UN DIMANCHE AVEC… ELI ANDERSON !

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Ma Librairie Virtuelle : Bonjour, voilà, nous y sommes… les aventures de votre héros, Oscar Pill, s’achèvent avec la sortie de «Cérébra L’ultime voyage» le 3 octobre prochain. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Eli Anderson : Vous me connaissez : je suis un affectif, donc l’idée de quitter Oscar me retourne, mais l’avoir accompagné au bout de son destin est en même temps un immense plaisir – et une porte ouverte sur d’autres projets qui me tiennent à cœur ; bref, je me console comme je peux !

Mlv : Oscar Pill est un projet que vous avez porté en vous pendant des années, avant de le concrétiser, à travers ces 5 tomes. Que retenez-vous de ces années pendant lesquelles il a mûri, puis, su trouver, et conquérir, un lectorat hétéroclite ? Qu’est-ce qui vous a le plus étonné dans son parcours ?

E. A. : J’ai adoré l’accompagner dans ce parcours initiatique, qui est celui que j’aurais aimé mener moi-même au lieu de suivre la voie plus… traditionnelle, dirons-nous, des études de médecine. Mais je suis aussi touché par la maturation effective et psychologique d’Oscar, qui devient plus responsable, plus zen (si, si, Oscar zen, qui l’eût cru ?) et maître de lui. Je savais bien sûr qu’il irait au bout de son destin, puisque je savais tout de la saga avant d’en commencer l’écriture, mais j’avoue qu’il m’a surpris, comme un être de chair et de sang qui échappe à l’écrivain – je comprends mieux ces auteurs qui confessent ce sentiment et que je trouvais toujours étrange ; j’avais la conviction que c’était une jolie invention pour les journalistes, mais non, cela peut se produire, j’en témoigne ce jour sur MLV !! Enfin, je suis un perfectionniste, et je suis sans concession vis-à-vis de moi-même (bon, pas toujours moins exigeant avec les autres, je l’avoue, mais c’est un autre débat…) donc je me retourne aussi sur ces années de travail et j’en vois les défauts, les choses qu’avec le temps, j’aurais menées autrement… mais sans regret. Je DETESTE les regrets !

Mlv : N’êtes vous pas tenté de poursuivre cette aventure ? En continuant à faire découvrir Le(s) Monde(s) des Médicus, avec une histoire basée sur un autre personnage important dans l’histoire d’Oscar Pill ?

E. A. : Je crois qu’il faut savoir dire stop… et continuer, bien sûr – vous me voyez m’arrêter ?? – mais avec une autre histoire, d’autres personnages, d’autres messages. Je trouve toujours triste et un peu agaçant de voir ces auteurs qui n’en finissent de terminer et qui vous pondent l’ultime dernier tome… avant le suivant.

Mlv : Après Génétys, un quatrième opus plus sombre. Ce cinquième tome va entraîner Oscar Pill dans un univers inquiétant, mais fascinant : Cérébra. Pouvez-vous nous présenter cet ultime voyage ? Que va devoir affronter votre héros cette fois-ci ? Et surtout, va-t-il obtenir toutes les réponses à ses questions ?

E. A. : Ce dernier voyage est complexe. Oscar – qui revient de deux ans au bout du monde, vécus dans des conditions extrêmes) va découvrir un monde ravagé, sous le joug du Prince Noir, et un 5ème univers, le cerveau (qui me fascine depuis toujours, d’ailleurs, l’auteur de thriller vous le dira !), qui se déploie sur plusieurs territoires, dirons-nous – non, NON, cette fois vous ne me tirerez pas d’autres vers du nez, je me suis promis de ne pas me faire avoir ! (ou alors, très peu, parce que vous êtes trop forte pour moi). Il y trouvera les réponses à son passé, son avenir, et le voile sera levé sur d’autres personnages, bien sûr. C’est un tome qui donne un tout autre sens aux quatre premiers, en somme.

Mlv : Avec l’univers de Cérébra, c’est celui de la pensée, mais aussi celui de la manipulation, que vos lectrices et lecteurs vont explorer grâce à Oscar. D’ailleurs, peuvent-ils se dire qu’avec ce dernier tome, l’auteur jeunesse rejoint l’auteur de thrillers ? avec un thème cher à ce dernier : le cœur des émotions humaines ?

E. A. : C’est l’univers des émotions, de la mémoire, de la pensée, du sommeil (oui, je sais Valérie, ça vous évoque quelque chose, tout ça… 😉 et de tous ces mystères impalpables qu’on a envie d’explorer – et qui nous font peur, au fond, puisque, en connaissant les clefs de cet univers, on ouvre la boîte de Pandore, celle des tentations du mal.

Mlv : Oscar Pill sillonne le monde, grâce à la traduction, dans plus de vingt pays. Quel regard portez-vous sur la différence dont ses aventures sont perçues -à travers les couvertures- d’un pays à l’autre ?

E. A. : C’est vrai que la couverture, déjà, révèle bien des choses sur la façon dont un texte est perçu – mais aussi sur les attentes d’un lectorat. En Asie, par exemple, le fantastique et la magie n’effraient ni ne rebutent nullement, au contraire, et ils n’ont pas les mêmes verrous que nous, notamment grâce à l’essor du manga. Mais si je dois retenir quelque chose de cette aventure mondiale, c’est que le message et la curiosité d’Oscar sont universels, et ça me fait chaud au cœur.

Mlv : Concernant les aventures d’Oscar Pill au cinéma, pouvez-vous nous dire où en est le projet ?

E. A. : Non ma chère, je ne peux rien y ajouter puisque je n’en sais pas beaucoup plus que vous ! Warner et Heyman sont très secrets. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on continue à les « nourrir » avec des éléments de la saga au fur et à mesure que les tomes sortent et qu’ils nous en demandent, et on croise les doigts…

Mlv : Et maintenant, Oscar Pill va continuer sa route… Mais de votre côté, pouvez-vous nous confier quels sont vos futurs projets ? L’auteur jeunesse a sûrement d’autres histoires à nous conter, et d’autres rendez-vous à nous proposer, non ?

E.A. : Eh bien non, figurez-vous : j’ai 44 ans, j’ai donc décidé de jouir d’une retraite bien méritée, compte tenu de mon grand âge et du travail accompli 😉

Plus sérieusement, deux projets me tiennent à cœur, mais j’avoue qu’en en parlant, j’ai le sentiment de mettre mon Oscar à la porte prématurément… Mais puisque vous insistez (ah, je suis désespérément faible, vous me faites toujours céder), disons qu’une nouvelle saga verra le jour en 2013, ça c’est sûr. Et s’il faut parler de l’un des deux projets, disons aussi qu’il aura pour héros… une héroïne, cette fois, une jeune fille de 17 ans au caractère bien trempé dans un monde sans pitié. Au programme : du suspense, de l’émotion (on peut être dure et amoureuse, non ?) et une pointe de fantastique. Mais nous en reparlerons dès que je serai tout à fait décidé entre les deux projets, si vous le voulez bien, et concentrons-nous sur le tome 5 et la fin de la saga – Oscar le vaut bien, non ? 😉

Mlv : Eli Anderson s’est fait connaître dans la littérature jeunesse, alors que Thierry Serfaty avait déjà une place dans le registre du thriller. Avez-vous vécu cette expérience comme une mise en danger pour l’auteur de thrillers ? Ou simplement, comme une nécessité, afin de pouvoir exprimer toutes les facettes de votre créativité ?

E. A. : Une mise en danger ? Non, pas du tout. Je ne suis pas assez schizo pour voir en moi deux personnages différents qui s’affrontent à ce point ! Non, je crois simplement que j’ai l’envie de traiter de plusieurs sujets et de façon très variée, et que j’ai l’immense chance de pouvoir le faire (en France, on accorde rarement du crédit à un auteur qui sort de sa « case » initiale, alors j’en profite), alors pourquoi m’en priver ? Le jour où les lectrices et les lecteurs – et seulement eux – me feront comprendre que je n’ai plus de légitimité dans un domaine ou un autre, je les écouterai, voilà tout… Pourvu qu’ils ne se prononcent pas trop vite !

Mlv : Vous intervenez auprès de jeunes lectrices/lecteurs en Collèges* et Lycées, comment abordez-vous ce type de rencontres ? les questions posées lors de ces rencontres sont-elles différentes ? voire plus pertinentes ?

E. A. : J’adore ces rencontres, tout simplement. Les questions sont fines, précises souvent, pointues, sincères, mais surtout très franches, et elles ne tolèrent pas les réponses alambiquées ou prudentes qu’on peut parfois livrer aux adultes. Parce que les ados, eux, ne s’en contentent pas et nous le font savoir ! C’est un peu « je te pose une question claire, je veux une réponse claire ! ». Parfois, c’est impitoyable, et le plus souvent, c’est formidable. Alors je prends !

Mlv : La littérature jeunesse est parfois dévalorisée, or, le succès de votre saga prouve qu’elle répond à une réelle attente d’un lectorat, dont le créneau d’âge va au delà de celui de l’adolescence… Donc, qu’elle a bien sa place dans le monde littéraire. A votre avis, pourquoi une telle critique à l’égard de cette littérature ?

E. A. : Je ne vous suis pas sur ce point, Valérie. Ou alors, on va dire que tous les genres essuient ce type de critique à tour de rôle : on l’a dit pour le polar, puis pour la SF, puis le genre romantique, etc. C’est la loi des lettres, peut-être : il faut un vilain petit canard. Mais au fond, on a dépassé ce débat depuis longtemps pour parler selon le seul critère qui compte, à mon sens : le plaisir de lire et de faire lire. La littérature jeunesse est un des rares territoires qui font lire adultes et ados, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, riches et moins riches… alors les grincheux et les snobs littéraires, vous savez, on les laisse de côté.

Mlv : Avant de vous remercier pour votre présence sur Mlv aujourd’hui, voici une dernière question. A travers La Saga Oscar Pill, vous avez transmis du rêve à vos lectrices et lecteurs… Si vous découvriez que toute cette aventure littéraire n’était qu’un rêve ? Que feriez-vous ?

E. A. : Je me rendormirais illico !

* En juin 2011, La Révélation des Médicus a remporté le Prix Ado Rennes 2011.

En attendant de découvrir ce dernier opus, dont seul Eli Anderson détient encore les secrets. Je le remercie infiniment pour son humanité, et son indulgence, qui m’ont permis de vous offrir ce moment privilégié.

Chroniques sur les tomes précédents :

La Révélation des Médicus ici

Les Deux royaumes ici

Le Secret des éternels ici

L’allié des ténèbres ici

Le Slog d’Eli Anderson

Le Slog de Thierry Serfaty

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 16 septembre 2012

© Les chroniques de Mlv 16 Novembre 2012

Dans l’univers de…Thierry Serfaty

nouveau livre Thierry Serfaty

 Ma librairie virtuelle : Agônia, votre dernier thriller est sorti en 2008, était-ce un besoin pour vous d’écrire à nouveau dans ce genre littéraire après trois ans « d’absence » ? De faire une petite pause avant de poursuivre l’aventure Oscar Pill ?

Thierry Serfaty : Non, chère Valérie, et ce pour deux raisons.

D’abord, il n’y a pas eu d’ « absence », de mon côté : je n’ai jamais arrêté d’écrire dans le genre puisque j’ai écrit Demain est une autre vie entre les deux premiers tomes d’Oscar Pill.

Ensuite et surtout je crois que je n’ai pas besoin de pause entre deux livres d’un même genre. Un genre, chez moi, stimule naturellement la naissance de l’autre, et l’alternance se fait assez spontanément ; il y a même une synergie : je suis convaincu que le premier tome d’Oscar Pill a déverrouillé certaines choses qui m’ont permis d’écrire ensuite Demain…, qui me trottait en tête depuis longtemps sans en sortir.

Mlv : Comment vous organisez-vous pour que les deux auteurs ne se gênent pas pendant les périodes d’écriture ?

T.S. : D’une façon assez simple : j’écoute attentivement les Dr Serfaty et Mr Anderson qui vivent en moi. Ils sont plutôt courtois l’un envers l’autre et se font des politesses : « mais je vous en prie, Monsieur, écrivez donc en premier, j’attendrai – Mais je n’en ferai rien, cher docteur… etc. » (rire) Plus sérieusement, je n’écris jamais dans les deux genres en même temps : je respecte l’alternance spontanée qui s’impose à moi.

Mlv : Pouvez-vous nous présenter les personnages et l’histoire de « Demain est une autre vie » ?

T.S. : Jamie Byrne est un homme très humain, sensible, qui a tout pour lui (il est beau, jeune, un avenir de chirurgien brillant devant lui)… mais il lui manque, à ses yeux, l’essentiel : l’amour d’une épouse qui le méprise, et celui d’enfants qu’elle a refusé d’avoir avec lui.

Et c’est avec cette femme qu’il parle au téléphone alors qu’il est au volant, sous une pluie battante dans les rues survoltées de Manhattan. L’accident est inévitable, le choc mortel.

… et Jamie ouvre les yeux : il est vivant, en nage, il reconnaît péniblement sa chambre, sa maison. Dehors, sa voiture est sagement garée, sans une rayure. Il devrait être soulagé d’avoir une femme sublime qui l’enlace et l’embrasse, deux enfants formidables qui lui sautent au cou. Au lieu de cela, Jamie est tétanisé. Et pour cause : cette femme et ces enfants, cette famille merveilleuse, il ne les a jamais vus de sa vie.

Et très vite, la vie de rêve tourne au cauchemar…

J’aime les gens qui vivent intensément les sentiments qu’ils éprouvent pour les leurs, qui se battent jusqu’au bout pour leurs valeurs ; c’est exactement ce que va devoir faire Jamie.

Au milieu de cette cavale infernale, il y a une femme, Inès, froide et distante, qui cache un lourd secret et les fêlures d’un passé difficile.

Meredith, elle, est la femme que je pourrais aimer : pas seulement belle, mais lumineuse, entière, passionnée, forte et fragile en même temps, qui n’a pas peur de mettre l’équilibre de sa vie en péril pour soutenir l’homme qu’elle aime. Et c’est une mère exceptionnelle…

Tobey est un type drôle et astucieux, le meilleur ami de Jamie – celui de toujours, celui vers lequel on se tourne quand tout est perdu.

Manuel Ribeiro est un type retors, manipulateur, qui a autant de raisons que la police de vouloir retrouver Jamie.

Enfin, il y a Loris et Noah, gamins attachants et bouillonnants, et Teresa, une petite fille bouleversée et bouleversante qu’on voudrait serrer dans ses bras et qu’il faut retrouver. Coûte que coûte.

Mlv : Vous êtes-vous éloigné géographiquement de votre environnement quotidien pour écrire ce nouveau roman ? -comme vous l’aviez fait pour Le Sang des Sirènes- Si oui, était-ce nécessaire afin de ne pas subir une certaine forme de pression ?

T.S. : Non, pas du tout, cette fois. Ecrire Demain est une autre vie était libérateur en soi, une vraie bouffée d’oxygène qui n’a rien demandé d’autre, géographiquement, que de replonger dans des souvenirs très frais du New York que j’avais arpenté quelques mois plus tôt.

Mlv : Pouvez-vous nous expliquer les différentes étapes de la construction d’une intrigue ? De l’idée de départ (vient-elle de votre passé de médecin ? de l’actualité médicale que vous continuez à suivre ?) en passant par le temps de recherche et de préparation, jusqu’au travail d’écriture.

T .S. Cette fois, pas de fondement médical – en tout cas, pas autant que dans mes thrillers précédents, où je m’aventurais dans des territoires anatomiques ou médicaux que je rêvais d’explorer. Demain est moins scientifique ; il est plutôt dans les faux-semblants, le mystère, la manipulation, la frontière fragile entre le réel et l’illusion, autour d’une existence qui ressemblerait aux poupées russes, vous savez ? On ouvre une vie, et à l’intérieur, il y en a une autre, puis une autre… Et sans doute l’émotion est-elle plus présente que dans mes autres romans. Deviendrais-je romantique ? (rire) Tant mieux ! J’aime le mélange de suspense et de sentiments.

Les étapes d’écriture, elles, n’ont pas changé depuis le début. De longs mois, d’abord, pour faire vivre des personnages, les laisser bouger, décider, parler chacun à leur façon, tandis que je fouille, explore et me renseigne sur les lieux, les thèmes choisis, les circonstances. Puis l’étape cruciale du plan : elle prend au moins deux mois, de manière obsessionnelle, avec mes grilles, mes cases, mes stylos dédiés (je ne m’étends plus là-dessus : on m’a déjà identifié comme malade souffrant de TOC, lors d’une précédente interview… et on va savoir que je ne me suis pas soigné !). Enfin, quand tout est prêt, avec un plan propre et glissé sous feuillets plastifiés, tel un guide rassurant je peux me lancer dans l’écriture à proprement parler, sans que le travail de structuration du récit ne parasite cette écriture.

Mlv : Concernant vos personnages, c’est un plaisir de les découvrir le temps d’une histoire, ou de les retrouver pour ceux du cycle de la Pyramide Mentale**. Quels liens entretenez-vous avec eux ? Est-ce que ce n’est pas difficile pour vous de les quitter après des semaines passées en leur compagnie ?

T.S. : Je crois que c’est un univers, une atmosphère qu’on quitte difficilement. Les personnages, eux, ont pris chair, ils continuent à vivre avec ou en vous, ou s’échappent (parce qu’ils sont vivants et libres, aussi ; c’est le défaut de trop travailler des personnages en amont, ils deviennent furieusement indépendants !) et vous vous résignez, vous vous dites que c’est la vie…

Mlv : Dans chacun de vos romans, il y a un pays mis en lumière : Le Danemark, Le Canada, Le Brésil, La Côte d’Ivoire. Etes-vous un grand voyageur ? En avez-vous besoin pour écrire ?

T.S. : J’en ai besoin pour vivre, avant tout – je suis un éternel gigoteur, incapable de rester en place – ou plutôt suis-je incapable de me dire qu’il y a tant d’ailleurs passionnants que je ne pourrai pas voir lorsque je serai plus âgé, alors je bouge, je découvre, je rencontre… Bien sûr, tout ressort lors de l’écriture, mais chaque détail de notre existence est susceptible de surgir lorsqu’on écrit, consciemment ou pas.

Mlv : Dans Le Gène de la révolte, ainsi que dans Agônia, vous faites un clin d’œil à deux autres de vos romans à travers deux personnages, ce qui, en tant que lectrice (lecteur) est très agréable, pourquoi ?

T.S. : Ça, c’est une question d’éducation, de culture, je crois ; j’ai été élevé dans l’unité familiale, avec le culte du lien, de la transmission, des connexions qu’on entretient et qu’on enrichit. Les personnages sont libres et s’envolent, et moi, je tente de rattraper certains, une façon de leur dire que je ne les oublie pas, qu’ils comptent pour moi, comme des membres de ma tribu. Je suis un romantique tardif, mais un affectif, ça, je l’ai toujours été !

Mlv : Le Sang des sirènes, votre premier thriller, a reçu en 2001 le Prix Synopsis du meilleur roman adaptable à l’écran, pouvez-vous nous dire où en est le projet d’adaptation ? Ainsi que celui concernant La Nuit Interdite qui semble-t-il est à l’étude également ? Ces projets sont-ils pour la télévision ou le cinéma ?

T.S. : Le Sang des sirènes n’en finit plus d’être en cours d’adaptation pour le cinéma (on a vu arriver sur nos bureaux, mon éditeur et moi-même, la version 100000 d’un scénario), tandis que La Nuit interdite était destinée à la télé, mais le projet est « gelé »…

Je tente d’être philosophe sur le sujet : je sais que cela peut prendre un temps infini (ça, c’est presque vérifié !) et qu’il faut l’oublier sagement ; c’est ainsi que les choses finissent par ressortir, sans crier gare, quand on ne les attend plus. La naissance d’un film, un vrai, palpable et « regardable », sera alors une belle surprise, voilà tout.

Mlv : Vous êtes à l’origine de la série Le Cocon (diffusé sur France2 en avril 2007), quelle est la différence entre écrire une série et un roman ?

T.S. : Alors là, réponse éclair – parce qu’évidente pour moi : écrire un roman est un exercice mille fois (un million de fois ?) plus libre qu’écrire un scénario télé… Mais ce fut une bonne expérience.

Mlv : Je ne peux pas m’empêcher de vous poser LA question que toutes les personnes qui suivent votre parcours d’auteur(s) se posent : Comment vont Erick et Laura*** ? Quand aurons-nous la chance de les retrouver ?

T.S. : Ils sont en pleine forme – heureusement, après 3 ans de repos ! … et heureusement, avant ce qui les attend. Ai-je répondu à votre question ?

Mlv : Puis-je me permettre de m’adresser à l’auteur Jeunesse pour finir cette interview ? en le félicitant, pour le rêve qui est en train de prendre forme pour toutes les lectrices et tous les lecteurs des aventures d’Oscar Pill, avec l’annonce officielle mise en ligne sur son Slog le 30 Mars dernier, et en lui souhaitant, ainsi qu’à Oscar, une belle route vers Hollywood…

T.S. : Merci, chère Valérie – c’est aussi grâce à des gens comme vous, et grâce à vous toutes et tous qui me faites l’honneur de me lire, qu’on n’a pas besoin d’Hollywood pour être un auteur heureux… Mais vous avez raison : c’est une formidable nouvelle, un événement rare (surtout pour un auteur français) et unique, sans doute, dans la vie d’un écrivain. J’y vois surtout l’opportunité d’écrire longtemps encore, et la porte ouverte à beaucoup de projets. Et ça, c’est précieux !

Il y a quelques mois, je décernais une Palme d’Or à Eli Anderson, aujourd’hui, je me permets de remercier Thierry Serfaty, pour le moment exceptionnel qu’il m’a permis de vous offrir, en lui remettant un Oscar : celui de la générosité…

*Petit rappel : Thierry Serfaty est également l’auteur sous le pseudonyme d’Eli Anderson de la saga Oscar Pill, dont le tome 3 : Le Secret des Eternels est sorti le 27 octobre dernier ! le dernier tome : Cérébra l’ultime voyage, est sorti en septembre dernier.

Les tomes 1 et 2 d’Oscar Pill sont disponibles chez J’ai Lu. Il s’agit d’une nouvelle édition revue par l’auteur !

Le Slog d’Eli Anderson

Le Slog de Thierry Serfaty

**Le Cycle de la Pyramide Mentale, qui explore les mystères de la personnalité et des émotions, est composé de 3 titres pour le moment. Chaque roman porte sur une composante de cette Pyramide : le Sommeil avec La Nuit interdite, la Peur avec Peur et Agônia. Deux autres volets traitant des deux dernières faces de la Pyramide (Douleur, Désir/pulsion) devraient voir le jour et clore la série.

***Erick et Laura : le couple d’enquêteurs du Cycle de la Pyramide Mentale

Autres titres de Thierry Serfaty :

Le Sang des sirènes

Le Cinquième patient

Le Gène de la révolte

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 13 Avril 2011

© Les Chroniques de Mlv 22 mai 2013 

© Un livre après l’autre

Dans l’univers d’Agnès Abécassis !

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Aujourd’hui, UNE invitée sur ce blog ! Une auteure dont les textes acidulés, piquants (parfois) et sucrés, mais jamais jusqu’à l’écoeurement, font le bonheur de nombreuses (nombreux) lectrices (lecteurs). Personnellement, je suis tombée dans la marmite, enfin, je devrais plutôt dire, dans la potion euphorique délivrée par Agnès Abécassis depuis quelques années déjà ! A l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, Le Théorème de Cupidon (qui sort le 9 Mars prochain aux éditions Calmann-Levy), je vous propose d’en savoir un peu plus sur cette auteure dont l’humour est la marque de fabrique…

Ma librairie virtuelle : Dans votre nouveau roman, « Le Théorème de Cupidon » à paraître le 9 mars prochain aux éditions Calmann-Levy,  vos lectrices et lecteurs vont découvrir que ce cher Cupidon  a un souci, et cela va avoir une répercussion sur vos deux personnages : Adélaïde et Philéas,  pouvez-vous nous en dire plus ?

Agnès Abécassis : Je peux surtout vous dire que Cupidon n’apparaît jamais dans ce roman en tant que petit ange volant. « Le théorème de Cupidon », c’est juste une formule mathématique supposée définir la rencontre amoureuse. Il s’agit d’une comédie romantique à deux voix, un personnage féminin et un personnage masculin, qui vont se raconter à tour de rôle. C’était un procédé que j’avais déjà employé dans un des chapitres de « Au secours, il veut m’épouser ! », là j’ai eu envie de tenir la longueur sur un roman entier.

Mlv : Je parle très souvent,  de l’ambiance « déjantée » de vos romans, est-ce que ce qualificatif vous choque ? Et comment qualifieriez-vous votre univers littéraire ?

A. A. : Non, le terme « déjanté » me va très bien, au contraire. C’est lui que je vise, avec ma petite flèche à moi.

Mlv : Est-ce votre passion pour la bande dessinée, qui fait que vous vous êtes lancée dans la grande aventure de l’illustration, en dessinant, à partir de « Soirée Sushi », la couverture de vos romans ? puis  en  créant «  Les carnets d’Agnès » ?

A. A. : Mon intérêt pour la bande dessinée remonte à l’enfance, et le dessin a été pendant toute ma scolarité mon mode d’expression privilégié, bien avant qu’il ne soit supplanté par l’écriture. D’ailleurs, le prénom d’un des deux personnages principaux de mon roman à paraître, Adélaïde, est inspiré du pseudo que j’utilisais pour signer mes dessins de lycéenne, lui-même inspiré de la fameuse chanson d’Arnold Turboust, que j’adorais.

Mlv : Journaliste de la presse écrite, scénariste, auteur de romans et de bande dessinée,  tout cela se résume en un seul métier : écrivain. Comment abordez-vous  ces différentes facettes de votre métier ?

A. A. : Avec beaucoup d’angoisse et un stress permanent… Je manque d’insouciance dans mon travail, alors que  paradoxalement j’écris de l’humour. C’est drôle, non ?

Mlv : Que fait Agnès Abécassis pour se détendre lorsqu’elle n’écrit pas ?

A. A. : Elle lit le travail des autres, ma bonne dame. Quel bonheur ! Et elle se délecte de tout ce qu’ils ont du souffrir pour le produire, eux aussi. Y’a pas de raisons. 😉

Une petite chanson pour terminer ? Rappelez-vous 😉 Adélaïde… c’était ça :

Si vous ne connaissez pas encore l’univers d’Agnès Abécassis -que je remercie pour avoir accepté l’invitation de ce blog ainsi que pour sa disponibilité- je vous recommande, en attendant le 9 mars prochain, la lecture des livres cités ci-dessous :

Les tribulations d’une jeune divorcée

Au secours, il veut m’épouser !

Toubib or not toubib

Chouette une ride !

Soirée Sushi

Les Carnets d’Agnès

Le Blog d’Agnès Abécassis

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 2011 

@Les Chroniques de Mlv – août 2015

DANS L’UNIVERS… D’ELI ANDERSON !

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Parce qu’il y a des univers qui interpellent, et dans lesquels on se sent bien dès le début de la lecture, et qu’arrivée à la fin du livre, cette impression est confirmée…j’ai souhaité en connaître d’avantage sur l’univers d’Eli Anderson*, le papa d’Oscar Pill, (saga publiée aux Editions Albin Michel Jeunesse dont le tome 3, Le Secret des Eternels sort le Mercredi 27 Octobre) qui a accepté spontanément de répondre à quelques questions…Oui, bon, au départ je n’en avais prévu que 5 ;)… Je vous laisse donc découvrir les réponses d’un auteur sincère, généreux et…indulgent devant le nombre de questions !  

Ma librairie virtuelle: Comment et pourquoi le médecin que vous étiez est-il devenu écrivain ?

Eli Anderson : je ne crois pas que ce soit incompatible, ou que la rupture soit brutale entre les deux voies. La médecine me passionnait, mais elle était très codifiée ; c’est dur, quand on est aussi un rêveur. J’ai décidé d’écrire le jour où j’ai voulu explorer le corps sous un autre angle que la science.

 

Mlv: Comment de l’écriture de thrillers en êtes-vous arrivé à écrire un roman jeunesse ?

E. A.: Le médecin et le policier sont assez proches, au fond : ils mènent tous les deux une enquête sur le même mode. Le thriller a été ma première façon d’aller sur des chemins de traverse, d’explorer des territoires qu’on ne m’avait jamais enseignés à la faculté pour la bonne raison qu’on ne les connaît pas bien : le sommeil, le secret de la personnalité, des émotions… Mais il y a une chose que le monde du roman adulte ne me permettait pas : donner forme à mes rêves d’enfance. J’étais (et le suis toujours !!) convaincu que le corps était fait d’univers fascinants, avec des décors à couper le souffle, des peuples magiques, des éléments déchainés, et la médecine et le thriller ne me l’offraient pas ; je suis allé le chercher dans le roman jeunesse, avec un plaisir extraordinaire.

 

Mlv: Depuis combien de temps le projet « Oscar Pill » existe-t-il ? et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’écrire ?

E. A.: Oscar est né dans ma tête il y a treize ans, lorsque j’ai commencé à soigner des ados qui ne me semblaient pas toujours à l’aise dans leurs baskets… et dans leur corps, surtout ! ils avaient des tonnes de questions à me poser sur ce corps, surtout le corps qui change à l’adolescence, les mystères de la sexualité, des émotions, bref, toutes les questions qu’on n’ose pas poser pas à la maison… Oscar est né de cela. Offrir un univers fait d’aventure, de magie et d’amour, pour se sentir bien dans un corps décomplexé, réinventé.

 

Mlv: Avez-vous attendu longtemps avant de le proposer à un éditeur ?

E. A. : Une éternité ! en fait, j’ai surtout attendu pour l’écrire. Je l’ai laissé grandir, mûrir, et un jour, il m’a semblé urgent, impérieux de le faire vivre. C’était en 2008. J’ai alors tout arrêté, comme si tout devenait accessoire par rapport à ce projet, et je me suis vraiment lancé à corps perdu ( ! ) dans ce projet.

 

Mlv: Ce projet, s’il existait de longue date (avant la parution des thrillers), est-il un aboutissement pour l’auteur que vous êtes, et les deux auteurs vont-ils continuer à coexister en se cédant régulièrement la place afin que chacun puisse travailler ?

E. A.: Je n’ai jamais écrit de livre en attendant de pouvoir en écrire un autre ; j’ai toujours beaucoup de plaisir à écrire dans les deux genres, et je n’ai pas du tout l’intention de renoncer à l’un ou l’autre, bien au contraire. Tant que mes lectrices et lecteurs me feront l’honneur de me lire, je continuerai à me faire plaisir. Il est vrai que je suis devenu un peu schizo, et selon les moments et les circonstances, c’est un auteur qui prend le dessus sur l’autre, mais pas de problème, tout le monde cohabite bien dans ma p’tite tête ! 😉

 

Mlv: Dans une interview au site Polars Pourpres, Thierry Serfaty dit qu’il a toujours 5 ou 6 romans d’avance en tête, et vous ? Pensez-vous à l’après Oscar Pill, y a-t-il déjà un autre projet jeunesse ?

E. A.: C’est mon grand drame : j’aimerais tellement écrire vite et bien, pour pouvoir me lancer dans tout ce qui mijote en moi, mais voilà, j’ai compris depuis bien longtemps que ce n’est pas parce qu’on a l’immense chance de faire ce qu’on aime qu’il n’est pas nécessaire de beaucoup travailler et de prendre son temps pour bien faire. Et puis, prendre son temps et faire de son mieux, on le doit à ses lectrices et ses lecteurs, donc je me fais une raison et je note mes projets au fur et à mesure qu’ils me viennent… et les abandonne parfois en route. Et oui, il y a deux projets après Oscar, mais pour l’instant, je suis tout à lui !

 

Mlv: Pourquoi le prénom Oscar ? et d’où vient le nom Pill ?

E. A.: Oscar ? je ne sais pas, c’est un peu comme ça, avec les prénoms et les noms de mes héros : ils me viennent, au hasard d’une rencontre, d’une lecture, d’un souvenir qui émerge, même flou. Il faut que cela résonne bien en moi, par rapport à l’idée que je me suis faite de mon héros ; je me répète le nom et si ça « colle », eh bien c’est adopté !

 

Mlv: Est-ce qu’Oscar c’est le petit garçon que vous rêviez d’être à 12 ans ?

E. A.: Mieux : Oscar est même le médecin que j’aurais voulu être à 30 ans, je crois ! Aller là où personne ne va, un explorateur avec de fabuleux pouvoirs…

 

Mlv: Ou vous êtes-vous inspiré de vous enfant, pour imaginer Oscar Pill ?

E. A.: Non, je ne me suis pas inspiré de ma vie ; d’ailleurs, je n’identifie jamais clairement mes sources d’inspiration. Je crois qu’on est des éponges imbibées de tout ce qui nous entoure, et qu’on puise progressivement dans les choses qui font écho en nous.

 

Mlv: Toute l’histoire est-elle écrite jusqu’au tome 5 ou simplement le canevas ?

E. A.: J’entame bientôt le tome 4 en détail, qui sera d’ailleurs travaillé avec le tome 5, en continuité, parce qu’ils sont étroitement liés. Cela dit, un canevas des cinq tomes était tracé dès le début, jusqu’au dénouement, parce que j’en ai besoin pour savoir où je vais, pour qu’il y ait une cohérence globale et que certains éléments, même anodins, des premiers tomes puissent prendre un tout autre sens à la lumière des suivants.

 

Mlv: Vous avez une imagination débordante ! Faites-vous des plans, des dessins des différents univers, des peuples…etc

E. A.: je suis un OBSESSIONNEL des plans, que j’écris et réécris mille fois avant de les mettre sous feuillets plastifiés, puis je les suis religieusement. J’en ai terriblement besoin, pour la cohérence d’abord, une fois de plus, mais aussi pour ne plus être parasité par la structure du roman et pouvoir me concentrer sur l’écriture et les émotions.

 

Mlv: J’ai complètement craqué, comme beaucoup de lecteurs (trices) devant la bibliothèque de Cumides Circle, comment l’avez-vous imaginée ? Vous êtes-vous inspiré d’une demeure en particulier et où se trouve t-elle… ?

E. A.: La bibliothèque de Cumides Circle existe à l’identique… dans ma tête, et depuis tout petit ! j’ai toujours eu un rapport intense et très « animé » avec les livres, et tout m’est alors venu très naturellement.

 

Mlv: Même question pour Cumides Circle ? Vous êtes-vous inspiré d’un lieu précis ?

E. A.: Cumides Circle est un patchwork de demeures new-yorkaises début 20ème , avec un côté Art déco ; je voulais en tout cas sortir du cliché « manoir »…

 

Mlv: Pourquoi avoir choisi une ville, et un environnement anglo-saxon ?

E. A.: Parce qu’il me semble que là-bas, tout est possible (le pire aussi, d’ailleurs…). Et puis je rêvais d’un environnement hétéroclite et coloré, comme Babylon Heights, le quartier où vit Oscar et les siens, et l’Amérique en est l’incarnation, pour moi

 

Mlv: Dans le tome 1 les thèmes abordés étaient La différence, la perte d’un parent, dans le tome 2, il y avait celui du travail du deuil, de la maladie (père d’Alistair) et de la prévention (Leonid fume et boit). Dans ce tome 3, Oscar va aller dans l’univers d’Embrye, que va lui réserver ce voyage ? Et quels thèmes seront abordés ?

E. A.: Mais Valérie vous voulez que je tue le suspense !! Ce que je peux vous dire, c’est que tout le monde a grandi, mûri, et qu’il s’agit d’un tournant essentiel de la saga, parce que des changements se produisent à l’extérieur, mais aussi dans les univers intérieurs… Un bouleversement majeur intervient dans la vie d’ado d’Oscar : pour la première fois, il est vraiment amoureux, et va devoir faire des choix terribles, parce qu’il est condamné à être un héros. Il va aussi découvrir un Univers d’autant plus passionnant qu’il fait écho à des mutations d’un ado de 14 ans ; Embrye est l’univers de la sexualité et de la reproduction. Enfin, Oscar le Médicus va devoir affronter les Pathologus qui se battent maintenant à découvert, au grand jour. Et puis… c’est tout, parce que sinon, je vais finir par révéler trop de choses !

 

Mlv: Le rôle de Violette, même si elle n’est pas une Médicus, va-t-il prendre de l’importance dans les tomes suivants ?

E. A.: Ah, ceux qui aiment Violette – et si j’ai bien compris, peu ne l’aiment pas – vont être servis, dans ce tome 3 puis dans les suivants. Elle a grandi sans perdre son extravagance et sa poésie, finalement, et devient un personnage capital. Mais non, je n’en dis pas plus, n’insistez pas…

 

Mlv: Oscar Pill, est-ce un moyen de parler (tout en dédramatisant) de la maladie aux enfants ? Est-ce un moyen d’expliquer que le corps humain est une machine qui peut avoir des défaillances, quelquefois.

E. A.: Oscar est là avant tout pour prendre la main des jeunes et des plus grands, et pour les emmener dans un corps comme on ne l’a jamais vu et y vivre des aventures palpitantes, amour, amitié, trahison, dans un contexte féérique. Bref, réinventer un corps qui n’est pas tout puissant, certes, mais qui ne fait plus peur, et qui fait rêver, dans lequel on se sent bien, enfin.

 

Mlv: En ces temps où chaque épopée littéraire (Harry Potter, Twilight …) arrive sur grand écran avec une qualité inégale, parfois, et son lot de produits dérivés, avez-vous également ce projet pour les aventures d’Oscar Pill ? Avez-vous déjà été contacté ?

E. A.: Je sais que le monde (LES mondeS !) d’Oscar est (sont) très visuel(s), même cinématographique(s), et on envisage une transposition à l’écran, mais cela demanderait beaucoup, beaucoup de moyens… Il n’y a donc rien de concret pour l’instant, mais bien sûr, si le projet prenait forme, nous fêterions cela ! Vous avez raison : la qualité des adaptations est inégale, mais il faut accepter le jeu ; les réalisateurs et les scénaristes doivent s’approprier une œuvre pour en faire leur propre création qui vit indépendamment des livres qui l’ont inspirée. Si c’est aussi plaisant que le livre, tant mieux, si c’est moins bien, ça ne déprécie en rien l’œuvre littéraire initiale ; ce ne sera qu’un mauvais film.

 

Mlv: Pouvez-vous nous décrire une journée de travail ?

E. A.: Une journée de travail ? depuis le début de l’écriture d’Oscar, ça se résume à écrire, écrire, écrire…

Et en détail, ça donne ça : je me réveille vers 7H30 (sauf si je me suis laissé emporter par l’écriture la veille au soir et que je me suis couché à « pas d’heure »), douche incontournable pour me réveiller et copieux petit déjeuner (ça, personne ne peut me l’enlever), séance de jeu avec mon assistante Violette, décidément plus portée sur les bouts de ficelle ou souris en peluche que sur le boulot, puis écriture jusqu’à 13 h. Ensuite, sport, déjeuner rapide et remise au travail jusqu’à 19h ou 20h, parfois plus. Mais rien de figé, en fait, et les étapes de l’écriture peuvent tout chambouler, selon qu’il s’agit de l’écriture pure, de la relecture, de la correction, etc. J’ai souvent des crises de travail nocturne, qui peuvent me maintenir éveillé jusqu’à 6 h du matin, et qui bouleversent un peu le programme.

 

Mlv: Que fait Eli Anderson lorsqu’il n’écrit pas ? Quel lecteur est-il ?

E. A.: Lorsque je n’écris pas, je lis (beaucoup), je nage (j’adore), je cuisine (j’aime, mes invités aiment moins…), je fais du ménage (mon activité préférée, sans concurrence possible), je vois des amis et ma famille – qui compte beaucoup pour moi -, j’écoute de la musique. Mes lectures ? de la littérature généraliste, j’ai besoin de ressentir des émotions ou d’être emporté. Et, bien sur, très peu de thrillers, et de rares livres jeunesse : pour ne pas avoir à comparer ! Enfin pour me détendre et piocher de bonnes idées lecture, je file sur un blog formidable, animé par une fille formidable : Ma librairie virtuelle. Vous connaissez ? Non ? Je vous le recommande…

 

Voilà, j’espère que comme moi, vous aurez apprécié ce moment privilégié, passé en compagnie d’un homme attachant, que je remercie à nouveau pour le temps qu’il a consacré à ce questionnaire, et pour m’avoir permis de réaliser ma première interview…

*Eli Anderson signe sous son vrai nom : Thierry Serfaty, des thrillers et avant d’écrire, il était médecin.

Le Slog D’Eli Anderson

Le site consacré à Oscar Pill

Billet sur Oscar Pill Tome 1 La révélation des Médicus

Billet sur Oscar Pill Tome 2 Les Deux Royaumes

 

Le blog de Thierry Serfaty

*Agônia, l’avant-dernier tome du cycle de la pyramide mentale est sorti aux éditions J’ai Lu le 1er septembre dernier.

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 18 octobre 2010

© Les Chroniques de Mlv 12 Novembre 2012

© Un livre après l’autre