Une belle saloperie – Robert Littell

Une belle saloperie R LITTELL

L’histoire : Pour avoir dénoncé un  massacre de civils en Afghanistan, Lemuel Gunn a été révoqué de la CIA. Il est désormais détective privé. L’arrivée d’Ornella Neppi -sublime créature en détresse- va le sortir de sa torpeur, et réveiller en lui son instinct pour sauver la veuve et l’orphelin.  Mais que cherche vraiment la fameuse « comtesse aux pieds nus » ? Est-elle honnête vis-à-vis de lui ?

Un titre provoquant pour entraîner le lecteur dans une histoire où le pouvoir, ce héros si convoité  est étudié par l’auteur à travers chaque strate de la société. Lemuel Gunn est un personnage sympathique, pour celles et ceux qui connaissent le héros créé par Craig Johnson : Walter Longmire, il pourrait être le frère de celui-ci pour son côté attachant. Le style de l’auteur est enlevé, caustique, drôle, j’ai donc beaucoup aimé découvrir celui-ci, car c’est un roman avec lequel je ne me suis pas ennuyée du tout ! Les souvenirs du soldat Gunn sont dévoilés au fur et à mesure que l’affaire sur laquelle il travaille progresse. Les deux histoires vous interpellent, vous font grincer des dents -parfois- et surtout, vous réservent une chute, comment vous dire ? Mais non, je ne vous dévoilerai rien. Sous un côté western moderne, l’auteur amène son lecteur dans une aventure qui dépasse son personnage principal. La guerre, les familles mafieuses, la CIA, la violence quotidienne, tout se mélange pour donner vie à un roman fascinant, un véritable page-turner à découvrir absolument !

Ce livre est en lice pour le Grand Prix de la littérature policière, sera-t-il récompensé ? Réponse demain.

© Les Chroniques de Mlv 16-09-13

© Un livre après l’autre

 

Je ne me souviens de rien – Nora Ephron

Je ne me souviens de rine et autres reminiscences Nora Ephron

 

Nora Ephron : son nom ne vous est sûrement pas inconnu, notamment si vous êtes cinéphile, car elle est à l’origine de comédies célèbres comme « Quand Harry rencontre Sally », « Vous avez un message », ainsi que « Nuits blanches à Seattle », et le tout dernier : « Julie et Julia ». Pour ma part, ce que je ne savais pas, c’est qu’elle avait également écrit des romans. Celui-ci est un petit bijou, de coups de griffe, en coups de cœur, c’est une plongée que l’auteure nous offre dans toutes ces choses qui peuvent nous émouvoir, comme nous énerver, mais dont seul le privilège de l’âge peut enfin nous permettre de nous exprimer… Nora Ephron, dans ce récit, se lâche, avec un oeil -sans concession- sur les autres, comme sur elle même (le passage sur le bide d’un de ses films l’est). Son sens de l’observation nous entraîne dans sa vie, dans ce New York où elle a réussi à se faire une place, au prix de souvenirs mémorables. Ce petit livre est une lettre ouverte aux lectrices/lecteurs qui vont s’aventurer dans sa vie, et reconnaître -au passage- quelques signes particuliers des personnages de ses comédies. Cela se lit d’une traite, avec une émotion particulière pour les deux dernières pages, lorsqu’on comprend que Nora Ephron sait que les mois à venir peuvent être les derniers de sa vie.  Un moment délicieux, mais aussi jubilatoire : son rapport à l’e-mail, avec ces quelques pages croustillantes intitulées « Les six stades de l’e-mail », alors qu’elle a écrit et réalisé « Vous avez un message ». Un petit livre bijou, de ceux qui restent dans votre bibliothèque, que vous allez conseiller autour de vous, car c’est frais, pétillant… et cela fait du bien !

© Les Chroniques de Mlv 20-03-2013

© Un livre après l’autre