle pas pour ne pas être trop pollué par le texte. Je n’ai pas forcément besoin de silence, j’aime l’ambiance des bistrots, des terrasses, des foules. Les biographies, j’écris plutôt chez moi, j’ai besoin de ma documentation. Le roman, c’est la liberté, un carnet suffit, j’écris partout, n’importe où.

 

Les Chroniques de Mlv : Auriez-vous un coup de cœur littéraire, cinématographique ou musical à partager avec nous ?

David Lelait-Helo : J’en ai sans cesse… Le dernier album de Luz Casal consacré à Dalida, très original, des reprises de chansons peu connues de Dalida, en espagnol. Un opus très élégant, sur la retenue. Côté littéraire, j’ai adoré Les cygnes de la 5ème avenue que je viens de lire… Des vies de femmes encore, ça ne me quitte pas, le New York des années 50, fascinant…

 

Les Chroniques de Mlv : Une dernière question : un nouveau projet littéraire est-il déjà en cours d’écriture ?

David Lelait-Helo : Plusieurs, un beau livre avec Line Renaud sur ses années américaines, sa vie à Vegas, De très belles photos et tant d’anecdotes avec le tout Vegas et le tout Hollywood. Ce livre est aussi symbolique, comme un hommage aussi à l’amitié qui nous lie. Ensuite j’ai un projet de roman et de pièce de théâtre, mais j’ai encore besoin de temps. Pour l’heure le 31 août, sort une nouvelle édition de mon portrait de Barbara, préfacé par Serge Lama, j’aime beaucoup ce texte, je l’avais écrit dans la foulée de Poussière d’homme. Il est, je crois, porté par un certain souffle… Le souffle du drame que je venais de vivre dans ma vie personnelle.

 

 sortie le 31 août 2017

En 2015, je découvrais la plume  de David Lelait-Helo grâce à «C’était en mai, un samedi», un petit bijou dans lequel résonne la voix de Yolanda, une femme adulée, mais terriblement seule. Deux ans, et quelques livres plus tard, j’ai la grande chance de le croiser dans le cadre de mes activités littéraires,   c’est donc tout naturellement que je lui ai proposé de répondre à quelques questions pour ce Slog !

 

Je le remercie infiniment pour sa gentillesse, son professionnalisme, et vous invite à découvrir  ses ouvrages  !

© Les Chroniques de Mlv – 18-08-2017

© Un livre après l’autre

UN APRÈS-MIDI AVEC AGNÈS ABÉCASSIS !

Agnès Abécassis / Photo droits réservés ©Agnès Abécassis

 

Le nouveau roman d’Agnès Abécassis est sorti mercredi dernier au Livre de Poche, il s’intitule «Café ! Un garçon s’il vous plaît.» À l’occasion de la sortie de ce nouvel ouvrage, je vous propose de prendre votre café en compagnie de cette romancière qui nous régale avec ses histoires fraîches et pétillantes !  Bonne lecture !

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Agnès, merci pour avoir accepté mon invitation. Pouvez-vous nous présenter votre nouveau roman  «Café ! Un garçon s’il vous plaît » ?

Agnès Abécassis : Il s’agit d’un roman choral, une comédie pleine de rebondissements, mettant en scène alternativement Lutèce, qui va retrouver son premier amour qu’elle n’a pas revu depuis cinquante ans. Tom, qui vit avec Régine une passion destructrice. Et Ava, dont la carrière de peintre est sur le point de prendre son envol.

Les Chroniques de Mlv : Ce roman continue d’explorer la vie des personnages de votre roman précédent «Le tendre Baiser du Tyrannosaure» ; pourquoi ce choix ?

Agnès Abécassis Il ne s’agit pourtant pas d’une suite. « Le tendre baiser du Tyrannosaure », et « Café ! Un garçon s’il vous plait » peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre. J’ai simplement trouvé amusant de reprendre ces personnages pour leur faire vivre autre chose.

Les Chroniques de Mlv : Ava -l’une de vos héroïnes- a une passion commune avec vous :  le dessin.  Pourquoi ne pas avoir réalisé la couverture de ce roman cette fois-ci ?

Agnès Abécassis : Parce que toutes les couvertures de mes livres sont en train d’être relookées, pour mon plus grand plaisir. Cela se fait souvent, au cours de la vie d’un long-seller : au fil des années et surtout des retirages successifs, on modifie les couvertures pour faire en sorte qu’elles restent dans l’air du temps.

Les Chroniques de Mlv : En référence au titre de votre roman, avez-vous un endroit       préféré dans lequel vous pouvez  boire un café tranquillement  et/ou regarder un joli garçon ? 😉

Agnès Abécassis : Ca varie, au fil de mes pérégrinations à pied à travers Paris.

Les Chroniques de Mlv : Dernière question, auriez-vous un coup de cœur littéraire, musical ou une série télévisée de qualité à partager avec nous ?

Agnès Abécassis : Oui, plein. On les retrouve souvent en clin d’œil entre les pages de mes romans…

 

Je remercie infiniment Agnès Abécassis pour sa disponibilité et sa réactivité !

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’auteure, retrouvez-la sur son site ICI.

 

©Les Chroniques de Mlv – 13-05-2017

© Un livre après l’autre

 

Recontre avec Tom Graffin !

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Tom Graffin – Photo :  droits réservés Karine Baudot

Biographe familial jusqu’en 2010, puis auteur-compositeur, Tom Graffin vient d’être récompensé par le Prix du Premier Roman «Méo-Camuzet» (organisé par le Salon Livres en Vignes) pour son roman «Jukebox Motel», un road-movie où plane l’ombre de Johnny Cash. Suite à ma chronique sur ce conte littéraire et musical,  je vous propose aujourd’hui de rencontrer virtuellement Tom Graffin, grâce à l’interview à laquelle il a gentiment accepté de répondre. Je le remercie à nouveau pour sa disponibilité, et vous souhaite une belle lecture !

Jukebox Motel – Tom Graffin – Éditions J.C. Lattès.

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Tom, et merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Tout d’abord, comment es-tu devenu auteur-compositeur ?

Tom Graffin : Mes quelques années piano de 7 à 10 ans comptent à peine, car j’ai absolument tout oublié… Trop tôt, sans doute. Et mauvais professeur. Je m’y suis remis de moi-même à 20 ans, à la guitare cette fois-ci. J’ai ensuite commencé à composer des mélodies puis à chanter, tout doucement. En 2008, j’ai envoyé une maquette guitare voix à Maxime Delauney, que j’avais rencontré à l’ESC Rennes et qui à l’époque était manager d’Alexis Rault. La maquette lui a plu et Maxime est devenu mon agent chez VMA. C’est là que j’ai rencontré d’autres artistes. Je me suis alors rendu compte que je prenais plus de plaisir à écrire/composer pour les autres que pour moi.

Les Chroniques de Mlv : Un texte accompagné d’une musique,  c’est une histoire dont le temps ne devra pas  dépasser quelques minutes. En quoi cet  exercice peut-il donner envie de rédiger un roman ?

Tom Graffin Parallèlement à la musique, j’ai été biographe familial. J’enregistrais la vie de gens anonymes, parfois de célébrités locales, pour ensuite écrire leurs mémoires, témoignage de génération transmis aux proches et amis. J’ai d’ailleurs commencé par écrire la vie de ma grand-mère, en 2005. L’écriture était donc quelque chose qui me trottait dans la tête depuis quelques années. Cette expérience m’a d’ailleurs beaucoup nourri. C’est vrai que mon travail de parolier m’a également servi, dans l’approche de la langue et des mots. C’est un tout.

Les Chroniques de Mlv : Jukebox Motel a une double lecture : celle du roman, ainsi que  celle de la bande originale. Comment est né ce projet ?

Tom Graffin : En 2011, alors que je ne pensais plus du tout à écrire un roman – faute d’idée, Maxime Delauney me tend le projet Jukebox Motel. C’est un court-métrage musical écrit par Justine Bourcier (scénariste-réalisatrice à l’origine du projet). Justine et moi travaillons ensemble sur l’écriture et la musique pendant un an, jusqu’à ce que l’opportunité d’un tournage au Québec se présente à nous. Ce n’est qu’en revenant du tournage, en mars 2012, que nous avons eu envie d’aller plus loin : raconter l’histoire du Jukebox Motel à travers le parcours et le récit de son fondateur Thomas J. Shaper. Le sujet de mon premier roman m’était servi sur un plateau. Une fois le roman achevé (3 ans plus tard), l’idée d’en faire une BO nous a paru naturelle. On revenait à l’ADN du projet.

Les Chroniques de Mlv : Grâce à la carte de la couverture, la vie de ton héros se dessine sous les yeux du lecteur. Comment celle-ci est-elle arrivée dans ce projet ?

Tom Graffin  : Fabrice Petithuguenin, graphiste parisien, a lu le livre et l’a beaucoup aimé. Je dois dire que c’est encore Maxime Delauney qui me l’a présenté ! Fabrice a tout de suite pensé à une carte, type carte de Tendre. J’ai trouvé l’idée géniale. Je lui ai donné les thèmes, les mots que je voulais y retrouver, et il a fait tout le reste. Je trouve qu’il a vraiment sublimé la couverture.

Les Chroniques de Mlv : Jukebox Motel  est ton premier roman. Travailles-tu déjà sur un second manuscrit ?

Tom Graffin : Tout à fait. J’y réfléchis et prends des notes depuis plus de deux ans. Je viens de commencer l’écriture proprement dite. L’histoire se passera de nos jours, en France. Très différent de Jukebox Motel, donc.

Les Chroniques de Mlv : Peux-tu partager  avec nous un de tes derniers coups de cœur, que celui-ci soit musical, ou littéraire ?

Tom Graffin  : Mon dernier coup de cœur musical s’appelle Max Jury, un californien de 23 ans qui vient de sortir son premier album. Il était sur le live de C à vous quand j’y suis passé et j’ai écouté son album en boucle tout l’été. Un bijou. Sinon, je n’ai pas beaucoup lu ces derniers temps. J’aime bien les histoires courtes. Je suis tombé sur une formidable nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres.

Je remercie infiniment Tom Graffin pour sa disponibilité, et vous invite à poursuivre cette rencontre en allant sur sa page Facebook ICI ainsi que sur le site dédié à l’aventure «Jukebox Motel»  ICI.

© Les Chroniques de Mlv – 17-09-2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Sophie Tal Men !

SOPHIE TAL MEN PHOTO

Ces dernières semaines, parmi les lectures choisies au hasard de ma PAL, de mes envies,   «Les yeux couleur de pluie» fut une très jolie surprise. C’est avec plaisir que j’accueille aujourd’hui Sophie Tal Men, qui  a gentiment accepté de répondre à un petit questionnaire,  je la remercie à nouveau pour sa disponibilité, et vous laisse en sa compagnie, afin de découvrir son parcours ainsi que ses futurs projets littéraires !

Les yeux couleur de pluie – Sophie Tal Men – Éditions Albin Michel

 

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Sophie, merci  d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Tout d’abord, comment le virus de l’écriture est entré dans votre vie? 

Sophie Tal Men :  L’écriture m’accompagne depuis que je suis enfant. J’ai toujours aimé être dans la création: poèmes, dessin, théâtre… Laisser libre cours à mon imaginaire débordant. Activités artistiques que j’ai dû mettre de côté après le lycée en me consacrant pleinement à mes études de médecine. L’année dernière fut le moment pour moi de rattraper le retard. Si retard il y a…

Beaucoup de médecins écrivent sans que l’on connaisse forcément leur formation initiale. Prenez Jean-Christophe Rufin, il était neurologue comme moi, mais a très peu exercé. Oliver Sacks est aussi une référence. C’est son livre « l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » qui m’a donné envie de faire médecine. Le cerveau est un organe qui me fascine et j’ai le sentiment d’en découvrir un peu plus chaque jour en faisant ce métier!

Je voulais raconter quelque chose de différent par rapport à ce qu’on peut lire ou voir sur le milieu médical. Un univers plus intime, moins spectaculaire. L’hôpital est un vivier propice à l’écriture : nous rencontrons une multitude de gens et sommes amenés à rentrer très rapidement dans leur intimité. Des moments forts, chargés émotionnellement. C’est particulièrement vrai en neurologie où nous sommes confrontés au handicap et aux bouleversements que cela engendre pour le patient et son entourage.

Les Chroniques de Mlv : Dans un premier temps «Les yeux couleur de pluie» a rencontré le succès via  l’auto-édition.  Pourquoi ce choix ?

Sophie Tal Men J’ai achevé le manuscrit des « yeux couleur de pluie » en février 2015. Sans trop savoir comment procéder par la suite. Je connaissais la plateforme kdp d’Amazon et j’avais pu suivre quelques « sucess story ». Mais j’avoue que l’idée de m’exposer en auto-éditant mon texte seule sur internet m’effrayait beaucoup. J’avais peur qu’on me reconnaisse, qu’on me critique et qu’on me juge. Compliqué d’avoir confiance en son manuscrit – suffisamment pour le publier – quand les seuls retours sur le texte sont ceux de la famille et des amis proches. Public conquis d’avance.

Je l’ai donc d’abord envoyé à 16 grandes maisons d’édition. En croyant au miracle : que le texte soit repéré parmi les 40 reçus quotidiennement. Les réponses pouvaient mettre plusieurs mois, c’était noté sur leur site. Je le savais et pourtant… cela m’a semblé très long. Interminable. Je pensais sans cesse à mes personnages : Marie-Lou, Matthieu, qui m’avaient fait vibrer durant ces longs mois d’hiver et que j’avais eu tant plaisir à faire évoluer au fil des pages. Impossible d’imaginer qu’ils puissent rester au fond de mon tiroir ! Impossible ! J’avais besoin d’être lue, besoin des retours de lecteurs inconnus. Comme quand on attend un bébé, que la fin des 9 mois approche et qu’on trépigne d’impatience.

Au bout de deux mois, seules deux maisons m’avaient répondu négativement. Le texte ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Phrase évasive passe-partout qui me faisait me demander si le texte a vraiment été lu. L’écriture du manuscrit commençait à être loin et la confiance que j’en avais s’étiolait au fil des jours.  Alors je décidai – poussée par mes proches – de choisir moi-même le jour de l’accouchement. Il se ferait à la maison, seule, devant mon ordinateur. Et en un clic, la peur au ventre, je postai mon texte le 29 avril 2015 sur kdp. Sur ma page auteure, une femme en ciré jaune posait de dos. Mon éditrice quelques mois plus tard pensa à un coup-marketing. J’étais juste incapable à ce moment de montrer mon visage.

 Alors que l’attente m’avait semblé si longue les mois d’avant. Là, ce fut l’excès inverse. En seulement 15 jours, les ventes ont explosé et je me suis retrouvée dans le top 10 des ebooks d’Amazon. Au bout d’un mois, j’étais numéro 1. Avec plus de cent téléchargements par jour !

Je me souviens avoir été très vite appelée par l’équipe d’Amazon se demandant qui était l’auteure inconnue arrivant en tête de leur palmarès. Plusieurs coups de téléphone ont suivi plus improbables les uns que les autres. Une grande maison d’édition puis une deuxième…

Comme le début de cette aventure d’auto-édition, ce fut juste un rêve. Je suis allée fin juin à Paris rencontrer deux maisons d’édition. L’accueil fut très chaleureux. Un vrai tapis rouge ! À tel point que je ne savais pas laquelle des deux choisir en rentrant en Bretagne. La liste des auteurs déjà édités chez Albin Michel (Van Cauwelaert, Nothomb, Pancol, Ledig…), la rencontre avec Lina mon éditrice, la confiance et la motivation de leur directeur éditorial : Richard Ducousset m’ont définitivement convaincue.

Les Chroniques de Mlv«Les yeux couleur de pluie» est le premier opus  d’une trilogie. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les deux prochains tomes ? Sont-ils déjà en cours d’écriture ?

Sophie Tal Men  : Comment m’éloigner de Marie-Lou et de Matthieu après le dernier chapitre ? Impensable ! Vous les retrouverez donc au printemps prochain, toujours chez Albin Michel. L’écriture est déjà terminée avec des retours très positifs du comité de lecture de la maison.

Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura encore plus de Matthieu. Que je me suis vraiment   amusée avec son personnage. On y retrouvera la Bretagne dans une version plus estivale, l’univers hospitalier, celui de la neurologie mais aussi celui de la psychiatrie… J’ai hâte d’avoir vos retours de lecture ! Je suis actuellement en pleine rédaction du 3ème volet… J’y ai pris goût, on ne m’arrêtera plus !

Les Chroniques de MlvDans une journée, quel  est le moment le plus propice à l’écriture ?

Sophie Tal Men  : L’inspiration me vient le soir quand mes trois enfants sont couchés. Seul moment de la journée où je peux me poser et laisser libre cours à mon imagination. Un moment précieux et ressourçant.

 Mes personnages sont toujours dans un coin de ma tête au travail. Quand il m’arrive d’avoir une idée entre deux consultations, je la gribouille sur un bout de papier ou dans les notes de mon téléphone pour l’exploiter le soir venu au son de la trompette d’Ibrahim Maalouf.

Les Chroniques de Mlv : Qu’il soit de la rentrée littéraire, ou de quelques mois, avez-vous un  coup de cœur littéraire à partager avec nous ?

 Sophie Tal Men : Deux coups de cœur ces derniers mois. Deux écritures rythmées qui se lisent le sourire aux lèvres. Qui traitent des sentiments, des relations aux autres, du temps qui passe et qui nous renvoient à notre propre vie. « Tu comprendras quand tu seras grande » de Virginie Grimaldi. «  On dirait nous » de Didier Van Cauwelaert. Et ce n’est pas parce qu’il est chez Albin Michel ! Je le suis depuis longtemps

Je remercie infiniment Sophie Tal Men pour avoir accepté de répondre à cette interview, et vous invite à poursuivre cette rencontre en allant sur sa page Facebook  ICIainsi qu’en découvrant la rencontre de Marie-Lou et Matthieu dans «Les yeux couleur de pluie», si ce n’est déjà fait !

© Les Chroniques de Mlv – 03-09-2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Samuel Delage !

PHOTO SAMUEL DELAGE POUR ITW

Dans «Cabale Pyramidion»,  Samuel Delage retrouve ses personnages fétiches Yvan Sauvage et Marion Evans, afin de les entraîner dans une aventure égyptienne riche en rebondissements ! Samuel Delage est également à l’origine du site  «Les petits mots des libraires», sur lequel il relaie les fiches coups de coeur qui fleurissent dans les librairies. Une idée formidable, qui a tout de suite trouvé écho auprès des lecteurs avident de viviers de lectures ! Je vous propose de rencontrer Samuel Delage, via l’interview à laquelle il a gentiment accepté de répondre.

 Cabale Pyramidion – Samuel Delage – Éditions Albin Michel

 

Les Chroniques de Mlv : Comment un informaticien devient-il écrivain ?

Samuel Delage : L’écriture répond chez moi à une sensibilité et un désir de partager des émotions, qui viennent s’associer à l’envie de créer des histoires, mais aussi de puiser dans ce qui m’attire et m’interroge. L’activité de romancier offre des perspectives sans limite, c’est le chemin de l’évasion et de l’exploration.

Les Chroniques de Mlv : Est-ce votre fascination pour l’Histoire -via votre site La minute de l’Histoire– qui est la genèse des aventures du couple Sauvage/Evans ?

Samuel Delage : Les richesses historiques de notre monde attisent ma curiosité. Les rencontres et échanges avec des spécialistes dans de nombreux domaines sont à la source de mes travaux. Le besoin de partager au-delà des romans a trouvé son chemin ou plutôt sa « voix », à travers ma première saison de podcasts « La Minute de l’histoire ». Plus de 100 000 téléchargements de cette émission ont fidélisé des auditeurs et des lecteurs également passionnés par ces sujets. Pour mes récits, la création d’un duo de personnages dont l’activité et le caractère s’inscrivent pleinement dans le cadre des thèmes que j’aborde, était une évidence. Et puis à présent, ces personnages me sont si familiers que c’est un plaisir de les faire évoluer de récit en récit. Les lecteurs s’y sont attachés, et j’ai des comptes à leur rendre à chaque publication, je dois faire attention.

Les Chroniques de Mlv «Cabale Pyramidion»  est la troisième aventure de votre sympathique duo, pouvez-vous nous présenter ce nouveau tome ?

Samuel Delage  : Cabale Pyramidion est un roman important pour moi. Le sujet égyptien, à la fois riche et complexe m’a toujours fasciné. La somme de recherches a été une aventure aussi périlleuse que grisante. Je voulais donner une dimension et un réalisme fort au sujet et le traiter d’une manière originale, en associant un aspect social de l’Égypte contemporaine. Ce roman devait aussi marquer une progression significative dans la relation et l’évolution de mes personnages principaux, Yvan Sauvage et Marion Evans.

Les Chroniques de Mlv  : Travaillez-vous actuellement à un nouveau roman ?

Samuel Delage  : J’ai toujours plusieurs romans sur ma table de travail. Un roman dont l’écriture est en cours, et d’autres dont la structure se met en place. Des projets audiovisuels sont aussi en préparation. Mon duo de personnages évolue et le prisme dans lequel je leur donne vie prend de nouvelles dimensions. C’est aussi fascinant, passionnant que chronophage.

Les Chroniques de Mlv : Il y a quelques mois, vous avez lancé «Les petits mots des libraires», comment est né ce site, quel est son  concept ?

Samuel Delage : « Les Petits Mots des Libraires », c’est un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps. Je souhaitais pouvoir mettre en avant les libraires et la qualité de leurs précieux conseils. Un savoir-faire qui est malmené, en partie par le géant américain de vente en ligne. Trouver un équilibre susceptible de soutenir une coexistence me semblait nécessaire et urgent. Alors, c’est en utilisant le moyen matériel des petits mots qu’accrochent les libraires sur les livres pour lesquels ils ont des coups de cœur, que le site est né. Chaque libraire peut ainsi rayonner avec le fruit de son travail en prenant en photo ses petits mots et en les publiant sur ce site 100% dédié à la valorisation de ces conseils professionnels. Le site rencontre un succès fabuleux et met en lumière les conseils et ce qu’apportent les libraires. Ils sont indispensables aux livres et aux lecteurs. Ces libraires, il faut les préserver et chaque geste individuel des lecteurs peut le permettre, en achetant les livres en librairie ou en les commandant via leur site libraire.

Les Chroniques de Mlv : Enfin, en cette période estivale, avez-vous un coup de cœur littéraire à  partager avec nous ?

Samuel Delage  : Étant le premier « lecteur client » de mon site « Les Petits Mots des Libraires », je découvre d’innombrables pépites. J’en parle avec mes libraires de proximité et les échanges sont passionnants. Réduire ma réponse à un seul coup de cœur pour cette importante question m’est trop difficile. Je joue mon joker et je vous invite à explorer les catégories du site « Les Petits Mots des Libraires ».

Je tiens à remercier Samuel Delage pour sa disponibilité, et vous invite à retrouver l’auteur via ses romans,  son site ICI ainsi que celui  Les petits mots des libraires (si vous ne le connaissez pas encore !).

Slog de Samuel Delage ICI 

© Les Chroniques de Mlv – 20-08-2016

© Un livre après l’autre

 

Rencontre avec Philippe Besson !

Philippe Besson par Maxime Antonin

Philippe Besson – Photo droits réservés Maxime Antonin

Pour son dix-septième roman,  «Les passants de Lisbonne», Philippe Besson emporte le lecteur vers une terre empreinte de tristesse, de mélancolie : Lisbonne. Le livre refermé, émue par l’histoire de Mathieu et Hélène, j’ai demandé à Philippe Besson s’il accepterait de répondre à quelques questions. Je vous propose de découvrir ses réponses, ci-dessous.

 

 Les passants de Lisbonne – Philippe Besson – Éditions Julliard

Les Chroniques de Mlv : Pourquoi avoir choisi Lisbonne comme décor, pour votre dix-septième roman ?

Philippe Besson : Parce que c’est la ville de la « saudade », cette fameuse mélancolie rattrapée par l’espérance, cette tristesse douce, sentiments qui viennent à l’unisson de ce qu’éprouvent mes deux personnages. Parce que j’avais envie de donner à voir les rues sinueuses qui descendent des collines, les tramways grinçants, les mosaïques, les murs vérolés, les balcons en fer forgé.

Les Chroniques de Mlv : Le lien qui unit Mathieu et Hélène est indéfinissable. Est-ce grâce à celui-ci qu’ils peuvent s’épancher totalement sur leur souffrance ?

Philippe Besson : Il ne s’agit ni d’amour, ni d’amitié. Cela pourrait ressembler à de la fraternité. Je les regarde comme deux rescapés d’un naufrage qui s’accrochent l’un à l’autre pour regagner le rivage. Ce qui est certain, c’est que c’est leur rencontre qui va les extraire de leur chagrin personnel. Elle était recluse, lui se perdait dans des nuits fauves. En posant une parole sur ce qui leur est arrivé, ils se libèrent. Avez-vous remarqué qu’on parle plus facilement à un inconnu ?

Les Chroniques de Mlv : Une journée d’écriture est-elle rythmée par des horaires particuliers, des lieux, de la musique ?

Philippe Besson : Je n’ai pas vraiment de rituels, je suis incapable de m’imposer une discipline, n’étant guidé que par mon propre désir. Je peux écrire n’importe où. Cela étant, j’ai la chance d’habiter à Los Angeles plusieurs mois par an et il y a un café sur Santa Monica Boulevard, le Joey’s, où j’aime écrire.

Les Chroniques de Mlv : Que représentent Marguerite Duras et Fernando Pessoa pour vous ?

Philippe Besson : Duras, c’est un choc, lorsque je la découvre à 17 ans. C’est une influence, aujourd’hui. Parfois, chez elle, la sonorité précède le sens et cela m’impressionne. Quant à Pessoa, j’ai relu récemment « Le livre de l’intranquillité ». Il en émane une forme de désespoir, comme si tout était perdu d’avance. Et pourtant, sa poésie nous porte.

Je remercie infiniment Philippe Besson pour sa gentillesse, sa disponibilité.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille vivement «Les passants de Lisbonne», afin de découvrir Mathieu et Hélène, deux êtres touchants, perdus, face à la disparition de l’amour de leur vie, dans l’envoûtante Lisbonne.

 

© Les Chroniques de Mlv -19-06-2016

© Un livre après l’autre

 

Un lundi avec Jérôme Attal !

Photo Jérôme Attal pour ITW ©Mathieu Zazzo

Jérôme Attal – Photo © droits réservés Mathieu Zazzo

Après «Aide-moi si tu peux» (focus sur les années 80) c’est à Londres, en 1940, que Jérôme Attal nous emmène grâce à son nouveau roman  «Les jonquilles de Green Park», sorti il y a quelques semaines chezRobert Laffont. En ce lundi matin, je vous propose de découvrir l’interview à laquelle Jérôme Attal a gentiment accepté de répondre.  Bonne lecture !

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Jérôme, et merci d’avoir accepté de répondre à cette interview. Tu es parolier, écrivain, diariste, depuis quand l’écriture fait-elle partie de ta vie ?

Jérôme Attal : Depuis le collège, le lycée. L’écriture a toujours été ma manière de m’ouvrir sur le monde, de communiquer. J’étais un enfant assez secret, fils unique, assez créatif aussi, j’avais besoin d’inventer des histoires, de relier des émotions. Quand il a fallu dire adieu à l’âge des Playmobils, je suis passé à l’écriture, mon néolithique à moi.

Les Chroniques de Mlv : Respectes-tu certaines habitudes (lieux, musiques…) lorsque tu travailles ?

 Jérôme Attal : En règle générale, je n’écoute pas de musique parce que j’ai la sensation que l’écriture contient sa propre musique, et que ce n’est pas la peine de brouiller ou d’illustrer ce qui arrive. Je prends des notes dans des petits carnets moleskines mais une fois que je me décide à écrire sur le long cours j’aime être dans un endroit que je considère comme une maison. J’admire les écrivains qui peuvent travailler n’importe où, dans les trains, pendant les lectures d’autres écrivains (je déconne), pour ma part j’ai besoin de la sécurité d’un chez moi. J’aime aussi le temps d’écrire sans écrire. Je marche beaucoup dans Paris et les choses que j’ai en tête se dénouent ou se composent, s’affinent et se relient. Je retarde aussi le moment d’écrire jusqu’à ce que je n’en puisse plus de le différer. Jusqu’à ce que ça devienne viscéral.

Les Chroniques de Mlv :  Quelle est la genèse de ton nouveau roman, «Les jonquilles de Green Park» ?

 Jérôme Attal : Je suis un amoureux de Londres, et Green Park est un de ces endroits magiques où je me sens comme à la maison. On a tous ce sentiment d’arriver quelque part et de se sentir bien comme si on avait toujours connu cet endroit, comme si une part de nous revenait à la maison. C’est ce qui s’est produit pour moi avec Green Park à Londres. Et après j’ai eu envie de faire un roman autour de cette idée de maison. Ce « home » anglo-saxon qui n’a pas d’équivalent en français. C’est à la fois la maison et le chez soi. Mon idée c’était : qu’est-ce qui définit notre chez soi ? Est-ce la famille ? Les amitiés indéfectibles qu’on se crée ? La première grande histoire d’amour ? Un peu de tout ça à la fois. J’imagine que pour un écrivain le véritable home c’est l’écriture, car on y retrouve tous ces moments disparus et qui nous ont constitué. Je voulais faire un roman puissant et tendre. Nostalgique et vivifiant. Dans lequel je pourrais trouver une place à ce que je suis vraiment.

Les Chroniques de Mlv  : Tommy Bratford est fasciné par les héros de comics books.  Que représente ce genre littéraire pour toi ?

Jérôme Attal : J’adore depuis toujours les comics books. Les américains étant un pays trop jeune pour avoir des figures mythologiques, ils se sont créés les super-héros qui n’ont rien à envier aux dieux de l’Olympe de la vieille Europe. Quand j’étais enfant, après une visite chez le dentiste où j’avais fait preuve d’un certain courage, mon papa m’achetait un Strange ou un Spidey. Mon héros préféré a toujours été Daredevil. Je ne sais pas d’ailleurs si, dans son monde à lui, quand Daredevil fait preuve de courage, on lui paye une visite chez le dentiste. Ce serait vraiment marrant.

Les Chroniques de Mlv : Revenons à ton roman précédent «Aide-moi si tu peux», une nouvelle aventure du tandem Caglia/Sparks est-elle  prévue ?

Jérôme Attal : Oui j’aimerais beaucoup. Elle est en préparation. Parmi d’autres idées de roman. Si demain Pocket me dit qu’ils sortent « Aide-moi si tu peux » en poche et qu’ils souhaitent créer une synergie avec mon prochain roman, j’embraye sur une nouvelle aventure de Prudence Sparks et Stéphane Caglia. Sinon, je crois que j’ai une autre belle idée de roman sur laquelle je commence à travailler. En fait tout dépend de l’humeur dans laquelle je vais être ces prochaines semaines, l’accueil des Jonquilles, comment vont se goupiller les choses pour la suite…

Les Chroniques de Mlv : As-tu un coup de cœur littéraire et/ou musical à partager avec nous ?

 Jérôme Attal : En ce moment, il y a Lola Baï qui participe à The Voice. J’ai écrit une jolie chanson avec elle qui s’appelle La lueur.  https://www.youtube.com/watch?v=vI3x4xqSOOc

Concernant la littérature, je suis assez baba du travail de la collection Pavillons Poches de mon éditeur actuel, Robert Laffont. J’adore leur esthétique, leurs couvertures, le prix accessible de ce catalogue, et c’est l’occasion de relire tout Salinger qu’ils ressortent intégralement.

Les Chroniques de Mlv : Dernière question, comptes-tu reprendre tes «Chroniques de l’arbre bleu», ce sympathique rendez-vous du dimanche soir ?

Jérôme Attal : J’étais bien parti et puis il y a eu le 13 novembre et je n’ai plus eu envie d’apparaître à l’écran. Ça m’a paru indécent sur le moment de faire le gugusse en vidéo. J’ai eu envie d’intervenir, et de me réfugier, dans l’écriture. Mais j’ai quand même plusieurs partisans de ces chroniques de l’arbre bleu qui me réclament une suite, qui en parlent autour d’eux, qui me font connaître. Ils sont si charmants que je vais m’y mettre !

Je remercie infiniment Jérôme Attal pour sa disponibilité, et vous conseille d’aller à sa rencontre via «Les jonquilles de Green Park» -bien sûr- mais aussi par le biais de ses compositions musicales, ou de son  journalICI.

© Les Chroniques de Mlv -21-03-2016

© Un livre après l’autre

 

Rencontre avec Jo Witek !

Photo droits réservés © Julie Legrand

 

Rendez-vous était pris depuis quelques mois avec Jo Witek, afin de réaliser une petite interview pour la sortie de son roman «Le Domaine», chez Actes Sud Junior. C’est donc par téléphone, il y a quelques jours,  que j’ai eu la chance de recueillir les confidences d’une des plus jolies plumes de la littérature jeunesse, qui souligne très justement combien «aujourd’hui, plus que jamais, la littérature doit être présente dans tous les milieux».

Le Domaine – Actes Sud Junior

Tout d’abord, j’ai souhaité connaître la genèse de son nouveau roman  : «Un flash avec cette maison, des souvenirs d’enfance» alors qu’elle découvre un  lieu (la maison Mauriac, à Saint-Symphorien) lors d’un week-end dans la région. La romancière demande une résidence d’écriture, elle l’obtient. La fin du roman sera rédigée sur place, une véritable «petite bulle»  comme de celles dont elle a besoin pour écrire. Chaque auteur a sa méthode pour construire un nouveau roman, la sienne démarre toujours en trois temps : un sujet prend forme (actuellement, elle en a «trois en tête») la documentation, puis les rencontres, lui permettront de mettre tout cela en place, avant de longues séances d’écriture à son bureau ; ces dernières seront mises entre parenthèses, le temps de participer à des animations, des rencontres en milieux scolaires ; une autre façon -comme tous les auteurs de littérature jeunesse d’aujourd’hui- de pouvoir continuer à nouer des liens avec les lecteurs, à présenter leur travail, mais aussi de vivre d’un métier de plus en plus précaire.

Si la musique n’accompagne pas Jo Witek lorsqu’elle écrit ;  chaque nouveauté proposée aux lecteurs ressemble bien à une mélodie : douce avec des albums -comme ceux réalisés avec Christine Roussey-  ou intense, lorsqu’il s’agit d’un roman sur les émotions liés à l’adolescence. En alternant albums et thrillers, Jo Witek conserve une liberté, «cette liberté de travailler avec ses souvenirs d’enfance, tout comme ceux liés à ses enfants ».

Enfin, la romancière est «curieuse en littérature», une lectrice qui tout en gardant la part belle pour ses chouchous, n’hésite pas à suivre les conseils de son libraire. Ses récents coups de cœur sont  «Amours» de Léonor de Recondo, ainsi que «Construire un feu», de Jack London.

En attendant un nouvel album, à paraître en mai prochain, je vous conseille vivement  «Le Domaine», une histoire mêlant la nature, un domaine envoûtant, un adolescent loin d’une vie connectée,  hors du temps, dont le parcours initiatique va l’emmener très loin…

Je remercie chaleureusement Jo Witek pour le temps qu’elle m’a accordé.

© Les Chroniques de Mlv – 06/03/2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Olivier Bourdeaut !

 _DSC8518.jpgPhoto droits réservés Olivier Bourdeaut

Phénomène littéraire de cette rentrée hivernale, « En attendant Bojangles » -paru aux Editions Finitude– est le premier roman d’un jeune auteur prometteur, Olivier Bourdeaut. Si, comme tous les lecteurs qui ont eu la chance de le lire, vous avez été envoûtés par la musique de ce petit livre au charme fou ;  je vous invite à lire l’interview qui suit. Olivier Bourdeaut  a eu la gentillesse de répondre présent, le temps de quelques questions ; je le remercie infiniment, et vous laisse en sa compagnie.

Les Chroniques de Mlv : Olivier Bourdeaut, bonjour, et merci pour avoir accepté cette interview. Première question : avant ce premier roman, dans quel univers professionnel évoluiez-vous ?

Olivier Bourdeaut : J’ai évolué dans des milieux professionnels qui toléraient une absence de diplôme et un niveau acceptable d’incompétence. Grâce à la clémence de certains patrons, j’ai pu échouer dix années durant dans l’immobilier. Puis, lorsque je me suis décidé à consacrer ma vie à l’écriture, il m’a fallu travailler entre mes périodes d’écriture pour gagner ma vie. J’ai été cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, un métier dur et magnifique. J’ai été ouvreur de robinets sur un chantier d’hôpital, un métier absurde et gentiment répétitif. J’ai également été factotum dans une maison d’édition de livres scolaires. Les mêmes livres qui m’avaient torturé dans mon enfance. Je dois être un tantinet masochiste.

Les Chroniques de Mlv : Avez-vous toujours rêvé d’écrire ?

Olivier Bourdeaut J’ai toujours eu une profonde admiration pour les écrivains. Mais, compte tenu du tournant que prenait ma carrière scolaire, je me suis longtemps senti illégitime de prétendre faire partie de ce cercle. J’ai toujours aimé écrire et les gens qui me lisaient avaient la gentillesse de me dire que je ne le faisais pas trop mal. Ma première tentative de roman remonte à l’arrivée d’un ordinateur chez mes parents. J’avais 17 ans et c’était absolument lamentable. Il s’agissait d’un groupe de jeunes sur une plage de sable forcément jaune, devant une mer forcément azur, bordée de palmiers forcément hirsutes. Ces jeunes n’avaient aucun passé, pas de présent, et encore moins d’avenir. La tentative s’est échouée au bout de quelques pages sur cette même plage désolante de médiocrité. J’ai compris un peu plus tard qu’il fallait rouler le squelette de mes personnages dans la glaise pour leur donner de l’épaisseur : un passé, un caractère, un physique, des tics, des états d’âmes…

Les Chroniques de Mlv  Comment la chanson de Nina Simone « Mr Bojangles » est-elle arrivée jusqu’à vous ?

Olivier Bourdeaut : Benoit, un très bon ami, qui me logeait à l’époque avait rempli mon I Pod de musique. C’est donc en marchant dans les rues de Paris que Bojangles est passé par hasard. J’ai adoré cette musique que j’ai repassé en boucle pendant quinze jours. Lorsque j’ai commencé à écrire mon roman, je n’avais pas du tout l’idée de m’en inspirer. Puis elle est passée lors de l’écriture des premiers paragraphes. Elle correspondait parfaitement à l’état d’esprit que je voulais insuffler à mon roman, j’ai donc décidé d’en faire un personnage aérien. C’est un délit qui n’était absolument pas prémédité.

Les Chroniques de Mlv : Pourquoi avoir choisi d’aborder ce thème si délicat de la maladie mentale ?

Olivier Bourdeaut : Là encore ce n’était pas prévu. Dès le début, la mère est gentiment cinglée, au fil de l’écriture, j’ai vu que cette légère fêlure pouvait devenir une brèche. Dès lors, je n’ai pas hésité, cela me semblait évident. Ce n’était donc pas un choix mais c’est devenu naturellement un résultat.

Les Chroniques de Mlv «En attendant Bojangles» est nommé pour plusieurs prix littéraires*. Comment vivez-vous cette reconnaissance  ?

Olivier Bourdeaut :C’est toujours gratifiant d’être en lice pour des prix, encore faut-il les remporter et mes concurrents ont de grandes qualités. N’ayant rien fait de positivement remarquable pendant les trente-cinq premières années de ma vie, je suis un peu surpris que mon travail soit nommé pour des prix.

Les Chroniques de Mlv : Je vous remercie pour le temps consacré à ce questionnaire, et termine par cette question :  quels genres littéraires appréciez-vous en tant que lecteur ?

Olivier Bourdeaut  : C’est moi qui vous remercie de l’intérêt que vous portez à mon roman. Je lis de tout et j’essaie d’avoir des périodes de lecture cohérente. Je passe souvent un an en compagnie d’auteurs qui font partie du même mouvement, du même pays ou de la même période. Cela me permet d’avoir une vision d’ensemble.

Je tiens à remercier les Editions Finitude, sans qui cette interview n’aurait pas été possible.

 © Les Chroniques de Mlv – 05-02-2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Alexis Ragougneau !

Alexis Ragougneau gros plan (c) Antoine Rozès.jpg

Photo droits réservés Antoine Rozès

Pour cette première interview de l’année, je vous propose de rencontrer Alexis Ragougneau, auteur de théâtres et de romans noirs, à l’occasion de la sortie de  «Evangile pour un gueux», aux Editions Viviane Hamy.  Si vous aimez les polars (très) sombres, dont l’action se situe dans un lieu atypique, précipitez-vous sur  «La Madone de Notre-Dame» et «Evangile pour un gueux» -les deux premières aventures du Père Kern et de la juge d’instruction Claire Kauffmann, jeune femme à fleur de peau.

Les Chroniques de MLV : Bonjour Alexis, et merci pour avoir accepté de répondre à quelques questions. Quel a été votre parcours professionnel, avant l’écriture de «La Madone de Notre-Dame» ?

Alexis Ragougneau : J’ai fait une école de commerce avant de travailler quelques années dans la communication. A 26 ans j’ai quitté cette première vie professionnelle pour me consacrer à ma véritable passion : le théâtre. J’ai donc fait une école d’art dramatique, travaillé sur plusieurs projets en tant qu’acteur ou metteur en scène, tout en écrivant mes propres pièces. Mon premier texte a été créé à Paris en 2004. Huit autres créations ont suivi jusqu’à maintenant, en France, en Belgique et en Suisse.

Les Chroniques de MLV : Pourquoi avoir choisi ce décor si particulier, pour votre premier roman ?

Alexis Ragougneau : Au départ c’est un concours de circonstances. Il y a plusieurs années, j’ai été amené à travailler quelques mois à Notre-Dame de Paris. J’y ai découvert les coulisses de la cathédrale, croisé des personnages hauts en couleur, stocké un certain nombre d’images et de paroles… En somme cette expérience a stimulé ma fibre d’écrivain.

Les Chroniques de MLV:  Comment est née l’idée de ce duo Claire Kauffmann et du Père Kern ?

Alexis Ragougneau : J’avais envie d’écrire sur la cathédrale mais il me semblait qu’une pièce de théâtre aurait été inadaptée, ou plutôt redondante par rapport à ce lieu déjà très théâtral. Il me fallait aborder Notre-Dame sous un angle inattendu. L’idée d’écrire un roman policier m’est venue à la lecture d’un essai d’un critique allemand datant des années 20 : il y comparait le détective de polar à un prêtre ; dans les deux cas il s’agissait de libérer la parole d’un pécheur en quête de rédemption… J’ai suivi cette idée au pied de la lettre et j’ai imaginé le personnage du père Kern. A partir du moment où ce personnage de prêtre-enquêteur était né, je me devais de lui associer un partenaire à la fois complémentaire et très différent. Claire Kauffmann répond à cette envie : la magistrate forme avec l’homme d’église une paire totalement improbable mais somme toute efficace. 

Les Chroniques de MLV : Pouvez-vous nous présenter votre nouveau roman  « Evangile pour un gueux» ?

Alexis Ragougneau : Peu avant Pâques, on découvre le corps d’un clochard noyé dans la Seine. La victime est rapidement identifiée : il s’agit de Mouss qui, quelques mois plus tôt, au moment de Noël, avait investi la cathédrale Notre-Dame au nom du droit au logement. Pendant quelques jours, la France entière s’était passionnée et déchirée sur la question des sans-abri. Mouss s’était visiblement fait autant d’amis que d’ennemis…

 

Les Chroniques de MLV : Allons-nous y retrouver ce duo si atypique ?

Alexis Ragougneau : Absolument. L’enquête est confiée à la juge d’instruction Claire Kauffmann. Lorsqu’elle apprend que le père Kern officiait dans la cathédrale au moment de son occupation, elle sollicite son aide pour faire éclater la vérité. Le duo de « la madone de Notre-Dame » est ainsi reformé.

Les Chroniques de MLV : Dernière question, avez-vous d’autres idées d’aventures pour ce duo ?

Alexis Ragougneau : Kern le prêtre et Claire la magistrate m’aident à m’interroger sur Paris et la France. A travers leur enquête sur la mort de Mouss le clochard, mes deux personnages soumettent à de nombreux questionnements notre façon de vivre ensemble, et mettent en lumière les zones d’achoppement qui existent dans notre société, qu’elles soient d’ordre religieux, culturel ou social. La fiction m’aide donc à prendre de la distance par rapport aux choses, et ces personnages créés il y a trois ans, que je commence seulement à connaître, me sont devenus en quelque sorte nécessaires. Tant que j’éprouverai ce besoin de mise à distance, je convoquerai mon duo d’enquêteurs pour qu’ils m’aident à y voir un peu plus clair.

Je remercie Alexis Ragougneau pour sa disponibilité, ainsi que sa ponctualité, et vous donne rendez-vous très bientôt, pour une nouvelle chronique littéraire !

© Les Chroniques de Mlv – 23-01-2016

© Un livre après l’autre

RENCONTRE AVEC ALEXANDRE FERAGA !

Alexandre Feraga, à la Librairie Port Maria de Quiberon, en octobre dernier – Photo : droits réservés Les Chroniques de Mlv

Après « Je n’ai pas toujours été un vieux con», Alexandre Feraga revient avec un second roman, un roman fort, sur le désarroi d’adultes malmenés par la vie, mais aussi sur l’espoir qui peut renaître, grâce à une rencontre. Rencontré lors de son passage à La Librairie Port Maria, à Quiberon, il a gentiment accepté de répondre à quelques questions. Je le remercie à nouveau pour sa disponibilité, sa réactivité quant au retour de ce questionnaire, et vous laisse en sa compagnie. Bon dimanche à toutes, et tous !

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Alexandre, merci pour le temps que tu consacres à ce questionnaire. Tout d’abord, peux-tu nous dire quel a été ton parcours avant l’écriture de ton premier roman «Je n’ai pas toujours été un vieux con» ?

Alexandre Feraga : J’ai été un élève perdu au milieu des études. Je me suis laissé orienter vers la comptabilité et j’ai obtenu un BAC Pro. Ensuite, j’ai persévéré dans l’erreur en faisant un BTS en alternance. Je me suis rapidement dit qu’un ordinateur ne pouvait pas combler mon désir d’être avec les autres ! Et c’est durant ma deuxième année que j’ai mûri l’envie de m’engager dans le social. Grâce à de belles rencontres, j’ai eu l’opportunité d’accompagner des enfants et des adolescents en situation de handicap mental en milieu scolaire. Ces huit années à leurs côtés m’ont construit en tant qu’homme. Ces enfants m’ont appris énormément de choses. Leur simplicité dans les échanges, leur accueil inconditionnel, leur regard sur la vie, qui est comme un grand feu qu’ils alimentent chaque jour avec de petits bouts de rien. Depuis un an, je me consacre à l’écriture, car j’ai eu la chance de voir mon premier roman édité. Je me suis dit que je ne devais pas laisser passer le train et monter à bord. J’ai donc écrit mon deuxième roman « La femme comète » et un troisième dans la foulée. Et en ce moment, je suis en train de finir un quatrième livre. Mais bientôt, je vais reprendre une activité professionnelle en retrouvant le milieu de l’action sociale, et j’en suis très heureux.

  

Les Chroniques de Mlv : Ton second roman, «La femme comète», est un roman fort, tant du point de vue humain que social. Il dénonce notre société, ses injustices, et met en lumière les relations familiales avec leurs non-dits. Comment ce roman est il né ?

Alexandre Feraga : Les thèmes abordés dans ce deuxième roman ont un point de convergence : c’est le regard que je porte sur les gens fatigués, blessés, fragiles. Fragilisés par un monde qui isole les individus. Mon engagement d’éducateur est flagrant dans ce roman. Je souhaitais donner la parole à des gens perdus, aux repères bancals, aux rêves maltraités par la course au pognon et l’indifférence. Il est aussi beaucoup question de la famille, effectivement. C’est un thème qui sera récurrent dans mes romans. J’ai besoin d’aller fouiller dans le passé de mes personnages pour comprendre ce qui a cloché et pourquoi le présent est si difficile à envisager. J’ai vécu la famille comme un environnement violent, hostile au développement de mes rêves. J’ai vécu dans le non-dit, le manque de communication et le mensonge. C’est tout à fait normal que j’essaie d’adoucir cette problématique avec les mots.

Les Chroniques de Mlv : Un de tes personnages -Edouard-  est un jeune homme passionné par la poésie. Que représente cet art pour toi ?

Alexandre Feraga : Je suis entré en écriture par la poésie. J’avais un besoin urgent de m’exprimer, de mettre en mots ce que ma voix ne disait pas. Cette forme d’écriture est venue naturellement, je ne l’explique pas, d’autant que je ne lisais pas de poésie. Peut-être des textes rencontrés à l’école, occupaient-ils plus de place dans ma tête que je ne voulais le croire. J’ai toujours eu une dent contre l’école, et pendant longtemps, il était inconcevable que la moindre leçon rapportée à la maison puisse me servir dans la vie. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas vrai. L’école m’a donné la chance d’apprendre à lire et écrire, c’est peut-être tout simplement pendant ces étapes essentielles à la vie que j’ai forgé mon besoin d’écrire

Les Chroniques de Mlv : Il me semble que pendant un an, tu as consacré tout ton temps à l’écriture.  Quel a été ton planning de travail  au quotidien ?

Alexandre Feraga : Je me suis donné une discipline. Je ne suis pas comme certains auteurs, qui ont la chance de travailler vite, qui construisent leur roman dans leur tête avant de se lancer. J’ai besoin de temps, d’autant que je peux être long à l’allumage (surtout si des pies viennent s’amuser dans mon jardin !). Je me mets au travail à partir de 10h jusqu’au repas. Ensuite, j’écris jusqu’à ce que je sois satisfait de l’avancement de la page ou du chapitre en cours. Je peux écrire tout l’après-midi ou m’arrêter à 16h pour une petite sieste. Parfois, il m’arrive de bloquer sur un passage ou de ressentir le besoin de prendre du recul, alors, je vais faire un footing, je vais fouiner chez mes bouquinistes ou je lis. Ce sont des moments de respiration indispensables. Ah oui, j’allais oublier, il m’arrive aussi de me lever en pleine nuit pour écrire un mot, une phrase ou un paragraphe. C’est souvent à cause d’un personnage insomniaque dont la voix me réveille pour dire des choses importantes, dans ces moments-là, il n’y a qu’une seule chose à faire : se lever et les noter !

Les Chroniques de Mlv : Tu  partages avec tes lecteurs la playlist qui a rythmé l’écriture de ce second roman. Quel rôle joue la musique dans ta vie de tous les jours ?

Alexandre Feraga : La musique m’accompagne pendant quasiment tout le temps de création. Il y a des musiques qui répondent à l’ambiance du chapitre, à l’humeur des personnages ou à la mienne ! Il y a aussi des musiques fétiches, qui sont là pour me rassurer, pour passer le gué d’une phrase ou pour m’aider à franchir le col d’un chapitre. La musique canalise mes doutes, elle les rend moins importants. Sinon, j’écoute de la musique toute la journée, pas que pendant les heures d’écriture, tout comme il faut une bande originale à mes romans, j’ai besoin d’une bande originale pour ma vie de tous les jours.

Les Chroniques de Mlv : Dernière question. Peux-tu partager avec nous tes derniers coups de cœur littéraires ?

Alexandre Feraga : Je lis beaucoup moins depuis que j’écris des romans. Je pourrais conseiller tous les romans de Stephen King, qui a été l’écrivain le plus important pour moi. C’est par ses livres que je me suis passionné pour la lecture et c’est grâce à lui que j’ai appris à raconter des histoires. Mais je vais plutôt conseiller d’autres livres qui m’ont marqué ces dernières années : «Trois chevaux», d’Erri de Luca, «La route d’Ithaque», de Carlos Liscano, «Les anges de l’univers», de Einar Már Gudmundsson, «Anima», de Wajdi Mouawad et «L’aveuglement», de José Saramago.

Si vous ne connaissez pas la plume d’Alexandre Feraga, je vous conseille de découvrir ce second roman, et vous invite à poursuivre le dialogue avec l’auteur, grâce à sa page Facebook !

 

© Les Chroniques de Mlv 08-11-2015

© Un livre après l’autre

 

 

Rencontre avec Sophia Raymond !

Avec «Le Cercle de Dinas Bran», Sophia Raymond explore plusieurs registres littéraires. Un pari gagnant, car son roman est addictif,  et celui-ci lui a permis d’être remarquée grâce à l’auto-édition. La voici désormais publiée aux Presses de la Cité. Rencontre avec une romancière croisée en juillet dernier, sur le Salon Mots et Marées de Carnac. En prime, un joli cadeau : une photo  prise devant le fameux chaudron de la couverture du roman…

 

 

Sophia Raymond prise au Musée national du Danemark, devant le chaudron de Gundestrup, à Copenhague.

Photo : droits réservés Sophia Raymond.

 

Les Chroniques de Mlv :   Bonjour Sophia, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Sophia Raymond : Avant de tenir mon premier roman entre les mains, je faisais partie des un Français sur trois qui rêvaient d’écrire un livre. Rien ne me prédestinait à cette voie : aucun écrivain dans ma famille ou mes proches, un doctorat scientifique en poche, mais un goût avéré pour la lecture et une admiration sans faille pour les écrivains dès mon plus jeune âge.

 

Les Chroniques de Mlv : Comment est né la version numérique du «Cercle de Dinas Bran», «L’âme de fond» ?

Sophia Raymond : Je me suis lancée dans l’écriture de ce roman après avoir vécu trois magnifiques années en Bretagne. Peu après la naissance de ma fille, j’avais emménagé à Rennes, une ville que je ne connaissais pas du tout. Puis, j’ai découvert la région. Je suis tombée littéralement amoureuse de la richesse historique de la Bretagne, de ses paysages grandioses, sauvages, de son patrimoine culturel et culinaire (ah, le kouign-amann…), de ses mystères et de ses légendes. Comme j’aimais les thrillers et que j’avais du temps devant moi, je m’étais dit que le moment était venu de réaliser un de mes rêves les plus chers, en m’inspirant de la matière que j’avais autour moi. « L’âme de fond », mon deuxième bébé, venait de naître. Avec le recul, il porte très bien son nom. L’écriture de ce roman fut un véritable bouleversement dans ma vie.

 

Les Chroniques de Mlv : Pour «L’âme de fond» était-ce un choix de ta part de passer par l’autoédition ?

Sophia Raymond : Je rêvais d’un livre papier. Mais je me suis tournée vers l’édition numérique dans un premier temps. Pour un auteur inconnu qui écrit son premier roman, il est très difficile d’être édité. J’en avais conscience. J’avais tout de même envoyé mon manuscrit à trois belles maisons d’édition. J’ai eu des réponses encourageantes et surtout des conseils. J’ai donc totalement repris mon manuscrit. Puis, avant le renvoyer à ces trois éditeurs, j’ai hésité. J’ai finalement choisi de le tester d’abord auprès de lecteurs anonymes. Bien m’en a pris puisque « L’âme de fond » fut un véritable succès numérique : il est resté sept mois dans le top 100 des ventes numériques sur Amazon.

 

Les Chroniques de Mlv : Comment es-tu passée de la version numérique, à celle papier ?

Sophia Raymond : Après avoir connu le succès en ligne, la reconnaissance des lecteurs et de certains blogueurs, il fut plus facile pour moi de trouver l’éditeur qui saurait distribuer mon livre dans les bonnes enseignes. C’est en passant à la version papier que j’ai pu découvrir la fierté dans les yeux de ma fille et de mon fils quand ils aperçoivent au hasard d’un passage dans une librairie le livre de leur maman.

 

Les Chroniques de Mlv : Exerces-tu toujours  une activité professionnelle, ou bien  écris-tu désormais à plein temps ?

Sophia Raymond : En ce moment, je m’attèle uniquement à l’écriture de mon second roman. Après, on verra ce que réserve l’avenir.

 

Les Chroniques de Mlv : Travailles-tu déjà sur un autre roman ?

Sophia Raymond : Oui, j’ai plusieurs projets en tête, mais je me concentre sur le second qui ne sera pas une suite du premier, même si certains lecteurs la souhaitent. Mais qui sait, un jour ?

 

Les Chroniques de Mlv : As-tu des romans -et des auteurs- préférés, de ceux qui transmettent l’envie d’écrire ?

Sophia Raymond : Trois romans ont beaucoup marqué ma jeunesse : Le chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle, Vipère au poing d’Hervé Bazin, Rebecca de Daphné Du Maurier, chacun pour des raisons très différentes. Aujourd’hui, j’ai des goûts très hétéroclites, que ce soit dans la littérature blanche ou la littérature de genre. Je peux m’émouvoir facilement en lisant un passage dans un livre ou même l’article d’un journal bien écrit. Certains films, voire même séries, me donnent aussi l’envie d’écrire. J’admire le travail fouillé de certains scénarios, la profondeur des personnages et la complexité des intrigues. Ce que j’aime dans les livres est semblable à ce qui me plait dans les films ou les séries : une histoire riche, dense, l’absence de temps mort, un rythme rapide, une action condensée pour se concentrer sur l’essentiel, tout en gardant des personnages palpables, incarnés, crédibles. C’est ce que j’essaie de transmettre dans ma propre écriture. Les films de David Fincher résument bien ce que j’aime voir à l’écran. L’écriture d’un scénario est encore un autre de mes rêves…

 

Je remercie beaucoup Sophia Raymond pour le temps qu’elle m’a accordé, et vous invite à poursuivre cette rencontre via sa page Facebook, son site… ou mieux encore : si vous êtes en Bretagne ce wek-end, elle est présente au Festival Brocéliande Fantastic !

 

© Les Chroniques de Mlv 17-10-2015

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