Myra Eljundir

Drôle de photo pour illustrer l’interview de ce jour, vous l’aurez remarqué, l’auteure que j’ai eu le plaisir d’interviewer pour ce Slog s’amuse ! Un mystère plane sur la véritable identité de Myra Eljundir, la romancière qui a choisi ce pseudonyme pour écrire les aventures de Kaleb, un personnage doté d’une empathie hors norme, et fasciné par le mal. Cette trilogie est sortie dans la collection R, chez Robert Laffont. De son refuge islandais, l’auteure a accepté de répondre à quelques questions, je l’en remercie, et vous propose de partager ce moment avec moi.

Photo Myra Eljundir

Photo : droits réservés Myra Eljundir

Les Chroniques de Mlv : Myra, bonjour, merci d’être l’invitée de ce Slog. Tout d’abord, sans nous dévoiler votre véritable identité -bien sûr- pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi un pseudonyme pour écrire Kaleb ?

Myra Eljundir : Bonjour à vous et surtout merci pour votre patience : j’ai un peu traîné pour répondre et j’en suis désolée. Les raisons de mon choix de rester « à couvert » sont nombreuses. Elles sont principalement liées à ce ‘petit défaut de fabrication’ que je partage avec Kaleb : j’ai du mal à ne pas me laisser envahir par les demandes, les besoins que je ressens chez les autres et cela m’affecte, me ronge. C’est plus facile pour moi de n’être « personne » en particulier, et que les autres voient en moi ce qui leur convient. Un auteur n’est qu’un médiateur, au final, et je préfère être perçue comme un vecteur d’histoire, le porte-parole de mes personnages, parce que c’est cela qui compte vraiment.

LC de Mlv : Est-ce une manière de vous protéger, de garder une distance avec votre métier d’auteur ?

M.E: Absolument ! Je crois que la distance est primordiale. Il est nécessaire de ne pas se prendre trop au sérieux ou se donner trop d’importance. De toute façon un livre c’est quoi ? Quelques heures dans la vie d’un lecteur. Quelques heures pendant lesquelles on l’a diverti, ému, où on l’a fait réfléchir parfois, certes. Et cela c’est à faire avec sérieux. Mais pour le reste, cela reste quelques heures anecdotiques dans une vie… donc SE prendre au sérieux serait très prétentieux et rien de tel que la distance pour lutter contre la grosse tête. Et puis je vais vous faire une confidence : je m’amuse comme une petite folle en me déguisant et en prenant le contre-pied de ce que demanderait une ‘promo’ classique ! Un auteur à tête de mort ou de licorne, avouez que ça a plus d’allure !

LC de Mlv : L’expérience que vous avez acquise grâce à votre identité secrète était-elle un atout pour écrire Kaleb ?

M.Ah ah ah ! Mais si je n’avais que deux identités, tout irait bien ! Il y a une citation que je vois parfois passer sur Facebook et qui m’amuse beaucoup : « 3 de mes 4 personnalités veulent dormir, mais la quatrième se demande si les pingouins ont des genoux » c’est tout à fait moi, ça ! Bon mais pour revenir à votre question, je suis riche de toutes mes expériences d’auteur (au moins je sais ce que je ne veux pas/plus) et aussi de mes expériences personnelles. Vous savez, les écrivains sont des vampires qui se nourrissent de tout ce qu’ils vivent et de tous ceux qu’ils croisent… même de cette interview.

LC de Mlv : L’histoire de Kaleb est violente ; lui-même, l’est. Pouvez-vous nous raconter comment il est né dans votre imagination ?

M.E: Kaleb c’est moi, en partie. La colère, le sentiment d’injustice, la tentation de tout envoyer paître et de ne plus fonctionner selon des codes qui nous étouffent, les envies de violence, c’est ce que je ressens au quotidien, très fort. J’ai eu besoin de le pousser, de l’écrire, de me créer un alter ego pour me libérer de ça. Et puis comme la création a quelque chose de magique, il s’est incarné et a pris une identité qui lui était propre. Moi j’ai simplement déchiré un morceau du voile mais je ne m’attendais pas forcément à ce qu’il y avait derrière. J’étais loin d’imaginer, par exemple, que j’allais créer cette mythologie des enfants du volcan… pourtant, aujourd’hui, je crois que Kaleb/la colère était là uniquement pour me conduire jusqu’à eux, jusqu’aux origines, jusqu’à l’amour et l’émotion purs qui se dégagent de leur histoire. Il était là pour me réconcilier avec la beauté des choses…

 

LC de Mlv : Pourquoi lui avez-vous donné des origines islandaises ?

M.E: Parce que j’associe Kaleb à un volcan et à l’adolescence. Aucun pays ne lui ressemble autant que l’Islande, terre de feu et de glace en constant mouvement, où des geysers et des solfatares se créent tous les jours, où la topographie évolue presque à l’œil nu ! Pour moi, l’Islande est à la fois une terre forte et fragile, une terre de guerre et de paix… C’est un endroit où j’aime me ressourcer.

 

LC de Mlv : Comment l’écriture est-elle arrivée dans votre vie ?

M.E: Comme une évidence… Comme une extension de moi-même. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit (enfin dès que j’ai su !). Je crois que l’écriture m’est venue dès mon arrivée dans ce monde ! C’était un « package ».

 

LC de Mlv : Comment gérez-vous l’écriture au quotidien ? Avez-vous des habitudes de travail ?

ME: Je ne gère rien du tout. Elle s’impose à moi… J’ai bien sûr des habitudes et des petits rituels… mais si je vous les disais vous pourriez me reconnaître car l’autre moi en a déjà parlé dans des interviews ! (je vais finir schizo).

 

LC de Mlv : Lorsque vous n’écrivez pas, quelles sont vos passions ?  Celles qui vous permettent de vous ressourcer ?

ME : Le sport. Essentiel pour mon bien être physique et psychologique. La musique, la nature que je consomme sans modération ! Rien ne me fait autant de bien que d’être à la campagne ou dans la forêt ! J’enlace les arbres, je caresse la mousse… on me prend sûrement pour une folle mais ça m’est égal ! La vie est trop courte pour se soucier du regard des autres ! Si vous avez lu mon dernier tome, vous savez aussi que j’aime bien faire des gâteaux… je suis gourmande et j’adore partager ce petit vice avec des personnes qui me sont chères !

 

LC de Mlv : Dernière question avant de vous remercier une nouvelle fois pour votre présence.  Dans votre bibliothèque, quel registre littéraire est le plus présent : jeunesse ou polar ?

M. E: Merci à vous de m’avoir donné la parole ! Dans ma bibliothèque, il y a beaucoup de fantastique, de la philo, des manuels de scénariste, des livres de contes… et une magnifique araignée qui fait les 2/3 de ma paume : je n’ose pas la déloger, elle est trop belle !

Pour celles et ceux qui se poseraient la question : non, je n’ai pas deviné la véritable identité de Myra Eljundir !  Je la remercie pour ce moment sympathique passé en sa compagnie, et vous invite à la retrouver sur sa page Facebook ICI !

 

© Les Chroniques de Mlv 16-03-14

© Un livre après l’autre

 

Kaleb – Tome 1 – Myra Eljundir

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A la fin de l’année 2013, Intriguée par le phénomène Kaleb, je me suis décidée à lire le premier tome. Résultat, le premier opus de cette trilogie a été avalé en quelques jours.

Kaleb Helgusson, 19 ans, se découvre empathe. Il lit les émotions des personnes, ce don lui a été transmis par sa mère d’origine islandaise, morte en le mettant au monde. Il vit auprès de son père, déménageant sans cesse, jusqu’au jour où ils s’installent à Paris, un peu plus longtemps, car après tout, ils y sont bien… Les ennuis commencent alors pour Franck Astier, ce père impuissant devant les changements qui s’opèrent chez son fils. La descente aux enfers de Kaleb s’opère rapidement, car même si celui-ci a quelques repères, il use de son don, de son magnétisme pour obtenir ce qu’il veut, prend sans demander, laissant ses victimes sans aucun état d’âme. L’histoire est violente, et le lecteur navigue entre l’horreur de ce que Kaleb est (pourrait être) capable de faire, et l’envie qu’il choisisse le camp du bien. Celui-ci, dépassé par ce qu’il découvre, cherche, essaie et bascule dans un monde noir, très noir, celui dans lequel il pense pouvoir trouver des réponses à ses questions. Les autres personnages de cette histoire ont aussi leur part de noirceur, à commencer par Le Colonel, ce personnage qui manipule dans l’ombre, en faisant de Kaleb une proie, qu’il traque pour son propre dessein. Reste un espoir : Abigail, peut-être. Difficile de vous en dévoiler plus, mais il est indéniable que cette série écrite par un auteur qui conserve le mystère sur son identité, possède tous les atouts pour maintenir le lecteur en haleine, jusqu’au mot fin. En attendant de pouvoir lire la suite des aventures de Kaleb, afin de vous dire si les deux tomes suivants sont à la hauteur de cette première partie, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour une autre chronique…

 

 © Les Chroniques de Mlv 12-03-2014 (lu en 2013)

© Un livre après l’autre

Les Cendres de l’oubli – Phænix I – Carina Rozenfeld

Les cendres de l'oubli - Phaenix 1 - C. Rozenfeld

L’histoire : Anaïa, 18 ans, vient d’arriver en Provence, pour y commencer une nouvelle vie avec ses parents. Ceux-ci ayant décidé -à la suite de la mort de son grand-père- de quitter Paris pour s’installer dans le mas provençal dès plus accueillant de celui-ci. Mais depuis son arrivée, Anaïa vit d’étranges phénomènes qui vont de rêves troublants, à l’apparition de grains de beauté sur sa main gauche…

Voilà un premier tome qui tient toutes ses promesses pour nous présenter cette nouvelle série. Encore une, me direz-vous, oui, mais lorsqu’un premier opus se dévore, et que l’on s’attache très vite au personnage principal, ainsi qu’à son entourage ; c’est gagné, en partie. Anaïa nous emmène très rapidement dans son univers ; celui de la musique, et du théâtre. J’ai donc passé un excellent moment de lecture, où les éléments distillés par l’auteure nous font accrocher à l’histoire d’Anaïa ; mais que signifie vraiment ces grains de beauté qui apparaissent ?… Pour le savoir, une seule solution, continuer à lire l’histoire, et attendre sagement le second tome qui paraîtra en 2013 ! Si vous souhaitez vous laisser entraîner dans une lecture dans laquelle vous trouverez, une héroïne sympathique, un lieu dépaysant, une famille (un peu) débordée, et des amis qui « chouchoutent » Anaïa, c’est vers « Les Cendres de l’oubli » que vous devez vous tourner. Carina Rozenfeld, dont je découvre ici la plume, nous laisse dans les dernières pages de ce tome, un peu sur notre faim… Alors, gageons qu’elle va faire rebondir l’histoire, et nous donner les codes, pour continuer à suivre son héroïne avec toujours autant d’enthousiasme, et découvrir, avec elle, pourquoi deux garçons tentent de la protéger, et quel destin la rattrape sous le soleil de Provence. Une mention spéciale pour la couverture, et pour la playlist !

 Le blog de Carina Rozenfeld

 © Les Chroniques de Mlv 02-11-2012

© Un livre après l’autre