Rencontre avec Tatiana de Rosnay !

Tatiana de Rosnay – Photo Copyright Charlotte Jolly de Rosnay

Fin septembre, dans la chronique du lundi, je vous parlais de «Territoires intimes». Trois fictions sonores qui vous emportent dans un voyage extraordinaire ! En ce lundi matin, je suis ravie de vous proposer une interview de Tatiana de Rosnay, dont la plume et la voix nous transportent aux côtés de Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola ! Une expérience littéraire fantastique qui donne envie de (re)lire les Maîtres de la romancière franco-britannique ! Je remercie infiniment Tatiana de Rosnay pour sa disponibilité, mais également les fées Aurélie et Audrey.

Un Livre après l’autre : Bonjour chère Tatiana ! Merci infiniment pour avoir accepté de répondre à mes questions. Voici la première : lorsque vous rédigiez  «Une petite fille nommée Carrie» à l’âge de onze ans, souhaitiez-vous déjà devenir romancière, ou bien nourrissiez-vous d’autres rêves ?

Tatiana de Rosnay : Merci ! Je souhaitais déjà devenir écrivaine, et fort heureusement, ma famille m’a prise au sérieux et m’a encouragée. J’avais aussi les encouragements de mes professeurs qui avaient remarqué que mes rédactions étaient beaucoup plus longues que celles de mes camarades…

Territoires intimes – Tatiana de Rosnay

Un Livre après l’autre : Comment le projet «Territoires intimes» est-il venu jusqu’à vous ?

Tatiana de Rosnay : J’ai été contactée par Audrey Siourd, la productrice à l’origine de ce projet. Nous avions déjà travaillé ensemble et c’est une personne que j’apprécie vivement.  Elle m’a donné carte blanche pour explorer le processus d’écriture, les secrets de la création littéraire. J’ai eu l’idée d’examiner de façon ludique l’inspiration de mes trois écrivains préférés, du Maurier, Woolf et Zola, mais aussi par le biais de leurs maisons et de leurs vies intimes.  Les lieux sont à l’origine de presque tout mon travail d’écriture, une véritable obsession. Et j’ai trouvé ce titre, Territoires Intimes, qui à mes yeux résume bien le propos de cet exercice à la fois oral et écrit. 

Un Livre après l’autre : Quelles ont été les différentes étapes de travail pour cette fiction sonore ?

Tatiana de Rosnay : J’ai écrit trois narrations autour de chaque auteur, de 30 000 signes environ, ce qui correspond à une demi-heure de texte parlé. J’ai tout relu à voix haute en écrivant, inlassablement, pour tenter de garder mon cap : ne pas barber mon auditeur/lecteur, le surprendre, le charmer et, j’espère, lui donner envie de découvrir ou de redécouvrir ces écrivains magnifiques.

Ensuite, j’ai enregistré mon texte en studio, un exercice que j’aime beaucoup faire, puisque j’ai moi-même lu Les Fleurs de L’Ombre, un de mes derniers romans, pour la version audio (Lizzie). Mais là, c’était différent, car il fallait vraiment jouer avec sa voix. Puis, Audrey a rajouté les habillages sonores, les bruitages, ainsi qu’une musique originale superbe composée par ses soins. Le résultat est bluffant !

Un Livre après l’autre Le travail d’écriture d’une fiction sonore et celui d’un roman possèdent-ils des points communs  ?

Tatiana de Rosnay : Un roman, c’est un travail d’écriture beaucoup plus long, plus complexe, de longue haleine. La fiction sonore me semble être tout de même plus légère, plus rapide. Mais les deux ont pour moi un point commun très important : la relecture et les corrections à voix haute, la seule manière, à mon avis, de réellement prendre possession de son texte.  

Un Livre après l’autre : Menabilly, Monk’s House et Médan n’ont plus de secrets pour vous. Pourriez-vous nous raconter votre première rencontre avec les murs de vos Maîtres ?

Tatiana de Rosnay : Ce sont des moments tellement émouvants pour moi qu’il m’est arrivé de verser une larme en franchissant le seuil de leurs maisons. Mon entourage en a l’habitude et se moque un peu de moi. Pour Daphné du Maurier, à force de mettre mes pas dans les siens en Cornouailles, j’ai vraiment eu l’impression de rentrer dans sa vie, et dans sa tête. Des moments inoubliables.

Chez Virginia Woolf, j’ai eu la possibilité de m’asseoir sur son lit, dans sa chambre, (je n’aurais jamais osé si un journaliste culotté ne m’avait pas invitée à le faire !)

Et quant à Émile Zola, en posant pour la première fois les yeux sur Médan, j’ai été submergée par l’émotion. D’autant plus la date qui est écrite sur la façade de sa maison est celle de mon anniversaire, un 28 septembre. Son dernier jour, puisqu’il est mort dans la nuit, à Paris, après avoir quitté sa maison de campagne adorée.

Un Livre après l’autre : Quels messages Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola peuvent-ils transmettre aux hommes et femmes de plume de notre XXIème siècle ?

Tatiana de Rosnay : Ils m’ont tous les trois donné envie d’écrire et d’en faire ma vie et mon métier. A 11 ans, pour du Maurier, à 13 ans, pour Zola, à 19 ans, pour Woolf. Daphné du Maurier m’a transmis le virus de la mémoire des murs et des secrets de famille, ainsi que les fins ouvertes qui désespèrent ses lecteurs, et les miens, mais qui poussent à la réflexion. Virginia Woolf m’a aidée à bâtir la voix intérieure de mes personnages, leur flux de conscience, si précieux. Émile Zola m’a donné le gout des descriptions et des scènes coup de poing qui marquent le lecteur à jamais.

Mais faire aussi bien que ces trois génies de la littérature, c’est une autre histoire. Oui, je mets la barre très haut !

Un Livre après l’autre : Dernière question : avez-vous le souhait de poursuivre l’aventure «Territoires intimes» ?

Tatiana de Rosnay : Pourquoi pas ! J’ai adoré écrire et enregistrer ce travail. Je suis prête à récidiver avec autour de la vie et des œuvres d’autres auteurs aimés !

Je ne dirai donc que trois mots : vivement la suite !

N’attendez pas, et courez écouter «Territoires intimes» si cela n’est pas encore fait ! Avant de (re)lire Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola , évidemment !

Vous pouvez poursuivre cette rencontre avec Tatiana de Rosnay, en suivant son actualité via son site ICI, ainsi que ses pages Facebook et Instagram .

Lundi 18 octobre 2021

Territoires intimes – Tatiana de Rosnay

Territoires intimes – Trois fictions sonores de 35 minutes consacrées à Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola, avec la voix de Tatiana de Rosnay

Le 30 septembre, Original Kobo propose trois voyages littéraires dès plus magiques, trois fictions sonores dans lesquelles Tatiana de Rosnay conte Daphné du Maurier, Virginia Woolf et Émile Zola. Un voyage passionnant, fascinant, mystérieux à souhait, et touchant. Une visite guidée pleine de surprises, dans laquelle l’auditeur (l’auditrice) rencontre les trois auteurs fétiches de la romancière franco-britannique. Comment se sont inspirés ces trois écrivains ? Quels lieux font échos à leurs œuvres ? Comment ont-ils épousé leur métier de plume ? Comment ont-ils apaisé leurs tourments d’auteurs ? Leurs engagements ont-ils eu une répercussion sur leur métier d’écrivain ?

Des falaises de Fowey chères à Daphné du Maurier, à la «cage à lapins» acheté par Émile Zola grâce à son premier cachet d’auteur, en passant par le cottage de Virginia Woolf et son mari -dont le luxuriant jardin reste le gardien de ses tourments intimes. Vous serez emportés par la voix de Tatiana de Rosnay, par ces lieux où mille bruits et objets racontent des vies d’engagements, de douleurs et de joies. Au coeur d’une demeure fermée au public, un moment privilégié entre l’écrivain, la romancière et vous. Si Tatiana de Rosnay lève le voile sur les secrets de ses auteurs préférés, elle livre également les siens, par petites touches. Au final, cent quinze minutes fascinantes, en compagnie de Tatiana de Rosnay et de ses Maîtres.

Si vous êtes à Paris, réjouissez-vous ! Vous pourrez retrouver Tatiana de Rosnay au Salon Fnac Livre le 30 septembre. Elle lira des extraits choisis de ces voyages extraordinaires !

Lundi 27 septembre 2021

Elle s’appelait Sarah – Tatiana de Rosnay – Pascal Bresson – Horne

elle s'appelait sarah BD

Elle s’appelait Sarah –  Tatiana de Rosnay – Pascal Bresson –  Horne

 

Je me souviens de ma première présentation du roman « Elle s’appelait Sarah » de Tatiana de Rosnay, c’était pour le Club de Lecture de notre médiathèque, nous présentions nos coups de coeur. Plus tard, je me souviens de la même émotion qui m’a saisie, lors de la projection du film tiré de ce roman. Des images qui résonnaient entièrement avec le texte lu.

Découvrir le roman graphique issu de l’histoire de Sarah, était une évidence.

Pascal Bresson et Horne offrent ici un nouvel écrin à l’histoire bouleversante de Sarah, mise en lumière par celle de Julia, journaliste opiniâtre, dont la vie va changer à la suite de ses découvertes. Une palette restreinte de couleurs, des bulles sans textes, des personnages aux lignes sobres, ce roman graphique offre une adaptation dès plus réussie, grâce à des  choix simples, pour deux histoires poignantes, dans l’Histoire.

Un roman graphique à découvrir, absolument.

© Un Livre après l’autre

À l’encre russe – Tatiana de Rosnay

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L’histoire : En voulant refaire son passeport, la vie de Nicolas Duhamel a basculé. Il a découvert un secret. Un de ces secrets de famille, bien dissimulé. Il écrit alors un best-seller, sous le pseudonyme de Nicolas Kolt pour exorciser cette découverte…

Nicolas Kolt a tout de l’écrivain à succès, mais son ascension fulgurante, lui en a fait oublier certaines valeurs : l’amitié (la vraie), l’amour (le vrai), les valeurs simples : celle de la famille par exemple… Son personnage n’est donc pas attachant (Sarah, Rose, étaient des personnages pour lesquels l’empathie était immédiate). Toutefois, la façon dont l’auteure entraîne son personnage vers le précipice nous fait dire que celui-ci va prendre conscience de tout cela : il sera trop tard pour réparer certaines erreurs (François, Delphine…) Le succès, la vie dans les palaces, et autres îles paradisiaques ce n’est pas LA vie… On suit donc son parcours pour savoir comment il va s’en sortir ; sortir du cauchemar de l’écrivain et de la page blanche, des mensonges.  L’idée d’un nouveau roman germera enfin, il lui faudra -pour cela- aller une fois de plus dans la souffrance. Car si Nicolas Kolt s’est laissé aller après le succès de « l’Enveloppe », puis s’est fait envoûter par les sirènes qui ont croisé son chemin ; pour ma part, c’est Nicolas Duhamel que j’ai été contente de voir ressurgir en fin de livre, après tous ses voyages étourdissants, ses abus, sa lâcheté.

Après « Elle s’appelait Sarah », puis « Rose », Tatiana de Rosnay affirme une fois de plus sa capacité à faire entrer son lecteur dans un milieu qu’elle détaille avec précision.

© Les Chroniques de Mlv 01-04-2013 

© Un livre après l’autre