Atelier d’écriture Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 8

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@ Da Kraplak

4 ème participation à l’atelier d’écriture de Bric à Book 

 

Cette branche est le dernier souvenir de notre maison de famille.
Lorsque j’ai dit adieu à cet endroit merveilleux,  je l’ai photographiée.

Dommage collatéral de notre famille éclatée aux quatre coins du monde, nous avons fait un choix : la vendre. Nous étions si peu à vouloir entretenir le souvenir des longues tablées d’été, ainsi que de ces réveillons de Noël enchanteurs, où grand-père se transformait en père noël :
-il faut bien que ce verre de lait et ces gâteaux disparaissent dans la nuit ! disait-il de sa voix de ténor ! Au petit matin, les yeux des adultes scintillaient, comme ceux de leurs enfants.

Cette branche est désormais sur ma cheminée, de temps en temps, en la regardant, je me remémore ces instants passés, mais aussi ce coin de jardin où j’aimais me réfugier afin de lui confier mes joies, mes peines, mes peurs, mes chagrins, mes victoires.

Ce matin, j’ai reçu un dessin, celui de la petite fille qui habite désormais dans « notre » maison. Je l’ai posé à côté de la photo, mais avant, j’ai envoyé des mails aux quatre coin du monde, avec l’idée de nous retrouver l’année prochaine ; j’ai joint à mon mail le dessin de la petite Anna…

 

© Valérie – Un Livre après l’autre

 

Atelier d’écriture Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 7

 

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@ Tobias Tullius

 

Troisième participation à l’atelier d’écriture de Bric à Book ICI

 

« Il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot » me disais-tu, c’est ce que j’ai fait.

La K7 de la route de nos dernières vacances ensemble est restée au chaud, dans un tiroir secret du meuble acheté sur un coup de folie, lorsque j’ai emménagé, seule, puisque tu avais décidé que tout était fini.

Pas besoin de la ressortir pour connaître les mélodies, chansons et autres poèmes gravés dessus. Ils sont dans ma tête, dans mon coeur. De temps en temps, une envie folle de les entendre par d’autres voix que la tienne, car celle-ci résonne comme si j’étais à nouveau à tes côtés,  dans l’habitacle de la voiture. Tu chantais, déclamais les vers, fredonnais les airs, puis nous nous regardions, heureux. Mon regard ne se perd plus dans le tien, mais dans celui de la mer, en face de la maison.

Te souviens-tu de cette K7 ? Te souviens-tu de notre dernier voyage ensemble ? Nous avions tout prévu, sauf la séparation. Tu es resté dans ce coin de paradis que nous aimions tant, les vacances d’été étaient enfin là, nous avions travaillé sans relâche afin de nous offrir un moment unique.

Aujourd’hui, je feuillette l’album de ma vie, un seul regret :  ne pas t’avoir revu avant que la mort t’emporte. Je t’espère heureux et en paix, où que tu sois. Un jour, Tali, ma fille  -née à l’ère du streaming-  trouvera l’enveloppe et me posera des questions sur son contenu ; je poserai la K7 et la photo sur la table du jardin, nous nous assiérons , et je lui raconterai notre rencontre, notre histoire.

C’était avant tout cela, c’était il y a des années, mais je n’ai rien oublié.

© Valérie – Un Livre après l’autre

Atelier d’écriture Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 4

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@ Barna Kovács

Ma deuxième participation à l’atelier d’écriture d’Alexandra, dont le site est ICI

Dans ses mains, un vestige, celui d’une société qui prenait encore ses photos en argentique. Sur cette pellicule placée en pleine lumière, elle tentait de retrouver une trace de cette vie d’avant, de cette vie qui lui manquait tant. Des visages, des endroits et des événements avaient été fixés à jamais sur ces morceaux de bandes plastifiées.

Quel appareil avait-elle utilisé ? Un Zenit, elle s’en souvenait maintenant, un cadeau de sa famille -une folie- lorsque sa passion pour la photographie était devenue dévorante…

Plus tard, son objectif se fixera sur la joie, les rires, les sourires, la vie, les êtres, mais aussi sur cette faune et cette flore encore préservées…

Dans un carton niché au fond du grenier de la maison, de nombreuses planches étaient encore là, elle avait tout gardé, tout répertorié -même ce qui n’avait pas été montré, développé. À l’heure où cette technique était devenue obsolète, redonner vie à ces fragments restés dans l’ombre était une évidence. Elle descendit dans son laboratoire.

Tout à l’heure, lorsque toute la famille arriverait pour se réunir à nouveau, les clichés perdus seront étalés sur la table basse du salon, ils susciteront la curiosité des enfants, elle leur expliquerait cette vie d’avant, celle dans laquelle ils pourront puiser leur force, afin de réinventer la vie de demain, et survivre.

 

Valérie – Un Livre après l’autre

Atelier d’écriture de Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 1 –

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@Trent Bradley –

 

 

Le phare, lors de ses promenades quotidiennes le long du sentier, son esprit vagabondait toujours, lorsque son regard était happé par ce monument majestueux, dernier rempart avant l’océan. Sa haute tour, sa couronne sombre, sa crête dentelée un peu plus bas, lorsque les couleurs du ciel changeaient au gré de la journée, le spectacle était magique ! Au fur et à mesure qu’elle arpentait le chemin balisé, des petites histoires naissaient dans son imaginaire : L’océan, les voyages, les dangers, les vies solitaires au cœur de ce phare, celles dédiées à éclairer, à aider les marins en détresse, étaient autant de thèmes qui ne demandaient qu’à être explorés. Lorsqu’elle rentrait chez elle, elle ouvrait un cahier, puis se mettait à écrire.  Un jour, peut-être, trouverait-elle le courage d’aller plus loin que ces cahiers…

En attendant, aujourd’hui encore, elle profitait du vent sur son visage, dans ses cheveux, de l’ombre des nuages au-dessus du Phare, de la joie de pouvoir contempler la nature, afin de se reconstruire.

© Valérie – Un Livre après l’autre