La Rosalie – Jean-Christophe Tixier

La Rosalie JC TIXIER

Mai 1940. Anna prend la route, direction Les Pyrénnées. Au volant d’une voiture nommée «La Rosalie»,  elle suit les conseils de son mari : quitter la Côte d’Or, région menacée par les bombardements. Malgré les signes d’une nouvelle naissance imminente, Anna s’installe avec courage et détermination derrière le volant, à l’arrière du véhicule, ses trois filles, d’ici quelques kilomètres, sa belle-mère, Adrienne -aigrie-  se joindra à elles pour ce voyage dans une voiture remplie à craquer,  ce périple résonnant comme une promesse, celle d’un avenir meilleur.

Dans ces 28 pages denses, Jean-Christophe Tixier entraîne le lecteur dans une histoire d’exode, de courage. Une tranche de vie qui résonne dans notre monde actuel. Si le lecteur soutient Anna et les siens  dans cette épreuve de vie,  «La Rosalie» elle, donne envie au lecteur de la serrer dans ses bras, comme une personne qui apporte son aide, alors que le danger rôde. Au final, une tranche de vie qui résonne dans notre monde actuel.

 © Les Chroniques de Mlv – 22-05-2016

© Un livre après l’autre

Rencontre avec Jean-Christophe Tixier

Photo jc_tixier2

Photo droits réservés : Jean-Christophe Tixier

Á l’occasion de la sortie (le 9 avril dernier) de son nouveau roman Foulée d’enfer,  Jean- Christophe Tixier a accepté de répondre à quelques questions. Je vous laisse découvrir le parcours de cet auteur sympathique, rencontré il y a quelques mois lors d’un Salon du livre, en Bretagne.

Les Chroniques de Mlv : Jean-Christophe Tixier, bonjour, comment votre parcours professionnel vous-a-t-il mené à l’écriture ?

 Jean-Christophe Tixier : Bonjour. Je suis un « jeune » auteur de 47 ans. Après 20 ans d’enseignement, j’ai décidé de me consacrer complètement à l’écriture. J’ai débuté en écrivant une nouvelle, intitulée La Rosalie, publiée aux éditions In8 en 2007. Elle relate un épisode de mon histoire familiale au début de la deuxième guerre mondiale. Mon grand-père avait appris en une heure à ma grand-mère à conduire leur Rosalie, pour qu’elle puisse fuir sur les routes de l’exode, avec sa belle-mère et ses trois filles. Ma grand-mère n’ayant pas tout retenu, mon grand-père avait accroché des étiquettes à toutes les manettes de la voiture. J’ai ensuite écrit de la fiction, essentiellement pour la jeunesse.

LC de Mlv : Après « Sept ans plus tard », « Foulée d’enfer » est votre second roman à paraître aux Éditions Rageot, collection Heure Noire. Quelle est la particularité de cette collection ?

J.C. T. : Il s’agit d’une très belle collection, de romans policiers, essentiellement français. Cette collection s’adresse aux lecteurs de plus de 12 ans. L’âge moyen des lecteurs est de quinze ans.

Tous les textes publiés (6 à 8 titres par an) sont des textes noirs. Beaucoup interrogent sur la société, d’autres intègrent aussi la dimension historique. Le parrain de cette collection est sans conteste Christian Grenier.

 

LC de Mlv : Pouvez-vous nous présenter Foulée d’enfer ?

J.C. T. Foulée d’enfer s’inscrit complètement dans cette ligne de romans noirs qui interroge le lecteur sur les questions de société. Ici les dérives sécuritaires et la double peine…

Le héros se prénomme Alex. Il a 17 ans et une passion : la course à pied. Avec son coach et ami Omar, il prépare son premier semi-marathon. Côté familial, l’ambiance est lourde et se dégrade un peu plus quand son père, après plusieurs cambriolages commis dans le quartier, rejoint les voisins pour monter la garde et rétablir l’ordre. Alex vit mal cette dérive sécuritaire. Un soir, alors qu’il sort retrouver Stessy dont il est amoureux, il voit ce qu’il n’aurait jamais dû voir. Dès cet instant, il n’aura de cesse de courir après la vérité. Une quête qui se transformera vite en un terrible tourbillon, prêt à engloutir sa passion, sa vie et ses amis.

LC de Mlv : Écrire est un travail exigeant, qui demande de la rigueur, et du temps. Comment travaillez-vous au quotidien ?

J.C. T.  : Écrire est avant tout un plaisir. Quand je suis sur le premier jet d’un texte, je me mets au travail dès 6h30 le matin et j’écris jusqu’à environ 13h00. Je m’y remets ensuite deux ou trois heures l’après-midi. Je ne travaille jamais au-delà de 16h30 ; mon cerveau est alors aux abonnés absents.

 

LC de Mlv : La musique est présente dans vos romans. Quelle est son importance dans votre travail au quotidien ?

J.C. T. : Á chaque texte un morceau, que j’écoute en boucle durant toutes les phases d’écriture et de re-travail. Le morceau correspond à l’ambiance et au rythme que je souhaite impulser au texte. Je le choisis donc avec soin.

Dès les premières mesures, je suis instantanément replongé dans l’histoire, et me retrouve au milieu de mes personnages. Il s’agit ni plus ni moins d’une technique de conditionnement du cerveau.

 

LC de Mlv : Vous écrivez aussi des pièces radiophoniques, en quoi cet exercice est-il différent ?

JC T : J’écris effectivement des pièces radiophoniques qui sont diffusées sur France Inter, pour l’émission Nuits Noires, produite par Patrick Liegibel. Il s’agit de pièces noires, pour adultes. Toute l’intrigue se déroule au travers des dialogues et de l’ambiance sonore réalisée par le bruiteur et le réalisateur, à qui je donne des indications. J’aime beaucoup cet exercice, car avec quelques mots, il faut plonger l’auditeur dans une ambiance forte.

En fait, j’aime varier les plaisirs. Passer d’un polar ados à une pièce radiophonique, puis écrire un petit roman pour les 6-8 ans, avant de me lancer dans une grande aventure fantastique.

 

LC de Mlv : Vous êtes directeur de la collection « Quelqu’un m’a dit » aux Editions IN8. Comment est née l’idée de cette collection ? Comment les titres sont-ils sélectionnés ?

J.C. T. :  La collection Quelqu’un m’a dit est une collection de nouvelles longues, des novelas, d’anticipation sociale. Tous les titres sont des phrases qui sont entrées dans l’inconscient collectif, et qui sont un marqueur de leur époque : Yes we can, Justice est faite, A l’insu de mon plein gré, Le temps de cerveau disponible…. J’ai recensé plus d’une trentaine de phrases qui feront autant de titres.

Chaque auteur a pour mission de rédiger un texte noir, mais aussi décalé, qui va traiter une de ces phrases de manière détournée.

LC de Mlv : Vous êtes le fondateur du salon du livre de Pau : Un Aller-Retour dans le Noir. Votre métier d’auteur est-il un atout, pour devancer les attentes des auteurs -et des lecteurs- lors de la préparation de celui-ci  ?

J.C. T. : Le salon Un Aller-Retour dans le Noir est un salon d’auteurs, qui se déroule chaque premier week-end d’octobre. On y invite aussi bien des auteurs français qu’étrangers, écrivant pour les adultes ou le jeune public. Être à la fois auteur et lecteur permet effectivement de prendre en compte les désirs de chacun et de faire un salon où tout le monde se sente bien. Nous favorisons une grande convivialité et une grande proximité entre les auteurs et le public.

Ce salon met en avant toutes les formes de littérature noire et policière, en invitant de très grands auteurs (Deon Meyer sera présent à la prochaine édition), mais aussi des premiers romans dont nous pensons que les auteurs seront les grands du polar de demain.

 

LC de Mlv : Une dernière question, avant de vous remercier pour avoir accepté cette interview. Quelles passions vous permettent de vous ressourcer en dehors des périodes d’écriture ?

J.C. T. : Comme la plupart des personnes qui travaillent dans un domaine lié à la création, je suis un curieux pathologique. J’aime donc visiter, rencontrer, voyager. Avec un goût particulier pour l’Asie.

Je remercie Jean-Christophe Tixier pour sa disponibilité, et vous invite à aller suivre son actualité ICI , ainsi que sur le site du Festival Un Aller-Retour dans le Noir !

 

© Les Chroniques de Mv 21-04-2014

© Un livre après l’autre

 

Sept ans plus tard – Jean-Christophe Tixier

Sept ans plus tard JCTixier

Sept ans plus tard commence comme un rendez-vous, qui se voudrait joyeux ; une réunion d’anciens camarades de classe, organisée par Pauline. Pourtant, lorsque Pierre-Adrien reçoit cette invitation : les humiliations, les brimades, tout ce que le caïd Anthony lui infligeait ; tout lui revient en mémoire. Surtout ne pas y aller. Et puis, prendre le train, avec son carnet, ses crayons, et croquer des visages, des expressions,  pendant ce voyage, ce retour vers le passé, c’est ce qu’il va faire, afin de fuir une mère étouffante, ainsi qu’un père qui n’arrive pas à tisser de liens avec son fils.

Toute la classe de cm2 de l’école Saint-Jules va donc se retrouver autour de Madame Boyer, une occasion pour chacun d’évoquer les souvenirs, garder la tête haute, ne surtout pas évoquer certains souvenirs qui pourraient perturber ces retrouvailles. Cela pourrait ressembler à une colonie de vacances, mais non, cela va être un jeu, dangereux, car Anthony, Marine, Pauline, Pierre-Adrien, Kevin, Théo, Laura, Nicolas, Marion et Doriane vont vivre un week-end sous le signe de la manipulation, et de la vengeance, sans que personne ne se doute de la vraie motivation de certains membres du groupe.

Dans ce roman, l’auteur prend son lecteur au piège, et l’entraîne dans un engrenage, celui dans lequel ses personnages vont être attirés, dont Pierre-Adrien. Jean-Christophe Tixier nous pose plusieurs questions, dont celles-ci : que feriez-vous si vous croisiez à nouveau une (des) personne (s) dont vous aviez été le bouc-émissaire ? Vous laisseriez-vous aller à devenir un bourreau ?

Une histoire à lire, pour que la peur ne sorte pas gagnante ; un roman à découvrir, pour que la parole trop souvent enfouie, au fond de celles et ceux qui ont subi, se libère. Car les non-dits peuvent briser une (des) vie (s), au point de ne jamais trouver la force de grandir, de s’affirmer, de construire son propre chemin, en osant enfin être soi-même.

Le site de l’auteur

Lu en 2013.

© Les Chroniques de Mlv 11-01-2014 

© Un Livre après l’autre