Rencontre avec Jo Witek !

Photo droits réservés © Julie Legrand

 

Rendez-vous était pris depuis quelques mois avec Jo Witek, afin de réaliser une petite interview pour la sortie de son roman «Le Domaine», chez Actes Sud Junior. C’est donc par téléphone, il y a quelques jours,  que j’ai eu la chance de recueillir les confidences d’une des plus jolies plumes de la littérature jeunesse, qui souligne très justement combien «aujourd’hui, plus que jamais, la littérature doit être présente dans tous les milieux».

Le Domaine – Actes Sud Junior

Tout d’abord, j’ai souhaité connaître la genèse de son nouveau roman  : «Un flash avec cette maison, des souvenirs d’enfance» alors qu’elle découvre un  lieu (la maison Mauriac, à Saint-Symphorien) lors d’un week-end dans la région. La romancière demande une résidence d’écriture, elle l’obtient. La fin du roman sera rédigée sur place, une véritable «petite bulle»  comme de celles dont elle a besoin pour écrire. Chaque auteur a sa méthode pour construire un nouveau roman, la sienne démarre toujours en trois temps : un sujet prend forme (actuellement, elle en a «trois en tête») la documentation, puis les rencontres, lui permettront de mettre tout cela en place, avant de longues séances d’écriture à son bureau ; ces dernières seront mises entre parenthèses, le temps de participer à des animations, des rencontres en milieux scolaires ; une autre façon -comme tous les auteurs de littérature jeunesse d’aujourd’hui- de pouvoir continuer à nouer des liens avec les lecteurs, à présenter leur travail, mais aussi de vivre d’un métier de plus en plus précaire.

Si la musique n’accompagne pas Jo Witek lorsqu’elle écrit ;  chaque nouveauté proposée aux lecteurs ressemble bien à une mélodie : douce avec des albums -comme ceux réalisés avec Christine Roussey-  ou intense, lorsqu’il s’agit d’un roman sur les émotions liés à l’adolescence. En alternant albums et thrillers, Jo Witek conserve une liberté, «cette liberté de travailler avec ses souvenirs d’enfance, tout comme ceux liés à ses enfants ».

Enfin, la romancière est «curieuse en littérature», une lectrice qui tout en gardant la part belle pour ses chouchous, n’hésite pas à suivre les conseils de son libraire. Ses récents coups de cœur sont  «Amours» de Léonor de Recondo, ainsi que «Construire un feu», de Jack London.

En attendant un nouvel album, à paraître en mai prochain, je vous conseille vivement  «Le Domaine», une histoire mêlant la nature, un domaine envoûtant, un adolescent loin d’une vie connectée,  hors du temps, dont le parcours initiatique va l’emmener très loin…

Je remercie chaleureusement Jo Witek pour le temps qu’elle m’a accordé.

© Les Chroniques de Mlv – 06/03/2016

© Un livre après l’autre

Rien que ta peau – Cathy Ytak

Rien que ta peau CY

Ludivine et Mathis sont différents. Elle aime les couleurs, mais sa lenteur fait d’elle le souffre douleur de sa famille. Lorsqu’elle croise Mathis, celui-ci éveille en elle le désir, personne ne le supporte, comment cette jeune fille « à part » peut-elle avoir des envies ? Pourtant, Mathis, lui qui a un problème avec les couleurs, va s’approcher d’elle, et l’aimer.

Peu de mots pour vous décrire cette histoire simple, celle de deux êtres qui vont s’aimer, en toute simplicité, en essayant de fuir le regard des autres, de s’éloigner de ceux qui ne veulent rien comprendre au lien qui peut les unir.

Un coup de poing, cette histoire. Lorsque la différence est montrée du doigt par les adultes, elle saccage tout.

Un bijou de chez Actes Sud Junior, à lire.

© Les Chroniques de Mlv 09-05-2014

© Un livre après l’autre

Double jeu – Jean-Philippe Blondel

Double jeu JP Blondel

Un véritable coup de cœur pour la collection Actes Sud Juniorqui offre, à chaque nouvelles  parutions, un beau moment littéraire avec des textes qui nous font pénétrer avec justesse dans un moment bien précis de l’adolescence.

Double Jeu, est une fois de plus une belle découverte proposée par cette collection. Dans ce roman, l’auteur -dont j’avais lu dans un autre registre le premier ouvrage Accès direct à la plage, puis, Juke Box, quelques années plus tard- se sert de son métier d’enseignant pour nous emmener à la rencontre de Quentin, son héros. Celui-ci est dans la tourmente. Il a dû changer d’établissement. Mauvaises fréquentations. Arrivé au lycée Clémenceau, il reste en retrait ; socialement, il n’est pas « comme eux ». De plus, il sait qu’il doit bien se comporter pour s’intégrer à son nouveau lycée. Ne pas faire de vagues, bien que l’envie de fuir soit grande. Son rôle principal, il le joue auprès de sa petite sœur, en grand frère protecteur qui prend le relais des parents, présents, mais absents. Une rencontre peut tout changer : celle-ci va se présenter sous les traits de sa professeur de français : La Fernandez, comme les élèves la surnomme. Une femme qui va tout de suite deviner le potentiel de Quentin, lui prouver qu’il a des capacités -de manière rude, parfois- et ne pas le lâcher pour qu’il endosse le rôle qui va changer sa vie. Ce rôle, c’est celui de Tom, dans la pièce de Tennessee Williams, La Ménagerie de verre, un personnage qui a des points communs avec Quentin, ce qui va lui permettre d’exorciser son envie de fuir, en travaillant à la création de cette pièce, avec d’autres élèves. Une oeuvre qui va bouleverser sa vie, car entre les rencontres avec ses camarades, les erreurs d’interprétation, et l’amour qui va s’en mêler, Quentin va trouver pendant cette année scolaire, une alliée, ainsi que sa voie.

La page Facebook de l’auteur est ICI

 © Les Chroniques de Mlv 19-01-2014

© Un livre après l’autre

Coup de cœur de la rentrée !

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4ème (extrait) : « Il va falloir vous accrocher parce que la puberté, c’est complexe. Cette histoire n’est pas pour les mioches, je vous préviens. Si vous croyez encore aux princes qui arrivent sur un cheval blanc un matin et vous envoient un texto  « Salut, mon ange, je passe te prendre en scoot en bas de chez toi ! Tu as gagné à la grande loterie de mon cœur ! », laissez tomber ! Mon aventure n’est pas pour vous. « …

Avec cette quatrième, le ton est donné ! Une fois de plus, Jo Witek nous emmène dans un monde compliqué, celui de l’adolescence. L’héroïne de ce roman est touchante, maladroite, garçon manqué, ne comprend rien aux codes imposés entre les filles et les garçons, alors, évidemment… Elle attend son prince charmant, et son premier baiser. Les copines prennent soin d’elle, lui imposent leurs choix, mais Fred se cabre, prend des chemins de traverse, et devient par défi -ou par protection- la « célibre » la plus populaire !

Sur l’asphalte, elle EST la reine du skate, et laisse sa passion s’exprimer. Un vrai défouloir, où elle peut rester elle-même. Lorsque son histoire familiale se complique, qu’elle doit suivre ses parents en Normandie, au chevet de son grand-père ; Fred ne s’attend à rien, et pourtant, c’est un deuil, ainsi qu’un secret de famille, qui vont lui permettre de trouver son propre chemin.

Un vrai coup de cœur pour la fraîcheur de cette histoire, qui prouve qu’en restant soi-même, bien des portes -même les plus inespérées- peuvent s’ouvrir !

© Les Chroniques de Mlv 13-10-2013

© Un livre après l’autre

Rêves en noir – Jo Witek

Rêves en noir Jo Witek

L’histoire : À 4 ans, le monde tout rose de Jill a basculé ; celui de ses parents, aussi. Atteinte d’une tumeur, une opération sauve la vie de la petite fille, mais lui prend la vue. Des années plus tard, alors qu’elle est en révolte contre son handicap et qu’elle s’est intégrée dans une école spécialisée, Jill transgresse tout ce qui peut l’être, étape après étape, pour être « une fille de seize ans comme les autres ». Une nuit, elle commet un acte fou…

J’avais beaucoup aimé Peur Express, le premier thriller de Jo Witek, c’est donc tout naturellement que je me suis lancée dans la lecture de son nouveau roman, sorti récemment chez Actes Sud Junior. Tout d’abord, il est indéniable que l’auteure sait parfaitement restituer les tourments de l’adolescence, mais aussi, celui du monde dans lequel ils évoluent, car tout au long de l’histoire, on est happé par le décor de son roman. Jill Le Bellec, est donc une adolescente en pleine révolte contre son handicap, elle repousse les limites, jusqu’au jour, où, lors d’une soirée avec ses parents, elle va franchir une ligne… Celle-ci va la mener tout droit aux pays des songes, pour un voyage en couleur, et une rencontre avec un mystérieux inconnu qui va la hanter, elle voudra le sauver, bien sûr, et comprendre ce qui les lie. Le traumatisme et l’opiniâtreté de Jill vont faire basculer l’équilibre précaire de toute la famille ; son père (attentionné) coach sportif de sa fille, qui lui apprend l’endurance, pour « être comme tout le monde », sa mère, comédienne, qui a repris son métier pour continuer à vivre malgré tout, ainsi qu’une petite sœur, qui peine à trouver sa place, vont être secoués par le voyage que va s’imposer la jeune fille, afin de trouver la clé de l’énigme de ses voyages en couleur. En bref, une histoire qui ne se lâche pas ; quant à la fin, je ne peux vous en dire plus, mais elle correspond parfaitement à la toile de fond de cette histoire…

© Les Chroniques de Mlv 03-03-2013

© Un livre après l’autre

Peur express

peur express Jo Witek

L’histoire : Un TGV Paris-Perpignan, nous sommes le 22 décembre, l’effervescence des fêtes est à son paroxysme, les voyageurs s’installent, le voyage commence, puis : un viaduc, une tempête de neige… et pour le reste, à vous de découvrir ce qu’une dizaine de voyageurs vont avoir en commun -ou pas, pour affronter la nuit la plus terrible de leurs vies…

 Avec comme fil rouge une enquête sur un train stoppé en plein milieu d’une tempête de neige et au-dessus d’un viaduc, je ne pensais pas que l’auteure allait emmener son histoire dans cette direction… Mais je ne vous en dirai pas plus, car dès le début, avec cette trame de fond, peut-être penserez-vous -comme moi- à une seule façon de mettre les pièces de ce puzzle en place ; je me suis trompée. Avec habileté, Jo Witek décrit aussi bien le monde ferroviaire, que ses personnages principaux : six adolescents dont les peurs vont être exacerbées par ce voyage. D’Indie à Zimri, de Dylan à Nyoko, de Waafa à Virgil, sans oublier le petit -mais déjà TRES mature- Alexis ; voilà sept histoires qui vont se croiser, pour transmettre un message, celui que quelquefois, nos peurs, ainsi que nos angoisses, devant lesquelles nous tentons de nous enfuir, nous rattrapent, toujours, pour nous montrer qu’un apaisement est parfois possible. Enfin, Je ne peux pas finir cette chronique, sans parler de Jeanne la TGViste, et de son collègue Robert, femme et homme, de tête, et de caractère, qui protègent, à leur manière, les voyageurs de ce train maudit, alors que leurs vies subissent de grands changements… Enfin, dans cette histoire, il y a aussi un sanglier… Mais pour comprendre ce dernier clin d’œil, plongez-vous dans cette lecture prenante, divertissante, qui a provoqué quelques frayeurs chez moi, je dois l’avouer, par moment.

© Les Chroniques de Mlv Décembre 2012

© Un livre après l’autre