En retard pour la guerre – Valérie Zenatti

En retard pour la guerre – Valérie Zenatti – Éditions de l’Olivier

J’ai lu ce roman de Valérie Zenatti grâce à un emprunt en médiathèque, en décembre 2011. Je viens de me procurer la version de la collection Bibliothèque de l’Olivier, sortie en mars 2021, afin qu’elle puisse rejoindre ma bibliothèque idéale

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L’histoire (4ème de couverture) : Israël, janvier 1991. Une attaque de l’Irak à l’arme chimique est redoutée, la guerre du golfe est imminente. Constance Kahn, une jeune Française, a choisi de s’installer à Jérusalem pour écrire son mémoire sur Flavius Josèphe. Elle partage sa vie avec Nathanaël, un peintre révolté et imprévisible, travaille dans une boutique bio, a pour amie Tamar, étudiante comme elle en histoire antique, et sur le point d’accoucher. Dans quinze jours tout ce monde aura peut-être disparu. Lorsque les sirènes retentissent Constance maîtrise de moins en moins le chaos émotionnel qui l’envahit, mêlant les traumatismes du passé aux angoisses du présent.

J’ai découvert l’écriture de Valérie Zenatti il y a quelques mois (cet article a été écrit en décembre 2011) avec Les âmes sœurs. J’avais beaucoup aimé l’histoire, du coup, j’ai souhaité poursuivre ma découverte littéraire de cette auteure avec ce titre. Chacun de nous sait que lorsqu’un événement mondial se produit, notre mémoire sélective nous rappelle ce que nous faisions, ce que nous vivions, à ce moment précis. En lisant la quatrième de couverture, je me suis tout de suite replonger dans cette période avec le fameux ultimatum, et ce nom de code : « Tempête du désert ». Dans la vie de Constance, le personnage principal de cette histoire, c’est aussi une tempête qui se déclenche avec ces jours comptés, ces alertes auxquelles il faut savoir faire face en se réfugiant dans des pièces hermétiques. Constance vit avec Nathanaël, un homme aussi violent sur le plan physique, que verbal, elle tente d’écrire son mémoire, et lorsque elle en a besoin, elle se réfugie chez sa meilleure amie, mais la maternité de celle-ci réveille chez elle  des blessures trop longtemps enfouies. L’histoire nous entraîne dans la vie la plus intime de l’héroïne, qui va se retrouver face à des souvenirs douloureux, avec cette angoisse qui monte de jours en jours, dans ce pays où tant de gens doivent se résoudre à voir leurs vies voler en éclats. Au final, une histoire prenante, entraînante, avec une brochette de personnages secondaires aussi attachants que l’héroïne ; car oui, la vie de Tamar, Herzl, Enrique, ou encore Anastassia, est aussi forte et intéressante à suivre que celle de Constance. Quant à la fin -je ne voudrais pas trop en dire- mais elle est à l’image d’une rencontre, d’une évidence, qui s’impose à la jeune femme. Une fin belle, et délicate, pour oser enfin renaître.

À noter, ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique sous le titre Ultimatum.

Lecture du 28 décembre 2011 malibrairievirtuelle

Lundi 22 novembre 2021

Dans le faisceau des vivants – Valérie Zenatti

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Dans le faisceau des vivant – Valérie Zenatti – Éditions de l’Olivier

« Dans le faisceau des vivants » de Valérie Zenatti est un livre particulier, un texte sur le désarroi qui a été le sien à l’annonce de la mort d’Aharon Appelfeld, le grand auteur israélien dont elle est la traductrice depuis de nombreuses années.

Choquée par cette nouvelle qui la cueille alors qu’elle s’apprête à prendre un avion pour Tel-Aviv, afin de rendre visite à son ami hospitalisé, la romancière entame alors un voyage troublant, dans lequel la voix, les textes d’Aharon Appelfeld, sa vie,  résonnent à chacun de ses pas.

Comment continuer son propre chemin alors qu’un être cher vient de vous quitter ? En partageant sa douleur, les silences et les mots échangés avec l’homme qu’elle admirait, son parcours d’adolescente déracinée jusqu’à sa rencontre avec les textes du grand écrivain, Valérie Zenatti va au bout d’une autre quête, celle de comprendre et éteindre ce tremblement intérieur qui ne la quitte pas. C’est en explorant   Czernowitz, là où le destin et la folie des hommes ont brisé l’enfance du petit Erwin -devenu plus tard Aharon- que son voyage s’arrêtera, afin de laisser la place à un autre chemin, celui à écrire sans la présence bienveillante de son ami écrivain.

Livre après livre, la plume de Valérie Zenatti continue de me toucher et je ne peux que vous encourager à découvrir ce livre si particulier qu’est « Dans le faisceau des vivants ». Un texte fort sur ce lien unique entre deux êtres. Un livre qui donne envie de (re)découvrir l’oeuvre de Aharon Appelfeld sous la traduction de Valérie Zenatti.

Ce livre a reçu le PRIX ESSAI 2019 de France Télévisions

 

Extrait :

« Écris, continue d’effleurer les tendons et les nerfs les plus sensibles en toi, ne cherche pas à être trop intelligente, ne sois pas trop modeste non plus, sois simplement toi, et ne laisse personne t’empêcher d’aller là où tu sens que tu dois aller.« 

© Un Livre après l’autre