Bal Tragique à Windsor – S. J. BENNETT

Sa Majesté mène l’enquête

Bal Tragique à Windsor – S. J. Bennett – Les presses de la cité

Que diriez-vous de revenir en 2016 ? Au printemps, exactement, lorsque la reine Elizabeth s’apprêtait à fêter ses 90 ans aux côtés d’invités prestigieux, entourés du personnel le plus discret et efficace de sa majesté ?

Avec ce premier opus de Sa Majesté mène l’enquête, S. J. Bennett n’entraîne point le lecteur dans une paparazzade, mais bien dans un cosy mystery, avec pour personnage principal, le monarque à la longévité de règne la plus longue d’Europe ! Une nouvelle série fraîche et pétillante qui dévoile un peu des coulisses de la couronne britannique. Le second personnage principal étant le château préféré de sa majesté, car c’est au coeur de celui-ci, dans le décor d’un dîne-and-sleep, que tout va se jouer : un jeune pianiste va être retrouvé nu, dans une armoire du château…

Dans « Bal tragique à Windsor », Elizabeth II troque ses chapeaux et ses tailleurs colorés pour un rôle qui lui sied à merveille : celui de la nouvelle reine du crime. Secondée par Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, notre nouvelle Miss Marple écoute attentivement, car elle ne peut enquêter elle-même ; pourtant, son flair -comme celui de ses célèbres corgis- ne lui ment pas : la police se trompe dans l’enquête sur le meurtre de son invité !

S.J. Bennett rafraîchit avec tendresse le personnage de la Reine. C’est truculent, cela sonne comme un hommage à la Couronne, sans jamais omettre son côté le plus sombre.  

Vivement le second tome !

20 août 2021

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan – Éditions Gallimard

À l’heure où notre société se digitalise de plus en plus, comment ne pas être secoué par l’histoire de Mélanie Claux et Clara Roussel. Deux destins contraires qui posent la question de notre relation aux réseaux sociaux, ainsi qu’aux dérives qui peuvent en découler…

Depuis toute petite Mélanie Claux voue une adoration à Loana, la jeune femme issue de la télé-réalité. D’ailleurs, comme son idole, elle a tenté sa chance, avec moins de succès. Elle a vite été exclue du jeu : elle n’avait pas les codes. Des années plus tard, elle baigne enfin dans cet univers de paillettes et d’apparence grâce à sa chaîne Happy Récré. Grâce à ses enfants, elle est enfin dans SON rêve. Celui du « like » et du « vu ». Aujourd’hui, grâce à ses multiples comptes sur les réseaux sociaux, elle offre à ses enfants SON rêve sur un plateau, cette terre, promesse de tous les bonheurs.

Clara Roussel, elle, est bien loin de ce phénomène de la télé-réalité. Elle vit la réalité à travers son métier.

Lorsque Kimmy Diore, la petite fille de Mélanie disparaît, Clara plonge dans un monde à l’opposé du sien. Pas à pas, la jeune policière soulève les couches protectrices qui isolent Mélanie Claux du Monde, depuis son echec dans le monde la téléralité, la jeune fafin de comprendre cette mère qui surexpose ses enfants via ses réseaux sociaux. Elle traque les non-dits, dénoue les fils, afin de comprendre le besoin d’exposition de cette mère qui rêve à travers ses enfants, sans prendre en compte certains signaux.

Quelle claque ! Ce roman lu en apnée, est une histoire glaçante, terrifiante, qui interpelle le lecteur bien sûr, à l’heure où nos déambulations sur les sites et autres réseaux sociaux posent de nombreuses questions, dont quelques réponses commencent seulement à nous parvenir…

2 août 2021

Les Jours heureux – Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Les Jours heureux – Adélaïde de Clermont-Tonnerre – Éditions Grasset

Édouard Vian, Laure Brankovic, deux monstres sacrés du cinéma européen, un réalisateur et une scénariste, une trentaine de films, un couple éternel dans l’aura d’un Richard Burton et d’une Elizabeth Taylor. Oscar, leur fils, vit au rythme de leurs séparations, puis de leurs retrouvailles. Aussi, pour se protéger de ce couple volcanique dans lequel un enfant n’y avait peut-être pas sa place, le jeune scénariste à préférer se tenir à l’écart, afin de se préserver. Pourtant, lorsque le diagnostic médical de sa mère est sans appel, une idée folle lui vient en tête, et si ses parents se retrouvaient une dernière fois ? Bien sûr, son père vit désormais avec Natalya, une jeune influenceuse franco-russe qu’il a bien du mal à supporter. Pourtant, ces deux flamboyants ne peuvent qu’être une dernière fois là l’un pour l’autre, cela ne fait aucune doute.

« Les Jours heureux» offre une ode aux icônes intemporelles. La plume d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre vous emporte dans une magnifique histoire, une fresque captivante dans laquelle le voyage commence dans le couloir d’un hôpital, passe des montagnes suisses au soleil de Grèce, revient à Paris, puis Cannes, Hollywood et le Mexique. La famille Vian/Brankovic se reforme, alors qu’une ère nouvelle commence, mettant un coup d’arrêt à l’un des plus monstrueux personnages vivant du monde du cinéma ; quant à Edouard Vian et Laure Brankovic, ils offrent un dernier coup d’éclat à leurs admirateurs, à la profession, à leur fils…

Un roman à ne pas manquer, à glisser dans votre valise d’été, si vous ne l’avez pas encore lu !

26 juillet 2021

Le craquant de la nougatine – Laure Manel

Le craquant de la nougatine – Laure Manel – Éditions Michel Lafon

D’un côté, Romain Piveteau, 42 ans, restaurateur, vit dans un tourbillon, celui de sa vie professionnelle ainsi que celui de son quotidien de papa solo ; de l’autre, Alba, comédienne, voix off, un charme éclatant, se méfiant des hommes. Lorsqu’il rencontre la jeune femme dans un bus, Romain en est chamboulé ; lui, l’homme enfermé dans un quotidien bien rodé, fuyant le bonheur auquel il ne pense plus avoir le droit, s’enflamme pour la belle rousse et souhaite la revoir ! Lui parler… enfin, essayer.

«Le craquant de la nougatine» est le septième roman de Laure Manel. Il nous plonge dans deux univers différents : le quotidien d’un restaurateur ainsi que celui d’une jeune femme posant sa voix sur des films, des publicités, des dessins animés, tout en continuant à jouer au théâtre. Deux univers qui vont s’accorder, s’enlacer pour emporter Alba et Romain vers un nouveau bonheur. De messages en rendez-vous, le temps des hésitations laissera bientôt la place au lâcher-prise pour Romain, quant à Alba, elle se débarrassera enfin d’un souvenir maternel anxiogène.

« Le craquant de la nougatine » est une comédie dès plus romantique, une ode pour (re)tomber amoureux(se) alors, laissez vous séduire et plongez dans cette histoire intense, ce délice littéraire qui ouvre bien des appétits !

Mercredi 21 juillet, à 19 heures : Live Instagram avec Laure Manel sur mon compte !

19 juillet 2021

La fureur des mal-aimés – Elsa Roch

Elsa Roch – La fureur des mal-aimés – Calmann Levy

Le livre du 15, c’est quoi ? C’est un nouveau rendez-vous que je vous propose, le 15 de chaque mois ! Un rendez-vous autour d’un roman issu de l’actualité -ou plus ancien -accompagné d’un petit focus sur son auteur (auteure). Ce rendez-vous est à retrouver sur deux supports : youtube et ce site.

Pour ce premier numéro, j’ai choisi de vous parler d’une plume poétique dans un univers sombre, celui du polar. Focus sur « La fureur des mal-aimés», ainsi que sur son auteure : Elsa Roch !

Elsa Roch vit près de Grenoble. Adolescente, une rencontre avec une petite fille autiste scelle sa vie professionnelle :  elle deviendra  psychologue clinicienne, spécialisée dans les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, ainsi que les addictions.

Son premier polar « Ce qui se dit la nuit» paraît en 2017. Une seconde vocation, venue sûrement de son enfance, lorsqu’elle se plongeait dans l’écriture, en attendant le retour de ses parents. Quant à l’univers du polar, son origine provient sans aucun doute de sa rencontre bouleversante avec le roman de Dennis Lehane,  «Gone, baby, gone».

Trois autres polars mettant en scène le Chef de Groupe Amaury Marsac et son équipe ont vu le jour depuis, tous édités aux éditions Calmann-Levy.

«Oublier nos promesses» en 2018 reçoit trois récompenses : Le Prix Bloody Fleury, le Prix Infiniment Quiberon, ainsi que le Prix Plume Libre (Plume de Bronze du Thriller Francophone 2019), suit «Le baiser de l’Ogre» en 2019, une histoire dans laquelle le commissaire Marsac doit venir en aide à Lise Brugguer, sa coéquipière une enquête dans laquelle le lecteur voudrait sauter entre les pages du livre, afin de prêter main-forte à Marsac et son équipe, pour sauver Liv, une petite fille vivant avec ses propres codes.

Au printemps 2021, paraît  son quatrième roman : «La Fureur des Mal-aimés».

Ce nouveau roman débute avec la colère d’un personnage inconnu, puis le désarroi d’Amaury Marsac. Une fois de plus, le commissaire est confronté à un crime en « ide ». Comme un soir sur deux, afin d’évacuer sa colère face aux atrocités dont il est le témoin, il s’arrête dans le square du Vert-Galant. C’est dans ce sas de décompression qu’une nouvelle image glaçante l’accueille : dans une poubelle, gît un corps éventré rempli de mort-aux-rats. Dans «La fureur des mal-aimés», il y a également Alex que nous suivons dès l’année 1995. Sa prison, son errance, l’indicible. Son espoir, aussi, celui de retrouver la personne qui pourrait l’aider afin de fuir ce cauchemar qui le hante. L’enquête va conduire  Amaury Marsac et son équipe jusqu’à Lausanne, en Suisse.  Une histoire dont ils vont peu à peu briser les maillons afin que puisse éclore la vérité, si atroce soit-elle. Si, en plus de l’enquête, la situation personnelle d’Amaury Marsac est toujours en fil rouge,  Elsa Roch ne délaisse aucun membre de son équipe, en continuant  à diffuser sur eux une jolie lumière permettant de suivre leur évolution personnelle -bien que certains fantômes les hantent encore. « La fureur des mal-aimés» est un magnifique polar, bouleversant, et glaçant à la fois. 

Depuis «Ce qui se dit la nuit», Elsa Roch saisit les douleurs, les colères, les crimes indicibles commis sur les plus faibles en les développant dans des romans inoubliables.

Grâce à un rendez-vous du hasard (ou du destin) Elsa Roch est devenue une plume de polar incontournable. Une plume solaire sur laquelle veille une petite fille avec ses propres codes.

Rendez-vous le 15 août 2021 pour un prochain numéro du «Livre du 15» !

15 juillet 2021

Sous un grand ciel bleu – Anna Mcpartlin

Sous un grand ciel bleu – Anna Mc Partlin – Éditions Cherche-Midi

Souvenez-vous, en 2016, Anna Mc Partlin avec « Les derniers jours de Rabbit Hayes», contait une histoire bouleversante. Celle des neuf derniers jours de Rabbit Hayes, une jeune femme emportée par un mal incurable, laissant sa fille et sa famille démunis.

« Sous un grand ciel bleu » commence avec un silence, celui qui suit le dernier souffle de Rabbit. Un souffle que l’on peut entendre, tant Anna Mc Partlin nous transporte au coeur de cette chambre où tout se joue, où les proches de Rabbit tentent d’apaiser ses derniers instants en étant près d’elle. Alors que la jeune femme est enfin libérée de ses souffrances, commence pour ses proches, un long et douloureux chemin, celui de vivre avec le chagrin, la colère et l’absence.

Souvenez-vous de la famille Hayes : Jack et Molly les parents, Davey, le frère de Rabbit -désormais responsable de sa nièce Juliet, Grace, la sœur de Rabbit, avec son mari Lenny et leurs trois garçons. Sans oublier Marjorie, la meilleure amie de Rabbit, celle qui trouva un jour refuge, au cœur de cette famille chaleureuse et fantasque.

Une suite est toujours très délicate à écrire, à offrir à un lectorat avide de prendre des nouvelles d’un ou des personnage. Anna Mc Partlin offre ici un merveilleux cadeau. Un carnet de voyage en dix étapes, pour chaque membre de la famille Hayes. Dix étapes avec les rires, les larmes, la colère, le chagrin et les non-dits qui vont exploser comme un feu d’artifice sur cette route du retour à la vie. Comment ne pas vous parler de ce merveilleux final concocté par la romancière… Un final grandiose qui va vous laisser avec des larmes sur les joues et des frissons de bonheur, en imaginant que Rabbit ait enfin rattrapé la camionnette

Merci Anna !

12 juillet 2021

Demandez le programme !

  • Le 15 de chaque mois, podcast «Le Livre du 15» sur ma chaîne youtube Valérie Un Livre après L’autre. Un podcast pour (re)découvrir un livre de l’actualité littéraire ou de ma bibliothèque, ainsi que son auteur ou auteure.

10 juillet 2021

Clip audio « Le Livre du 15 » !

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Le livre du 15, c’est quoi ? C’est un nouveau rendez-vous que je vous propose, le 15 de chaque mois ! Un rendez-vous autour d’un roman issu de l’actualité -ou plus ancien- accompagné d’un petit focus, sur l’homme ou la femme de plume qui se cache derrière ce livre. Cette petite pause audio de quelques minutes, pour respirer, loin du tumulte actuel, sera à retrouver sur ma chaîne youtube, ainsi que sur ce site, en version écrite.

Je suis très heureuse de partager avec vous ce nouveau chemin, et vous donne rendez-vous le jeudi 15 juillet 2021, pour le premier numéro ! Avec quel (quelle) auteur (e) ? Vous le saurez, d’ici quelques jours !

8 juillet 2021

La lumière était si parfaite – Carène Ponte

La lumière était si parfaite – Carène Ponte – Éditions Fleuve

Megg et Stéphane forment un couple parfait -en apparence- car si Stéphane ne peut pas se passer de sa femme, « son épouse parfaite », comme il aime à le rappeler régulièrement à celle-ci, Megg, elle, est au bord de la rupture. Gérer son mari, ses enfants (Lalie 16 ans, une adolescente en crise, et Malone, 10 ans) une maison, jusqu’à présent, c’était son choix, être une petite fée de l’ombre, celle grâce à qui le nid tourne à la perfection. Six mois après la perte brutale de sa mère, Megg est de plus en plus émotive. Le chagrin et l’absence sont insupportables. Encouragée par Romy sa voisine et amie depuis un an, elle décide de faire développer une pellicule photo trouvée dans les affaires de sa mère. Les clichés font voler en éclats les certitudes de Megg, et la questionne sur sa propre existence. Il lui faudra un voyage dès plus salutaire, des rencontres, ainsi que des lettres bouleversantes, pour remettre de l’ordre dans sa vie.

Avec ce roman, Carène Ponte questionne toutes les femmes. De Megg, la femme au foyer qui n’a plus envie de l’être en passant par Lucile, la mère absente, sans oublier la pétillante Romy ainsi que l’écorchée Lalie. La romancière scanne à la perfection ses personnages féminins. « La lumière était si parfaite » est un voyage littéraire joyeux et émouvant.

16 avril 2021

Les Papillons – Barcella

Les Papillons – Barcella – Éditions Cherche-Midi

Rencontre simple, évidente, avec ce roman d’une véritable beauté !

Alexandrin est un poète qui a perdu ses papillons. Vous savez, ces papillons au creux du ventre, ceux qui vous donnent des ailes et dont le doux murmure enlève les mauvaises herbes de votre chemin, afin d’y semer les fleurs de l’espoir et du bonheur. Après une rencontre désastreuse avec une certaine Mylène, notre rêveur est foudroyé par le charme de Marie, une jeune femme au lourd secret croisée par hasard. Emportés dans une galaxie menacée par les interdits paternels de la jeune femme, ils vont alors dessiner leur propre monde. Tout pourrait être simple et se poursuivre avec le fameux « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », comme dans les contes de fées d’un autre temps. C’est dans une autre fable, un autre rêve, que Barcella plonge son lecteur, celui du destin d’un homme dont la poésie va adoucir les épreuves du jeune couple. Alexandrin va mettre des couleurs, des feux d’artifices (oserais-je dire « des paillettes » ?) afin d’adoucir la vie de sa belle, et ce, jusqu’à cette « course aux étoiles » et même au-delà…

« Les Papillons »,  c’est une rencontre littéraire forte et évidente. Un premier roman frais, doux, sucré, rythmé, dont la poésie résonne encore bien longtemps après la lecture. Barcella offre une histoire qui dépose des étoiles dans nos yeux, ainsi que des larmes au bord de nos paupières. Au final, une ode à la vie qui fait du bien en ces temps incertains, ainsi qu’une splendide entrée en littérature pour l’auteur.

9 avril 2021

Luna – Serena Giuliano

Luna – Serena Giuliano – Éditions Robert Laffont

Lorsque le père de Luna tombe malade, c’est à reculons que la jeune femme part à son chevet. Sa vie est désormais à Milan, loin de ce père qu’elle déteste, loin de Naples qui a brisé le mariage de ses parents, ainsi que son enfance. À l’hôpital, Luna ne décolère pas, elle ne vient que pour une seule chose : ne pas laisser son père seul. Dès qu’il sera sorti, elle repartira vers sa vie milanaise. La capitale de la mode et du design est désormais SA ville.Si la jeune femme ne cesse de montrer son aversion pour Naples, le fabuleux appartement de son père, ainsi que pour Filomena… C’est grâce à l’énergie de Gina, le lien avec ses amies milanaises Fatima, Alessandra et Francesca, ainsi qu’au tempérament des diverses femmes rencontrées lors de son séjour napolitain qu’elle va peu à peu redonner sa chance à cette ville de tous les dangers, mais aussi de toutes les débrouillardises.

« Luna » est le troisième roman de Serena Giuliano. Après « Cia Bella » et « Mamma Maria », la romancière continue son ode à l’Italie, à la famille, à l’amitié, à l’amour, avec l’histoire de Luna, jeune femme perdue entre ses souvenirs d’enfance, sa colère contre son père et ses envies de femme amoureuse. Un roman dont les dictons napolitains saupoudrés régulièrement au fil des pages donnent envie de partir déguster une margherita au coeur de Spanacappoli !

2 avril 2021

Ce genre de petites choses – Claire Keegan

Claire Keegan – Ce genre de petites choses – Éditions Sabine Wespieser

Si vous ne connaissez pas encore Claire Keegan, il est temps de découvrir la plume de cette conteuse. Son dernier récit : « Ce genre de petites choses » se passe en 1985, à New Ross, en Irlande. Son personnage principal est un homme calme et bienveillant. Marqué par une enfance sans père, il a toutefois été élevé au cœur du foyer de Mrs Wilson -une femme qui se moqua des convenances en accueillant sous son toit une jeune mère de quinze ans -sa domestique- avec son enfant. Alors que l’usine d’engrais et le chantier naval ferment leurs portes, Bill Furlong travaille sans relâche afin que ses cinq filles et sa femme ne manquent de rien.  Dès les premières heures et cela jusqu’au soir, tard, il livre bois et charbon, notamment chez les religieuses du couvent voisin « Le Bon Pasteur », son meilleur client. Bouleversé par sa rencontre avec certaines jeunes femmes apeurées de ce lieu lugubre, il s’épanche auprès de son épouse Eileen ; la réponse est sans appel : bien que la ville colporte mille bruits sur ces femmes, sur leurs conditions d’accueil, sur ce qu’elles ont fait pour être là, cela ne les regarde pas. Alors que les chants résonnent, les illuminations scintillent et les odeurs des gâteaux de Noël remplissent les foyers et la ville entière, Bill Furlong est hanté par ce qu’il a vu au couvent…

« Ce genre de petites choses » est une histoire belle et terrible à la fois. Celle d’une Irlande catholique bien-pensante, tout comme celle d’un conte de Noël. Ce récit est celui d’un homme qui se rappelle l’enfant sans père qu’il a été, l’enfant insulté, montré du doigt, mais également l’homme qu’il est devenu grâce à une main tendue. En une centaine de pages, avec une finesse incroyable, Claire Keegan peint la beauté, l’espoir, l’horreur et la douleur. Ne passez pas à côté de ce petit bijou qui se lit en apnée, en vous laissant k.o. !

25 mars 2021

Club de Lecture Janvier-Février 2021

En ce dernier jour de janvier, focus sur le programme du Club de Lecture de ma médiathèque ! Un Club de Lecture, en chair et en os, avec deux rendez-vous par mois. Avec la crise sanitaire actuelle, nous ne pouvons pas nous retrouver , afin d’échanger, de débattre, de partager, mais nos bibliothécaires continuent à garder le lien ! Un contact précieux, en attendant que nous puissions nous retrouver sur place.

Je partage avec vous notre programme de ces deux premiers mois de l’année 2021. Les Éditions Mazarine, les Éditions de l’Observatoire, ainsi que les Éditions Les Escales sont mises à l’honneur. Pour chaque éditeur, trois romans à découvrir.

Éditions Mazarine

 :

Éditions de l’Observatoire

Éditions Les Escales

© Un Livre après l’autre

Rencontre avec Catherine Bardon !

Catherine Bardon – Photo droits réservés Philippe Matsas

Avant la parution en avril prochain de «Un invincible été» (éditions Les Escales), un nouvel opus de sa saga «Les Déracinés» ; Catherine Bardon offre un bonheur supplémentaire : une nouvelle vie à cette histoire d’exil, de transmission, avec la sortie d’une version bande dessinée des «Déracinés», depuis le 21 janvier, aux éditions Philéas Bd. Je remercie infiniment Catherine Bardon pour sa disponibilité, et vous invite, en ce vendredi matin, à lire son interview ci-après.

Un Livre après l’autre : Bonjour Catherine, peux-tu nous (re)présenter ton roman «Les Déracinés» (pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore lu) ?

Catherine Bardon : Les déracinés raconte un pan de l’histoire de la seconde guerre mondiale méconnu :  la création  en 1940 en République dominicaine d’une colonie sous forme de kibboutz par des Juifs allemands et autrichiens fuyant le nazisme. Le roman démarre en 1930 à Vienne et se termine en 1961 en République dominicaine. Je ai écrit cette fresque à partir de témoignages des derniers pionniers ayant participé à ce projet que j’avais rencontrés lors d’un séjour en République dominicaine il y a une trentaine d’années.

Un Livre après l’autre Comment est né ce projet d’adaptation ?

Catherine Bardon :Cette histoire, qui est réelle, a toujours été pour moi incarnée et très visuelle, puisque j’en ai rencontré les véritables héros, (ceux du roman sont fictifs) et que je connais parfaitement les lieux où se sont déroulé ces évènements. Dès le début de l’écriture du roman, j’avais pour projet de l’adapter en BD. Il fallait juste rencontrer le bon dessinateur et la bonne maison d’édition.

Un Livre après l’autre : Connaissais-tu le travail du dessinateur Winoc, ainsi que celui du  coloriste Sébastien Bouët, avant de collaborer avec eux ?

Catherine Bardon :J’ai fait la connaissance de Winoc au salon du livre de Bondues, son style correspondait à ce que j’avais en tête et je lui ai soumis mon projet. Après tout est allé très vite quand nous avons envoyé le projet à la maison d’édition Steinkis qui était en train de créer le nouveau label Philéas. En revanche je ne connaissais pas Sébastien, c’est Winoc, qui avait déjà travaillé avec lui, qui l’a embarqué dans l’aventure.

Les Déracinés – Catherine Bardon – Winoc – Sébastien Bouët – Philéas Bd

Un Livre après l’autre : Pourquoi avoir choisi d’écrire toi-même le scénario de cet album ?

Catherine Bardon :Comme dans le roman, je voulais rendre au plus juste la réalité de cette extraordinaire aventure et je ne voulais pas prendre de liberté avec la fiction. J’avais le sentiment que cette histoire m’appartenait un peu puisqu’on me l’avait confiée, et j’ai trouvé évident de porter le projet et de travailler au scénario. Dans cette écriture, nous avons fait un véritable travail d’équipe avec Winoc.  

Un Livre après l’autre : Quelle différence entre l’écriture d’un roman de 700 pages, et celui d’un scénario d’album ?

Catherine Bardon :En BD l’image raconte beaucoup de choses. Et on est tenu à une économie de mots. C’est un travail de synthèse incroyable où chaque mot compte. Et bien sûr, beaucoup d’épisodes non essentiels à l’histoire ont été supprimés ou raccourcis. Ainsi la traversée transatlantique a été réduite à deux images de bateau en mer. 

Un Livre après l’autre : Comment as-tu choisi les quatre moments-clés qui composent cet album ?  

Catherine Bardon :La BD se structure de la même façon que le roman. Les moments clés sont les mêmes. Ainsi elle démarre par le mariage des héros.

Un Livre après l’autre : Dernière question, la fin de ce premier album est ouverte. Un projet d’adaptation pour le second tome, «L’Américaine», est-il d’actualité ?

Catherine Bardon :La fin de l’album est une véritable fin qui ne frustre pas le lecteur, même si c’est aussi une forme d’ouverture sur l’avenir. Cette fin ne dit pas qu’il y aura forcément une suite, mais elle ne lui ferme pas la porte non plus. Bien sûr, nous envisageons de poursuivre la fresque familiale, mais il faut rester pragmatique et attendre l’accueil des lecteurs. Moi en tout cas, j’adorerais poursuivre l’aventure…

Si vous souhaitez poursuivre cette rencontre, je vous invite à suivre les liens vers la page Facebook, ainsi que le compte Instagram de Catherine Bardon.

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Les Déracinés – Catherine Bardon – Winoc – Sébastien Bouët

Les Déracinés – Catherine Bardon – Winoc – Bouët – Éditions Philéas

Almah et Wilhelm, deux prénoms indissociables. Une histoire de couple, de famille, dans la grande Histoire. 1935, Almah et Wilhelm se marient à Vienne, le bonheur va vite laisser la place à l’insécurité, un exil forcé, des chagrins, imposés par la folie des hommes.

Une version Bande Dessinée de cette histoire captivante, voilà qui a piqué ma curiosité ! C’est donc avec joie que je me suis plongée dans cet album «Les Déracinés» version Catherine Bardon -Winoc et Sébastien Bouët, impatiente de découvrir les visages de ces personnages que j’ai aimés, comme des amis.

Aucune déception, dès les premières pages le trio nous emporte vers Almah et Wilhelm, radieux, c’est le moment du bonheur, celui de leur mariage, au cœur de Vienne. Puis quatre chapitres, quatre époques ; celles de l’insécurité, de l’exil, celle d’un miracle par la biais d’une terre inconnue où tout est à construire, puis…mais je ne vous en dis pas trop, et vous invite à découvrir cet album qui tient toutes ses promesses, tant pour celles et ceux qui connaissent déjà la saga, mais aussi pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore lue.

Si vous avez lu le roman « Les Déracinés», cette adaptation est une jolie façon de repartir à la rencontre d’une époque, d’une histoire basée sur des faits réels.

SI vous ne l’avez pas encore lu, vous ne pourrez qu’avoir envie de dévorer la saga, après avoir découvert les visages de la famille Rosenheck, tout au long de ce magnifique album.

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