Rencontre avec Ketty Rouf !

Ketty Rouf – Photo droits réservés Marion Vallée

Le premier roman de Ketty Rouf « On ne touche pas » vient d’être récompensé par le Prix du Premier Roman 2020. Récompense méritée, pour cette histoire envoûtante au cœur de deux univers opposés, ainsi que pour son auteure dont la plume est à suivre, c’est certain ! Ketty Rouf donne désormais des cours d’italien pour adultes, et travaille également comme traductrice et interprète. Je la remercie infiniment pour sa disponibilité et sa gentillesse. En ce lundi matin d’une nouvelle semaine de confinement, servez-vous un thé ou un café, installez-vous confortablement, et découvrez tranquillement l’interview ci-dessous.

Un Livre après l’autre :  Bonjour Ketty, votre parcours professionnel vous prédestinait-il à devenir romancière ?

Ketty Rouf : Plus que mon parcours professionnel, c’est le parcours personnel qui peut expliquer le choix de l’écriture. Je pense à mon goût pour la lecture et à mes études de philosophie. La jeune adolescente que j’ai été, se posait toujours beaucoup de questions « existentielles », j’allais chercher des éléments de réponses dans les romans, j’ai ensuite décidé de faire des études de philosophie parce que je sentais que c’était important pour ma vie. À mes yeux, littérature et philosophie sont complémentaires, l’une pense par images, l’autre par concepts.

 Un Livre après l’autre : Quelle est la genèse de « On ne touche pas » ?

Ketty  Rouf  : L’idée m’est venue grâce à la fréquentation des deux mondes dont il est question dans le roman. Le monde de la nuit, des cabarets et des clubs de striptease et le monde de l’enseignement public. J’ai aussi suivi et donné des cours d’effeuillage, souvent des cours particuliers. Les femmes que j’ai rencontrées se confiaient souvent, parlaient de leur vie intime, dévoilaient certains « secrets ». La pratique de l’effeuillage était mystérieusement accompagnée par une mise à nu intime et cela m’a beaucoup aidée à trouver le personnage de mon roman : une femme qui redécouvre son corps après l’avoir tant détesté, grâce à une expérience – danser nue – qu’on croit dégradante mais qui en réalité lui donne la force de faire face au quotidien avilissant de sa vie d’enseignante à l’Education nationale. Strings pailletés et hauts talons versus Xanax et des insomnies !

Un Livre après l’autre : La musique joue un rôle particulier dans la vie nocturne de Joséphine. A-t-elle accompagné l’écriture de votre roman ?

Ketty Rouf : Pour écrire j’ai besoin de silence. Un silence absolu. Mais pour aller chercher l’émotion qui m’aide à écrire, je peux écouter de la musique, mimer une scène, créer une atmosphère.

Un Livre après l’autre : Vous avez reçu le Prix du Premier Roman 2020 pour « On ne touche pas ». Comment vivez-vous cette reconnaissance ?

Ketty Rouf : Pour le moment, j’ai l’impression que c’est l’histoire de quelqu’un d’autre ! Plus sérieusement, lorsque mon éditrice, Véronique Ovaldé, me l’a annoncé, j’ai failli tomber par terre. C’est une joie immense et un très fort sentiment de reconnaissance. Je pense à ma maison d’édition, Albin Michel, à mon éditrice, à mon attachée de presse, Florence Godfernaux et à mes deux agents, Laure Pécher et Pierre Astier. Je suis bien accompagnée et conseillée, je considère que c’est notre prix. C’est un grand honneur mais aussi une responsabilité dont je m’efforcerai d’être à la hauteur.

Un Livre après l’autre : Si mes renseignements sont exacts, les droits d’adaptation au cinéma sont d’ores et déjà optionnés. Selon vous, quelle(s) actrice(s) pourrai(en)t interpréter Joséphine ?  

Ketty Rouf : Oui, c’est exact : « On ne touche pas » a été optionné par Les Films du Kiosque, la scénariste travaille déjà à l’adaptation. Nous avons pensé à quelques actrices. Bientôt j’en saurai un peu plus. Je vous prie néanmoins de m’excuser, mon côté superstitieux m’oblige à ne pas trop en dévoiler.

Un Livre après l’autre : En tant que lectrice, avez-vous des romans ou des auteur(e)s fétiches ?

Ketty Rouf : J’aime beaucoup les classiques (Balzac, Maupassant, Calvino, Dostoïevski…) et je pense qu’il faut les relire de temps en temps. Un de mes grands auteurs fétiches est l’italien Antonio Tabucchi. J’aime aussi lire du théâtre, j’ai dernièrement découvert Hanokh Levin.

Un Livre après l’autre : Le confinement actuel est-il propice à un nouveau projet littéraire ?

Ketty Rouf : Oui, ce sont les joies du confinement : consacrer du temps à un nouveau projet d’écriture, faire des recherches, lire, prendre des notes, aller vers de nouveaux personnages. La construction d’une fiction est pour moi l’alternative joyeuse à la réalité du drame que nous vivons à présent.  

Si vous n’avez pas lu « On ne touche pas », je vous invite à le faire ! Vous pouvez également poursuivre la rencontre avec Ketty Rouf, via sa page Facebook .

© Un Livre après l’autre

La fièvre – Sébastien Spitzer

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La fièvre – Sébastien Spitzer – Albin Michel

Attention, Pépite !

Memphis, juillet 1878. Cook. Keathing. T. Brown. Trois noms emportés dans la tourmente…

Anne Cook dirige une luxueuse maison close, elle est habituée à recevoir tous les hommes de Memphis dans son établissement. Keathing, est un dirigeant de presse perdu dans ses problèmes personnels, il va provoquer la panique en rédigeant un article sur la situation sanitaire.   Raphaël T. Brown, est un ancien esclave, la haine raciale lui interdit de vivre libre dans sa ville. Ces trois personnages vont devenir les piliers d’une ville désertée par la panique des uns, et la lâcheté des autres. Parmi les visages croisées, comment ne pas évoquer celui de la jeune Emmy, une petite fille en quête d’un père dont elle attend le retour avec impatience…

Inspirée d’une histoire vraie, Sébastien Spitzer conte ici  une période ressemblant étrangement à notre vingt et une siècle. Un virus décime des milliers de personnes, un racisme ordinaire montre son vrai visage.

Des premières pages glaçantes, jusqu’à la note de l’auteur concernant la genèse de ce roman, Sébastien Spitzer capte l’attention de son lecteur.

« La fièvre » est une pépite que je vous invite à lire sans tarder, si cela n’est pas déjà fait !

© Un Livre après l’autre

On ne touche pas – Ketty Rouf

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Ketty Rouf – On ne touche pas – Albin Michel

Joséphine est professeure de philosophie dans un lycée de Drancy. Son quotidien est fait de classes indisciplinées, de perturbateurs,  de supérieurs hiérarchiques qui ferment les yeux sur les violences quotidiennes. Seul son collègue Martin a grâce à ses yeux…

La nuit, Joséphine, drapée d’une robe et de lingerie suggestives, se farde de paillettes, se déhanche sur des talons vertigineux au son d’une musique ensorcelante. Elle frôle les hommes,  attise leur désir,  dans la chaleur d’un salon privée d’un club de strip tease des Champs-Elysées. Pendant une nuit entière, Joséphine devient Rose Lee, trouvant ainsi une raison d’exister entre deux paquets de copie à corriger.

Avec « On ne touche pas », Ketty Rouf dessine le portrait d’une femme perdue, tant ses rêves ont été piétinés. Sa vie qui bascule, le jour où elle s’offre son premier cours d’effeuillage. Autour de cette héroïne, il y a toutes ces filles de la nuit, ainsi que Hadrien, qui apporte une note d’espoir dans la vie de Joséphine…

L’histoire de Joséphine/Rose Lee est atypique, les personnages qu’elle côtoie aussi attachants qu’elle.

Au final, « On ne touche pas » est une premier roman envoûtant.

Ketty Rouf est une plume à suivre.

© Un Livre après l’autre

 

 

 

Va où le vent te berce – Sophie Tal Men

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Sophie Tal Men – Va où le vent te berce – Albin Michel

Lorsque Matthieu récupère sa cousine Anna à l’aéroport, la jeune femme est sonnée par l’uppercut que la vie vient de lui asséner.

Gabriel, lui, est un être meurtri. C’est auprès de  Giagià et Papouss qu’il a appris à continuer à vivre, avec son frère Evann.

Quel bonheur de retrouver la plume de Sophie Tal Men avec ce cinquième roman « Va où le vent te berce » ! Au fil des pages, la romancière réunit deux êtres blessés. Grâce au petit Andréa, c’est le métier de berceur de bébés qui est mis en avant.  Gabriel va s’embarquer par hasard dans celui-ci, mais le hasard existe-t-il ? Adoucir la vie, soulager, prendre le relais, le jeune homme va se révéler dans ce rôle qu’il endosse à la perfection, au fur et à mesure que l’histoire avance…

« Va où le vent te berce » est un roman touchant, rythmé par l’émotion à chaque page. Si vous avez lu la trilogie médicale bretonne de Sophie Tal Men,  ce sera l’occasion de retrouver Anna, pour les autres, vous découvrirez ce personnage plein d’énergie qui va peu à peu revenir dans la vie.

Sorti avant le confinement, ce roman a toutes les qualités pour se glisser dans votre sac de plage ou votre valise, pendant cet été 2020,  car une fois commencé, cette histoire ne se lâche pas !

« Va où le vent te berce » est assurément UN de mes romans de l’été !

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Jackie et Lee – Stéphanie des Horts

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Jackie et Lee– Stéphanie des Horts – Albin Michel

Que raconter  sur les soeurs Bouvier ?  Leur antagonisme ? Leur enfance ?

Que découvrir sur le mythe Kennedy, sur celui d’Aristote Onassis ou Gianni Agnelli ?

Avec une plume vive et malicieuse, Stéphanie des Horts plonge avec délectation au coeur de ces années fulgurantes  où Jackie et Lee tissaient leur toile, afin de rester sur le devant de la scène !

Dès le départ, les jeux sont faits : Lee est belle, Jackie est intelligente. Avec comme bagage familiale  l’adage de leur mère : « marry money » et un père victime de ses démons, les deux soeurs entament une course de fond… Bien que Lee se marrie la première, c’est Jackie qui remporte tous les suffrages en réalisant le « plus beau » des mariages      -savamment calculé ;  montrant même un sang-froid exemplaire à toute épreuve…

Lee, elle, cherchera jusqu’au bout une preuve d’amour de la part de sa soeur…

De soirées en rencontres, de drames familiaux en trahisons, ce livre est une fantastique balade aux côtés des soeurs Bouvier !

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Qui ne se plante pas ne pousse jamais – Sophie Tal Men

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Qui ne se plante pas ne pousse jamais – Sophie Tal Men – Albin Michel

Lorsque Jacqueline apprend qu’elle est malade, elle décide d’insuffler un nouveau sens à la vie des deux êtres qu’elle aime le plus au monde : Alexandre, ce jeune interne qu’elle a élevé -dont le futur mariage avec Hortense ne semble pas le rendre particulièrement heureux- ainsi que Margaux, sa petite-fille qui se noie dans un tourbillon de voyages,  afin de promouvoir la chocolaterie  familiale  « La vie, c’est comme une boîte de chocolats ».

Cette grand-mère espiègle et émouvante va entraîner les siens dans un véritable jeu de piste ! Du Cap Fréhel à Cuba, en passant par Paris, Jacqueline va offrir un vrai chemin de retour à la vie à ses petits-enfants, alors que l’inévitable se prépare. Sur cette nouvelle route  Sandy -l’assistante de Margaux-  et Raphaël -le cousin de Margaux- auront un rôle à jouer, sans oublier  Nietzche, le whippet de Jacqueline.

Après sa trilogie médicale bretonne, Sophie Tal Men propose avec « Qui ne se plante pas ne pousse jamais », un quatrième roman réjouissant,  à savourer sans hésitation, comme un carré de chocolat du meilleur cru !

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Concours pour le Paradis – Clélia Renucci

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Concours pour le Paradis – Clélia Renucci – Albin Michel

20 décembre 1577, Le Palais des Doges brûle. Dans la salle du conseil, les flammes dévorent le « Paradis », bientôt, il n’en reste que des fragments. Après la catastrophe, les hommes de pouvoir -les « maîtres » de Venise- organisent un concours : un nouveau Paradis devra orner les murs du joyau vénitien, lorsque celui-ci renaîtra, tel un phénix.

Avec ce premier roman foisonnant, Clélia Renucci emporte son lecteur dès les premières pages dans un voyage dès plus somptueux, au coeur d’une Venise colorée, sensuelle, inspirée -d’une rivalité, également, celle entre Tintoret et Véronèse.

Les destins se façonnent sous la plume de l’auteure, les participants comme les jurés de ce concours dévoilent peu à peu leurs préférences, leurs secrets, leurs rivalités, les maîtresses partagées,  au  coeur de la Serénissime.

Véronèse, Palma le jeune, Tintoret,  Francesco Bassano, qui sortira vainqueur ?…

Précipitez-vous sur ce premier roman majestueux, cet hymne à l’art, à la beauté, à la culture.

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Le malheur du bas – Inès Bayard

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Le malheur du bas – Inès Bayard – Albin Michel

L’histoire :   Marie et Laurent forment un couple heureux, avec une vie toute tracée, bénéficiant d’un confort matériel. Le seul bonheur manquant est un enfant.  Un jour, en sortant de son travail, Marie est violée. Elle ne dit rien, rentre chez elle,  tente de survivre à sa manière, découvre qu’elle est enceinte.

À l’instar de Leïla Slimani dans Chanson douce, Inès Bayard ouvre son roman avec une scène choc. En ricochet à cette scène d’ouverture, d’autres aussi insoutenables suivront, afin de raconter le crime dont a été victime Marie, sa descente aux enfers -sans oreilles attentives pour comprendre ce qui est en train de la tuer, une seconde fois.

« Le malheur du bas » est un premier roman dérangeant, une histoire qui vous saisit, vous oppresse, vous interroge.

Inès Bayard possède une plume prometteuse, à suivre.

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Rentrée Littéraire – Albin Michel

Douze titres en Littérature française :
  • Le malheur du bas, Inès Bayard,
  • Nous, les vivants, Olivier Bleys,
  • Ce coeur qui haïssait la guerre, Michel Heurtault,
  • Les belles ambitieuses, Stéphane Hoffmann,
  • Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb,
  • Quatre-vingt-dix secondes, Daniel Picouly,
  • Une vie de pierres chaudes, Aurélie Razimbaud,
  • Concours pour le Paradis, Clélia Renucci,
  • Fracking, François Roux,
  • Modèle vivant, Joann Sfar,
  • Le retour du phénix, Ralph Toledano
  • La Toile du monde, Antonin Varenne

 

Deux titres en littérature étrangère :
  • Une douce lueur de malveillance, Dan Chaon
  • L’affaire Sparsholt, Alan Hollinghurst

 

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De battre la chamade – Sophie Tal Men

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De battre la chamade – Sophie Tal Men – Albin Michel

 

Voilà, c’est fini… Marie-Lou et Matthieu -sans oublier Écume- Bertrand et Farah,  sont désormais à bord du grand bateau de la vie ! Personnages attachants, l’envie de ne pas les laisser s’envoler  est forte…

Avec  «De battre la chamade» , c’est un grand plaisir de lecture qui vous attend ! Entre retrouvailles avec Marie-Lou et Matthieu, rencontres  avec  l’impétueuse Marie et le fantasque Docteur Breton,  Sophie Tal Men vous emmène dans un  formidable voyage de Quimper à L’île de La Réunion, de Groix à Brest, dessinant pages après pages un chemin de vie lié aux questions posées depuis le début des aventures de Marie-Lou et Matthieu.

«De battre la chamade» est le troisième et dernier opus de la saga médicale de Sophie Tal Men démarrée avec «Les yeux couleurs de pluie» ;  alors, larguez les amarres et laissez-vous emporter par  ce roman qui clôt avec de jolies réponses, une trilogie dès plus addictive !

© Un livre après l’autre

Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

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Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin – Albin Michel

Dans ce roman, Valérie Perrin conte le destin de Violette Trenet, une jeune fille née sous X. Quelques années plus tard, Violette a épousé Philippe Toussaint. Celui-ci s’avère être violent, volage et fainéant. Face aux fugues régulières de son époux, celle-ci ne se plaint pas, et travaille jusqu’à épuisement…

 

Lire «Changer l’eau des fleurs» de Valérie Perrin, c’est être happé par des mots, «Je m’appelle Violette Toussaint. J’ai été garde-barrière, maintenant, je suis garde-cimetière». C’est partir à la rencontre de Violette, de sa profession, de ces multiples histoires familiales dont elle peut témoigner, de son destin.  C’est ouvrir les journaux intimes de ses voisins, découvrir des vies aux multiples nuances dans lesquelles bonheurs et sacrifices se côtoient. C’est ouvrir les volets d’un cabanon à Sormiou, nager dans des eaux cristallines,  tomber en amitié avec Célia et Sasha -Deux êtres porteurs de vie et d’espoir- c’est craquer pour Léonine,  espérer un chemin plus doux pour Violette, pleurer avec elle, boire du porto avec elle, jardiner avec elle, caresser tutti-frutti, et lorsqu’un messager toque à la porte de Violette afin de comprendre l’histoire d’Irène et Gabriel, c’est regarder le soleil se lever…

«Changer l’eau des fleurs» est un roman merveilleux !

Partez à la rencontre de Violette, si cela n’est pas encore fait !

© Un Livre après l’autre

 

 

 

Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

Suite à un événement traumatisant survenu dans son enfance, Manushe est devenue -à l’adolescence-  une «vierge jurée» ;  une condition lui permettant de se protéger, d’être respectée,  en vivant comme un homme. Elle travaille, possède, décide. Afin d’obtenir ces droits,  elle a enterré ses attributs féminins sous un flot de vêtements masculins. Ainsi habillée, sa vie est tracée : elle promet aux anciens de ne jamais s’unir, de ne jamais fonder de foyer. Le courage qu'il faut aux rivières EFEn contant le destin de Manushe, Emmanuelle Favier signe un premier roman poétique, troublant, captivant -parfois très violent-  emportant le lecteur au cœur d’une civilisation où la femme n’a aucun droits, mais UN seul devoir : subir le sort qui lui est imposé dès son plus jeune âge.

La petite communauté des balkans basculera dans la violence, lorsque «l’étranger» Aidan (au passé tourmenté) accueilli avec bienveillance,  posera son regard perçant sur Manushe. Le lecteur, lui, ne souhaitera qu’une seule chose : la paix du corps et du cœur pour la jeune femme des balkans…

Un premier roman captivant sur le droit des femmes, la quête d’identité, la quête de soi, et le courage qu’il faut pour surmonter les obstacles les plus violents.

© Les Chroniques de Mlv – 15-09-2017

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Sophie Tal Men !

SOPHIE TAL MEN PHOTO

Ces dernières semaines, parmi les lectures choisies au hasard de ma PAL, de mes envies,   «Les yeux couleur de pluie» fut une très jolie surprise. C’est avec plaisir que j’accueille aujourd’hui Sophie Tal Men, qui  a gentiment accepté de répondre à un petit questionnaire,  je la remercie à nouveau pour sa disponibilité, et vous laisse en sa compagnie, afin de découvrir son parcours ainsi que ses futurs projets littéraires !

Les yeux couleur de pluie – Sophie Tal Men – Éditions Albin Michel

 

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Sophie, merci  d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Tout d’abord, comment le virus de l’écriture est entré dans votre vie? 

Sophie Tal Men :  L’écriture m’accompagne depuis que je suis enfant. J’ai toujours aimé être dans la création: poèmes, dessin, théâtre… Laisser libre cours à mon imaginaire débordant. Activités artistiques que j’ai dû mettre de côté après le lycée en me consacrant pleinement à mes études de médecine. L’année dernière fut le moment pour moi de rattraper le retard. Si retard il y a…

Beaucoup de médecins écrivent sans que l’on connaisse forcément leur formation initiale. Prenez Jean-Christophe Rufin, il était neurologue comme moi, mais a très peu exercé. Oliver Sacks est aussi une référence. C’est son livre « l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » qui m’a donné envie de faire médecine. Le cerveau est un organe qui me fascine et j’ai le sentiment d’en découvrir un peu plus chaque jour en faisant ce métier!

Je voulais raconter quelque chose de différent par rapport à ce qu’on peut lire ou voir sur le milieu médical. Un univers plus intime, moins spectaculaire. L’hôpital est un vivier propice à l’écriture : nous rencontrons une multitude de gens et sommes amenés à rentrer très rapidement dans leur intimité. Des moments forts, chargés émotionnellement. C’est particulièrement vrai en neurologie où nous sommes confrontés au handicap et aux bouleversements que cela engendre pour le patient et son entourage.

Les Chroniques de Mlv : Dans un premier temps «Les yeux couleur de pluie» a rencontré le succès via  l’auto-édition.  Pourquoi ce choix ?

Sophie Tal Men J’ai achevé le manuscrit des « yeux couleur de pluie » en février 2015. Sans trop savoir comment procéder par la suite. Je connaissais la plateforme kdp d’Amazon et j’avais pu suivre quelques « sucess story ». Mais j’avoue que l’idée de m’exposer en auto-éditant mon texte seule sur internet m’effrayait beaucoup. J’avais peur qu’on me reconnaisse, qu’on me critique et qu’on me juge. Compliqué d’avoir confiance en son manuscrit – suffisamment pour le publier – quand les seuls retours sur le texte sont ceux de la famille et des amis proches. Public conquis d’avance.

Je l’ai donc d’abord envoyé à 16 grandes maisons d’édition. En croyant au miracle : que le texte soit repéré parmi les 40 reçus quotidiennement. Les réponses pouvaient mettre plusieurs mois, c’était noté sur leur site. Je le savais et pourtant… cela m’a semblé très long. Interminable. Je pensais sans cesse à mes personnages : Marie-Lou, Matthieu, qui m’avaient fait vibrer durant ces longs mois d’hiver et que j’avais eu tant plaisir à faire évoluer au fil des pages. Impossible d’imaginer qu’ils puissent rester au fond de mon tiroir ! Impossible ! J’avais besoin d’être lue, besoin des retours de lecteurs inconnus. Comme quand on attend un bébé, que la fin des 9 mois approche et qu’on trépigne d’impatience.

Au bout de deux mois, seules deux maisons m’avaient répondu négativement. Le texte ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Phrase évasive passe-partout qui me faisait me demander si le texte a vraiment été lu. L’écriture du manuscrit commençait à être loin et la confiance que j’en avais s’étiolait au fil des jours.  Alors je décidai – poussée par mes proches – de choisir moi-même le jour de l’accouchement. Il se ferait à la maison, seule, devant mon ordinateur. Et en un clic, la peur au ventre, je postai mon texte le 29 avril 2015 sur kdp. Sur ma page auteure, une femme en ciré jaune posait de dos. Mon éditrice quelques mois plus tard pensa à un coup-marketing. J’étais juste incapable à ce moment de montrer mon visage.

 Alors que l’attente m’avait semblé si longue les mois d’avant. Là, ce fut l’excès inverse. En seulement 15 jours, les ventes ont explosé et je me suis retrouvée dans le top 10 des ebooks d’Amazon. Au bout d’un mois, j’étais numéro 1. Avec plus de cent téléchargements par jour !

Je me souviens avoir été très vite appelée par l’équipe d’Amazon se demandant qui était l’auteure inconnue arrivant en tête de leur palmarès. Plusieurs coups de téléphone ont suivi plus improbables les uns que les autres. Une grande maison d’édition puis une deuxième…

Comme le début de cette aventure d’auto-édition, ce fut juste un rêve. Je suis allée fin juin à Paris rencontrer deux maisons d’édition. L’accueil fut très chaleureux. Un vrai tapis rouge ! À tel point que je ne savais pas laquelle des deux choisir en rentrant en Bretagne. La liste des auteurs déjà édités chez Albin Michel (Van Cauwelaert, Nothomb, Pancol, Ledig…), la rencontre avec Lina mon éditrice, la confiance et la motivation de leur directeur éditorial : Richard Ducousset m’ont définitivement convaincue.

Les Chroniques de Mlv«Les yeux couleur de pluie» est le premier opus  d’une trilogie. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les deux prochains tomes ? Sont-ils déjà en cours d’écriture ?

Sophie Tal Men  : Comment m’éloigner de Marie-Lou et de Matthieu après le dernier chapitre ? Impensable ! Vous les retrouverez donc au printemps prochain, toujours chez Albin Michel. L’écriture est déjà terminée avec des retours très positifs du comité de lecture de la maison.

Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura encore plus de Matthieu. Que je me suis vraiment   amusée avec son personnage. On y retrouvera la Bretagne dans une version plus estivale, l’univers hospitalier, celui de la neurologie mais aussi celui de la psychiatrie… J’ai hâte d’avoir vos retours de lecture ! Je suis actuellement en pleine rédaction du 3ème volet… J’y ai pris goût, on ne m’arrêtera plus !

Les Chroniques de MlvDans une journée, quel  est le moment le plus propice à l’écriture ?

Sophie Tal Men  : L’inspiration me vient le soir quand mes trois enfants sont couchés. Seul moment de la journée où je peux me poser et laisser libre cours à mon imagination. Un moment précieux et ressourçant.

 Mes personnages sont toujours dans un coin de ma tête au travail. Quand il m’arrive d’avoir une idée entre deux consultations, je la gribouille sur un bout de papier ou dans les notes de mon téléphone pour l’exploiter le soir venu au son de la trompette d’Ibrahim Maalouf.

Les Chroniques de Mlv : Qu’il soit de la rentrée littéraire, ou de quelques mois, avez-vous un  coup de cœur littéraire à partager avec nous ?

 Sophie Tal Men : Deux coups de cœur ces derniers mois. Deux écritures rythmées qui se lisent le sourire aux lèvres. Qui traitent des sentiments, des relations aux autres, du temps qui passe et qui nous renvoient à notre propre vie. « Tu comprendras quand tu seras grande » de Virginie Grimaldi. «  On dirait nous » de Didier Van Cauwelaert. Et ce n’est pas parce qu’il est chez Albin Michel ! Je le suis depuis longtemps

Je remercie infiniment Sophie Tal Men pour avoir accepté de répondre à cette interview, et vous invite à poursuivre cette rencontre en allant sur sa page Facebook  ICIainsi qu’en découvrant la rencontre de Marie-Lou et Matthieu dans «Les yeux couleur de pluie», si ce n’est déjà fait !

© Les Chroniques de Mlv – 03-09-2016

© Un livre après l’autre

Cabale Pyramidion – Samuel Delage

Cabale Pyramidion Samuel Delage

Musée égyptien du Caire. Marion Evans est poursuivie pour vol. Une statuette a été retrouvée dans son sac…

Paris. Yvan Sauvage est tiré du lit par un message téléphonique d’un de ses confères, celui-ci  lui apprend que son ancienne stagiaire est accusée de vol. La dernière fois qu’il a vu l’insondable Marion lui revient en tête… Aussitôt, il décide de s’envoler pour l’Egypte, afin de lui venir en aide.

Aventure, dépaysement, trafic d’art, corruption, cette troisième aventure du couple Sauvage/Evans est riche en rebondissements ! Samuel Delage emporte son lecteur  dans différents univers, que ce soit dans les coulisses du monde de l’art, que celui plus sombre de la justice. Cette enquête permet aux lecteurs de se promener dans les coulisses d’un pays dans lequel de nombreux joyaux attirent les appétits.

À la fin du livre, un bonus bien sympathique, celui des  visages de Yvan et Marion, dessinés par Michel Montheillet. Un cadeau bien agréable pour le lecteur, après une aventure dans laquelle le duo aura été bien malmené !

© Les Chroniques de Mlv – 22-08-2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Samuel Delage !

PHOTO SAMUEL DELAGE POUR ITW

Dans «Cabale Pyramidion»,  Samuel Delage retrouve ses personnages fétiches Yvan Sauvage et Marion Evans, afin de les entraîner dans une aventure égyptienne riche en rebondissements ! Samuel Delage est également à l’origine du site  «Les petits mots des libraires», sur lequel il relaie les fiches coups de coeur qui fleurissent dans les librairies. Une idée formidable, qui a tout de suite trouvé écho auprès des lecteurs avident de viviers de lectures ! Je vous propose de rencontrer Samuel Delage, via l’interview à laquelle il a gentiment accepté de répondre.

 Cabale Pyramidion – Samuel Delage – Éditions Albin Michel

 

Les Chroniques de Mlv : Comment un informaticien devient-il écrivain ?

Samuel Delage : L’écriture répond chez moi à une sensibilité et un désir de partager des émotions, qui viennent s’associer à l’envie de créer des histoires, mais aussi de puiser dans ce qui m’attire et m’interroge. L’activité de romancier offre des perspectives sans limite, c’est le chemin de l’évasion et de l’exploration.

Les Chroniques de Mlv : Est-ce votre fascination pour l’Histoire -via votre site La minute de l’Histoire– qui est la genèse des aventures du couple Sauvage/Evans ?

Samuel Delage : Les richesses historiques de notre monde attisent ma curiosité. Les rencontres et échanges avec des spécialistes dans de nombreux domaines sont à la source de mes travaux. Le besoin de partager au-delà des romans a trouvé son chemin ou plutôt sa « voix », à travers ma première saison de podcasts « La Minute de l’histoire ». Plus de 100 000 téléchargements de cette émission ont fidélisé des auditeurs et des lecteurs également passionnés par ces sujets. Pour mes récits, la création d’un duo de personnages dont l’activité et le caractère s’inscrivent pleinement dans le cadre des thèmes que j’aborde, était une évidence. Et puis à présent, ces personnages me sont si familiers que c’est un plaisir de les faire évoluer de récit en récit. Les lecteurs s’y sont attachés, et j’ai des comptes à leur rendre à chaque publication, je dois faire attention.

Les Chroniques de Mlv «Cabale Pyramidion»  est la troisième aventure de votre sympathique duo, pouvez-vous nous présenter ce nouveau tome ?

Samuel Delage  : Cabale Pyramidion est un roman important pour moi. Le sujet égyptien, à la fois riche et complexe m’a toujours fasciné. La somme de recherches a été une aventure aussi périlleuse que grisante. Je voulais donner une dimension et un réalisme fort au sujet et le traiter d’une manière originale, en associant un aspect social de l’Égypte contemporaine. Ce roman devait aussi marquer une progression significative dans la relation et l’évolution de mes personnages principaux, Yvan Sauvage et Marion Evans.

Les Chroniques de Mlv  : Travaillez-vous actuellement à un nouveau roman ?

Samuel Delage  : J’ai toujours plusieurs romans sur ma table de travail. Un roman dont l’écriture est en cours, et d’autres dont la structure se met en place. Des projets audiovisuels sont aussi en préparation. Mon duo de personnages évolue et le prisme dans lequel je leur donne vie prend de nouvelles dimensions. C’est aussi fascinant, passionnant que chronophage.

Les Chroniques de Mlv : Il y a quelques mois, vous avez lancé «Les petits mots des libraires», comment est né ce site, quel est son  concept ?

Samuel Delage : « Les Petits Mots des Libraires », c’est un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps. Je souhaitais pouvoir mettre en avant les libraires et la qualité de leurs précieux conseils. Un savoir-faire qui est malmené, en partie par le géant américain de vente en ligne. Trouver un équilibre susceptible de soutenir une coexistence me semblait nécessaire et urgent. Alors, c’est en utilisant le moyen matériel des petits mots qu’accrochent les libraires sur les livres pour lesquels ils ont des coups de cœur, que le site est né. Chaque libraire peut ainsi rayonner avec le fruit de son travail en prenant en photo ses petits mots et en les publiant sur ce site 100% dédié à la valorisation de ces conseils professionnels. Le site rencontre un succès fabuleux et met en lumière les conseils et ce qu’apportent les libraires. Ils sont indispensables aux livres et aux lecteurs. Ces libraires, il faut les préserver et chaque geste individuel des lecteurs peut le permettre, en achetant les livres en librairie ou en les commandant via leur site libraire.

Les Chroniques de Mlv : Enfin, en cette période estivale, avez-vous un coup de cœur littéraire à  partager avec nous ?

Samuel Delage  : Étant le premier « lecteur client » de mon site « Les Petits Mots des Libraires », je découvre d’innombrables pépites. J’en parle avec mes libraires de proximité et les échanges sont passionnants. Réduire ma réponse à un seul coup de cœur pour cette importante question m’est trop difficile. Je joue mon joker et je vous invite à explorer les catégories du site « Les Petits Mots des Libraires ».

Je tiens à remercier Samuel Delage pour sa disponibilité, et vous invite à retrouver l’auteur via ses romans,  son site ICI ainsi que celui  Les petits mots des libraires (si vous ne le connaissez pas encore !).

Slog de Samuel Delage ICI 

© Les Chroniques de Mlv – 20-08-2016

© Un livre après l’autre