ELI ANDERSON, MÉDICUS DANS L’ÂME

Eli Anderson, le 28 juin dernier, lors du premier festival  La Nuit, J’écris.

 Photo : Droits réservés  Les Chroniques de Mlv

 

Un auteur ne décide pas de son parcours, il laisse sa plume le guider pour faire naître des histoires qui -parfois- mûrissaient en lui depuis longtemps.  En 2009, Eli Anderson s’est lancé dans une aventure extraordinaire : celle de faire découvrir le corps humain -à sa façon- grâce à Oscar Pill. En quelques années, son héros a charmé un lectorat éclectique ; c’est donc -comme son auteur- avec beaucoup d’émotion, que celui-ci a dit au revoir au jeune médicus, en septembre 2012. Avant l’arrivée -d’ici quelques mois- d’une nouvelle saga… Eli Anderson nous fait la surprise d’être de retour dans nos librairies avec Oscar Le Médicus –le 1er octobre prochain, aux Editions Albin Michel Jeunesse et Versilio. Je le remercie infiniment d’être l’invité de ce Slog, afin de nous présenter, en avant-première, cette actualité qui va réjouir nostalgiques,  et nouveaux lecteurs…

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Eli, deux ans après avoir dit « au revoir » à Oscar, nous vous retrouvons -avec plaisir- et toujours en sa compagnie, pour une nouvelle série intitulée  Oscar Le Médicus. Dites-nous, entre Oscar et vous, c’est un lien indéfectible, non ?

Eli Anderson : Bonjour Valérie ! Bon, on se connaît bien, maintenant, n’est-ce pas ? Alors regardez-moi bien dans les yeux et dites-moi : ça vous étonne, ce lien indéfectible ??

Les Chroniques de Mlv : Non, pas vraiment… Oscar est très attachant !

Revenons à la série Oscar le Médicus,  avec les deux premiers tomes Le pendentif magique et Le mystère de la cape émeraude. Pouvez-vous nous présenter cette série,  et nous dire ce que sa concrétisation représente pour vous ?

Eli Anderson : En réalité, Oscar le Médicus, ce petit gaillard de 9 ans qui va voyager dans le corps humain, c’était mon projet initial, ce qui me tient à cœur depuis mes années de jeune interne : offrir aux jeunes, le plus tôt possible, un corps réinventé, qui n’effraie pas, dont on peut comprendre la fragilité mais surtout la magie et le merveilleux. Puis j’ai été rattrapé par mon goût des gros romans et des épopées, et en 2009 j’ai décidé de me lancer dans la saga d’Oscar Pill, qui touchait plutôt les ados et les plus grands, avec un héros de 12 ans qui allait grandir et vivre sa destinée jusqu’à l’âge adulte. 

Mais je n’ai jamais perdu de vue le petit Oscar de 9 ans…

Voir et tenir le premier tome d’Oscar le Médicus est une immense joie, une émotion intense, vraiment. Beaucoup d’auteurs finissent par être blasés, moi, c’est l’inverse ! Et puis, si les enfants découvrent un corps qui les emporte, les fait palpiter, rire, s’ils s’en font un ami ou au moins un monde familier plutôt qu’un tas d’organes terrifiant, j’aurai l’impression d’avoir servi à quelque chose – l’écrivain comme le médecin que je suis.

Les Chroniques de Mlv : Comment avez-vous retravaillé les cinq aventures initiales d’Oscar pour ce concept ?

Eli Anderson : Je m’en suis tenu au concept du voyage intérieur, mais je n’ai surtout pas voulu « retravailler » la saga ado, justement. Ce n’est pas non plus un « prequel », l’histoire d’Oscar plus jeune, une histoire qui se serait déroulée avant la saga ado.

Non, c’est simplement un enfant de 9 ans au pouvoir extraordinaire, celui de voyager dans le corps, une grande sœur foldingue (on n’allait quand même pas laisser de côté notre délicieuse Violette, non ?), un papa disparu, des copains et des ennemis, et des voyages intérieurs au fil des tomes.

Les 4 premiers tomes forment une mini-série, avec une énigme tissée le long de ces 4 tomes et qui trouve réponse dans le 4ème ; mais chaque tome contient une histoire et une aventure bouclées, pour ne pas frustrer mes jeunes lecteurs !

 

Les Chroniques de Mlv : Les illustrations sont réalisées par Titwane, connaissiez-vous déjà son travail ?

Eli Anderson : Non, mais quand j’ai cherché un illustrateur pour travailler sur le projet d’Oscar le Médicus, un illustrateur qui travaille dans le même atelier m’a parlé de lui. Titwane avait lu la saga ado et l’avait appréciée, le sujet l’intéressait. J’ai fait un tour sur son site, et j’ai été impressionné par le style différent de son trait selon le contexte et le sujet de ses illustrations. J’ai eu envie de tenter l’aventure d’Oscar le Médicus avec lui.

Les Chroniques de Mlv : Lorsque vous avez découvert ses premières esquisses, quelles ont été vos  impressions ?

Eli Anderson : Franchement, dès qu’il m’a envoyé les premiers croquis, ça a été le coup de cœur. J’étais certain que ça se passerait bien, qu’on s’entendrait et que notre collaboration fonctionnerait et donnerait vie à mon petit Oscar. Il y a dans ses dessins une énergie incroyable, une justesse des mouvements, des expressions, une sensibilité et une drôlerie qui m’épatent.

Les Chroniques de Mlv : Vos lectrices et lecteurs pourront communiquer avec vous, grâce au site www.oscarlemedicus.com. Comment allez-vous gérer cet espace d’échange supplémentaire ? 😉

Eli Anderson : Comme je suis un peu schizophrène et que les différentes casquettes en écriture ne me font pas peur, on a simplifié les choses au maximum : mon slog (mélange de blog et de site, si si, ça existe 😉www.elianderson.info regroupera toutes ces casquettes grâce à des rubriques séparées. En tapantoscarlemedicus.com, vous serez ainsi dirigée vers la rubrique Oscar le Médicus de ce slog.

Les Chroniques de Mlv : Votre lectorat est également impatient de rencontrer votre nouvelle héroïne : Mila Hunt. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’avancement de cette saga ?

Eli Anderson : Je vais vous dire une seule chose, Valérie : je bosse, je bosse, je bosse ! Et j’espère bien que Mila verra le jour au printemps 2015. Le premier tome de cette nouvelle saga Young Adult aurait dû sortir en novembre, mais c’était trop compliqué à gérer avec la sortie concomitante des premiers tomes d’Oscar le Médicus. Ah, quel dommage de ne pas savoir faire mille choses en même temps… mais il paraît que seules les femmes en sont capables !

Les Chroniques de Mlv : Je vous remercie infiniment pour votre présence sur ce Slog, aujourd’hui, et ne résiste pas à vous poser une dernière question concernant votre « frère de  plume », le Dr Serfaty. Ce dernier a-t-il  un projet  à court -long- terme ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Eli Anderson : Oui, le Dr Serfaty a un roman sous le coude (ou plutôt sous la plume), un thriller qu’il scénarise actuellement pour le cinéma. On en reparlera très vite ensemble lorsque roman et film sortiront ?

Les Chronique de Mlv : Ce sera avec plaisir, car Eli -comme Thierry- sont ici chez eux !

En attendant d’en savoir un peu plus sur la mystérieuse Mila  -ainsi que sur le thriller en cours du Dr  Serfaty- partons à la rencontre du jeune Oscar, qui va -sans aucun doute- savoir nous charmer, comme son frère aîné ! Un immense merci à Eli Anderson pour sa générosité.

Si vous désirez gagner des exemplaires de Oscar le Médicus -et suivre l’actualité d’Eli Anderson- rendez-vous sur son Slog ICI.

Le Slog de Thierry Serfaty

Le Site de  Titwane

© Les Chroniques de Mlv – 19-09-14 

© Un livre après l’autre

Oscar Pill – La Révélation des Médicus – Eli Anderson

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Il y a des destinations vers lesquelles on aime repartir… Souvenez-vous de Celle-ci, et de cette fabuleuse rencontre avec un nouveau héros littéraire : Oscar Pill.

Pour celles et ceux qui vont découvrir, avec cette version poche, les aventures de ce jeune médicus créé parEli Anderson ; vous allez vous laisser happer, j’en suis sûre, par ce premier tome, qui vous donnera envie de lire la saga entière. Cette rencontre se fera juste d’une manière différente que pour les premier(e)s lectrices, lecteurs, d’Oscar Pill, car cette nouvelle édition a une particularité : elle a été revue par l’auteur !

J’ai donc repris le chemin pour me rendre à Cumides Circle (Ah ! la bibliothèque de Cumides Circle…) avec beaucoup de joie -et de curiosité- afin de retrouver ce (s) monde(s) insoupçonnés, si captivants et envoûtants, ceux d’Oscar et des siens, ceux, que l’auteur sait si bien dessiner. Si l’ancienne version de ce tome 1 garde tout son charme ; dans celle-ci, les changements apportés (temps modifiés, phrases allégées… etc) donnent une tonicité à ce premier voyage, ainsi qu’une lecture plus (pour) adulte du conte qu’Eli Andersonnous avait narré il y a quelques années. Ici, le romancier, tel un musicien, a repris sa partition, changé, ajusté, allégé… en quelques mots : donné une autre force à son texte original.

Si vous êtes « addict » aux aventures d’Oscar, n’hésitez pas à lire cette version, non seulement pour le cadeau que nous offre Eli Anderson ; mais aussi, pour découvrir ce côté plus adulte de ce début de saga, là où toute la genèse de celle-ci s’installe, tout en gardant magie et émotions. Car, si Eli Anderson a su mettre en lumière son texte, sous un autre angle, il en a gardé l’essentiel : sa (double) plume si caractéristique,  et pour cela, aussi,  cette expérience littéraire -inédite pour moi- a été un vrai plaisir.

Le Slog d’Eli Anderson est ICI  

© Les Chroniques de Mlv 13 Janvier 2013

© Un livre après l’autre

 

Cérébra l’ultime voyage – Eli Anderson

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L’histoire : Les Médicus sont désormais sous la coupe des Pathologus, et cette soumission, insoutenable, ne peut que nous faire penser aux heures les plus tragiques de l’Histoire. Mais dans l’ombre, certains résistent, et attendent le retour de celui qui reste leur seul espoir, celui qui est parti depuis deux ans… Afin de mieux préparer ce nouveau voyage, au cœur d’un univers fascinant, et intriguant, Cérébra.

Il est des héros littéraires que l’on est ravi de rencontrer, d’accompagner, en suivant l’évolution de ceux-ci au fil de la saga dans laquelle l’auteur a mis toute son énergie, et son humanité, pour nous offrir un message ; en nous entraînant dans un monde dans lequel nous nous sommes sentis « chez nous », pendant toute la lecture. Oscar Pill fait désormais partie de ces héros.

Je pourrais vous raconter toutes les péripéties, les rebondissements, l’évolution des personnages, les surprises, les chagrins, mais aussi et surtout, cette fin, sublime. Il n’en sera rien, je ne vous dévoilerai RIEN de ce dernier opus, car cette saga, il FAUT la lire, la découvrir, la laisser vous envoûter, ne pas chercher à fuir l’addiction qui s’empare de votre univers Cérébra dès les premières pages… Tour à tour, féerique, sombre, bouleversante, l’histoire d’Oscar Pill vous emportera vers des paysages époustouflants et insoupçonnés. Ce dernier tome, lui, vous donnera les clés sur son destin extraordinaire, et vous « scotchera » avec ses retournements de situation, aussi. Avec ces deux mots « résister » et « se battre » la plume d’Eli Anderson va à nouveau à la rencontre de celle de Thierry Serfaty, dans certaines scènes fortes, cruelles, alors que les Médicus doivent tout sacrifier pour s’en sortir, et faire renaître leur (s) Monde(s). C’est toujours avec autant d’habileté que l’auteur sait emporter sa lectrice, ou son lecteur, au cœur de l’histoire qu’il nous conte.

Si l’heure est venue de dire au revoir à Oscar Pill, avec un pincement au cœur -oui, je le reconnais. Il est évident que pendant que celui-ci va suivre son nouveau chemin… L’auteur jeunesse qui est né, et s’est épanoui, grâce à cette saga, lui, va poursuivre son parcours, et on ne peut qu’avoir envie de suivre celui-ci, avec intérêt !

Alors, Merci Oscar, Merci Mr Anderson, pour cette formidable aventure… et à très bientôt !

Extrait page 50 :

« Un flot de larmes inonda son joli visage. Oscar s’agenouilla, ouvrit son manteau et en enveloppa la jeune fille en la prenant contre lui. Lankuena ferma les yeux et serra son « grand frère » de toute ses forces. A nouveau, une douleur qu’elle croyait oubliée montait en elle, violente, et impitoyable. Pourtant, après avoir assisté à la mise à mort de ses parents, il lui semblait que plus rien ne la ferait souffrir. Elle s’était enfermée dans une carapace affective qui reléguait les peines de cœur dans un passé lointain, brouillé. Progressivement, la carapace s’était fissurée sous les tentatives prudentes et tendres d’Ahnah, à qui on l’avait confiée. Puis était arrivé un jeune homme, un grand inconnu à la peau aussi claire que la sienne était noire, un homme doux et fort en même temps, et qui, comme elle avait souffert de la séparation. Il lui avait appris qu’on pouvait avoir été blessé et éprouver encore des émotions. Mais voilà qu’aujourd’hui on l’arrachait à ce grand frère protecteur, et ce qui restait de sa carapace volait en éclats. »

Extrait page 122 :

« Elle lui prit la main et se remit en marche.

– Sur la banquise, tu as songé à accepter de ne pas tout contrôler ? demanda-t-elle.

– Non, admit son frère. Tu crois que ça me ferait du bien ?

– Beaucoup de bien. Regarde-moi : je me laisse faire

– il faut juste savoir accorder sa confiance.

– C’est de naissance, chez toi. Moi, c’est l’inverse. Viens, avance. »

Extrait page 460 :

« Les émotions sont comme des nuages dans le ciel : il faut les laisser passer ».

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 15 Novembre 2012

© Les Chroniques de Mlv 15 Novembre 2012

© Un livre après l’autre

UN DIMANCHE AVEC… ELI ANDERSON !

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Ma Librairie Virtuelle : Bonjour, voilà, nous y sommes… les aventures de votre héros, Oscar Pill, s’achèvent avec la sortie de «Cérébra L’ultime voyage» le 3 octobre prochain. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Eli Anderson : Vous me connaissez : je suis un affectif, donc l’idée de quitter Oscar me retourne, mais l’avoir accompagné au bout de son destin est en même temps un immense plaisir – et une porte ouverte sur d’autres projets qui me tiennent à cœur ; bref, je me console comme je peux !

Mlv : Oscar Pill est un projet que vous avez porté en vous pendant des années, avant de le concrétiser, à travers ces 5 tomes. Que retenez-vous de ces années pendant lesquelles il a mûri, puis, su trouver, et conquérir, un lectorat hétéroclite ? Qu’est-ce qui vous a le plus étonné dans son parcours ?

E. A. : J’ai adoré l’accompagner dans ce parcours initiatique, qui est celui que j’aurais aimé mener moi-même au lieu de suivre la voie plus… traditionnelle, dirons-nous, des études de médecine. Mais je suis aussi touché par la maturation effective et psychologique d’Oscar, qui devient plus responsable, plus zen (si, si, Oscar zen, qui l’eût cru ?) et maître de lui. Je savais bien sûr qu’il irait au bout de son destin, puisque je savais tout de la saga avant d’en commencer l’écriture, mais j’avoue qu’il m’a surpris, comme un être de chair et de sang qui échappe à l’écrivain – je comprends mieux ces auteurs qui confessent ce sentiment et que je trouvais toujours étrange ; j’avais la conviction que c’était une jolie invention pour les journalistes, mais non, cela peut se produire, j’en témoigne ce jour sur MLV !! Enfin, je suis un perfectionniste, et je suis sans concession vis-à-vis de moi-même (bon, pas toujours moins exigeant avec les autres, je l’avoue, mais c’est un autre débat…) donc je me retourne aussi sur ces années de travail et j’en vois les défauts, les choses qu’avec le temps, j’aurais menées autrement… mais sans regret. Je DETESTE les regrets !

Mlv : N’êtes vous pas tenté de poursuivre cette aventure ? En continuant à faire découvrir Le(s) Monde(s) des Médicus, avec une histoire basée sur un autre personnage important dans l’histoire d’Oscar Pill ?

E. A. : Je crois qu’il faut savoir dire stop… et continuer, bien sûr – vous me voyez m’arrêter ?? – mais avec une autre histoire, d’autres personnages, d’autres messages. Je trouve toujours triste et un peu agaçant de voir ces auteurs qui n’en finissent de terminer et qui vous pondent l’ultime dernier tome… avant le suivant.

Mlv : Après Génétys, un quatrième opus plus sombre. Ce cinquième tome va entraîner Oscar Pill dans un univers inquiétant, mais fascinant : Cérébra. Pouvez-vous nous présenter cet ultime voyage ? Que va devoir affronter votre héros cette fois-ci ? Et surtout, va-t-il obtenir toutes les réponses à ses questions ?

E. A. : Ce dernier voyage est complexe. Oscar – qui revient de deux ans au bout du monde, vécus dans des conditions extrêmes) va découvrir un monde ravagé, sous le joug du Prince Noir, et un 5ème univers, le cerveau (qui me fascine depuis toujours, d’ailleurs, l’auteur de thriller vous le dira !), qui se déploie sur plusieurs territoires, dirons-nous – non, NON, cette fois vous ne me tirerez pas d’autres vers du nez, je me suis promis de ne pas me faire avoir ! (ou alors, très peu, parce que vous êtes trop forte pour moi). Il y trouvera les réponses à son passé, son avenir, et le voile sera levé sur d’autres personnages, bien sûr. C’est un tome qui donne un tout autre sens aux quatre premiers, en somme.

Mlv : Avec l’univers de Cérébra, c’est celui de la pensée, mais aussi celui de la manipulation, que vos lectrices et lecteurs vont explorer grâce à Oscar. D’ailleurs, peuvent-ils se dire qu’avec ce dernier tome, l’auteur jeunesse rejoint l’auteur de thrillers ? avec un thème cher à ce dernier : le cœur des émotions humaines ?

E. A. : C’est l’univers des émotions, de la mémoire, de la pensée, du sommeil (oui, je sais Valérie, ça vous évoque quelque chose, tout ça… 😉 et de tous ces mystères impalpables qu’on a envie d’explorer – et qui nous font peur, au fond, puisque, en connaissant les clefs de cet univers, on ouvre la boîte de Pandore, celle des tentations du mal.

Mlv : Oscar Pill sillonne le monde, grâce à la traduction, dans plus de vingt pays. Quel regard portez-vous sur la différence dont ses aventures sont perçues -à travers les couvertures- d’un pays à l’autre ?

E. A. : C’est vrai que la couverture, déjà, révèle bien des choses sur la façon dont un texte est perçu – mais aussi sur les attentes d’un lectorat. En Asie, par exemple, le fantastique et la magie n’effraient ni ne rebutent nullement, au contraire, et ils n’ont pas les mêmes verrous que nous, notamment grâce à l’essor du manga. Mais si je dois retenir quelque chose de cette aventure mondiale, c’est que le message et la curiosité d’Oscar sont universels, et ça me fait chaud au cœur.

Mlv : Concernant les aventures d’Oscar Pill au cinéma, pouvez-vous nous dire où en est le projet ?

E. A. : Non ma chère, je ne peux rien y ajouter puisque je n’en sais pas beaucoup plus que vous ! Warner et Heyman sont très secrets. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on continue à les « nourrir » avec des éléments de la saga au fur et à mesure que les tomes sortent et qu’ils nous en demandent, et on croise les doigts…

Mlv : Et maintenant, Oscar Pill va continuer sa route… Mais de votre côté, pouvez-vous nous confier quels sont vos futurs projets ? L’auteur jeunesse a sûrement d’autres histoires à nous conter, et d’autres rendez-vous à nous proposer, non ?

E.A. : Eh bien non, figurez-vous : j’ai 44 ans, j’ai donc décidé de jouir d’une retraite bien méritée, compte tenu de mon grand âge et du travail accompli 😉

Plus sérieusement, deux projets me tiennent à cœur, mais j’avoue qu’en en parlant, j’ai le sentiment de mettre mon Oscar à la porte prématurément… Mais puisque vous insistez (ah, je suis désespérément faible, vous me faites toujours céder), disons qu’une nouvelle saga verra le jour en 2013, ça c’est sûr. Et s’il faut parler de l’un des deux projets, disons aussi qu’il aura pour héros… une héroïne, cette fois, une jeune fille de 17 ans au caractère bien trempé dans un monde sans pitié. Au programme : du suspense, de l’émotion (on peut être dure et amoureuse, non ?) et une pointe de fantastique. Mais nous en reparlerons dès que je serai tout à fait décidé entre les deux projets, si vous le voulez bien, et concentrons-nous sur le tome 5 et la fin de la saga – Oscar le vaut bien, non ? 😉

Mlv : Eli Anderson s’est fait connaître dans la littérature jeunesse, alors que Thierry Serfaty avait déjà une place dans le registre du thriller. Avez-vous vécu cette expérience comme une mise en danger pour l’auteur de thrillers ? Ou simplement, comme une nécessité, afin de pouvoir exprimer toutes les facettes de votre créativité ?

E. A. : Une mise en danger ? Non, pas du tout. Je ne suis pas assez schizo pour voir en moi deux personnages différents qui s’affrontent à ce point ! Non, je crois simplement que j’ai l’envie de traiter de plusieurs sujets et de façon très variée, et que j’ai l’immense chance de pouvoir le faire (en France, on accorde rarement du crédit à un auteur qui sort de sa « case » initiale, alors j’en profite), alors pourquoi m’en priver ? Le jour où les lectrices et les lecteurs – et seulement eux – me feront comprendre que je n’ai plus de légitimité dans un domaine ou un autre, je les écouterai, voilà tout… Pourvu qu’ils ne se prononcent pas trop vite !

Mlv : Vous intervenez auprès de jeunes lectrices/lecteurs en Collèges* et Lycées, comment abordez-vous ce type de rencontres ? les questions posées lors de ces rencontres sont-elles différentes ? voire plus pertinentes ?

E. A. : J’adore ces rencontres, tout simplement. Les questions sont fines, précises souvent, pointues, sincères, mais surtout très franches, et elles ne tolèrent pas les réponses alambiquées ou prudentes qu’on peut parfois livrer aux adultes. Parce que les ados, eux, ne s’en contentent pas et nous le font savoir ! C’est un peu « je te pose une question claire, je veux une réponse claire ! ». Parfois, c’est impitoyable, et le plus souvent, c’est formidable. Alors je prends !

Mlv : La littérature jeunesse est parfois dévalorisée, or, le succès de votre saga prouve qu’elle répond à une réelle attente d’un lectorat, dont le créneau d’âge va au delà de celui de l’adolescence… Donc, qu’elle a bien sa place dans le monde littéraire. A votre avis, pourquoi une telle critique à l’égard de cette littérature ?

E. A. : Je ne vous suis pas sur ce point, Valérie. Ou alors, on va dire que tous les genres essuient ce type de critique à tour de rôle : on l’a dit pour le polar, puis pour la SF, puis le genre romantique, etc. C’est la loi des lettres, peut-être : il faut un vilain petit canard. Mais au fond, on a dépassé ce débat depuis longtemps pour parler selon le seul critère qui compte, à mon sens : le plaisir de lire et de faire lire. La littérature jeunesse est un des rares territoires qui font lire adultes et ados, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, riches et moins riches… alors les grincheux et les snobs littéraires, vous savez, on les laisse de côté.

Mlv : Avant de vous remercier pour votre présence sur Mlv aujourd’hui, voici une dernière question. A travers La Saga Oscar Pill, vous avez transmis du rêve à vos lectrices et lecteurs… Si vous découvriez que toute cette aventure littéraire n’était qu’un rêve ? Que feriez-vous ?

E. A. : Je me rendormirais illico !

* En juin 2011, La Révélation des Médicus a remporté le Prix Ado Rennes 2011.

En attendant de découvrir ce dernier opus, dont seul Eli Anderson détient encore les secrets. Je le remercie infiniment pour son humanité, et son indulgence, qui m’ont permis de vous offrir ce moment privilégié.

Chroniques sur les tomes précédents :

La Révélation des Médicus ici

Les Deux royaumes ici

Le Secret des éternels ici

L’allié des ténèbres ici

Le Slog d’Eli Anderson

Le Slog de Thierry Serfaty

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 16 septembre 2012

© Les chroniques de Mlv 16 Novembre 2012

L’allié des ténèbres – Eli Anderson

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L’histoire : Oscar Pill n’est plus un petit garçon, c’est désormais un jeune homme de 16 ans, banni de Cumides Circle pour être allé dans un lieu interdit. Alors que tous les jeunes Médicus sont appelés pour partir dans Génétys, afin de récuperer le 4ème Trophée, Oscar est évincé de ce voyage par Winston Brave. Pendant ce temps, l’abominable Laszlo Skarsdale a déjà commencé à semer la mort. N’écoutant que sa témérité, Oscar décide de prendre un autre chemin pour rejoindre ce nouvel Univers, avec l’aide d’un allié…

Après Le Secret des Eternels l’an passé, un voyage tendre et émouvant, Eli Anderson nous offre avec L’Allié des ténèbres une histoire sombre, forte, où l’émotion est une nouvelle fois bien présente. Depuis le début de la saga Oscar Pill, l’auteur nous explique -à chaque tome- combien notre corps recèle des paysages fabuleux et des peuples dont nous ignorions l’existence ; à chaque nouvelle destination, celui-ci sait nous décrire la beauté intérieure de ce corps humain que nous connaissons si mal. La nouvelle expédition de nos Médicus : une île, puis une forêt tropicale, ainsi qu’un dôme époustouflant… Dans ces décors, magiques -ou dangereux- Génétys se révèle plus complexe que les Univers précédents, mais sous la plume de l’auteur, cette nouvelle exploration est toujours aussi passionnante. Comment résumer cette 4ème aventure sans en dévoiler de trop ? Avec juste ces 4 mots peut-être : Action, Humour, Amour et Espoir, voilà les ingrédients que l’auteur incorpore délicatement, au moment le plus opportun, pour nous faire vivre, une fois de plus, un voyage dès plus magique et enrichissant dans son domaine de prédilection. Nous avions quitté des adolescents, nous retrouvons des jeunes gens face à une guerre inévitable qui se déclare -et se paie aux prix de nombreuses vies- entre Les Médicus et Les Pathologus. Mais il reste toujours l’Espoir, celui de voir Oscar réussir à sauver ses Mondes, et à lever le mystère sur la mort de son père. Eli Anderson, en véritable virtuose du voyage intérieur, confirme son formidable talent de conteur, en continuant à envoûter, à chaque voyage, la lectrice, ou le lecteur. Pour celles et ceux qui connaissent la double plume de l’auteur, elles (ils) reconnaîtront -peut-être- une légère touche de celle de l’auteur de thrillers dans cet opus, rien de gênant, comme si, l’espace d’un instant, celui-ci était venu faire un clin d’oeil à son « frère de plume ». Je vous laisse retrouver Oscar, Violette, Celia, Barth, Jeremy, Lawrence, Valentine, Sally, Ayden et tous les autres, pour vivre cette quatrième aventure, qui sonne, déjà, l’avant-dernier voyage de la série…

Extrait page 38 :

« – Ça va ? s’inquiéta Barth.

– Ça y est, je suis encore trop amoureuse de toi : ça me brûle.

Barth fondait comme au premier jour devant Violette après des années à l’attendre et deux ans à vivre sa passion pour elle.

– Soyons clair : tu ne m’aimeras jamais trop.

– Ah, non, s’écria la jeune fille, tu as raison : c’est mon pendentif, souffla-t-elle. Bon, je reviens t’aimer là où j’en étais dans une minute, d’accord ? »

Extrait page 40 :

« Oscar sourit.

– Non, je ne crois pas que ça marche comme ça.

Elle l’embrassa affectueusement.

– Je te raconterai tout à mon retour. Et si c’est pas assez bien, j’inventerai. C’est une bonne idée, non ?

– Très bonne.

Il les regarda partir, triste et sombre. »

Extrait page 47 :

« ….

– Aussi curieux que cela puisse te paraître, Oscar Pill, le monde peut se passer de toi. Et toi de ton quatrième Trophée. Tu n’iras pas. »

… »

Extrait page 279 :

« La peur lui donna un coup de fouet. Elle fit encore deux tentatives infructueuses, la troisième fut la bonne. L’avion se mit à rouler sur la piste et se positionna entre le hangar et le gardien, qui baissa immédiatement son arme : une balle perdue sur les containers de carburant et c’était la catastrophe. Valentine accéléra.

– Arrêtez ! hurla le type. Vous allez tout faire sauter !

– Sans blague, murmura-t-elle en lisant sur ses lèvres, je n’y avais pas pensé… ».

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 14 décembre 2011

© Les Chroniques de Mlv 14 Novembre 2012

© Un livre après l’autre

DANS L’UNIVERS… D’ELI ANDERSON !

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Parce qu’il y a des univers qui interpellent, et dans lesquels on se sent bien dès le début de la lecture, et qu’arrivée à la fin du livre, cette impression est confirmée…j’ai souhaité en connaître d’avantage sur l’univers d’Eli Anderson*, le papa d’Oscar Pill, (saga publiée aux Editions Albin Michel Jeunesse dont le tome 3, Le Secret des Eternels sort le Mercredi 27 Octobre) qui a accepté spontanément de répondre à quelques questions…Oui, bon, au départ je n’en avais prévu que 5 ;)… Je vous laisse donc découvrir les réponses d’un auteur sincère, généreux et…indulgent devant le nombre de questions !  

Ma librairie virtuelle: Comment et pourquoi le médecin que vous étiez est-il devenu écrivain ?

Eli Anderson : je ne crois pas que ce soit incompatible, ou que la rupture soit brutale entre les deux voies. La médecine me passionnait, mais elle était très codifiée ; c’est dur, quand on est aussi un rêveur. J’ai décidé d’écrire le jour où j’ai voulu explorer le corps sous un autre angle que la science.

 

Mlv: Comment de l’écriture de thrillers en êtes-vous arrivé à écrire un roman jeunesse ?

E. A.: Le médecin et le policier sont assez proches, au fond : ils mènent tous les deux une enquête sur le même mode. Le thriller a été ma première façon d’aller sur des chemins de traverse, d’explorer des territoires qu’on ne m’avait jamais enseignés à la faculté pour la bonne raison qu’on ne les connaît pas bien : le sommeil, le secret de la personnalité, des émotions… Mais il y a une chose que le monde du roman adulte ne me permettait pas : donner forme à mes rêves d’enfance. J’étais (et le suis toujours !!) convaincu que le corps était fait d’univers fascinants, avec des décors à couper le souffle, des peuples magiques, des éléments déchainés, et la médecine et le thriller ne me l’offraient pas ; je suis allé le chercher dans le roman jeunesse, avec un plaisir extraordinaire.

 

Mlv: Depuis combien de temps le projet « Oscar Pill » existe-t-il ? et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’écrire ?

E. A.: Oscar est né dans ma tête il y a treize ans, lorsque j’ai commencé à soigner des ados qui ne me semblaient pas toujours à l’aise dans leurs baskets… et dans leur corps, surtout ! ils avaient des tonnes de questions à me poser sur ce corps, surtout le corps qui change à l’adolescence, les mystères de la sexualité, des émotions, bref, toutes les questions qu’on n’ose pas poser pas à la maison… Oscar est né de cela. Offrir un univers fait d’aventure, de magie et d’amour, pour se sentir bien dans un corps décomplexé, réinventé.

 

Mlv: Avez-vous attendu longtemps avant de le proposer à un éditeur ?

E. A. : Une éternité ! en fait, j’ai surtout attendu pour l’écrire. Je l’ai laissé grandir, mûrir, et un jour, il m’a semblé urgent, impérieux de le faire vivre. C’était en 2008. J’ai alors tout arrêté, comme si tout devenait accessoire par rapport à ce projet, et je me suis vraiment lancé à corps perdu ( ! ) dans ce projet.

 

Mlv: Ce projet, s’il existait de longue date (avant la parution des thrillers), est-il un aboutissement pour l’auteur que vous êtes, et les deux auteurs vont-ils continuer à coexister en se cédant régulièrement la place afin que chacun puisse travailler ?

E. A.: Je n’ai jamais écrit de livre en attendant de pouvoir en écrire un autre ; j’ai toujours beaucoup de plaisir à écrire dans les deux genres, et je n’ai pas du tout l’intention de renoncer à l’un ou l’autre, bien au contraire. Tant que mes lectrices et lecteurs me feront l’honneur de me lire, je continuerai à me faire plaisir. Il est vrai que je suis devenu un peu schizo, et selon les moments et les circonstances, c’est un auteur qui prend le dessus sur l’autre, mais pas de problème, tout le monde cohabite bien dans ma p’tite tête ! 😉

 

Mlv: Dans une interview au site Polars Pourpres, Thierry Serfaty dit qu’il a toujours 5 ou 6 romans d’avance en tête, et vous ? Pensez-vous à l’après Oscar Pill, y a-t-il déjà un autre projet jeunesse ?

E. A.: C’est mon grand drame : j’aimerais tellement écrire vite et bien, pour pouvoir me lancer dans tout ce qui mijote en moi, mais voilà, j’ai compris depuis bien longtemps que ce n’est pas parce qu’on a l’immense chance de faire ce qu’on aime qu’il n’est pas nécessaire de beaucoup travailler et de prendre son temps pour bien faire. Et puis, prendre son temps et faire de son mieux, on le doit à ses lectrices et ses lecteurs, donc je me fais une raison et je note mes projets au fur et à mesure qu’ils me viennent… et les abandonne parfois en route. Et oui, il y a deux projets après Oscar, mais pour l’instant, je suis tout à lui !

 

Mlv: Pourquoi le prénom Oscar ? et d’où vient le nom Pill ?

E. A.: Oscar ? je ne sais pas, c’est un peu comme ça, avec les prénoms et les noms de mes héros : ils me viennent, au hasard d’une rencontre, d’une lecture, d’un souvenir qui émerge, même flou. Il faut que cela résonne bien en moi, par rapport à l’idée que je me suis faite de mon héros ; je me répète le nom et si ça « colle », eh bien c’est adopté !

 

Mlv: Est-ce qu’Oscar c’est le petit garçon que vous rêviez d’être à 12 ans ?

E. A.: Mieux : Oscar est même le médecin que j’aurais voulu être à 30 ans, je crois ! Aller là où personne ne va, un explorateur avec de fabuleux pouvoirs…

 

Mlv: Ou vous êtes-vous inspiré de vous enfant, pour imaginer Oscar Pill ?

E. A.: Non, je ne me suis pas inspiré de ma vie ; d’ailleurs, je n’identifie jamais clairement mes sources d’inspiration. Je crois qu’on est des éponges imbibées de tout ce qui nous entoure, et qu’on puise progressivement dans les choses qui font écho en nous.

 

Mlv: Toute l’histoire est-elle écrite jusqu’au tome 5 ou simplement le canevas ?

E. A.: J’entame bientôt le tome 4 en détail, qui sera d’ailleurs travaillé avec le tome 5, en continuité, parce qu’ils sont étroitement liés. Cela dit, un canevas des cinq tomes était tracé dès le début, jusqu’au dénouement, parce que j’en ai besoin pour savoir où je vais, pour qu’il y ait une cohérence globale et que certains éléments, même anodins, des premiers tomes puissent prendre un tout autre sens à la lumière des suivants.

 

Mlv: Vous avez une imagination débordante ! Faites-vous des plans, des dessins des différents univers, des peuples…etc

E. A.: je suis un OBSESSIONNEL des plans, que j’écris et réécris mille fois avant de les mettre sous feuillets plastifiés, puis je les suis religieusement. J’en ai terriblement besoin, pour la cohérence d’abord, une fois de plus, mais aussi pour ne plus être parasité par la structure du roman et pouvoir me concentrer sur l’écriture et les émotions.

 

Mlv: J’ai complètement craqué, comme beaucoup de lecteurs (trices) devant la bibliothèque de Cumides Circle, comment l’avez-vous imaginée ? Vous êtes-vous inspiré d’une demeure en particulier et où se trouve t-elle… ?

E. A.: La bibliothèque de Cumides Circle existe à l’identique… dans ma tête, et depuis tout petit ! j’ai toujours eu un rapport intense et très « animé » avec les livres, et tout m’est alors venu très naturellement.

 

Mlv: Même question pour Cumides Circle ? Vous êtes-vous inspiré d’un lieu précis ?

E. A.: Cumides Circle est un patchwork de demeures new-yorkaises début 20ème , avec un côté Art déco ; je voulais en tout cas sortir du cliché « manoir »…

 

Mlv: Pourquoi avoir choisi une ville, et un environnement anglo-saxon ?

E. A.: Parce qu’il me semble que là-bas, tout est possible (le pire aussi, d’ailleurs…). Et puis je rêvais d’un environnement hétéroclite et coloré, comme Babylon Heights, le quartier où vit Oscar et les siens, et l’Amérique en est l’incarnation, pour moi

 

Mlv: Dans le tome 1 les thèmes abordés étaient La différence, la perte d’un parent, dans le tome 2, il y avait celui du travail du deuil, de la maladie (père d’Alistair) et de la prévention (Leonid fume et boit). Dans ce tome 3, Oscar va aller dans l’univers d’Embrye, que va lui réserver ce voyage ? Et quels thèmes seront abordés ?

E. A.: Mais Valérie vous voulez que je tue le suspense !! Ce que je peux vous dire, c’est que tout le monde a grandi, mûri, et qu’il s’agit d’un tournant essentiel de la saga, parce que des changements se produisent à l’extérieur, mais aussi dans les univers intérieurs… Un bouleversement majeur intervient dans la vie d’ado d’Oscar : pour la première fois, il est vraiment amoureux, et va devoir faire des choix terribles, parce qu’il est condamné à être un héros. Il va aussi découvrir un Univers d’autant plus passionnant qu’il fait écho à des mutations d’un ado de 14 ans ; Embrye est l’univers de la sexualité et de la reproduction. Enfin, Oscar le Médicus va devoir affronter les Pathologus qui se battent maintenant à découvert, au grand jour. Et puis… c’est tout, parce que sinon, je vais finir par révéler trop de choses !

 

Mlv: Le rôle de Violette, même si elle n’est pas une Médicus, va-t-il prendre de l’importance dans les tomes suivants ?

E. A.: Ah, ceux qui aiment Violette – et si j’ai bien compris, peu ne l’aiment pas – vont être servis, dans ce tome 3 puis dans les suivants. Elle a grandi sans perdre son extravagance et sa poésie, finalement, et devient un personnage capital. Mais non, je n’en dis pas plus, n’insistez pas…

 

Mlv: Oscar Pill, est-ce un moyen de parler (tout en dédramatisant) de la maladie aux enfants ? Est-ce un moyen d’expliquer que le corps humain est une machine qui peut avoir des défaillances, quelquefois.

E. A.: Oscar est là avant tout pour prendre la main des jeunes et des plus grands, et pour les emmener dans un corps comme on ne l’a jamais vu et y vivre des aventures palpitantes, amour, amitié, trahison, dans un contexte féérique. Bref, réinventer un corps qui n’est pas tout puissant, certes, mais qui ne fait plus peur, et qui fait rêver, dans lequel on se sent bien, enfin.

 

Mlv: En ces temps où chaque épopée littéraire (Harry Potter, Twilight …) arrive sur grand écran avec une qualité inégale, parfois, et son lot de produits dérivés, avez-vous également ce projet pour les aventures d’Oscar Pill ? Avez-vous déjà été contacté ?

E. A.: Je sais que le monde (LES mondeS !) d’Oscar est (sont) très visuel(s), même cinématographique(s), et on envisage une transposition à l’écran, mais cela demanderait beaucoup, beaucoup de moyens… Il n’y a donc rien de concret pour l’instant, mais bien sûr, si le projet prenait forme, nous fêterions cela ! Vous avez raison : la qualité des adaptations est inégale, mais il faut accepter le jeu ; les réalisateurs et les scénaristes doivent s’approprier une œuvre pour en faire leur propre création qui vit indépendamment des livres qui l’ont inspirée. Si c’est aussi plaisant que le livre, tant mieux, si c’est moins bien, ça ne déprécie en rien l’œuvre littéraire initiale ; ce ne sera qu’un mauvais film.

 

Mlv: Pouvez-vous nous décrire une journée de travail ?

E. A.: Une journée de travail ? depuis le début de l’écriture d’Oscar, ça se résume à écrire, écrire, écrire…

Et en détail, ça donne ça : je me réveille vers 7H30 (sauf si je me suis laissé emporter par l’écriture la veille au soir et que je me suis couché à « pas d’heure »), douche incontournable pour me réveiller et copieux petit déjeuner (ça, personne ne peut me l’enlever), séance de jeu avec mon assistante Violette, décidément plus portée sur les bouts de ficelle ou souris en peluche que sur le boulot, puis écriture jusqu’à 13 h. Ensuite, sport, déjeuner rapide et remise au travail jusqu’à 19h ou 20h, parfois plus. Mais rien de figé, en fait, et les étapes de l’écriture peuvent tout chambouler, selon qu’il s’agit de l’écriture pure, de la relecture, de la correction, etc. J’ai souvent des crises de travail nocturne, qui peuvent me maintenir éveillé jusqu’à 6 h du matin, et qui bouleversent un peu le programme.

 

Mlv: Que fait Eli Anderson lorsqu’il n’écrit pas ? Quel lecteur est-il ?

E. A.: Lorsque je n’écris pas, je lis (beaucoup), je nage (j’adore), je cuisine (j’aime, mes invités aiment moins…), je fais du ménage (mon activité préférée, sans concurrence possible), je vois des amis et ma famille – qui compte beaucoup pour moi -, j’écoute de la musique. Mes lectures ? de la littérature généraliste, j’ai besoin de ressentir des émotions ou d’être emporté. Et, bien sur, très peu de thrillers, et de rares livres jeunesse : pour ne pas avoir à comparer ! Enfin pour me détendre et piocher de bonnes idées lecture, je file sur un blog formidable, animé par une fille formidable : Ma librairie virtuelle. Vous connaissez ? Non ? Je vous le recommande…

 

Voilà, j’espère que comme moi, vous aurez apprécié ce moment privilégié, passé en compagnie d’un homme attachant, que je remercie à nouveau pour le temps qu’il a consacré à ce questionnaire, et pour m’avoir permis de réaliser ma première interview…

*Eli Anderson signe sous son vrai nom : Thierry Serfaty, des thrillers et avant d’écrire, il était médecin.

Le Slog D’Eli Anderson

Le site consacré à Oscar Pill

Billet sur Oscar Pill Tome 1 La révélation des Médicus

Billet sur Oscar Pill Tome 2 Les Deux Royaumes

 

Le blog de Thierry Serfaty

*Agônia, l’avant-dernier tome du cycle de la pyramide mentale est sorti aux éditions J’ai Lu le 1er septembre dernier.

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 18 octobre 2010

© Les Chroniques de Mlv 12 Novembre 2012

© Un livre après l’autre

Le secret des éternels – Eli Anderson

OP3 couverture

L’histoire : Oscar grandit et tombe amoureux alors qu’un nouveau grand voyage l’attend, celui dans l’Univers d’Embrye, et qu’une mission de la plus haute importance lui a été confiée…Des rues de Babylon Heights à Paris, où La Tour Eiffel et le splendide Musée du Louvre attendent notre héros et ses amis, voici un nouveau voyage toujours aussi captivant et encore plus émouvant dans l’univers des Médicus…

 

Cher Oscar,

Depuis le début de ma lecture, je me suis demandée comment j’allais pouvoir partager -car déjà je savais que ta troisième aventure m’enchantait- toutes ces émotions survenues dès le début de ma lecture…et qui ne m’ont pas quittées pendant les 606 pages de ce troisième voyage, qui se révèle émotionnellement très intense aussi bien pour toi que pour nous. Puis, l’idée m’est venue de t’écrire cette lettre, commencée alors que je n’étais arrivée qu’à la page 80…

Comment donner envie à tout ceux qui ne te connaissent pas encore de lire tes fabuleux voyages intérieurs ?…Comment décrire les émotions que me procurent la lecture de tes aventures ?…Oui, je le reconnais, si je suis venue vers toi lors de ta première aventure, c’est grâce à la lecture de deux billets ici et là et je dois te l’avouer, aussi parce qu’on te comparait au petit sorcier anglais, mais si ! tu sais… un certain Harry…Potter, je crois … Mais je n’aime pas les comparaisons… alors je te dirai simplement que pour moi votre ressemblance s’arrête au fait que vous soyez deux petits garçons. J’ai bien sûr craqué devant ta frimousse dès les premières lignes de ton voyage en Hepatolia, et ton deuxième voyage dans l’Univers des Deux Royaumes a confirmé mon engouement pour ton Monde et tes aventures. Aujourd’hui, alors que tu découvres Embrye, je constate que tu as bien grandi, et acceptes, comme tu le peux, certains choix d’adultes, notamment celui de ta maman envers Barry… Mais tu t’affirmes également, alors bien sûr, tu fais des erreurs -mais crois-moi, les adultes en font aussi- même malgré eux quelquefois… Je te dirai simplement que chaque décision prise avec le coeur peut se réveler douloureuse, parfois, mais garde espoir, cela peut aussi t’amener vers de belles surprises, comme seule la vie peut en réserver, de temps en temps …

Je te rends donc à ton papa de plume, toujours aussi créatif, qui nous a donné un véritable joyau de tendresse et d’émotion à travers ce troisième opus, en nous montrant un Univers, où les paysages et les noms associés à ce que tu découvres ont des sonorités joyeuses et des couleurs époustouflantes. J’attends déjà ton prochain voyage avec impatience, mais pour l’instant, je sais qu’il te faut te reposer et te remettre des nombreuses péripéties survenues pendant ce voyage dans l’Univers d’Embrye…ainsi que trouver la force d’attendre que les portes de Cumides Circle s’ouvrent… car elles s’ouvriront à nouveau, c’est certain !

Permets-moi de terminer cette lettre en t’embrassant, comme une grande sœur (oui 😉 je sais…inutile de me rappeler que j’ai aussi l’âge d’être ta mère 😉

A très bientôt…

Valérie 🙂

NB : Transmets le bonjour à Violette, Valentine, Lawrence, Barth, Ayden et Jeremy. Enfin, sois patient (…et c’est moi qui te dit cela…), j’espère, comme toi et Violette, que ta maman va finir par regarder Alistair. Quant à Louise…laisse faire le temps…

 

Le site Oscar Pill

Le Slog d’Eli Anderson

Extrait page 25 :

« ….

– Pas de problème, estima Jeremy. Je suis parfait, depuis ma naissance. Alors la dernière année, vous pensez, j’ai été au sommet de mon talent ! « 

Extrait page 168 :

« …

– Les balais-brosses, c’est fait pour balayer les déchets, dit-il avec un regard furieux. »

Extrait page 212 :

« …

– Barth, on peut admirer quelqu’un pour ce qu’il fait, et aimer un autre pour ce qu’il est. »

Extrait page 561 :

« …

– Comment on peut dire des choses qu’on ne pense pas ? demanda la jeune fille, désemparée. Il m’arrive de ne pas dire les choses que je pense, et c’est déjà si dur, parfois… »

Extrait page 568 :

« …

– Pourquoi tu pleures ?

– C’est juste un petit reste de tout à l’heure dans un coin de mes yeux. Comme ça, si tu m’embrasses comme les gens qui s’aiment, il ne me restera plus que du bonheur. »

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 15 Novembre 2010

© Les Chroniques de Mlv 13 Novembre 2012

© Un livre après l’autre

Les deux Royaumes – Eli Anderson

OP2 couverture

L’histoire : Depuis un an, Oscar Pill, le jeune Médicus, est sans nouvelle de Cumides Circle, et son apprentissage en est retardé. Chaque jour, il espère avoir des nouvelles de sa deuxième famille, car il veut faire la lumière sur ce qui lui a été dit sur son père, et surtout, il veut aller dans le second univers : celui des deux royaumes. Après avoir ramené son premier trophée de l’Univers d’Hepatolia, il lui faut maintenant aller chercher le second, dans celui du Royaume des Souffles et de Pompée…

Et c’est reparti pour un grand voyage intérieur…après ceci, je me demandais si j’allais être aussi enthousiaste, car il faut le dire, j’ai adoré le premier tome (mais vu la vitesse à laquelle je me suis procurée le second, je n’avais pas trop de crainte…). Bingo ! pari gagné, c’est avec une joie non dissimulée, que je me suis à nouveau promenée dans le monde des Médicus avec cette fois-ci une empathie encore plus importante pour Violette, jeune fille fantasque, certes, mais tellement touchante. De nouveaux personnages apparaissent : Lorna et Carrie : les soeurs de Moss, Sally : le garçon manqué, Iris : l’insupportable, Paloma : la femme fatale. Quant à Leonid, le bougon qui prête son corps intérieur à nos jeunes recrues, il m’a fait penser à un vieux clown. On retrouve également avec plaisir Valentine, toujours aussi volontaire et déterminée, et encore plus tordante depuis qu’elle est en adoration devant Mr Brave. Le sage Lawrence, lui, n’hésite plus à suivre Valentine dans ses opérations « commandos », les frères O’Maley et leur bazar hétéroclite, Célia, la maman d’Oscar, prête à donner son coeur à un chevalier servant un peu lourd (pitié Monsieur Anderson, dites-moi que Barry n’est que de passage…), quant à Oscar, le petit garçon laisse peu à peu sa place à un petit homme dont le coeur commence à subir quelques émois, et il se révèle encore plus volontaire que dans le premier tome.

Avec son imagination, Eli Anderson sait vous enchanter, vous emmener avec lui pour explorer une nouvelle planète : arrivée à destination, celle-ci se révèle constellée de paysages tous aussi différents les uns que les autres, de montagnes en canyons, de lacs en terres arides, de plaines en océans, cet homme vous explique le corps humain à sa façon, comme un professeur de géographie vous expliquerait les différents reliefs du globe terrestre .

Autant vous le dire tout de suite, je réserve déjà mon billet pour le prochain départ…

Le site consacré à Oscar Pill

Le blog d’Eli Anderson

 

Extrait page 429 :

 

« – Mais bien sûr que si, s’écria Violette, désolée pour la jeune femme. Puisque Jeremy vous l’a dit ! Et puis, c’est tout simple : si vous voulez vraiment être actrice, faites comme moi. Vous jouez votre film dans votre tête , et vous le regardez dedans. ça marche très bien, on croit que c’est vrai ! dit-elle enthousiaste. »

 

Extrait page 488 :

 

«  – Et tu paies comment demanda le Médicus à son amie.

– Ah, mais c’est une obsession, chez vous, l’argent ! Ici, tout est en commun : tant qu’il y en a , c’est pour tout le monde et quand il n’y en a plus, personne n’en prend, voilà tout ! C’est pas plus simple ? »

 

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 30 Juin 2010

© Les Chroniques de Mlv 11 Novembre 2012

© Un livre après l’autre

La révélation des Médicus – Eli Anderson

La révélation des médicus EA gd ed

Voici le premier livre sorti de ma PAL malouine…(j’avais bien sûr d’autres livres en cours, mais la tentation était trop forte…)

Dès le début de ma lecture, j’ai vite regretté de ne pas avoir pris le second tome lors de ma rencontre avec Eli Anderson. Erreur réparée, puisque depuis hier soir, le second tome m’attend bien sagement sur ma table de chevet…

L’histoire : Oscar a douze ans, il vit avec sa mère, Celia, et sa soeur Violette, une jeune fille qui est tout le temps dans la lune. Son père, Oscar ne l’a pas connu, il est mort dans un accident d’avion avant sa naissance. Un jour, une certaine Mrs Withers vient lui proposer d’intégrer l’école de Cumides Circle, et même si Celia se heurte à elle, Oscar, après avoir hésité, accepte de la suivre afin d’être initié par de grands Médicus, car lui aussi possède un pouvoir…celui de voyager dans le corps humain . Oscar va devoir apprendre l’intrusion corporelle pour pouvoir maîtriser son « don », afin de faire de celui-ci une véritable force, (car une guerre se prépare contre le Prince des Pathologus qui s’est échappé), ainsi que pour remplir certaines missions lors de ses « voyages intérieurs ». Mais avant cela, il va lui falloir connaître les différents univers, son premier voyage (qui correspond à ce premier tome) se fera dans l’univers d’Hepatolia, (personnellement, j’ai cru voir les petits « Oumpa Lumpa » de Charlie et la chocolaterie travaillant dans cet univers) et ça vous donne tout de suite le sourire, de penser que de petits êtres prennent soin de votre corps…

Pendant son séjour à Cumides Circle, Oscar va croiser bon nombre de personnages tous aussi différents les uns que les autres, comme Cherie la cuisinière, Bones le majordome…ou encore Zizou, le chêne… mais de tous ceux que vous croiserez dans cette aventure, l’intrépide Valentine, et Lawrence le scientifique, retiendront sûrement votre attention. Quant à la bibliothèque de Cumides Circle… (si quelqu’un sait où se trouve cet endroit, je veux l’adresse).

Bon, vous l’aurez compris, je me suis laissée captiver par le monde des Médicus. J’ai ri, pleuré, épaulé Oscar et ses nouveaux amis dans leur combat. Alors, oui, évidemment, dès le départ vous allez penser au petit sorcier à lunettes, je vous dit, oui , il y a une ressemblance entre le chemin fait par Harry et celui emprunté par Oscar, mais ne vous arrêtez pas à cela, et laissez-vous charmer par ce petit bonhomme roux aux yeux bleus, laissez-lui sa chance. Oscar Pill, c’est un peu comme pour un petit frère, vous savez, celui auquel vous ne vous attendiez pas, mais que vous aimerez c’est plus que sûr .

Dans les prochains tomes, l’auteur va entraîner son jeune héros dans 4 autres univers, Le deux royaumes (pompée et souffles), Embrye, Génétys et Cérébra, tout un progamme…et je le dis tout de suite, je serai au rendez-vous .

Merci les filles : Ori et Clarabel, car grâce à vous, j’ai découvert Oscar Pill et son auteur.

Le Slog d’Eli Anderson

Le site d’Oscar Pill

…et si vous n’êtes toujours pas convaincu voici un lien à écouter et à regarder.

Après avoir été conquise par l’écriture d’Eli Anderson, j’ai inscrit le nom d’un autre auteur sur ma liste d’auteurs à lire, celui de son « frère jumeau de plume », un certain Thierry Serfaty qui écrit, lui, des thrillers…

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 5 juin 2010

© Les Chroniques de Mlv 10 Novembre 2012

© Un livre après l’autre