Atelier d’écriture Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 7

 

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@ Tobias Tullius

 

Troisième participation à l’atelier d’écriture de Bric à Book ICI

 

« Il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot » me disais-tu, c’est ce que j’ai fait.

La K7 de la route de nos dernières vacances ensemble est restée au chaud, dans un tiroir secret du meuble acheté sur un coup de folie, lorsque j’ai emménagé, seule, puisque tu avais décidé que tout était fini.

Pas besoin de la ressortir pour connaître les mélodies, chansons et autres poèmes gravés dessus. Ils sont dans ma tête, dans mon coeur. De temps en temps, une envie folle de les entendre par d’autres voix que la tienne, car celle-ci résonne comme si j’étais à nouveau à tes côtés,  dans l’habitacle de la voiture. Tu chantais, déclamais les vers, fredonnais les airs, puis nous nous regardions, heureux. Mon regard ne se perd plus dans le tien, mais dans celui de la mer, en face de la maison.

Te souviens-tu de cette K7 ? Te souviens-tu de notre dernier voyage ensemble ? Nous avions tout prévu, sauf la séparation. Tu es resté dans ce coin de paradis que nous aimions tant, les vacances d’été étaient enfin là, nous avions travaillé sans relâche afin de nous offrir un moment unique.

Aujourd’hui, je feuillette l’album de ma vie, un seul regret :  ne pas t’avoir revu avant que la mort t’emporte. Je t’espère heureux et en paix, où que tu sois. Un jour, Tali, ma fille  -née à l’ère du streaming-  trouvera l’enveloppe et me posera des questions sur son contenu ; je poserai la K7 et la photo sur la table du jardin, nous nous assiérons , et je lui raconterai notre rencontre, notre histoire.

C’était avant tout cela, c’était il y a des années, mais je n’ai rien oublié.

© Valérie – Un Livre après l’autre

Atelier d’écriture Bric à Book – Écrire aux temps du corona – Jour 4

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@ Barna Kovács

Ma deuxième participation à l’atelier d’écriture d’Alexandra, dont le site est ICI

Dans ses mains, un vestige, celui d’une société qui prenait encore ses photos en argentique. Sur cette pellicule placée en pleine lumière, elle tentait de retrouver une trace de cette vie d’avant, de cette vie qui lui manquait tant. Des visages, des endroits et des événements avaient été fixés à jamais sur ces morceaux de bandes plastifiées.

Quel appareil avait-elle utilisé ? Un Zenit, elle s’en souvenait maintenant, un cadeau de sa famille -une folie- lorsque sa passion pour la photographie était devenue dévorante…

Plus tard, son objectif se fixera sur la joie, les rires, les sourires, la vie, les êtres, mais aussi sur cette faune et cette flore encore préservées…

Dans un carton niché au fond du grenier de la maison, de nombreuses planches étaient encore là, elle avait tout gardé, tout répertorié -même ce qui n’avait pas été montré, développé. À l’heure où cette technique était devenue obsolète, redonner vie à ces fragments restés dans l’ombre était une évidence. Elle descendit dans son laboratoire.

Tout à l’heure, lorsque toute la famille arriverait pour se réunir à nouveau, les clichés perdus seront étalés sur la table basse du salon, ils susciteront la curiosité des enfants, elle leur expliquerait cette vie d’avant, celle dans laquelle ils pourront puiser leur force, afin de réinventer la vie de demain, et survivre.

 

Valérie – Un Livre après l’autre