Les Déracinés – Catherine Bardon

Les Déracinés – L’Américaine – Et la vie reprit son cours – Un invincible été –

Catherine Bardon – Éditions Les Escales

Le livre du 15, c’est quoi ? C’est un nouveau rendez-vous que je vous propose, le 15 de chaque mois ! Un rendez-vous autour d’un roman issu de l’actualité ou de ma bibliothèque, avec un petit focus sur l’homme ou la femme de plume qui se cache derrière le texte.

Pour ce second numéro, j’ai choisi de vous parler d’une fresque incontournable dont le coffret collector est sorti hier. «Les Déracinés» de Catherine Bardon. Quatre tomes. 1900 pages environ. Un pan historique méconnu. Une épopée sur près de 80 ans. De 1930, dans une Vienne défigurée par les stigmates de l’antisémitisme, jusqu’en 2013 en République Dominicaine. Trois générations à suivre, trois générations attachantes. Exil, souffrances, peines, joies, mariages, naissances, deuils, combats rythmeront la vie de cette tribu que l’on a envie de serrer dans ses bras, après chaque lecture.

Lorsqu’elle pose les pieds en République Dominicaine, Catherine Bardon a un coup de foudre pour cette terre. Elle offre à sa terre de cœur un premier guide touristique français en 1993, puis un album de photos. Auteure d’une quinzaine de guides touristiques, c’est sa rencontre avec Karl Luis Hess qui scellera son destin de romancière, car ce sont des confidences de cet homme que naîtront «Les déracinés». Celui-ci décède en 2010. L’homme qui a chuchoté son histoire à l’écrivaine ne peut qu’être remercié, tout comme Catherine Bardon qui a su transformer ce legs en quatre bijoux littéraires.

Le premier tome est publié en 2018, le second en 2019, le troisième en 2020 et enfin 2021 pour le dernier opus toujours aux éditions Les Escales.

Un roman graphique est également sorti en aux éditions Philéas.

Les déracinés a été récompensé à de multiples reprises :

  • Prix du 1er roman 2019 de la ville de Mennecy,
  • Premier Prix littéraire du salon du premier roman de Draveil, 2018,
  • Prix des médiathèques de Saint-Germain en Laye 2019
  • Prix des lecteurs des médiathèques de Loudéac en 2019.
  • Catherine Bardon est également lauréate du Prix du premier roman de Chambéry en 2019.

version collector

«Les Déracinés» – Premier tome : Période 1930 – 1961 –  Almah et Wilhelm sont beaux et jeunes, ils se rencontrent au cœur d’une Vienne brillante. Soudé par un amour incomparable, ils choisissent l’exil alors que l’antisémitisme s’installe dans leur Pays. Refoulé par les Etats-Unis, la route de l’exil se poursuit jusqu’en République Dominicaine, là-bas,  le dictateur à la tête de ce pays promet 100 000 visas aux juifs d’Europe. Un espoir pour bâtir sur cette terre «donnée», un avenir, une nouvelle vie…

«L’Américaine» – Deuxième tome : Période 1961 – 1966 : Ruth Rosenheck quitte la République Dominicaine. Elle laisse derrière elle sa mère, dans un pays qui s’embrase. La jeune femme part pour New York, où elle s’installera chez Myriam, la sœur de son père. Une nouvelle vie s’offre à la jeune femme dans cette ville inconnue. Une vie à construire, un métier à apprendre (journaliste), des amours à vivre, des amitiés à nouer, ailleurs, comme ses parents -autrefois- dans d’autres conditions, bien sûr. Un soir, sur le bateau qui l’emporte vers le continent américain, Arturo, un jeune dominicain l’aborde maladroitement. Au rythme des soubresauts du monde, la fille de Almah et Wilhelm se cherche et tisse son destin à New York, puis en Israël où sa marraine réside…

«Et la vie reprit son cours» Troisième tome – Période 1967-1979 – Envoûtant, foisonnant, cet opus met en avant le retour de Ruth Rosenheck. Après ses années américaines, celle-ci revient avec sa fille, Gaya, sur la terre dominicaine. Au cœur des Caraïbes, la fille d’Almah et Wilhelm s’installe définitivement, par choix. Un tourbillon commence, celui de son histoire d’amour avec Domingo -le frère d’Arturo- mais aussi par l’amitié indéfectible entre Ruth et Lizzie, ainsi que la présence toujours tendre, protectrice, d’Almah. Une Almah que ses enfants vont découvrir sous un nouveau jour… C’est à travers les soubresauts du monde, des liens qui se font et se défont, mais aussi avec l’arrivée du tourisme sur leur île que Catherine Bardon tisse le destin de Ruth…

«Un invincible été» – Quatrième tome – Période 1980-2013 – Ruth et Almah se battent au quotidien. Un devoir de mémoire, mais aussi pour la mémoire de leur communauté. Alors que le tourisme se développe de plus en plus sur leur île. Comment parler de ce dernier opus, celui qui clôt une saga impressionnante , rythmée par l’évolution d’une famille ainsi que celle d’un monde dont les cartes sont rebattues régulièrement ?  Arturo et Nathan vivent leur vie américaine, les trois enfants de Ruth tracent leur route, celle d’une vie new-yorkaise pour David, d’une route des mers pour Gaya dont le combat pour l’écologie est viscérale, enfin, Tomàs, lui, sera l’enfant de la terre. Quant au lien entre Gaya et sa mère, il fait écho à celui de Ruth avec Almah -en sens inverse. Un ultime tour de piste de plus de trente ans aux côtés de la famille Rosenheck-Soteras, puis un adieu difficile, une émotion intense en quittant ces hommes et ces femmes devenus au fil des ans, des membres de notre famille.

Un indice à la toute dernière page nous apprend qui a écrit l’histoire…

Proverbe juif : «On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes». Un proverbe qui sied tellement à cette fresque…

J’aurai la joie d’interviewer Catherine Bardon, ce soir, à 19 heures, sur mon compte Instagram.

Vendredi 15 octobre 2021

Et la vie reprit son cours – Catherine Bardon

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Et la vie reprit son cours – Catherine Bardon – Les Escales 

Depuis « Les Déracinés », Catherine Bardon nous entraîne dans une fresque romanesque dès plus captivante. Après « l’Américaine« , « Et la vie reprit son cours » est un troisième opus envoûtant, foisonnant, à ne pas manquer !

Laissant derrière elle ses années américaines, c’est avec Gaya, sa fille, que Ruth Rosenheck revient sur la terre dominicaine. Elle a choisi de s’installer définitivement au cœur des Caraïbes. Dès les premières pages, l’attachement de Ruth pour cette terre qui a accueilli ses parents est visible, elle fait corps avec elle.

« Et la vie reprit son cours » couvre douze années, de 1967 à 1979. Le lecteur est emporté dans un tourbillon, celui de l’histoire d’amour entre Ruth et Domingo -le frère d’Arturo- celui de l’amitié indéfectible entre Ruth et Lizzie, ainsi que la présence toujours tendre, protectrice, d’Almah. Une Almah que ses enfants vont découvrir sous un nouveau jour… C’est à travers les soubresauts du monde, des liens qui se font et se défont, mais aussi avec l’arrivée du tourisme à Sosùa que la romancière tisse  le destin de Ruth, et lorsque la dernière page est tournée, le lecteur ne peut qu’éprouver un léger pincement au coeur…

Bref, un roman à glisser dans votre valise, en cet été 2020 !

© Un Livre après l’autre

Rencontre avec Catherine Bardon – Médiathèque de Quiberon

Vendredi 26 avril 2019dans le cadre de la 7ème Fête du Livre de Quiberon, la Médiathèque de Quiberon accueillera Catherine Bardon pour son deuxième roman :   «L’américaine». J’aurai la joie d’animer cette rencontre, durant laquelle nous évoquerons également le premier opus consacré à la famille Rosenheck :  «Les déracinés».

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L’américaine – Catherine Bardon – Éditions Les Escales

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Les déracinés – Catherine Bardon – Pocket

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© Un Livre après l’autre

L’américaine – Catherine Bardon

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L’américaine – Catherine Bardon – Les Escales

« On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. »

Dicton  juif

 

Septembre 1961 : Ruth Rosenheck quitte la République Dominicaine. Elle laisse derrière elle sa mère, dans un pays qui s’embrase. La jeune femme part pour New York, où elle s’installera chez Myriam, la soeur de son père. Des études, un stage, une nouvelle vie s’offre à elle dans une ville inconnue ; une vie à construire, un métier à apprendre (journaliste),  des amours à vivre, des amitiés à nouer, ailleurs, comme ses parents, autrefois -dans d’autres conditions, bien sûr. Un soir, sur le bateau qui l’emporte vers le continent américain, Arturo, un jeune dominicain l’aborde maladroitement ;    « Vous pleurez, mademoiselle ? » brise alors  la solitude de son voyage, de ses questions…

De septembre 1961 à septembre 1966, Catherine Bardon tisse le destin de la fille de Almah et Wilhelm au rythme de la petite et de la grande histoire.  Catherine Bardon offre une histoire captivante, de celle que vous ne lâchez pas, tant que la dernière page n’est pas tournée. Réunissant faits historiques au coeur des sixties et saga familiale,  « L’américaine » ne peut que vous envoûter !

En tournant la dernière page, vous n’aurez qu’une seule envie : plonger dans « Les déracinés », l’histoire des parents de Ruth.

© Un Livre après l’autre

Belle-Amie – Harold Cobert

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Belle-amie – Harold Cobert – Les Escales

Voici une lecture que j’attendais avec impatience !

Nous retrouvons Georges Du Roy, homme ambitieux et séducteur,  toujours marié à la riche héritière Suzanne Walter ;  père de deux enfants, il dirige le journal « La Vie française » -dont le propriétaire n’est autre que son beau-père-  « Bel-Ami » ne pense qu’à la prochaine étape de sa vie : entrer à l’Assemblée nationale !  Pour parvenir à ses fins, il continue de se forger une image de « gendre idéal » avec sa « famille idéale », afin de séduire un électorat…

Harold Cobert redonne vie avec panache à l’arriviste Georges Du Roy de Cantel,  le « Bel-Ami » de Guy de Maupassant ; dans les coulisses de cette fin de XIXème siècle, le terrain de jeux de notre « Bel-Ami » est propice aux rencontres entre politiciens, financiers et journalistes,  aux affaires, aux intrigues, afin de parvenir à ses fins. L’avidité du pouvoir amène Georges Du Roy à prendre tous les risques, à tel  point qu’il ne verra pas le piège tendu d’une de maître par un des personnages, se refermer tout doucement sur lui ;  un coup fatal pour Georges Du Roy, une victoire finale délectable, pour celles et ceux souhaitant la perte de cet arrogant séducteur…

« Belle-Amie » est une suite fort bien orchestrée, un vrai régal !

© Un Livre après l’autre

La Mémoire des embruns – Karen Viggers

La mémoire des embruns K. Viggers

Une fois de plus, bravo aux Éditions les Escales pour cette nouvelle pépite ! La mémoire des embruns est un de ces joyaux littéraires qui arrivent à point, secouent,  remuent, et font du bien, aussi, de part les thèmes qu’ils abordent.

Au soir de sa vie, Mary décide de passer le peu de temps qui lui est accordé à Bruny, une île de Tasmanie. Dans cet écrin de toute beauté balayé par les vents, face à l’immensité de l’océan, elle entame un dernier tour de piste, et s’acharne à vouloir revoir tous les endroits qui ont marqué sa vie de femme, lorsqu’elle vécut sur cette île auprès de son mari, le gardien du phare.

Seul Tom, le plus jeune de ses fils -un homme meurtri par la vie-  comprend ce choix, et veille à ce que sa volonté soit respectée. De la jeune Mary, passionnée et impulsive, à la femme marquée par les épreuves de la vie -et par un terrible secret- Karen Viggers nous entraîne dans l’histoire de son héroïne avec brio, au pied du phare,  seul gardien de toutes les joies et les blessures accumulées par Mary, sur cette terre envoûtante de Tasmanie.

 Un roman à ne surtout pas manquer !

© Les Chroniques de Mlv – 07-05-2015

© Un livre après l’autre

Le tueur hypocondriaque – Juan Jacinto Munoz Rengel

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L’histoire : Mr Y est un tueur professionnel, il n’a qu’une obsession, valider le contrat qui le lie à un commanditaire inconnu ; celui-ci lui a demandé de tuer Eduardo Blaisten. Depuis un an et deux mois, il poursuit sa cible, mais ses différents maux imaginaires -ou réels- lui posent quelques soucis, lorsqu’il tente une approche pour éliminer sa cible…

L’histoire de ce roman est dans la veine de celle écrite par Iain Levinson dans un petit boulot (ICI). Certain(e)s d’entre vous connaissent peut-être ce roman dans lequel un homme au chômage raconte comment il va devenir tueur à gages. D’une certaine façon, Le tueur hypocondriaque peut y faire penser. Cependant, ici, le côté comique côtoie un côté sombre, voire touchant, lorsque Mr Y raconte un lourd secret : celui de sa naissance. Entre biographies (médicales) de différents écrivains, le héros analyse ses maux, ceux de ses auteurs de référence (Proust, Tolstoï…), et tente -au prix de scènes burlesques, parfois- d’honorer sa parole. Ce livre est dépaysant, nous emmène dans la vie d’un homme, je dirais même de trois hommes, parce que la cible est loin d’être un personnage secondaire, quant au troisième, c’est en lisant cette quête de la parole honorée, que vous en saurez plus, grâce à la précision de l’auteur lorsqu’il décrit cette balade madrilène, mortelle. Au final, une comédie noire, écrite avec finesse.

© Les Chroniques de Mlv 21-04-2013

© Un livre après l’autre

 

 

Éclats de voix – Yves Hughes

Eclats de voix Yves Hughes

L’histoire : Rosalie Douvet anime une émission de nuit à la radio. Son assassinat provoque la fébrilité au sein de son milieu professionnel, mais pas que… Car sa voix charmeuse et sa beauté ne laissaient personne indifférent. Yann Gray, capitaine de police dont le sens de l’odorat est affecté par un trouble causé par à une balle logée dans sa tête, commence son enquête, et découvre que Rosalie était une personne qui suscitait des réactions diverses…

Un capitaine atypique, et sympathique, qui forme avec Valentine, et Robin -sans oublier mamounette- une famille recomposée, où chacun tente de trouver sa place, et ses repères. De sa vie personnelle, à son enquête sur le terrain dans un Paris à toute heure du jour, et de la nuit ; le Capitaine Gray embarque le lecteur dans son enquête. Toutes les pistes sont étudiées mais le fonctionnement de la maison de la radio ; le « camembert » -comme elle est appelée- devient encore plus énigmatique, et prend presque plus d’importance que le personnage de la victime, lorsque l’auteur nous en dit un peu plus sur cette maison mythique, et sur l’envers du décor. Un roman noir, actuel (le mal dont souffre la compagne du Capitaine Gray est évoqué progressivement par l’auteur, se devine aisément) avec une écriture sèche, pour un polar à découvrir si vous aimez les histoires où Paris y est un personnage (pas secondaire) ! Pour ma part, j’ai aimé cette plongée dans un univers qui m’a toujours passionnée : celui de la radio.

© Les Chroniques de Mlv 20 Février 2013

© Un livre après l’autre

L’île des oubliés – Victoria Hislop

L'ile des oubliés - V. Hislop

L’histoire : Alexis, jeune anglaise, part à la découverte de la Crète, là où sont les origines de sa mère. Lors de son arrivée, elle découvre l’existence du village de Spinalonga, un endroit où résidait les lépreux, il y a des années ; elle va alors découvrir le rôle de ce village dans la vie de ses ancêtres…

Cela faisait longtemps que je n’avais pas attribué un petit cœur à une lecture. C’est avec ce roman, véritable invitation au dépaysement, que ce petit logo est de retour. Ce livre est un savoureux mélange d’histoires d’amour, de séparations, de voyages, de zones d’ombre d’une famille déchirée, de racines… Le tout sous un fond historique, puisque nous suivons pas à pas l’évolution de Spinalonga, lorsque l’auteur nous décrit les vies des ancêtres d’Alexis. Lorsqu’une lecture nous emporte, il est toujours difficile d’en parler, peur d’en faire de trop…ou peur de ne pas en dire assez, pour donner aux lectrices et lecteurs l’envie de plonger dans le roman qui nous a tant plu ! Alors, je vais aller au plus simple : si vous cherchez une lecture dépaysante, et un livre qui ne se lâche pas : c’est ce roman qu’il vous faut !

© ma-librairie-virtuelle.over-blog.com 11 Septembre 2012

© Les Chroniques de Mlv 28 décembre 2012

© Un livre après l’autre